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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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— Jamais, répondit Hresh en secouant la tête. Jamais je n’ai rien trouvé de tel dans les chroniques.

— Qu’as-tu fait, Harruel ? demanda encore une fois Koshmar. Tu as tué Sachkor qui était l’un des nôtres. Qui était une partie de toi-même.

— Il s’est jeté sur ma lance, rétorqua Harruel d’une voix blanche. Tu l’as bien vu. Tout le monde l’a vu. Il s’est mis à hurler comme un dément et il s’est jeté sur moi. J’ai levé ma lance par réflexe. Je suis un guerrier ! Quand on m’attaque, je me défends ! Il s’est jeté sur ma lance. Tu l’as bien vu, Koshmar…

— Mais tu l’avais provoqué, dit Koshmar. Kreun affirme que tu l’as forcée le jour où Sachkor a disparu et elle lui était promise. La coutume interdit de forcer une femme, Harruel. Tu ne peux pas le nier, Harruel.

Harruel ne répondit pas. Hresh percevait tous les sentiments allant de la colère à la confusion, de la peur à la provocation, qui émanaient de lui. Il avait l’air presque pitoyable, mais il n’en demeurait pas moins dangereux.

Le chroniqueur songea que le guerrier n’avait pas eu l’intention de tuer Sachkor. Mais Sachkor n’était plus.

— Ce que tu as fait mérite un châtiment, déclara Koshmar.

— Mais il s’est jeté sur ma lance, répéta Harruel d’un air buté. Je n’ai fait que me défendre.

— Et le viol de Kreun ? demanda Koshmar.

— Il le nie aussi ! s’écria la jeune fille. Mais il ment. Tout comme il ment quand il prétend ne pas avoir voulu tuer Sachkor. Il le détestait. Il l’a toujours détesté. Sachkor me l’avait avoué avant de partir et il m’a aussi révélé bien d’autres choses à propos d’Harruel. Il m’a dit qu’Harruel voulait renverser Koshmar, qu’il voulait prendre la tête de la tribu, qu’il voulait devenir roi, qu’il…

— Tais-toi, dit Koshmar. Harruel, nies-tu avoir forcé cette jeune fille ?

Harruel garda encore le silence.

— Il faut tirer cette affaire au clair, reprit Koshmar. Hresh, va chercher les pierres de lumière ; la divination nous apprendra la vérité. Non, va plutôt chercher la Pierre des Miracles. C’est avec elle que nous interrogerons Harruel et nous découvrirons ce qui s’est passé entre Kreun et lui, s’il s’est vraiment passé quelque chose…

— Non, dit brusquement Harruel. Je refuse cette épreuve. Et je répète que, contrairement à ce que prétend Kreun, il n’y a pas eu viol.

— Menteur ! lança Kreun d’une voix plaintive.

— Il n’y a pas eu viol, poursuivit Harruel, mais je reconnais que nous nous sommes accouplés. J’étais parti dans la montagne pour protéger la tribu contre ses ennemis, ceux qui viennent aujourd’hui d’entrer dans la ville. J’avais passé toute la nuit à monter la garde sous la pluie. Le matin venu, j’ai rencontré Kreun en redescendant. Je l’ai trouvée attirante. Son odeur m’a semblé attirante. Je l’ai prise par le bras, je l’ai emmenée avec moi et nous avons eu une union charnelle. Voilà la vérité, Koshmar.

— Lui as-tu demandé son consentement ? interrogea Koshmar.

— Non ! s’écria Kreun. Jamais je ne lui aurais donné mon consentement ! J’étais partie à la recherche de Sachkor et j’ai demandé à Harruel s’il l’avait vu. Mais il s’est jeté sur moi… Il était comme fou, il m’appelait Thalippa, il me prenait pour ma mère… Il s’est jeté sur moi, il m’a poussée par terre…

— C’est à Harruel que je parle, fit sèchement Koshmar. As-tu agi avec son consentement, Harruel ? Lui as-tu demandé si elle voulait s’accoupler avec toi, comme un homme doit le demander à une femme, ou une femme à un homme ?

Harruel ne répondit pas.

— Ton silence te condamne, déclara Koshmar. Même sans l’aide du Darak Bayir, tu es condamné et maudit pour avoir commis des actes sans précédent dans notre tribu, pour avoir pris Kreun sans son consentement et pour avoir ôté la vie de Sachkor.

— Son consentement n’était pas nécessaire, lança brusquement Harruel.

— Comment cela, pas nécessaire ?

— Je l’ai prise parce que j’avais besoin d’une femme, après avoir passé tout seul une nuit pénible pour veiller sur la tribu. Et parce que je l’ai trouvée belle et désirable ! Je l’ai prise parce que c’était mon droit !

— Ton droit ? De la forcer ?

— Oui, Koshmar, mon droit ! Parce que je suis roi et que tel était mon bon plaisir !

Que les dieux nous viennent en aide ! songea Hresh.

Les yeux de Koshmar s’agrandirent démesurément sous l’effet de la stupeur, mais elle s’efforça de ne rien laisser paraître de ce qu’elle éprouvait.

— Que signifie ce mot de « roi » que j’entends si souvent depuis quelque temps ? demanda-t-elle à Hresh d’un air contraint. Veux-tu me l’expliquer, chroniqueur ?

Hresh s’humecta les lèvres.

— C’est un titre qui existait à l’époque de la Grande Planète, dit-il d’une voix rauque. C’est un titre de chef réservé aux hommes.

— Aucun homme ne peut devenir chef dans notre tribu, affirma Koshmar.

A cet instant, Hresh perçut avec sa seconde vue de puissantes vibrations émanant d’Harruel avec une telle force qu’il eut l’impression de se trouver au cœur d’une tempête où le vent déchaîné déracinait les arbres.

— C’en est fini de la domination des femmes, déclara le guerrier d’une voix de stentor. A compter de ce jour, je suis roi !

Koshmar fit calmement signe à Konya, Staip et Orbin de s’avancer.

— Saisissez-le, ordonna-t-elle en tendant le bras vers Harruel. Il a perdu la raison et nous devons le protéger contre lui-même.

— N’avancez pas ! rugit Harruel. Personne ne lèvera la main sur moi !

— Tu es peut-être roi, dit Koshmar, mais je suis le chef dans cette cité. Et c’est le chef qui décide. Saisissez-le !

Harruel se tourna pour fixer un regard de glace sur Konya qui ne bougea pas. Puis il regarda successivement Staip et Orbin. Aucun des deux ne fit un geste.

Et Harruel se retourna vers Koshmar.

— Tu peux être le chef aussi longtemps que tu le désires, dit-il d’une voix lourde de menaces. La cité t’appartient. Ou plutôt elle appartient maintenant au Peuple aux Casques. Je vais partir d’ici pour ne plus te gêner.

Il lança un regard circulaire sur la tribu rassemblée tout entière, y compris les femmes et les enfants qui s’étaient enfermés dans le temple à l’annonce de l’arrivée des envahisseurs. Il promena un regard lourd et noir d’un visage à l’autre et quand Hresh sentit qu’il se fixait sur lui, il baissa la tête, incapable de l’affronter.

— Qui veut venir avec moi ? demanda Harruel. Cette ville devient insupportable et il est temps de la quitter ! Qui veut se joindre à moi pour fonder un grand royaume loin d’ici ? Toi, Konya ? Toi, Staip ? Toi ? Toi ? Toi ?

Nul ne fit un geste et le silence devint insoutenable.

— Pourquoi demeurer plus longtemps dans cette cité morte ? reprit Harruel. Son éclat n’est plus qu’un souvenir. Regardez ces animaux dont les excréments commencent à s’entasser sur le boulevard ! Il y en aura bientôt dans toute la ville ! Que ceux qui refusent de rester sous le joug des femmes viennent auprès de moi ! Que ceux qui veulent des terres, des richesses et la gloire viennent auprès de moi ! Qui veut suivre Harruel ? Qui ? Qui ?

— Moi, dit Konya d’une voix rauque. Comme je te l’ai promis il y a déjà longtemps.

Hresh entendit Koshmar étouffer un cri.

Konya se tourna vers sa compagne, debout au milieu des femmes de la tribu. Le ventre de Galihine était gonflé par l’enfant qu’elle portait. Après un instant d’hésitation, elle sortit du cercle des femmes et vint prendre place aux côtés de Konya.

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