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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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— Espérons-le, dit Koshmar.

— En tout cas, ce n’est pas nous qui l’avons tué, dit Hresh. Il s’est tué lui-même pendant que nous l’interrogions. Dès que nous parlerons mieux leur langue, nous pourrons leur expliquer tout cela. Mais, en attendant, je pense que la meilleure tactique consiste à…

Hresh s’interrompit brusquement et une expression étrange se peignit sur son visage.

— Que se passe-t-il ? demanda Koshmar. Pourquoi t’arrêtes-tu au milieu d’une phrase ? Continue, Hresh, continue !

— Regarde là-bas, dit posément Hresh. Voilà les ennuis qui arrivent.

Il tendit le bras vers l’orient où se profilaient les contreforts de la montagne.

Et Koshmar vit la silhouette massive et menaçante d’Harruel qui arrivait à grands pas.

L’invasion qu’il redoutait depuis si longtemps avait donc enfin eu lieu et personne ne s’était soucié de l’en avertir ! Et Koshmar leur avait tout simplement ouvert les portes de la cité !

Il était à son poste d’observation, dans l’arbre fourchu qui se dressait sur la saillie dentelée, quand l’odeur putride lui avait frappé les narines. Tout en scrutant vainement les pentes couvertes de sous-bois touffus, il sentait la rage fermenter en lui. Puis il avait perçu cette odeur de putréfaction et, tournant la tête, il avait vu des monstres rouges et hirsutes montés par des Hommes aux Casques entrer dans la ville par la porte méridionale.

Qui aurait pu se douter qu’ils attaqueraient par le sud ? Qui aurait pu imaginer que les trois gardiens artificiels des yeux de saphir les laisseraient passer sans résistance ?

C’est l’odeur des excréments de ces monstres que j’ai sentie, avait-il songé. C’est leur odeur putride portée par le vent.

Et il avait dévalé le versant de la montagne, la lance à la main, avide de se battre.

A chaque coude du chemin de montagne en lacet il voyait un peu mieux ce qui se passait en contrebas. Toute une armée d’étrangers avait pénétré dans la ville et il voyait les reflets du soleil sur leurs casques. Et la quasi-totalité de la tribu semblait être allée à leur rencontre. Il y avait Koshmar, il y avait Torlyri et puis Hresh. La plupart des autres aussi, formant de petits groupes. Koshmar portait un de ses masques de guerre, mais il n’y avait pas de guerre. Ils semblaient discuter entre eux.

Ils discutaient !

Deux des Hommes aux Casques, les chefs sans doute, se tenaient près de Koshmar et de Hresh. Comment pouvait-on parlementer avec l’ennemi quand l’ennemi était déjà dans la place ? Koshmar était-elle sur le point de capituler sans se battre ? Oui, c’est ce qu’elle devait faire. Elle leur abandonnait la ville ! Elle n’essayait même pas de repousser l’envahisseur, elle acceptait l’esclavage pour son peuple !

Il ne s’attendait assurément pas à cela. Koshmar avait l’étoffe d’un guerrier. Alors, pourquoi tant de lâcheté ? Pourquoi cette soumission ? Elle devait être sous l’influence de Hresh. Ce garçon n’aimait pas se battre, mais il était si rusé qu’il la menait par le bout du nez.

Harruel prit les derniers lacets du chemin à grandes enjambées et il atteignit le boulevard menant à la porte de la cité. Tout le monde l’avait vu maintenant, et ils le montraient du doigt en parlant avec animation. Il parcourut les derniers mètres au pas de course et rejoignit les siens.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-il d’une voix tonnante. Que faites-vous ici ? Comment l’ennemi a-t-il pu entrer dans la ville ?

— Il n’y a pas d’ennemi, déclara posément Koshmar.

— Pas d’ennemi ? Pas d’ennemi ?

Harruel foudroya du regard les deux Hommes aux Casques qui se tenaient près de Koshmar. Deux vieillards dont les petits yeux rouges et durs se dérobèrent. L’un des deux avait un port de roi, froid et hautain. L’autre était très grand… immensément grand. Et Harruel se rendit compte que, pour la première fois de sa vie, il se trouvait face à un homme plus grand que lui. Mais le long corps parcheminé du vieillard était aussi fluet que celui d’un marcheur sur l’onde. Il donnait l’impression de devoir se briser au moindre souffle. Harruel était tenté de leur porter à tous deux un rapide coup de lance, d’abord celui qui se donnait de grands airs, puis le grand échalas. Mais la petite voix intérieure qui s’efforçait de l’empêcher de commettre des imprudences lui signifia que c’était de la folie et qu’il ne devait rien faire avant d’avoir une idée plus précise de la situation.

Il approcha son visage de celui des deux étrangers décharnés qui l’observaient avec un mélange d’arrogance et de curiosité.

— Qui êtes-vous ? rugit Harruel. Qu’êtes-vous venus faire ici ?

— Du calme, Harruel, dit Koshmar. Nous n’avons que faire de ces fanfaronnades.

— J’exige de savoir…

— Tu n’as rien à exiger ! lança sèchement Koshmar. C’est moi qui commande ici, et tu m’obéis ! Écarte-toi, Harruel. Ce sont les Beng et ils sont venus avec des intentions pacifiques.

— C’est ce qu’ils t’ont fait croire, répliqua le guerrier.

Il était toujours en proie à une rage rentrée qui menaçait à chaque instant de l’étouffer. Il avait la peau brûlante, des élancements dans les yeux et la sueur rendait sa fourrure poisseuse. Il était au-dessus de ses forces d’accepter cette intrusion. Harruel tourna un regard angoissé vers ceux qui se trouvaient à proximité : Hresh, Torlyri, Sachkor…

Sachkor ?

Que faisait donc Sachkor ici ? Lui qui avait disparu depuis une éternité.

— Et alors ? demanda Harruel. D’où sors-tu ? Et que fais-tu au milieu des chefs, comme si tu étais devenu quelqu’un d’important ?

— C’est moi qui ai amené le Peuple aux Casques, répondit Sachkor avec hauteur.

Il y avait dans ses prunelles une lueur d’insolence toute nouvelle. Il semblait être devenu un autre homme, qui n’avait plus rien à voir avec le gamin bavard qu’Harruel avait connu.

— Je suis parti à leur recherche et je les ai trouvés. J’ai vécu avec eux, j’ai appris leur langue et je les ai guidés jusqu’à Vengiboneeza où ils veulent faire du négoce et vivre en paix avec nous.

Harruel fut tellement abasourdi par ce qu’il entendait et par le ton de Sachkor que sa réponse resta coincée dans sa gorge. Il fut pris d’une violente envie de saisir la tête de Sachkor entre ses deux mains et de l’écraser comme un fruit mûr. Mais il parvint à se contenir. Pétrifié de rage, il ne pouvait émettre que quelques sons inarticulés.

— Tu les as guidés jusqu’ici ? balbutia-t-il enfin. Tu as aidé nos ennemis à entrer dans la ville ? Je savais que tu n’étais qu’un jeune crétin, mais je n’aurais jamais cru…

— Sachkor ! hurla brusquement une voix de femme.

C’était la voix de Kreun.

Elle courait à perdre haleine, trébuchant de loin en loin sur les pavés disjoints du boulevard. Les autres membres de la tribu s’écartèrent pour lui laisser le passage et elle se jeta dans les bras de Sachkor avec une telle impétuosité qu’ils faillirent heurter Harruel.

Le guerrier recula en grondant, mais il eut le temps de retrouver l’odeur suave de la jeune fille. Il ne l’avait presque pas vue depuis le jour où ils s’étaient rencontrés dans la montagne et sa vue ne l’enchantait pas. Elle ne pouvait que lui attirer des ennuis. Pendant la longue disparition de Sachkor, elle était restée tapie dans les endroits les plus retirés du campement, toujours seule, sans adresser la parole à quiconque, comme si Harruel avait détruit en elle en la forçant toute gaieté et toute joie de vivre.

Mais là, elle n’avait d’yeux que pour Sachkor.Elle s’accrochait à lui en sanglotant, en riant, en murmurant de tendres paroles. Leur attitude était celle d’un couple se retrouvant après une trop longue séparation et non simplement de deux jeunes gens qui avaient commencé à partager les plaisirs de la chair.

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