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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Koshmar proposa aux Beng de s’installer dans le quartier de Dawinno Galihine, une partie accueillante et fort bien préservée de la cité, où se trouvaient des fontaines, de vastes places et des constructions au toit de tuiles, mais située à une certaine distance du camp de la tribu. Hresh regretta son choix, car c’était un quartier qu’il n’avait pas encore exploré à fond. Mais Koshmar avait choisi cette partie de la ville parce qu’isolée, elle n’était reliée au cœur de Vengiboneeza que par une artère assez étroite et bordée de bâtiments croulants. Elle avait songé que si un conflit devait éclater entre les deux tribus, le Peuple parviendrait à immobiliser les Beng en provoquant l’effondrement de ces bâtiments précaires et en obstruant le passage.

Haniman fit part de cette théorie à Hresh qui secoua la tête d’un air désolé.

— Si elle s’imagine cela, dit-il, elle se trompe lourdement. Les Beng disposent de trois fois plus de guerriers que nous et leurs vermilions sont bien dressés. Jamais nous ne réussirons à les contenir dans le quartier de Dawinno Galihine.

— Mais si ces vieux bâtiments s’effondrent, comment pourront-ils passer ?

— Avec l’aide des vermilions, ils n’auront aucun mal à déblayer la voie. Puis ils se lanceront à l’assaut de notre camp et ils écraseront tout sur leur passage.

— Que Yissou nous protège ! gémit Haniman en faisant précipitamment un chapelet de signes sacrés. Crois-tu que nous en arriverons là ?

— Ils sont beaucoup plus nombreux que nous, répondit Hresh avec un haussement d’épaules, et nous venons de perdre la plupart de nos meilleurs guerriers. A la place de Koshmar, je me montrerais très aimable avec les Beng, en espérant que tout se passe bien.

En réalité, les Beng ne semblaient avoir aucune intention belliqueuse. Comme promis, ils avaient invité dès le soir de leur arrivée le Peuple à un festin où viande, fruits et vin avaient été servis en abondance. Leur viande provenait d’animaux que Hresh n’avait jamais vus, des bêtes courtes sur pattes, au museau noir et plat et au pelage laineux d’un gris clair rayé de rouge. Les fruits que les Beng avaient apportés étaient tout aussi curieux. D’un jaune vif, ils étaient composés de trois lobes arrondis comme des seins et leur pulpe était savoureusement parfumée.

D’autres repas pris en commun suivirent et tout le monde s’efforça d’adopter une attitude amicale, mais le cœur ne semblait pas y être. Il arrivait souvent que des Beng casqués viennent au camp par petits groupes de quatre ou cinq. Ils regardaient tout, montraient du doigt ce qui leur paraissait curieux et essayaient de lier conversation. Mais nul ne pouvait comprendre la signification des étranges glapissements dont leur langue était composée.

Hresh allait parfois leur rendre leur visite avec quelques compagnons. Le Peuple aux Casques semblait très satisfait du quartier que Koshmar leur avait assigné. Ils avaient énergiquement commencé à dégager les décombres et ils restauraient les bâtiments croulants avec une étonnante célérité. Ils s’affairaient du matin au soir à creuser, à réparer et à consolider dans tout le périmètre de leur quartier. Les nouveaux venus semblaient à Hresh beaucoup plus énergiques et entreprenants que sa propre tribu, mais il était prêt à reconnaître qu’il avait un préjugé en faveur de tout ce qui était nouveau. Les Beng semblaient concentrer leurs efforts sur un bâtiment en particulier. C’était une tour spiroïdale de pierre noire, qu’on eût dit luisante de pluie, dont tout le pourtour était bordé de galeries ouvertes. Hresh éprouvait un pincement au cœur en regardant les ouvriers s’affairer autour du bâtiment effilé, car c’était un de ceux qu’il n’avait pas eu le temps d’explorer. Le jour où il se résolut à s’en approcher, les Beng lui lancèrent des regards inquiets, et une sorte de contremaître au visage émacié surmonté d’un imposant casque de bronze l’arrêta en gesticulant avec une véhémence qui ne semblait pas être une invitation à entrer.

Hresh était évidemment curieux d’en savoir plus sur les nouveaux venus. Il mourait d’envie de connaître leur histoire et d’entendre le récit de leur périple à travers le continent. Il se demandait s’ils étaient parvenus à en découvrir plus long que lui sur l’époque de la Grande Planète. Il voulait connaître leur dieu Nakhaba et apprendre en quoi il était différent de ceux de sa tribu. Des dizaines d’autres questions s’entrechoquaient dans sa tête. Il voulait tout savoir. Tout, tout, tout !

Mais par où commencer ? Et comment ?

Comme il était encore incapable de comprendre la langue des Beng, Hresh essaya de s’exprimer autrement. Il prit à part un Beng trapu, au visage carré, qui semblait d’un abord particulièrement facile, et il entreprit laborieusement de lui demander par gestes ce qu’ils avaient vécu avant d’arriver à Vengiboneeza. Pour toute réponse, le Beng éclata de rire et se mit à rouler les yeux. Mais au bout d’un certain temps, il sembla comprendre où Hresh voulait en venir et il commença à lui répondre de la même manière. Il agita vivement les bras et fit rouler ses yeux rouges d’un côté et de l’autre. Hresh eut l’impression que le Beng essayait de lui expliquer qu’ils venaient du sud-ouest, près du rivage d’un océan, mais rien n’était moins sûr.

La barrière de la langue était un sérieux obstacle. En utilisant sa seconde vue à la dérobée, Hresh réussit à s’imprégner de la cadence et de la musique de la langue des Beng et il eut presque l’impression de maîtriser le sens des mots. Mais cette impression était trompeuse, car, chaque fois qu’il essayait de traduire une phrase de la langue Beng dans sa propre langue, il échouait lamentablement.

Koshmar lui ordonna un jour de se consacrer à l’étude de la langue Beng.

— Pénètre les secrets de leur langue, dit-elle, et fais-le vite. Sinon, nous serons sans défense devant eux.

Il s’attela à cette tâche avec zèle et confiance. Si Sachkor avait été capable d’apprendre la langue des Beng, il pensait que cela ne devrait pas lui être trop difficile.

Mais l’entreprise se révéla beaucoup plus ardue que prévu. Hresh s’adressa à Noum om Beng, puisque le frêle vieillard occupait les mêmes fonctions que lui dans sa tribu. Noum om Heng avait établi sa résidence dans un édifice labyrinthique, sans doute un ancien palais de la Grande Planète, situé juste en face de la tour en spirale. Assis sur un banc de pierre noire recouvert d’une riche étoffe tissée multicolore, il siégeait d’un bout à l’autre du jour dans la salle la plus retirée de l’édifice, une salle aux murs blancs d’une austérité monastique, vide de tout meuble et de tout ornement.

Noum om Beng semblait tout disposé à dispenser son enseignement à Hresh et ils passaient des heures ensemble. Noum om Beng parlait et Hresh l’écoutait attentivement, s’efforçant, sans grand succès mais sans jamais se décourager, de comprendre ce qu’il disait.

Il lui fut assez facile d’apprendre le nom des objets. Noum om Beng se contentait pour cela de les montrer du doigt et de prononcer un mot. Mais quand il s’agissait d’idées abstraites, les choses se compliquaient singulièrement et Hresh commença à se dire que lorsque Sachkor prétendait maîtriser la langue Beng il y avait de sa part beaucoup de forfanterie.

Hresh avait découvert que la langue Beng et celle du Peuple avaient certaines analogies. Les phrases étaient construites d’une manière similaire et certains vocables Beng semblaient être des déformations insolites de mots employés par la tribu. Les deux langues descendaient peut-être d’une seule et même langue parlée par tous les habitants de la planète avant la venue des étoiles de mort. Mais il semblait que, pendant les millénaires d’isolement dans les cocons, chaque tribu eût fait insensiblement évoluer la langue qu’elle parlait avant le Long Hiver, jusqu’à ce que la somme de toutes ces altérations aboutisse à un vocabulaire et à des formes grammaticales entièrement différentes.

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