Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Космическая фантастика » Les martiens [The Martians - fr]
Les martiens [The Martians - fr] - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les martiens [The Martians - fr]

Электронная книга - «Les martiens [The Martians - fr]». Краткое содержание книги:

D’une mission d’entraînement en Antarctique aux terrifiantes tempêtes de sable qui balaient les canyons désolés de la planète rouge, Les Martiens met en scène toute une galerie de personnages ayant joué un rôle dans cette histoire de la colonisation de la planète soeur magistralement décrite par Kim Stanley Robinson dans sa trilogie martienne, d’ores et déjà saluée comme l’un des grands classiques de la science-fiction.
Depuis l’épopée des Cent — les premiers explorateurs —, ce sont des générations d’hommes et de femmes qui ont transformé en colonie durable ce qui n’était au départ qu’un avant-poste à l’existence bien ténue. Les expéditions internationales qui se sont succédé ont débouché sur la création d’un monde. Celui-ci a connu une évolution inéluctable, avec son cortège de luttes politiques, de révolutions et de conflits armés.
A une époque où la longévité est de l’ordre d’un siècle et demi, Les Martiens raconte l’épopée de générations d’humains vivant aux limites de la frontière ultime, où les paysages façonnés par les hommes sont sans cesse en butte aux monstrueux caprices de la nature.
Les Martiens, c’est la chronique épique d’une planète qui représente l’un des recours les plus plausibles de l’humanité. A l’horizon 2050, autrement dit demain…
1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 110
Перейти на страницу:

Une fois, à la fin d’une séance d’entraînement qui s’était prolongée jusqu’au début de la soirée – il s’était obligé à y aller, et ça lui avait fait du bien, comme d’habitude –, ils étaient dans l’eau, rouges et fumants, quand ses trois fidèles compagnes de couloir firent rapidement le projet d’aller dans une trattoria après la douche. L’une d’elles le regarda :

— Une pizza chez Rico ?

Il secoua la tête.

— Un hamburger à la maison, répondit-il tristement.

Elles éclatèrent de rire.

— Allez, venez. Il se gardera bien jusqu’à demain.

— Allez, Andy, insista Frank, depuis le couloir voisin. Si tu y vas, je vous accompagne.

— Exactement, dirent les femmes.

Frank nageait souvent dans leur couloir, lui aussi.

— Eh bien…, fit Smith en se secouant. D’accord.

Il les suivit donc au restaurant et les écouta bavarder autour de la table. Il avait l’impression que des volutes de vapeur montaient d’elles, de leurs cheveux mouillés, de leur front. Les trois femmes étaient jeunes. C’était intéressant. Hors de l’eau, elles avaient l’air ordinaires, banales : des femmes ternes, sèches ou rondouillardes, sans grâce, quelconques. Une fois habillées, on ne pouvait imaginer la formidable puissance de leurs épaules, de leurs triceps, leur musculature lisse, ferme. Des otaries en costume de clown, qui se dandinaient sur la piste.

— Ça va ? lui demanda l’une d’elles comme il n’avait rien dit depuis longtemps.

— Oh oui, oui. J’ai rompu avec mon amie, dit-il après une hésitation, en regardant Frank.

— Ah-ah ! Je savais bien qu’il y avait quelque chose !

Elle posa la main sur son bras (ils se rentraient tout le temps dedans, à la piscine).

— Vous n’aviez pas l’air dans votre assiette, ces temps-ci.

— Non, fit-il avec un sourire attristé. Ça s’est mal passé.

Il ne pourrait jamais leur raconter les faits. Et Frank non plus. Mais sans ça, rien dans son histoire n’avait de sens. Alors il ne pouvait pas en parler du tout.

Elles le sentirent, et se tortillèrent sur leurs chaises, cherchant un moyen de changer de sujet de conversation.

— Enfin, soupira Frank, leur tendant la perche. Une de perdue, dix de retrouvées.

— Cent, renchérit l’une des femmes en lui bourrant les côtes.

Il hocha la tête. Essaya de sourire.

Elles échangèrent un regard. L’une des femmes appela le garçon, lui demanda l’addition et une autre dit :

— Si vous veniez chez moi ? On prendrait un bain à remous, ça dissout les soucis.

Elle louait une chambre dans une petite maison avec une cour privative, et les autres locataires étaient en voyage. Ils la suivirent dans la petite cabane de bois, au fond de la cour, elle enleva le couvercle du jacuzzi, le brancha. Puis ils se déshabillèrent et entrèrent dans l’eau fumante. Smith les imita, pas très à l’aise. Les gens, sur les plages de Mars, se prélassaient au soleil sans maillot, ça n’avait vraiment rien d’exceptionnel. Frank n’avait pas l’air gêné. Il était parfaitement détendu. Mais ils ne nageaient pas dans cette tenue, à la piscine.

La chaleur de l’eau leur arracha des soupirs. Celle qui habitait là entra dans la maison et rapporta un tonnelet de bière et des chopes. La lumière de la cuisine tomba sur elle alors qu’elle posait son fardeau et leur passait les chopes. Smith connaissait déjà son corps par cœur, après toutes ces heures de piscine, mais il était choqué de la voir ainsi dénudée. Frank remplit les chopes au tonnelet comme si de rien n’était.

Ils burent leur bière en parlant de choses et d’autres. Deux des femmes étaient vétérinaires. La meilleure nageuse, celle qui avait été enceinte, avait quelques années de plus. Elle était chimiste dans un laboratoire pharmaceutique, pas loin de la piscine. C’était sa coop qui s’occupait de son bébé, ce soir-là. Tout le monde avait de la considération pour elle, même ici, ça se voyait. Ces temps-ci, elle amenait le bébé à la piscine, et elle nageait toujours avec la même énergie, le landau garé juste devant le petit bain. Smith sentait fondre ses muscles dans l’eau chaude. Il buvait sa bière à petites gorgées en les écoutant.

L’une des femmes regarda ses seins dans l’eau et se mit à rire.

— Ils flottent comme des bouées ! D’où l’expression « flotteurs », sans doute ! s’esclaffa-t-elle.

— Pas étonnant que les femmes nagent mieux que les hommes, dit Smith à qui ce détail n’avait pas échappé.

— À condition qu’ils ne soient pas trop gros. Sinon, ils nuisent à l’aérodynamisme.

Leur championne baissa les yeux derrière les verres embués de ses lunettes, la figure rose, embrumée, les cheveux noués sur la nuque, et dit gravement :

— Je me demande si les miens flottent moins parce que j’allaite.

— À cause du lait ?

— L’eau contenue dans le lait est d’une densité neutre, c’est la graisse qui flotte. Les seins vides flottent peut-être plus que les seins pleins.

— C’est le plus gras qui flotte le mieux, berck.

— Tiens, je pourrais faire l’expérience : lui donner la tétée d’un seul sein, plonger dans l’eau, et on verrait si…

Elles riaient si fort qu’elle ne put achever son scénario.

— Ça marcherait, je vous assure ! Pourquoi riez-vous comme ça ?

Elles redoublèrent d’hilarité. Frank se fendait la pêche, il avait l’air ravi, extatique. Ces amies leur faisaient confiance. Mais Smith se sentait à part. Il regarda la nageuse qui les entraînait : une déesse rose, à lunettes, sereinement vague et insouciante ; la scientifique en tant qu’héroïne. La première humaine vraiment complète.

Plus tard, quand il essaya d’expliquer cette impression à Frank, ou au moins de la décrire, Frank secoua la tête et le mit en garde :

— C’est une grave erreur que d’adorer les femmes. Une erreur de catégorie. Les hommes et les femmes sont tellement semblables que ce n’est même pas la peine de parler des différences. Les gènes sont presque complètement identiques, tu le sais. À part quelques sécrétions hormonales, elles sont rigoureusement comme toi et moi.

— Quelques sécrétions ? Il me semble qu’il y a autre chose.

— Oh, pas grand-chose. On commence tous par être du sexe féminin, non ? Autant se dire que rien ne vient vraiment changer ça. Le pénis n’est qu’un clitoris hypertrophié. Les hommes sont des femmes. Les femmes sont des hommes. Les deux éléments rigoureusement équivalents d’un même système reproducteur.

— Tu veux rire ? fit Smith en le regardant sous le nez.

— Pourquoi dis-tu ça ?

— Eh bien, si tu veux savoir, je n’ai jamais vu un homme s’arrondir et donner le jour à un nouvel être humain.

— Bah, ce n’est qu’une fonction spécialisée. Tu n’as jamais vu une femme éjaculer non plus. Mais en fin de compte, on revient tous à la même chose. Les détails de la reproduction n’ont d’importance que pendant une infime fraction du temps.

Non, nous sommes tous pareils. Nous sommes tous dans le même bain. Il n’y a pas de différence.

Smith secoua la tête. Ce serait réconfortant de pouvoir se dire ça. Mais les faits ne confirmaient pas cette hypothèse. Quatre-vingt-quinze pour cent de tous les meurtres de l’histoire avaient été commis par des hommes. Ça, c’était une différence.

1 ... 83 84 85 86 87 88 89 90 91 ... 110
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)