Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Celle-ci sursauta légèrement et le regarda. « Maman n’est pas revenue, dit-elle à voix basse.
— Comment tu t’appelles, mon chou ? demanda Junior. Et qui est ta maman ?
— Je m’appelle Alice Appleton. Lui, c’est Aidan Patrick Appleton. Ma mère, c’est Vera Appleton. Mon père, c’est Edward Appleton, mais ils ont divorcé l’an dernier et il habite maintenant à Plano, au Texas. Nous, nous habitons à Weston, Massachusetts, 16, Oak Way. Notre numéro de téléphone est le… », elle récita le numéro avec la précision dépourvue d’intonation d’un enregistrement.
Junior pensa, oh, nom d’un chien, encore des Masse-ma-chaussette. Mais c’était logique : qui d’autre voudrait gaspiller de l’essence, au prix où elle était, rien que pour venir voir tomber les feuilles de ces putains d’arbres ?
Frankie s’était agenouillé, lui aussi. « Écoute-moi, Alice, mon cœur. Où est ta maman, maintenant ?
— Je sais pas. » Des larmes — de grosses larmes limpides — commencèrent à couler sur ses joues. « On est venus voir les feuilles. On devait aussi faire du kayak. On aime bien le kayak, pas vrai, Aidan ?
— J’ai faim », dit Aidan d’un ton funèbre, se mettant à son tour à pleurer.
Ce spectacle donna aussi envie à Junior de pleurer. Il dut se rappeler qu’il était flic. Les flics ne pleurent pas, en tout cas pas quand ils sont en service. Il demanda à nouveau à la fillette où était leur mère, mais ce fut le garçon qui répondit.
« Elle est allée chercher des Whoops.
— Il veut dire des tartes Whoops, expliqua Alice. Mais aussi d’autres choses. Parce que Mr Killian n’avait pas préparé le chalet comme il aurait dû. Maman a dit que je pouvais garder Aidan parce que j’étais assez grande et qu’elle n’en avait pas pour longtemps, qu’elle allait juste au Yoder’s. Elle m’a juste dit de ne pas laisser Aidan s’approcher de l’étang. »
Junior commençait à se faire une idée de la situation. Apparemment, la maman s’était attendue à trouver des provisions dans le chalet — au moins quelques produits de base — mais si elle avait un peu connu Roger Killian, elle aurait su qu’il valait mieux ne pas compter sur lui. Le personnage était un abruti de première classe et toute sa descendance avait hérité de ses capacités intellectuelles réduites. Le Yoder’s était un petit magasin minable, juste à l’entrée du territoire communal de Tarker’s Mill, spécialisé dans la bière, les mauvais alcools et les raviolis en boîte. En temps normal, l’aller-retour prenait environ quarante minutes. Sauf que la maman n’était pas revenue, et Junior savait pourquoi.
« C’est samedi matin qu’elle est partie, c’est ça ? demanda-t-il. C’est bien ça, dis ?
— Je veux ma maman ! gémit Aidan entre ses larmes. Et je veux mon petit’jeuner ! J’ai mal au ventre !
— Oui, répondit Alice. Samedi matin. On a regardé des dessins animés, sauf que maintenant on peut plus rien regarder, y’a plus d’électricité. »
Junior et Frankie se regardèrent. Deux nuits passées dans le noir. Une fillette d’environ neuf ans, un garçon de cinq. Junior préférait ne pas y penser.
« Vous n’aviez rien à manger ? demanda Frankie à Alice Appleton. Dis, ma chérie ? Rien du tout ?
— Il y avait un oignon dans le bac à légumes. On en a mangé une moitié chacun. Avec du sucre.
— Oh, putain, s’exclama Frankie. J’ai rien dit, j’ai pas dit ça. Attendez une seconde. »
Il retourna à la voiture, ouvrit la portière côté passager et entreprit de fouiller dans la boîte à gants.
« Et où voulais-tu aller, Alice ? demanda Junior.
— En ville. Chercher maman et trouver quelque chose à manger. On voulait passer à côté du prochain chalet et couper par les bois, ajouta-t-elle avec un vague geste vers le nord. J’ai pensé que ça irait plus vite. »
Junior sourit, mais il avait froid, intérieurement. Ce n’était pas le bourg de Chester’s Mill qu’elle avait indiqué, mais le TR-90. Rien que des kilomètres et des kilomètres de bois envahis de broussailles et de zones marécageuses. Sans parler du Dôme, bien sûr. En partant dans cette direction, Alice et Aidan seraient très certainement morts de faim ; Hänsel et Gretel, tournant mal et non bien à la fin.
Et dire que nous avons failli faire demi-tour. Bon Dieu.
Frankie revint. Il tenait un Milky Way à la main. La confiserie paraissait datée et avait été plus ou moins écrasée, mais elle était toujours dans son emballage. La manière dont les deux enfants la regardèrent faisait penser aux gosses affamés qu’on voyait parfois aux informations, se dit Junior. Cette expression sur des visages de petits Américains avait quelque chose d’irréel, de terrible.
« C’est tout ce que j’ai pu trouver, s’excusa Frankie en enlevant l’emballage. On vous donnera quelque chose de mieux en ville. »
Il rompit le Milky Way en deux, et en donna un morceau à chacun des enfants. La confiserie disparut en cinq secondes. Quand il eut terminé, le garçon s’enfonça les doigts dans la bouche jusqu’aux articulations. Ses joues se creusaient au rythme de ses mouvements de succion.
Un chien léchant la graisse sur un bâton, pensa Junior.
Il se tourna vers Frankie. « Pas la peine d’attendre d’être en ville. On va retourner au chalet du vieux et de sa poulette. On trouvera bien quelque chose et on le donnera à ces gosses. »
Frankie acquiesça et souleva le garçon. Junior prit la fillette. Il sentait l’odeur de sa sueur, de sa peur. Il lui caressa les cheveux, comme si ce geste pouvait en chasser la puanteur huileuse.
« Ça va aller, ma chérie, dit-il. Toi et ton frère, ça va aller. Vous ne risquez plus rien. Tout va bien.
— Vous promettez ?
— Oui. »
Les bras de la fillette lui étreignirent le cou. Ce fut l’une des meilleures choses que Junior ressentit de toute sa vie.
4
La partie occidentale de Chester’s Mill était la moins peuplée de l’agglomération et, à neuf heures moins le quart, elle avait été presque entièrement évacuée. Il ne restait qu’un véhicule de police à la hauteur de la Little Bitch, la voiture de patrouille numéro 2. Jackie Wettington était au volant, Linda Everett à côté d’elle. Le chef Perkins, un flic de la vieille école, n’aurait jamais composé une patrouille de deux femmes ; mais évidemment, le chef Perkins n’était plus aux commandes, et les deux femmes, de plus, appréciaient la nouveauté. Les hommes, et en particulier les flics, avec leurs grosses (sinon grossières) plaisanteries, finissaient par être fatigants.
« Prête à repartir ? demanda Jackie. Le Sweetbriar va être fermé, mais on pourra toujours mendier une tasse de café. »
Linda ne répondit pas. Elle pensait à l’endroit où le Dôme coupait la Little Bitch. Elle avait trouvé déstabilisant d’aller là-bas, et pas seulement parce que les sentinelles se tenaient toujours le dos tourné et n’avaient pas bougé lorsqu’elle les avait saluées via le haut-parleur du véhicule. C’était déstabilisant parce qu’il y avait un grand X peint en rouge sur le Dôme, suspendu en l’air comme un hologramme de science-fiction. Il lui paraissait impossible qu’un missile tiré à plusieurs centaines de kilomètres puisse atteindre une cible aussi réduite, mais Rusty lui avait affirmé que si.
« Linda ? »
Elle reprit ses esprits. « Oui, oui, je suis prête si tu l’es. »
La radio se mit à crépiter. « Unité 2, unité 2, vous me recevez ? À vous. »
Linda décrocha le micro. « Base, ici 2. On te reçoit, Stacey, mais la réception n’est pas très bonne. À toi.