Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
Frankie examinait sa prise. « Hé, Junior, il n’y a pratiquement pas de graines, là-dedans. C’est du putain de premier choix. »
Thurston avait rejoint Carolyn. Il se remit debout, et l’effort le fit péter assez bruyamment. Junior et Frankie se regardèrent. Ils essayèrent de se retenir — ils étaient des représentants de la loi, tout de même — sans y arriver. Ils éclatèrent de rire en chœur.
« Trombone Charlie est revenu parmi nous ! » s’exclama Frankie et les deux hommes se firent un high five.
Thurston et Carolyn se tenaient sur le seuil de la chambre, cachant leur nudité, serrés l’un contre l’autre, tournant des yeux ronds vers les deux intrus qui hurlaient de rire. En fond sonore, comme des voix dans un cauchemar, des haut-parleurs continuaient à annoncer que la zone devait être évacuée. La plupart des voix amplifiées battaient à présent en retraite vers Little Bitch.
« Je ne veux plus voir cette voiture quand je reviendrai, dit Junior. Sinon, vous allez sérieusement déguster ! »
Ils partirent. Carolyn s’habilla et aida Thurston — il avait tellement mal à l’estomac qu’il n’arrivait pas à se pencher pour mettre ses chaussures. Le temps qu’ils aient terminé, ils pleuraient tous les deux. Dans la voiture, sur le chemin du chalet par lequel on gagnait Little Bitch, Carolyn essaya de joindre son père par téléphone. Elle n’obtint que le silence.
Au carrefour de Little Bitch Road et de la 119, une voiture de police était garée en travers de la route. Une femme flic corpulente et rouquine leur désigna l’accotement, leur faisant signe de passer par là. Mais Carolyn s’arrêta et descendit de voiture. Elle brandit son poignet enflé.
« Nous avons été agressés ! Par deux types qui se prétendaient flics ! L’un d’eux s’appelle Junior et l’autre Frankie ! Ils…
— Bouge ton cul, ou c’est moi qui vais t’agresser, l’interrompit Georgia Roux. Je déconne pas, poulette. »
Carolyn la regarda, interloquée. Le monde entier avait dérapé pendant leur sommeil et ils devaient se trouver dans un épisode de Twilight Zone. C’était la seule explication raisonnable ; aucune autre n’aurait tenu debout, même marginalement. La voix off de la série allait retentir d’un instant à l’autre.
Elle remonta dans la Volvo (l’autocollant du pare-chocs était délavé mais encore lisible : OBAMA EN 2012 ! OUI, ON PEUT TOUJOURS !) et contourna le véhicule de patrouille. Un autre flic, plus âgé, était assis à l’intérieur, étudiant une liste sur sa planchette. Elle pensa un instant faire appel à lui, puis se dit qu’il ne valait mieux pas.
« Allume la radio, dit-elle. Essayons de savoir ce qui se passe vraiment. »
Thurston brancha la radio mais ne put trouver autre chose qu’Elvis Presley et les Jordanaires dans un laborieux « How Great Thou Art ».
Carolyn coupa le son, eut envie de dire, cette fois, le cauchemar est complet, mais n’en fit rien. Elle ne désirait plus qu’une chose, sortir de Dingoville le plus rapidement possible.
2
Sur la carte, la route du chalet de Chester Pond n’était qu’un fin cheveu presque invisible en forme de crochet. Après avoir quitté le chalet de Thurston Marshall, Junior et Frankie, assis dans la voiture, étudièrent la carte un moment.
« Y’a plus personne par là, c’est pas possible, dit Frankie. Pas pendant cette période de l’année. Qu’est-ce que t’en penses ? On dit ras le bol et on rentre en ville ? » Il montra le chalet du pouce. « Ils vont partir, mais s’ils le font pas, qu’est-ce qu’on en a à foutre, au fond ? »
Junior réfléchit quelques instants, puis secoua la tête. Ils avaient prêté serment. Sans compter qu’il n’était pas pressé de rentrer pour que son père le tanne afin de savoir ce qu’il avait fait du corps du révérend. Coggins tenait à présent compagnie à ses petites copines dans l’arrière-cuisine des McCain, mais son père n’avait pas besoin de l’apprendre. Au moins tant que ce gros plein de soupe n’aurait pas trouvé comment coller tout ça sur le dos de Barbara. Et Junior croyait que son père saurait comment s’y prendre. S’il y avait bien un domaine dans lequel son père était champion, c’était l’art de baiser les gens.
Ça n’a plus d’importance, maintenant, s’il découvre que j’ai abandonné mes études, pensa Junior, parce que je sais quelque chose de plus grave sur lui. De bien plus grave.
Sans compter qu’avoir abandonné ses études ne paraissait pas très important, à présent ; c’était une broutille, comparé à ce qui se passait à Chester’s Mill. Mais il devait tout autant faire attention. Junior croyait son père tout à fait capable de le baiser, lui, son fils, si la situation lui paraissait l’exiger.
« Junior ? La Terre appelle Junior.
— Oui, j’suis là, répondit-il, un peu irrité.
— On retourne en ville ?
— Vérifions les autres chalets. Il n’y a même pas cinq cents mètres, et si nous rentrons tout de suite, Randolph va nous trouver quelque chose à faire.
— J’aurais bien mangé un morceau.
— Où ça ? au Sweetbriar Rose ? Tu veux de la mort-aux-rats dans tes œufs brouillés — cadeau de Dale Barbara ?
— Il n’oserait pas.
— T’en es sûr ?
— D’accord, d’accord. » Frankie lança le moteur et partit en marche arrière dans la courte allée. Des feuilles aux couleurs éclatantes pendaient des arbres, immobiles, et l’air était lourd. On se serait davantage cru en juillet qu’en octobre. « Mais les Trouducs ont intérêt à avoir décampé quand on repassera, sans quoi je risque d’être obligé de présenter le petit saloperon rouge à mon vengeur masqué.
— Je ne demanderai pas mieux que de la tenir pour toi, dit Junior. Yippee-ki-yi-yai, espèce de branleur. »
3
Les trois premiers chalets étaient manifestement vides ; ils ne prirent même pas la peine de descendre de voiture. Le chemin était à présent réduit à deux ornières de part et d’autre d’un terre-plein central envahi d’herbes. Les arbres l’enserraient des deux côtés et les branches basses touchaient presque la carrosserie.
« Je crois que le dernier est après le virage, dit Frankie. Le chemin ne va pas plus loin que cette petite cabane à bateau merdi…
— Attention ! » cria Junior.
Au sortir du virage sans visibilité ils venaient de tomber sur deux gamins, un garçon et une fille, qui se tenaient au milieu de la voie. Les enfants ne bougèrent pas. Ils avaient tous les deux une expression hébétée. Si Frankie n’avait pas craint d’endommager le pot d’échappement sur le terre-plein central (raison pour laquelle il roulait très lentement), il n’aurait pu les éviter.
« Oh, mon Dieu, il s’en est fallu de peu. Je crois que je vais avoir une crise cardiaque.
— Si mon père n’en a pas eu, ce n’est pas toi qui vas nous en faire une.
— Hein ?
— Laisse tomber. »
Junior descendit. Les deux gamins n’avaient toujours pas bougé. La fillette était la plus grande et la plus âgée. Neuf ans, peut-être. Le garçon devait avoir cinq ans. Ils étaient sales et pâles. La fillette tenait le petit garçon par la main. Elle leva les yeux vers Junior, mais le petit continua à regarder droit devant lui, comme s’il étudiait un détail intéressant sur le phare avant gauche de la Toyota.
Junior lut la terreur dans les yeux de la fillette et mit un genou à terre devant elle. « Ça va, ma chérie ? »
Ce fut le garçon qui répondit. Tout en continuant à examiner le phare. « Je veux ma maman. Et je veux mon petit ’jeuner. »
Frankie venait de les rejoindre. « Ils sont bien réels ? » demanda-t-il d’un ton qui signifiait je plaisante, mais pas vraiment. Il toucha le bras de la gamine.