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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Junior fit rouler Lester sur la bâche. La bâche craqua. Junior observa le corps, le roula un peu plus loin, puis rabattit un pan dessus. La bâche était verte. Big Jim l’avait achetée au Burpee’s. En solde. Il se rappelait que Toby Manning lui avait dit, Vous faites une sacrée bonne affaire avec celle-là, vous savez, Mr Rennie.

« La bible », souffla Big Jim. Il haletait toujours mais il se sentait un peu mieux. Les battements de son cœur ralentissaient, grâce à Dieu. Qui aurait cru que la grimpette allait être aussi raide, passé cinquante ans ? Il pensa : Il faut que je reprenne l’entraînement. Que je retrouve la forme. Dieu ne donne qu’un seul corps.

« Ouais, très juste, bon plan », murmura Junior. Il prit la bible ensanglantée, la coinça entre les cuisses du révérend et commença à rouler le corps.

« Il a débarqué comme ça, fiston. Il était fou.

— Bien sûr. » Junior ne paraissait pas intéressé, ce qui paraissait l’intéresser était de rouler le corps… comme il fallait.

« C’était lui ou moi. Il va falloir… » Nouveau petit bim-bada-boum dans sa poitrine. Jim hoqueta, toussa, se cogna la poitrine. Son cœur se calma. « Il va falloir que tu le transportes à l’église du Christ-Rédempteur. Quand on le trouvera, il y a un type… peut-être… » C’était au Chef qu’il pensait, mais s’arranger pour faire porter le chapeau au Chef, dans cette histoire, était peut-être une mauvaise idée. Chef Bushey savait trop de choses. Bien entendu, il ne se laisserait sans doute pas arrêter comme ça. Auquel cas il ne serait peut-être pas pris vivant.

« J’ai un meilleur endroit », dit Junior. Il avait parlé d’un ton serein. « Et si tu cherches quelqu’un à qui faire porter le chapeau, j’ai une meilleure idée.

— Qui ça ?

— Dale Ducon Barbara.

— Tu sais que je n’approuve pas les écarts de langage… »

Le regardant par-dessus la bâche, l’œil brillant, Junior répéta : « Dale… Ducon… Barbara.

— Comment ?

— Je ne sais pas encore. Mais tu ferais mieux de nettoyer ta fichue balle en or si tu as l’intention de la garder. Et de te débarrasser de ton sous-main. »

Big Jim se leva. Il se sentait mieux. « Tu es un bon garçon, Junior. Aider ton père de cette façon…

— Si tu le dis », répondit Junior. Il y avait à présent un grand rouleau de printemps sur le tapis. D’où dépassaient des pieds. Junior rabattit la bâche dessus, mais elle ne voulait pas y rester. « Il me faudrait du ruban adhésif.

— Si tu ne veux pas le laisser à l’église, alors où…

— T’occupe. C’est sûr. Le révérend attendra qu’on ait trouvé comment introduire Barbara dans le tableau.

— Faut voir ce qui va se passer demain avant de faire quoi que ce soit. »

Junior le regarda avec une expression de mépris froid que Big Jim ne lui avait jamais vue. Il prit conscience que son fils disposait maintenant d’un grand pouvoir sur lui. Mais tout de même, son propre fils…

« Il va aussi falloir enfouir ton tapis. Heureusement, ce n’est pas la moquette que tu avais autrefois ici. L’avantage est qu’il a absorbé presque tout le sang. » Sur quoi il souleva le gros rouleau de printemps et le porta jusqu’à l’entrée. Quelques minutes plus tard, Rennie entendit le camping-car démarrer.

Big Jim contempla sa balle de baseball plaquée or. Je devrais aussi me débarrasser de ça, songea-t-il, sachant qu’il n’en ferait rien. Il s’agissait pratiquement d’un souvenir de famille.

Sans compter que… qu’est-ce qu’il risquait ? Qu’est-ce qu’il risquait, si elle était propre ?

Lorsque Junior revint, une heure plus tard, la balle plaquée or reposait à nouveau, bien brillante, sur son socle de Lucite.

Frappe du missile imminente

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« ATTENTION ! ICI LA POLICE DE CHESTER’S MILL ! LA ZONE DOIT ÊTRE ÉVACUÉE ! SI VOUS M’ENTENDEZ, MARCHEZ DANS MA DIRECTION ! LA ZONE DOIT ÊTRE ÉVACUÉE ! »

Thurston Marshall et Carolyn Sturges s’assirent dans leur lit en entendant cette étrange annonce et se regardèrent en ouvrant de grands yeux. Ils étaient tous les deux enseignants au collège Emerson de Boston : Thurston en tant que maître de conférences d’anglais (et contributeur au dernier numéro de Ploughshares[23]) et Carolyn comme assistante dans le même département. Ils étaient amants depuis six mois et la rose de leur passion était encore loin d’avoir fini de s’épanouir. Ils se trouvaient dans le petit chalet de Thurston, près de Chester Pond, étang situé entre Little Bitch Road et le cours de la Prestile. Ils étaient venus pour un week-end prolongé admirer « le feuillage de l’été indien », mais l’essentiel du feuillage qu’ils avaient admiré, depuis vendredi, était de la variété pubienne. Il n’y avait pas la télé dans le chalet ; Thurston Marshall abominait la télé. Il y avait bien une radio, mais ils ne l’avaient jamais branchée. Il était huit heures trente, ce lundi 23 octobre. Aucun des deux n’avait eu la moindre idée de ce qui se passait jusqu’au moment où cette annonce les avait réveillés :

« ATTENTION ! ICI LA POLICE DE CHESTER’S MILL ! LA ZONE DOIT ÊTRE… » Plus proche, toujours plus proche.

« Thurston ! L’herbe ! Où t’as planqué l’herbe !

— Ne t’inquiète pas. »

Le chevrotement de la voix de Thurston laissait à penser qu’il était incapable de suivre ses propres conseils. Grand et mince, il grisonnait beaucoup et attachait en général ses cheveux en queue-de-cheval. Pour le moment, ils lui retombaient presque jusqu’aux épaules. Il avait soixante ans ; Carolyn vingt-trois. « Il n’y a personne dans ces chalets, en cette saison. Ils vont simplement passer pour rejoindre Little B… »

Elle lui donna une bourrade sur l’épaule — une première. « Mais la voiture est dans l’allée ! Ils vont la voir ! »

Un oh, merde se dessina sur son visage.

« …ÉVACUÉE ! SI VOUS M’ENTENDEZ, MARCHEZ DANS MA DIRECTION ! LA ZONE DOIT ÊTRE ÉVACUÉE ! ATTENTION ! ATTENTION ! » Toute proche, à présent. On distinguait d’autres voix, aussi — des gens utilisant des porte-voix, des flics utilisant des porte-voix — mais la première les dominait toutes. « LA ZONE DOIT ÊTRE ÉVAC… » Il y eut un instant de silence. Puis : « HÉ, LE CHALET ! SORTEZ DE LÀ ! BOUGEZ-VOUS ! »

Oh, c’était un cauchemar.

« Qu’est-ce que t’as foutu de l’herbe ? » répéta Carolyn en lui martelant la poitrine.

L’herbe était dans la pièce voisine. Dans un petit sac à présent à moitié vide, à côté d’une assiette qui contenait encore un reste de fromage et de crackers de la veille. Si quelqu’un entrait, ce serait la première chose qu’il verrait.

« ICI LA POLICE ! ON NE DÉCONNE PAS ! LA ZONE DOIT ÊTRE ÉVACUÉE ! SI VOUS ÊTES LÀ-DEDANS, SORTEZ AVANT QU’ON NE VOUS ÉVACUE DE FORCE ! »

Des porcs, pensa-t-il. Des porcs de la cambrousse avec des cerveaux de porcs de la cambrousse.

Thurston bondit du lit et traversa la pièce en courant, ses cheveux au vent, contractant ses fesses maigres.

C’était son grand-père qui avait construit ce chalet, avant la Seconde Guerre mondiale, et il ne comportait que deux pièces : une grande chambre donnant sur l’étang et un séjour/cuisine. L’électricité était produite par un vieux générateur Henske que Thurston avait arrêté quand ils s’étaient retirés dans la chambre ; ses crachotements poussifs n’étaient pas exactement romantiques. Les braises du feu de cheminée — pas vraiment nécessaire, mais très* romantique — rougeoyaient encore faiblement dans le foyer.

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23

« Le Soc ». La revue existe vraiment.

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