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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Je me trompe peut-être, si ça se trouve, la dope est dans mon porte-documents…

Malheureusement, non. Elle était là, à côté d’un reste du brie dont ils s’étaient empiffrés avant la grande baise.

Au moment où il y courait, on frappa à la porte — non, on cogna à la porte.

« Une minute ! » cria Thurston, soudain follement joyeux. Carolyn se tenait à l’entrée de la chambre, enveloppée d’un drap, mais c’est à peine s’il la remarqua. Des pensées se bousculaient dans son esprit qui souffrait de séquelles de paranoïa dues aux excès de la veille — révocation, la police de la pensée dans 1984 d’Orwell, révocation, la réaction écœurée de ses trois enfants (avec deux épouses différentes) et, bien sûr, révocation. « Juste une minute, juste une seconde, le temps que je m’habi… »

Mais le battant explosa et, en violation directe de neuf droits environ garantis par la Constitution, deux jeunes hommes entrèrent sans attendre. L’un d’eux tenait un porte-voix. Tous deux portaient un jean et une chemise bleue. Les jeans étaient presque rassurants, mais les chemises avaient des épaulettes et s’ornaient d’un badge.

Nous n’avons pas besoin de vos conneries de badges, pensa bêtement Thurston.

« Sortez d’ici ! hurla Carolyn.

— Vise-moi un peu ça, Junior ! dit Frank DeLesseps. Le Grand Méchant Queutard et le Petit Saloperon Rouge ! »

Thurston s’empara du sachet d’herbe, le tint dans son dos et le laissa tomber dans l’évier.

Junior étudiait le service trois pièces qu’avait révélé ce mouvement. « Je crois bien que c’est l’engin le plus long et le plus mince que j’aie jamais vu », dit-il. Il paraissait fatigué, vraiment fatigué — il faut dire qu’il n’avait dormi que deux heures — mais il se sentait en pleine forme, absolument génial, pétant le feu. Pas la moindre trace de migraine.

Ce boulot lui allait très bien.

« BARREZ-VOUS D’ICI ! hurla Carolyn.

— Tu ferais mieux de la fermer, mon chou, et de t’habiller. On évacue tout ce côté de la ville.

— Nous sommes ici chez nous ! FOUTEZ-MOI LE CAMP D’ICI ! »

Frankie, jusqu’ici, avait souri. Son sourire disparut. Il passa à grands pas devant l’homme nu et maigre qui se tenait près de l’évier (qui se faisait tout petit près de l’évier aurait été une description plus juste) et attrapa Carolyn par les épaules. Il la secoua sans ménagement. « Ne me parle pas sur ce ton, mon chou. J’essaie simplement d’empêcher que tu te fasses rôtir les fesses. Toi et ton petit co…

— Enlevez vos sales pattes ! Vous irez en prison pour ça ! Mon père est avocat ! »

Elle essaya de le gifler. Frankie — qui n’était pas du matin et ne l’avait jamais été — lui attrapa la main et la lui tordit. Sans forcer, mais Carolyn hurla. Le drap tomba par terre.

« Ouais ! Ça c’est une carrosserie, confia Junior à un Thurston Marshall bouche bée. Vous arrivez à rester à la hauteur, papi ?

— Habillez-vous tous les deux, ordonna Frankie. J’ai l’impression que vous êtes un peu idiots, peut-être même complètement, pour être encore ici. Vous ne savez donc pas… »

Il s’arrêta. Regarda tour à tour le visage de la femme et celui de l’homme. Terrifiés tous les deux. Et ayant l’air de ne rien y comprendre.

« Junior !

— Quoi ?

— J’ai l’impression que le Vieux Queutard et le Petit Saloperon ne savent pas ce qui se passe.

— Je vous interdis de tenir des propos sexistes comme… »

Junior leva les mains. « Madame, habillez-vous. Il faut sortir d’ici. Un avion de l’armée de l’air va tirer un missile vers cette partie de la ville dans… (il consulta sa montre)… un peu plus de cinq heures.

— VOUS ÊTES CINGLÉ ! » hurla Carolyn.

Junior laissa échapper un grand soupir et s’avança. Il se disait qu’il commençait à comprendre un peu mieux le boulot de flic ; un boulot génial, mais les gens se montraient parfois tellement stupides. « S’il rebondit, vous entendrez juste un grand bang. Vous ferez peut-être dans votre culotte — si par hasard vous en portez une — mais ça ne vous fera rien. Mais s’il passe au travers, vous avez toutes les chances de vous faire réduire en cendres, étant donné qu’il est vraiment très gros et que vous n’êtes qu’à trois kilomètres du point d’impact, d’après ce qu’ils disent.

— Et il pourrait rebondir sur quoi, gros malin ? » demanda Thurston.

La dope cachée dans l’évier, il se servait d’une main pour dissimuler ses parties intimes… ou du moins, il essayait ; son brin d’amour était effectivement très long et très mince.

« Sur le Dôme, dit Frankie. Et je n’apprécie pas cette façon de parler. » Il fit une grande enjambée et donna un coup de poing dans le ventre au contributeur de Ploughshares. Thurston émit un bruit de ballon qui se dégonfle d’un coup, se plia en deux, vacilla sur place, réussit presque à garder l’équilibre, tomba à genoux et vomit l’équivalent d’une tasse à thé d’un magma blanc délayé qui sentait encore le brie.

Carolyn tenait son poignet gonflé. « Vous irez tous les deux en prison pour ça, promit-elle à Junior d’une voix basse et tremblante. Bush et Cheney, c’est terminé depuis un bon moment. Nous ne sommes plus aux États-Unis de Corée du Nord.

— Je sais », répondit Junior avec une admirable patience pour quelqu’un qui se disait qu’une petite strangulation de plus pourrait être sympa ; dans son cerveau, rôdait un monstre de Gila miniature, tout noir, qui estimait que rien ne valait une petite strangulation pour bien commencer la journée.

Mais non. Non. Il devait jouer son rôle dans l’évacuation. Il avait prêté serment, débité les conneries qu’il y avait à débiter.

« Je le sais parfaitement bien, répéta-t-il. Mais ce que vous ne savez pas, trouducs, c’est que vous n’êtes plus aux États-Unis d’Amérique, non plus. Vous êtes en ce moment dans le royaume de Chester, et si vous ne vous comportez pas correctement, vous allez finir dans les oubliettes de Chester. Je vous le promets. Pas de coup de téléphone, pas d’avocat, pas de procès en bonne et due forme. Nous, on essaie juste de vous sauver la vie. Seriez-vous trop cons et trop bouchés pour comprendre ça ? »

Elle le regardait, interloquée. Thurston essaya de se relever, n’y arriva pas et rampa vers elle. Frankie l’aida d’un coup de pied dans les fesses. Thurston poussa un cri de douleur indigné. « Ça, c’est pour nous faire perdre notre temps, papi, dit Frankie. J’admire ton goût en matière de nanas, mais on n’a pas que ça à faire.

Junior regarda la jeune femme. Une bouche superbe. Les lèvres d’Angelina. Il était prêt à parier qu’elle aurait pu faire bander un eunuque. « S’il n’est pas capable de s’habiller tout seul, aidez-le. Nous avons encore quatre chalets à visiter et quand nous repasserons par ici, nous voulons que vous soyez dans votre Volvo et déjà en route pour la ville, vu ?

— Je n’y comprends rien ! gémit Carolyn.

— Pas étonnant, dit Frankie en retirant le sachet de l’évier. Vous savez pas que ce truc-là rend idiot ? »

Carolyn se mit à pleurer.

« Ne vous inquiétez pas, reprit Frankie. Je ne fais que le confisquer et dans deux jours, ma jolie, tu vas péter la forme. »

— Vous ne nous avez pas dit nos droits », se lamenta Carolyn.

Junior parut étonné. Puis il éclata de rire. « Tu as le droit de foutre le camp d’ici et de fermer ta putain de gueule, pigé ? Dans cette situation, ce sont tes seuls droits. Est-ce que c’est clair ? »

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