Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]
- Автор: Кинг Стивен Эдвин
- Год: 2011
- Язык: французский
- Год: Editions Albin Michel
- ISBN: 978-2-226-22436-1
- Переводчик: William Olivier Desmond
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:
« Qu’il te bénisse aussi », répondit courtoisement Rennie.
Coggins secoua sa main une dernière fois et la lâcha. « Je suis ici parce que j’ai eu une révélation, Jim. J’en ai demandé une la nuit dernière — ouais, parce que j’étais affreusement troublé — et elle est venue cet après-midi. Dieu m’a parlé, à travers Ses Écritures et par l’intermédiaire de ce jeune garçon.
— Le petit Dinsmore ? »
Coggins donna un baiser retentissant à ses mains jointes et les tendit vers le ciel. « Lui-même. Rory Dinsmore. Puisse Dieu l’avoir en Sa sainte garde pour l’éternité.
— Il dîne avec Jésus en cette minute même », répondit Big Jim automatiquement.
Il examinait le révérend à la lumière de sa lampe torche et ce qu’il voyait ne lui plaisait pas. Alors que la nuit fraîchissait rapidement, Coggins était couvert de sueur. Il avait les yeux exorbités et les cheveux dressés sur la tête en mèches et boucles hirsutes. Dans l’ensemble, il avait l’air d’un type en train de perdre les pédales, et même sur le point d’aller carrément au tapis.
Mauvais, ça, pensa Big Jim.
« Oui, dit Coggins, j’en suis sûr. Assis au grand festin… enveloppé dans les bras divins pour l’éternité… »
Big Jim pensa qu’il devait être difficile de faire les deux à la fois, mais ne fit pas part de ses doutes.
« Et cependant sa mort servait une intention, Jim. C’est ce que je suis venu te dire.
— Tu me raconteras ça à l’intérieur », répondit Big Jim qui ajouta, avant que le pasteur puisse répondre : « Tu n’aurais pas vu mon fils ?
— Junior ? Non.
— Depuis combien de temps es-tu ici ? » demanda Big Jim en allumant dans l’entrée, bénissant son générateur par la même occasion.
« Une heure. Peut-être un peu moins. Je suis resté assis sur les marches… j’ai lu… prié… médité… »
Rennie se demanda si quelqu’un ne l’aurait pas vu, mais il ne poussa pas plus loin son interrogatoire. Coggins était déjà bien assez bouleversé comme ça, et une telle question ne ferait que le bouleverser un peu plus.
« Allons dans mon bureau », dit-il en ouvrant la marche, tête baissée, avançant lentement en dépit de ses grandes enjambées. De dos, il avait un peu l’allure d’un ours habillé en homme, un ours qui serait vieux et lent mais encore dangereux.
13
Outre le tableau représentant le Sermon sur la Montagne derrière lequel se dissimulait le coffre, les murs du bureau de Big Jim s’ornaient de toute une collection de plaques commémoratives célébrant ses hauts faits au service de la communauté. Il y avait une photo encadrée du maître des lieux serrant la main de Sarah Palin, et une autre en compagnie du Grand Numéro 3, Dale Earnhardt, quand celui-ci avait organisé une collecte de fonds pour un organisme charitable s’occupant d’enfants, lors du Crash-A-Rama[22] annuel d’Oxford Plains. Il y en avait même une troisième où il serrait la main de Tiger Woods, qui lui avait paru un Nègre tout à fait sympathique.
Le seul souvenir que l’on voyait sur son bureau était une balle de baseball plaquée or reposant sur un pied en Lucite. Dessous, sur une plaque (également en Lucite), on lisait cette dédicace : À Jim Rennie, en remerciement pour son aide dans l’organisation du tournoi 2007 de softball de la Société de bienfaisance du Maine ! C’était signé ; Bill « Spaceman » Lee.
Une fois assis dans le fauteuil à haut dossier, derrière son bureau, Big Jim prit la balle et commença à la lancer d’une main à l’autre. C’était un geste machinal agréable à faire, en particulier quand on était un peu énervé : pesante, la belle balle dorée épousait agréablement la paume de la main. Big Jim se demandait parfois l’effet qu’elle ferait si elle avait été en or massif. Il s’intéresserait peut-être à la question quand l’affaire du Dôme serait terminée.
Coggins s’installa de l’autre côté du bureau, dans le fauteuil des clients. Le fauteuil des suppliants. Là où Big Jim voulait qu’il fût. Les yeux du révérend allaient et venaient comme s’il suivait un match de tennis. Ou peut-être le pendule d’un hypnotiseur.
« Bon, de quoi s’agit-il, Lester ? Mets-moi au courant. Mais tâche de faire court, hein ? J’ai besoin de me reposer. Va y avoir beaucoup à faire demain.
— Veux-tu prier d’abord avec moi, Jim ? »
Big Jim sourit. De son sourire féroce, mais le thermostat pas encore réglé sur froid intense. Pour le moment, du moins. « Pourquoi ne pas me raconter ça d’abord ? J’aime savoir pourquoi je prie, avant de m’agenouiller. »
Lester ne fit pas court, mais Big Jim s’en rendit à peine compte. Il l’écouta avec une consternation grandissante, de plus en plus proche de l’horreur. Les explications du révérend étaient erratiques et bourrées de citations bibliques, mais la teneur en était claire : il avait décidé que leur petite entreprise avait tellement déplu au Seigneur qu’Il avait retourné un grand bol de verre sur tout le territoire de la commune. Lester avait prié pour savoir ce qu’il devait faire, se flagellant pendant qu’il priait (Big Jim espéra qu’il parlait métaphoriquement) et le Seigneur l’avait conduit à un verset de la Bible sur la folie, l’aveuglement, les remords et ainsi de suite.
« Le Seigneur a dit qu’Il me manderait un signe, et…
— Qu’il te manderait ? »
Jim haussa ses sourcils broussailleux.
Mais Lester ignora l’interruption et plongea, transpirant comme dans un accès de malaria, les yeux suivant toujours la balle d’or. Droite… gauche.
« C’était comme quand j’étais ado et que j’éjaculais dans mon lit.
— Voyons, Les, c’est… un peut trop personnel, comme information. »
La balle changea de main.
« Dieu m’a dit qu’Il me montrerait l’aveuglement, mais pas mon aveuglement. Et cet après-midi, dans le champ, Il l’a fait ! N’est-ce pas ?
— Eh bien, c’est une interprétation…
— Non ! » Coggins bondit sur ses pieds. Il se mit à tourner en rond sur le tapis, tenant sa bible d’une main. De l’autre, il se tirait les cheveux. « Dieu m’a dit que lorsque je verrais le signe, je devrais raconter à ma congrégation exactement tout ce que tu as fait…
— Juste moi ? » demanda Big Jim. Il avait parlé d’un ton méditatif.
La balle circulait un peu plus vite entre ses deux mains. Tac. tac. tac. Allant et venant entre deux paumes charnues mais encore dures.
« Non », grogna Lester. Il se mit à marcher un peu plus vite, ne regardant plus la balle. Il agitait la bible de la main qui n’était pas occupée à s’arracher les cheveux jusqu’à la racine. Il lui arrivait de faire la même chose quand il prêchait, les fois où il était vraiment lancé. C’était très bien à l’église, ce truc ; mais ici, c’était tout simplement exaspérant. « Il y avait toi, et moi, et Roger Killian, et les frères Bowie, et… » Il baissa la voix : « L’autre, là, le chef. Je crois que cet homme est fou. S’il ne l’était pas quand tout a commencé, au printemps dernier, il l’est certainement maintenant. »
Regarde donc qui parle, mon pote, pensa Big Jim.
« On est tous impliqués, mais c’est toi et moi qui devons nous confesser, Jim. C’est ce que m’a dit le Seigneur. C’était ce que voulait dire l’aveuglement du garçon ; c’est pour cela qu’il est mort. Nous nous confesserons et nous brûlerons cette Grange de Satan, derrière l’église. Alors Dieu nous laissera aller.
22
Version moderne, en plus répugnant encore, des courses de stock-cars.