La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
«Mais Mical, seconde fille de Saül, tomba amoureuse de David, et elle le fit savoir à son père; alors Saül fut très content, et il dit à David: Tu seras mon gendre aujourd’hui même.» (v. 20-21)
Il est probable, d’après ce qui suit, que le vainqueur de Goliath n’aurait pas demandé mieux que d’épouser Mical tout de suite; mais Saül avait parlé en l’air, paraît-il, ou bien il regretta de s’être montré si pressé. En effet, dès qu’il eut le consentement du jeune homme, il se mit à exiger de lui des choses extraordinaires.
On ne devinerait jamais quelle condition Saül fit poser a David pour l’agréer définitivement!
«Saül dit à ceux de ses serviteurs qu’il envoya à David: Vous lui direz que le roi demande pour douaire cent prépuces de Philistins.» (v. 25)
En d’autres termes, le roi ne voulait pas doter Mical; à son avis, c’était David qui devait constituer une dot à sa femme; et quelle dot!… Cent prépuces!… On ne voit guère à quoi tant de prépuces auraient pu servir dans le nouveau ménage…
«Alors, avant que les jours fixés fussent accomplis, David s’en alla au pays des Philistins, accompagné de sa troupe; là, il tua deux cents hommes. Puis, il coupa leurs prépuces, les apporta et les remît bien comptés (sic) au roi, afin d’être son gendre. Et Saül lui donna pour femme sa fille Mical.» (18:26-27)
On s’imagine la séance de signature du contrat, le notaire royal comptant gravement les deux cents prépuces, et l’amoureuse Mical roucoulant à David et tout heureuse d’avoir un si beau présent de noces!
Quant aux Philistins, ils trouvèrent de fort mauvais goût qu’on vînt s’approvisionner de prépuces chez eux, et la guerre recommença.
«Les capitaines philistins se mirent en campagne; et dès qu’ils furent sortis, David eut plus de victoires que tous les officiers de Saül; et son nom fut en fort grande estime.» (18:30)
C’est en ce temps-là que le roi avait de fréquentes périodes de maboulisme; mais on se demande pourquoi l’écrivain biblique s’ingénie à peindre l’infortuné monarque sous les plus vilaines couleurs. D’après le texte même, c’est Jéhovah qui, par moments, soufflait d’un mauvais souffle sur Saül; c’est donc Dieu en personne qui le rendait loufoc. Un fou n’est pas responsable de ses folies, et Saül moins que tout autre, par conséquent.
«Alors Saül parla à Jonathan, son fils, et à tous ses officiers, de faire mourir David; mais Jonathan aimait beaucoup David; c’est pourquoi il lui fit connaître le danger de mort qu’il courait, par le fait de l’inimitié de son père.» (19:1-2).
En outre, le brave Jonathan tenta une réconciliation.
«Il parla donc favorablement de David à Saül son père, et lui dit: Que le roi ne pèche point contre David son serviteur; car il n’a point péché contre toi, et même ce qu’il a fait t’est fort avantageux, attendu qu’il a exposé sa vie et qu’il a tué le géant philistin; tu l’as vu et tu t’en es réjoui; pourquoi donc pécherais-tu contre le sang innocent, en faisant mourir David sans cause? Saül prêta l’oreille à la voix de son fils, et il jura en disant: Par le Dieu vivant, David ne mourra pas! Alors, Jonathan appela David et lui fit le récit des nouvelles dispositions du roi. Il amena ensuite David à Saül, et David reprit comme auparavant son service auprès du roi.» (19:4-7)
On le voit, la haine abandonnait le monarque, aussitôt qu’il était dans son état naturel; c’est seulement au cours de ses accès, «quand Jéhovah soufflait, sur lui d’un souffle mauvais», c’est alors que Saül formait des projets homicides contre son gendre.
Cependant, la guerre avec les Philistins battait son plein, et le harpiste trouvait quelquefois le temps d’infliger une défaite à l’ennemi, entre deux sérénades.
«Mais voici que le mauvais souffle de Dieu souffla de nouveau sur Saül, un jour qu’il était assis dans son palais, ayant sa lance à la main, tout en écoutant la musique de David.» (v. 9)
Le lecteur s’attend bien à ce qui va arriver!
«Alors, tandis que David pinçait de la harpe, Saül essaya encore de le clouer contre le mur avec sa lance; mais David se détourna agilement, et Saül, sans atteindre son gendre, planta son arme dans la muraille; après quoi, ayant ainsi échappé à la mort, David prit la fuite.» (v. 10)
Ce fut chez sa tendre épouse que le jeune capitaine harpiste se réfugia; l’aimable Mical le consola de son mieux.
«Mais, cette nuit-là, Saül envoya des gens vers la maison de David, avec ordre de rester en surveillance, afin qu’il pût le faire périr le matin. Et Mical, ayant aperçu les hommes de garde, dit à David: Si tu ne te sauves cette nuit, demain on va te tuer. Alors, Mical fit descendre David par une fenêtre, et il s’enfuit de nouveau.
Ensuite, Mical prit un marmouset, le coucha dans son lit à la place de David et lui mit sur la tête une peau de chèvre, lit quand Saül envoya ses gens pour s’emparer de David, elle leur dit: Il est malade.
Alors Saül s’écria: Qu’on me l’apporte dans son lit, afin que je le fasse mourir! Et Saül et ses gens ne trouvèrent qu’un marmouset, coiffé de peau de chèvre.
Et Saül dit à Micaclass="underline" Pourquoi m’as-tu trompé ainsi? pourquoi as-tu fait échapper mon ennemi? Mical répondit: il m’a dit: Laisse-moi m’en aller. Pourquoi donc aurais-je prêté la main à ce qu’il fût tué?» (19:11-17)
Il ne faut pas perdre de vue que nous reproduisons un livre sacro-saint, une œuvre divine, base fondamentale d’une religion qui a la prétention de courber le monde entier sous sa loi. Peut-on pourtant trouver une aventure plus bêbète que celle-ci? Cet histoire de marmouset n’est même pas du vaudeville comique; elle est au-dessous du niveau des plus niaises jocrisseries de foire. Et c’est du dogme, ça!… Sous peine de rôtir éternellement en enfer, il est nécessaire de croire que Mical fit filer son mari, l’oint David, par la fenêtre, et qu’elle le remplaça dans son lit par un mannequin coiffé d’une peau de chèvre! Cette peau de chèvre était-elle le bonnet de nuit ordinaire de David?… Dans le texte hébreu, il y a théraphim, que les versions modernes traduisent par «marmouset», mannequin. Mais théraphim signifie littéralement une idole. Mical faisait-elle donc coucher des idoles avec elle? voulait-elle que les satellistes envoyés par Saül prissent cette idole pour son mari? et, puisque David avait, nous a-t-on dit, les cheveux roux, Mical espérait-elle que la peau de chèvre dont elle coiffait le théraphim ferait l’effet de la tignasse du cher homme? Beau sujet de grave examen pour les révérends théologiens!
La bêtise biblique va, maintenant, devenir délirante.
«Ainsi David s’enfuit, échappant à la mort. Il s’en vint vers Samuel, à Rama, et lui apprit tout ce que Saül lui avait fait.
Puis, il s’en alla avec Samuel, et ils demeurèrent ensemble à Najoth. Cela fut rapporté à Saül, qui envoya des archers pour s’emparer de David. Mais, quand les archers arrivèrent à Najoth en Rama, ils trouvèrent David au milieu d’une assemblée de prophètes qui prophétisaient, et au-dessus d’eux tous se tenait Samuel, les présidant et prophétisant; et voilà que les archers de Saül furent saisis de l’esprit de Dieu, et ils se mirent aussi à prophétiser.