La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Agag, à Samuel. — Ainsi donc vous m’allez donner la mort?… O mort, que vous êtes amère!
Samuel. — Oui, tu es gras! et ton holocauste en sera plus agréable au Seigneur.
Agag. — Hélas! Saül, que je te plains d’être soumis à de pareils monstres!
Samuel, à Agag. — Ecoute, tu vas mourir: veux-tu être juif? veux-tu te faire circoncire?
Agag. — Et, si j’étais assez faible pour être de ta religion, me donnerais-tu la vie?
Samuel. — Non; tu auras la satisfaction de mourir juif, et c’est assez.
Agag. — Frappez donc, bourreaux!
Samuel. — Donnez-moi cette hache, au nom du Seigneur; et tandis que je couperai un bras, coupez une jambe, et ainsi de suite morceau par morceau.
Les prêtres frappent tous ensemble, avec Samuel, au nom d’Adonaï.
Agag. — O mort! ô tourments! ô barbares!
Saül. — Faut-il que je sois témoin d’une abomination si horrible!
Baza. — Dieu vous punira de l’avoir soufferte.
Samuel, aux prêtres. — Emportez ce corps et cette table; qu’on brûle les restes de cet infidèle, et que ses chairs servent à nourrir nos serviteurs… (A Saüclass="underline" ) Et vous, prince, apprenez à jamais qu’obéissance vaut mieux encore que sacrifice.
Saül, se jetant dans un fauteuil. — Je me meurs; je ne pourrai survivre à tant d’horreurs et à tant de honte.
On aurait tort de croire à une exagération dans cette mise en scène.
Le chapitre 15 du 1er livre de Samuel, représente en effet l’égorgement d’Agag, massacré de la façon la plus barbare, avec une cruauté dont il est peu d’exemples, le prophète étant lui-même au nombre des bourreaux et présidant le supplice.
En outre, Samuel déclara à Saül qu’à partir de ce moment il était déchu, que Jéhovah l’avait rejeté.
«Et comme Samuel se tournait pour s’en aller, Saül, voulant le retenir, le prit par le pan de son manteau, qui se déchira. Alors le prophète dit au roi: Ainsi que tu as déchiré mon manteau, de même ton royaume sera déchiré.» (15:27-28)
Puis, sans perdre de temps, Samuel se rendit à Bethléem. Là, il fit comparaître devant lui un sieur Isaï, descendant de Booz, et toute sa famille. Après une purification générale, suivie d’un sacrifice, Samuel dit à Isaï:
«Sont-ce là tous tes enfants? Isaï lui répondit: Il en reste encore un tout petit, qui garde les brebis. Fais-le venir, repartit Samuel; car nous ne nous mettrons pas à table avant qu’il soit ici présent. On amena donc le jeune garçon; celui-ci était roux et de joli visage. Et Jéhovah dit à Samueclass="underline" Voilà bien celui que tu dois oindre. Alors, Samuel prit une corne pleine d’huile, qu’il avait apportée, et oignit David au milieu de ses frères. Dès lors, le souffle du Seigneur souffla sur David et ne souffla plus sur Saül; au surplus, Jéhovah envoya à Saül un mauvais esprit, et Saül eut le cerveau troublé.» (16:11-14)
Les critiques font remarquer, comme une chose étonnante, que Dieu ait parlé à Samuel chez le père de David même, devant toute la maison, sans que l’auteur sacré dise explicitement s’il y eut ou non une apparition. L’opinion des théologiens est que Jéhovah parlait intérieurement à son prophète; mais alors comment les assistants pouvaient-ils deviner qu’il avait une mission particulière et divine? Tous les juifs, dit Voltaire, devaient savoir que Saül régnait, puisque Samuel avait répandu de l’huile sur sa tête. Or, quand il en fit autant à David, son père, sa mère, ses frères et les assistants devaient s’apercevoir qu’il instituait un roi nouveau, et que par-là il exposait toute la famille à la vengeance de Saül; il y a quelque difficulté. Boulanger dit qu’il n’y a jamais eu de scène du théâtre italien plus comique que celle d’un prêtre de village qui vient chez un paysan, avec une bouteille d’huile dans sa poche, oindre un petit garçon rousseau, et faire ainsi une révolution dans l’Etat; ce critique ajoute que cet Etat et ce petit garçon rousseau ne méritaient pas une autre historien.
«Or, les officiers de Saül lui dirent: Tu vois qu’un mauvais souffle de Dieu te trouble; s’il te plaît, tes serviteurs iront chercher un joueur de harpe, afin que, quand le mauvais souffle de Dieu te troublera le plus, ce musicien te soulage en touchant de la harpe avec sa main. Saül dit donc à ses serviteurs: Allez me chercher quelqu’un qui sache bien harper. Mais l’un des serviteurs lui dit: Il y a, à Bethléem, l’un des fils d’un nommé Isaï, que j’ai vu et qui joue de la harpe en véritable artiste; c’est un jeune homme robuste, vaillant guerrier, s’exprimant avec éloquence, et fort joli garçon; en outre, Dieu est avec lui. Alors, Saül envoya des messagers à Isaï pour lui dire: Envoie-moi ton fils David, celui qui garde tes brebis. Isaï prit aussitôt un âne, qu’il chargea de pain et d’un baril de vin, et un chevreau, et il fit remettre par David ces présents à Saül. Et quand David se présenta, Saül éprouva pour lui une grande affection et il le nomma son écuyer; et il envoya dire à Isaï: Je te prie de laisser David à mon service; car il me plaît beaucoup. Quand donc le mauvais souffle de Dieu troublait Saül, David prenait une harpe et en jouait, et Saül en était soulagé, et le mauvais souffle cessait de souffler.» (v. 15-23)
Quel méli-mélo, cette histoire!… David, dont l’auteur sacré fait un simple pâtre, est en même temps un harpiste de talent des plus distingués; encore si en menant paître les brebis il s’était contenté de jouer de la flûte! mais non, c’est l’énorme et encombrante harpe qu’il trimballe avec lui à travers les arides montagnes de Judée. Ensuite, on nous donne David comme tout jeune; comment peut-on alors qualifier ce petit garçon de vaillant guerrier?… Autre observation: l’officier de Saül, qui est si bien renseigné sur le compte de David, ignore-t-il donc que l’adolescent a été oint par Samuel et qu’il est, par conséquent, un dangereux compétiteur?… Et ces présents d’Isaï au chef de l’État sont-ils assez ridicules! du pain, un baril de vin et un chevreau, voilà ce qui est offert à un souverain, pour se concilier ses bonnes grâces!… Que dire enfin de Jéhovah qui passe son temps à flanquer des attaques de nerfs à Saül et à l’en guérir momentanément avec la musique de son rival? Tout cela est d’un grotesque insensé!…
«Cependant, les Philistins assemblèrent toutes leurs armées pour livrer un grand combat à Israël; ils établirent leur camp entre Soco et Azéca, sur la frontière de Dammim. Saül et les Juifs se rassemblèrent aussi, et ils campèrent dans la vallée du Chêne. Les Philistins étaient sur une montagne et les Israélites étaient sur une autre montagne, vis-à-vis. Et il arriva qu’un bâtard sortit du camp philistin et vint se présenter entre les deux armées; il s’appelait Goliath; il était de Geth, et il avait six coudées et une palme de haut (un peu plus de quatre mètres!); un casque d’airain protégeait sa tête, et sa cuirasse, faite d’écaillés, qu’il avait sur la poitrine pesait cinq mille sicles d’airain, à elle seule (soixante kilogrammes); il avait aussi des bottes d’airain, et un grand bouclier d’airain couvrait ses épaules; la hampe de sa lance était, aussi volumineuse que l’ensuple d’un tisserand; le fer de cette lance pesait six cents sicles de fer (dix kilogrammes). Ce géant venait crier devant les phalanges d’Israëi: Choisissez donc quelqu’un d’entre vous pour combattre contre moi; s’il me tue, nous serons vos esclaves; mais, si je le tue, c’est vous qui serez nos esclaves. Et ce Philistin se vantait ainsi chaque jour d’avoir déshonoré Israël, et tous les Juifs ayant entendu la voix de ce géant philistin qui les bravait étaient stupéfaits et tremblaient de peur.» (17:1-11)