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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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— N-n-non. »

L’épouvantail hocha la tête. « N’oublie pas. Parce que de toute façon, personne ne te croira. Sauf nous, évidemment, et on serait alors obligés de revenir, et cette fois-ci tu serais doublement baisée. »

Frankie la poussa sur le canapé.

« Baise-la, dit Georgia d’un ton excité, dirigeant son rayon sur Sammy. Baise-moi cette salope ! »

Les trois hommes passèrent l’un après l’autre. Frankie le premier. Il lui murmura : « T’as intérêt à la fermer sauf quand t’es à genoux », tandis qu’il s’enfonçait en elle.

Carter passa en second. Pendant qu’il la chevauchait, Little Walter se réveilla et commença à pleurer.

« La ferme, le môme, ou va falloir que je te dise tes droits ! » hurla Mel Searles avant de partir de son rire habituel.

Nyuck-nyuck-nyuck.

11

Il était presque minuit.

Linda Everett était profondément endormie dans sa moitié du lit ; elle avait eu une journée épuisante, elle devait se lever tôt demain matin (éva-cua-tion !) et même son inquiétude pour l’état de santé de Janelle n’avait pu la tenir éveillée. Elle ne ronflait pas, pas exactement, mais émettait un bruit léger, un peu sibilant, de respiration régulière.

Rusty avait eu lui aussi une journée épuisante, mais il ne pouvait pas dormir, et ce n’était pas seulement sa fille qui l’inquiétait. Il pensait qu’elle irait bien, au moins pendant un moment. Il était possible de juguler les crises, si elles en restaient à ce stade. S’il se trouvait à court de Zarontin au dispensaire de l’hôpital, il pourrait toujours s’en procurer à la pharmacie Sanders.

C’était au Dr Haskell qu’il pensait. Et au petit Rory Dinsmore, bien sûr. Rusty n’arrêtait pas de voir l’orbite déchiquetée, privée de son œil. N’arrêtait pas d’entendre Ron Haskell dire à Ginny, Je ne suis pas mour… sourd, je veux dire.

Sauf que mort, il l’était. Il se tourna dans le lit, s’efforçant de chasser ces images ; mais ce qui vint à la place fut Rory murmurant, C’est Halloween. Se mêlant à la voix de sa fille s’écriant, C’est la faute de la Grande Citrouille ! Il faut arrêter la Grande Citrouille !

Sa fille avait eu une crise d’épilepsie. Le petit Dinsmore, lui, avait pris le ricochet d’un fragment de balle en pleine tête. Comment interpréter cela ?

Je ne vois vraiment pas. Qu’est-ce que dit déjà l’Écossais, dans la série Les Disparus ? « Ne confonds pas une coïncidence avec le destin. »

Possible. C’était peut-être ça. Mais Les Disparus, ça remontait à un bon moment. L’Écossais avait peut-être dit,Ne confonds pas le destin avec une coïncidence.

Il se tourna une fois de plus pour voir, cette fois-ci, la manchette en gros caractères noirs de l’édition spéciale du Democrat :

TIR D’EXPLOSIF CONTRE LA BARRIÈRE !

C’était sans espoir. Plus question de dormir pour le moment, et rien de pire, dans ce genre de situation, que de vouloir retourner à toute force au pays des rêves.

Il restait, dans la cuisine, une portion du célèbre pain aux airelles et à l’orange de Linda ; il l’avait vue sur le comptoir en arrivant. Rusty décida d’aller en manger un morceau tout en feuilletant le dernier numéro de l’American Family Physician[21]. Si un article sur la coqueluche n’arrivait pas à l’endormir, rien ne le pourrait.

Il se leva, grand et costaud dans la tenue d’hôpital bleue qu’il portait en guise de pyjama, et quitta la chambre sans bruit, pour ne pas réveiller Linda.

Au milieu de l’escalier il s’arrêta, tête inclinée.

Audrey gémissait, un grondement sourd et continu. Dans la chambre des filles. Rusty descendit et ouvrit la porte. Le golden retriever, simple forme entre les lits des deux filles, tourna la tête vers lui et poussa à nouveau un petit gémissement.

Judy était allongée sur le côté, une main sous la joue, la respiration profonde et lente. Jannie, ce n’était pas la même histoire. Elle roulait nerveusement d’un côté et de l’autre, donnait des coups de pied dans les draps et marmonnait. Rusty enjamba la chienne et s’assit sur le lit, sous le dernier poster de boys band de sa fille.

Elle rêvait. Un rêve qui n’était pas agréable, à voir la façon dont elle se débattait. À quoi s’ajoutaient des marmonnements qui faisaient penser à des protestations. Rusty essaya de distinguer ses paroles, mais elle s’arrêta avant qu’il l’ait pu.

Audrey gémit à nouveau.

La chemise de nuit de Jannie était tout entortillée. Rusty l’arrangea, remonta les couvertures et repoussa les cheveux du front de sa fille. Ses yeux bougeaient rapidement sous ses paupières closes, mais ses membres n’étaient pas agités, ses doigts ne pianotaient pas, elle ne claquait pas des lèvres de manière caractéristique. Un moment de sommeil paradoxal plutôt qu’une crise, il en était à peu près certain. Ce qui soulevait une question intéressante : les chiens pouvaient-ils aussi sentir les mauvais rêves ?

Il se pencha et l’embrassa sur la joue. Les yeux de la fillette s’ouvrirent à cet instant, mais il eut l’impression qu’elle ne le voyait pas. On aurait pu considérer cela comme un symptôme du petit mal, mais il n’y croyait pas. Audi aurait aboyé, il en était sûr.

« Rendors-toi, ma chérie.

— Il a une balle de baseball en or, papa.

— Je sais ma chérie, rendors-toi.

— C’est une mauvaise balle.

— Non. Elle est bonne. Les balles de baseball sont bonnes, en particulier quand elles sont en or.

— Oh, dit-elle.

— Rendors-toi.

— Oui, papa. »

Elle se tourna sur le côté et ferma les yeux. Elle s’agita encore un peu pour s’installer sous les couvertures, puis ne bougea plus. Audrey, qui était restée couchée mais avait levé la tête pour les regarder, la posa de nouveau sur sa patte et se rendormit à son tour.

Rusty resta assis encore quelques instants, écoutant la respiration de ses filles, se disant qu’il n’y avait rien d’inquiétant, en réalité, qu’il était fréquent que les gens parlent en rêvant. Il tâcha de se convaincre que tout allait bien — il n’y avait qu’à voir la chienne endormie sur le sol, s’il en doutait — mais il était difficile d’être optimiste au beau milieu de la nuit. Lorsqu’on est à quelques heures de l’aube, les pensées angoissantes prennent chair et se mettent à aller et venir. Au milieu de la nuit, les pensées deviennent des zombies.

Il décida qu’en fin de compte il n’avait pas envie de pain aux airelles. Ce dont il avait envie, c’était de se glisser contre le corps tiède de sa femme endormie. Mais avant de quitter la chambre, il caressa la tête soyeuse d’Audrey. « Fais bien attention, ma fille », murmura-t-il. La chienne ouvrit brièvement les yeux et le regarda.

Il pensa, golden retriever, le chien « doré ». Et tout de suite après, la balle de baseball dorée. Une mauvaise balle de baseball.

Cette nuit-là, malgré le récent souci d’intimité des filles, il laissa leur porte entrouverte.

12

Lester Coggins était assis sur les marches du porche lorsque Rennie arriva chez lui. Il lisait sa bible à la lumière d’une lampe de poche. Ce qui, loin de remplir Big Jim de dévotion pour le révérend, ne fit que le rendre de plus méchante humeur encore qu’il n’était.

« Dieu te bénisse, Jim », dit Coggins en se levant. Lorsque Big Jim lui tendit la main, le pasteur la serra dans un poing fervent et l’agita longtemps.

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21

« Le médecin de famille américain. »

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