Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
L'assommoir - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

L'assommoir

Электронная книга - «L'assommoir». Краткое содержание книги:

L'assommoir
1 ... 76 77 78 79 80 81 82 83 84 ... 116
Перейти на страницу:

-Elle se vide, repeta-t-elle, en allumant une autre chandelle.

L'enterrement etait pour dix heures et demie. Une jolie matinee, a mettre avec la nuit et avec la journee de la veille! C'est-a-dire que Gervaise, tout en n'ayant pas un sou, aurait donne cent francs a celui qui serait venu prendre maman Coupeau trois heures plus tot. Non, on a beau aimer les gens, ils sont trop lourds, quand ils sont morts; et meme plus on les aime, plus on voudrait se vite debarrasser d'eux.

Une matinee d'enterrement est par bonheur pleine de distractions. On a toutes sortes de preparatifs a faire. On dejeuna d'abord. Puis, ce fut justement le pere Bazouge, le croque-mort du sixieme, qui apporta la biere et le sac de son. Il ne dessoulait pas, ce brave homme. Ce jour-la, a huit heures, il etait encore tout rigolo d'une cuite prise la veille.

-Voila, c'est pour ici, n'est-ce pas? dit-il.

Et il posa la biere, qui eut un craquement de boite neuve.

Mais, comme il jetait a cote le sac de son, il resta les yeux ecarquilles, la bouche ouverte, en apercevant Gervaise devant lui.

-Pardon, excuse, je me trompe, balbutia-t-il. On m'avait dit que c'etait pour chez vous.

Il avait deja repris le sac, la blanchisseuse dut lui crier:

-Laissez donc ca, c'est pour ici.

-Ah! tonnerre de Dieu! faut s'expliquer! reprit-il en se tapant sur la cuisse. Je comprends, c'est la vieille...

Gervaise etait devenue toute blanche. Le pere Bazouge avait apporte la biere pour elle. Il continuait se montrant galant, cherchant a s'excuser:

-N'est-ce pas? on racontait hier qu'il y en avait une de partie, au rez-de-chaussee. Alors, moi, j'avais cru... Vous savez, dans notre metier, ces choses-la, ca entre par une oreille et ca sort par l'autre... Je vous fais tout de meme mon compliment. Hein? le plus tard, c'est encore le meilleur, quoique la vie ne soit pas toujours drole, ah! non, par exemple!

Elle l'ecoutait, se reculait, avec la peur qu'il ne la saisit de ses grandes mains sales, pour l'emporter dans sa boite. Deja une fois, le soir de ses noces, il lui avait dit en connaitre des femmes, qui le remercieraient, s'il montait les prendre. Eh bien! elle n'en etait pas la, ca lui faisait froid dans l'echine. Son existence s'etait gatee, mais elle ne voulait pas s'en aller si tot; oui, elle aimait mieux crever la faim pendant des annees, que de crever la mort, l'histoire d'une seconde.

-Il est poivre, murmura-t-elle d'un air de degout mele d'epouvante. L'administration devrait au moins ne pas envoyer des pochards. On paye assez cher.

Alors, le croque-mort se montra goguenard et insolent.

-Dites donc, ma petite mere, ce sera pour une autre fois. Tout a votre service, entendez-vous! Vous n'avez qu'a me faire signe. C'est moi qui suis le consolateur des dames... Et ne crache pas sur le pere Bazouge, parce qu'il en a tenu dans ses bras de plus chic que toi, qui se sont laisse arranger sans se plaindre, bien contentes de continuer leur dodo a l'ombre.

-Taisez-vous, pere Bazouge! dit severement Lorilleux, accouru au bruit des voix. Ce ne sont pas des plaisanteries convenables. Si l'on se plaignait, vous seriez renvoye... Allons, fichez le camp, puisque vous ne respectez pas les principes.

Le croque-mort s'eloigna, mais on l'entendit longtemps sur le trottoir, qui begayait:

-De quoi, les principes!... Il n'y a pas de principes... il n'y a pas de principes... il n'y a que l'honnetete!

Enfin, dix heures sonnerent. Le corbillard etait en retard. Il y avait deja du monde dans la boutique, des amis et des voisins, M. Madinier, Mes-Bottes, madame Gaudron, mademoiselle Remanjou; et, toutes les minutes, entre les volets fermes, par l'ouverture beante de la porte, une tete d'homme ou de femme s'allongeait, pour voir si ce lambin de corbillard n'arrivait pas. La famille, reunie dans la piece du fond, donnait des poignees de mains. De courts silences se faisaient, coupes de chuchotements rapides, une attente agacee et fievreuse, avec des courses brusques de robe, madame Lorilleux qui avait oublie son mouchoir, ou bien madame Lerat qui cherchait un paroissien a emprunter. Chacun, en arrivant, apercevait au milieu du cabinet, devant le lit, la biere ouverte; et, malgre soi, chacun restait a l'etudier du coin de l'oeil, calculant que jamais la grosse maman Coupeau ne tiendrait la dedans. Tout le monde se regardait, avec cette pensee dans les yeux, sans se la communiquer. Mais, il y eut une poussee a la porte de la rue. M. Madinier vint annoncer d'une voix grave et contenue, en arrondissant les bras:

-Les voici!

Ce n'etait pas encore le corbillard. Quatre croque-morts entrerent a la file, d'un pas presse, avec leurs faces rouges et leurs mains gourdes de demenageurs, dans le noir pisseux de leurs vetements, uses et blanchis au frottement des bieres. Le pere Bazouge marchait le premier, tres soul et tres convenable; des qu'il etait a la besogne, il retrouvait son aplomb. Ils ne prononcerent pas un mot, la tete un peu basse, pesant deja maman Coupeau du regard. Et ca ne traina pas, la pauvre vieille fut emballee, le temps d'eternuer. Le plus petit, un jeune qui louchait, avait vide le son dans le cercueil, et l'etalait en le petrissant, comme s'il voulait faire du pain. Un autre, un grand maigre celui-la, l'air farceur, venait d'etendre le drap par-dessus. Puis, une, deux, allez-y! tous les quatre saisirent le corps, l'enleverent, deux aux pieds, deux a la tete. On ne retourne pas plus vite une crepe. Les gens qui allongeaient le cou purent croire que maman Coupeau etait sautee d'elle-meme dans la boite. Elle avait glisse la comme chez elle, oh! tout juste, si juste, qu'on avait entendu son frolement contre le bois neuf. Elle touchait de tous les cotes, un vrai tableau dans un cadre. Mais enfin elle y tenait, ce qui etonna les assistants; bien sur, elle avait du diminuer depuis la veille. Cependant les croque-morts s'etaient releves et attendaient; le petit louche prit le couvercle, pour inviter la famille a faire les derniers adieux; tandis que Bazouge mettait des clous dans sa bouche et appretait le marteau. Alors, Coupeau, ses deux soeurs, Gervaise, d'autres encore, se jeterent a genoux, embrasserent la maman qui s'en allait, avec de grosses larmes, dont les gouttes chaudes tombaient et roulaient sur ce visage raidi, froid comme une glace. Il y avait un bruit prolonge de sanglots. Le couvercle s'abattit, le pere Bazouge enfonca ses clous avec le chic d'un emballeur, deux coups pour chaque pointe; et personne ne s'ecouta pleurer davantage dans ce vacarme de meuble qu'on repare. C'etait fini. On partait.

1 ... 76 77 78 79 80 81 82 83 84 ... 116
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)