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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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Boum !

Elle chercha à tâtons sur la commode et trouva la lampe torche. Elle l’alluma et se précipita hors de la pièce. Elle voulut tourner à gauche, vers la chambre de Little Walter, mais il y eut encore un coup, qui ne venait pas de la gauche, mais du séjour devant elle. Il y avait quelqu’un à la porte du mobile home. Il y eut un rire étouffé. Ils étaient plusieurs et on aurait bien dit qu’ils avaient un coup dans l’aile.

Elle s’avança dans la pièce encombrée, le T-shirt qui lui servait de chemise de nuit battant sur ses cuisses potelées (elle avait pris un peu de poids depuis le départ de Phil, dans les dix-huit kilos, mais quand cette connerie du Dôme serait terminée, elle avait bien l’intention de suivre le régime NutriSystem et de retrouver le poids qu’elle avait à dix-huit ans) et ouvrit la porte.

Quatre lampes torches puissantes se braquèrent sur elle. On entendait d’autres rires. L’un d’eux était du genre nyuck-nyuck-nyuck, comme celui de Curly dans les Trois Stooges[20]. Celui-là, elle le reconnut pour l’avoir assez entendu pendant tout le secondaire : Mel Searles.

« Regarde-toi, dit Mel. Toute prête et personne à sucer. »

Nouveaux rires. Sammy leva un bras pour s’abriter les yeux, mais cela ne servit à rien ; ceux qui tenaient les lampes torches n’étaient que des silhouettes. L’un des rires lui parut féminin. C’était probablement bon signe.

« Éteignez-moi ça, vous m’aveuglez ! Et fermez-la, vous allez réveiller le bébé ! »

Les rires reprirent, plus forts que jamais, mais trois des lampes s’éteignirent. Elle braqua sa propre torche sur le groupe et ne fut pas rassurée par ce qu’elle vit : Frankie DeLesseps et Mel Searles, flanqués de Carter Thibodeau et de Georgia Roux. Georgia, la fille qui lui avait écrasé un néné l’après-midi même et l’avait traitée de gouine. Une femme, mais pas plus rassurante pour autant.

Ils portaient tous leur badge. Et étaient tous ivres, effectivement.

« Qu’est-ce que vous voulez ? Il est tard.

— De la dope, dit Georgia. Tu en vends, alors on veut t’en acheter.

— J’ai envie de me péter la tronche et de me sentir monter au ciel, ajouta Mel, avant de se mettre à rire : nyuck-nyuck-nyuck.

— J’en ai pas, répondit Sammy.

— Déconne pas. Ça empeste, chez toi, dit Carter. Vends-nous-en un peu. Fais pas ta salope.

— Ouais », dit Georgia Roux. Dans la lumière de la lampe torche de Sammy, ses yeux prenaient un reflet argenté. « T’occupe pas si on est des flics. »

Ils hurlèrent tous de rire à cette saillie. Ils allaient réveiller le bébé, à tous les coups.

« Non ! » dit Sammy en voulant refermer la porte. Thibodeau repoussa le battant. Il s’y prit simplement avec le plat de la main — aussi facilement que ça —, mais Sammy, déséquilibrée, partit à reculons, trébucha sur un foutu jouet de Little Walter (le petit train) et tomba sur les fesses pour la seconde fois de la journée. Son T-shirt remonta.

« Ooh, une petite culotte rose — t’attends une de tes petites copines ? » demanda Georgia — ce qui les fit de nouveau tous éclater de rire. Ils rallumèrent leurs lampes et braquèrent les rayons sur elle.

Sammy tira si fort sur son T-shirt pour le rabattre qu’il faillit se déchirer au cou. Puis elle se remit debout, maladroitement, tandis que les rayons de lumière se promenaient sur son corps.

« Montre-toi une bonne hôtesse et invite-nous à entrer, dit Frankie en s’avançant carrément à l’intérieur. Merci. » Le rayon de sa lampe explora la pièce. « Quelle porcherie !

— Une porcherie pour une cochonne ! » s’écria Georgia, et tous éclatèrent une fois de plus de rire. « Si j’étais Phil, je serais capable de revenir des bois rien que pour te botter tes sales fesses ! »

Elle brandit le poing, et Carter Thibodeau lui fit un high five.

« Il est toujours planqué dans la station de radio ? demanda Mel. À se shooter au rock et à devenir complètement parano pour Jésus ?

— Je ne sais pas de quoi vous… » Elle n’était plus furieuse ; elle avait seulement peur. Tels étaient les discours sans suite que tenaient les gens dans les cauchemars, quand on fumait de l’herbe saupoudrée de PCP. « Phil est parti ! »

Ses quatre visiteurs se regardèrent et se mirent à rire. Le nyuck-nyuck-nyuck idiot de Mel dominait les autres.

« Parti ! L’a fait sa valise ! s’exclama Frankie.

— Sa putain de valise ! » ajouta Carter, et les deux garçons se firent un high five.

Georgia Roux s’empara d’une poignée de livres de poche, sur une étagère, et les examina. « Nora Roberts ? Sandra Brown ? Stephanie Meyer ? Tu lis ces trucs ? Tu connais pas le règlement Harry Potter ? » Elle tendit la main et laissa tomber les livres au sol.

Le bébé n’était toujours pas réveillé. C’était un miracle. « Si je vous vends de la came, vous partirez ?

— Bien sûr, dit Frankie.

— Et grouille-toi, ajouta Carter. On attaque de bonne heure, demain matin. De service pour l’éva-cua-tion. Alors bouge ton gros cul.

— Attendez ici. »

Elle passa dans la kitchenette et ouvrit le congélateur — à température ambiante à présent, tout devait être dégelé, ce qui lui donnait envie de pleurer — et en sortit un sac de dope. Il y en avait trois autres.

Elle voulut se retourner, mais des mains l’empoignèrent avant qu’elle en ait eu le temps et on lui arracha le sac. « J’ai bien envie de revoir cette petite culotte rose, lui souffla Mel dans l’oreille. Je voudrais voir s’il y a pas écrit PLEINE LUNE sur ton cul. » Il lui remonta le T-shirt jusqu’à la taille. « Non, je crois pas.

— Arrête ça ! Dégage ! »

Mel rit : nyuck-nyuck-nyuck.

Un rayon de lumière lui tomba dans les yeux, mais elle reconnut la tête étroite, derrière la torche : celle de Frankie DeLesseps. « Tu m’as mal parlé, aujourd’hui. En plus, tu m’as cogné et tu as fait mal à ma petite main. Alors que tout ce que j’ai fait, c’est ça. » Il lui empoigna de nouveau un sein.

Elle essaya de se dégager. Le rayon éclaira un instant le plafond puis redescendit rapidement. Une douleur lui explosa dans la tête. Il l’avait frappée avec sa lampe torche.

« Aïe, aïe ! Ça fait mal ! Arrête ça !

— Mais non, c’est rien, bordel. T’as déjà de la chance que je t’arrête pas pour vente de drogue. Tiens-toi tranquille si tu ne veux pas en avoir un deuxième.

— Cette came sent la cage aux singes », constata Mel d’un ton calme.

Il était derrière elle, tenant toujours le T-shirt relevé.

« Comme elle, dit Georgia.

— Faut qu’on te confisque ton herbe, ma cocotte, dit Carter. Désolé. »

Frankie s’en était de nouveau pris à son sein. « Bouge pas. » Il en pinça le bout. « Bouge surtout pas. » Sa voix devenait rauque. Sa respiration s’accélérait. Elle savait où cela conduisait. Elle ferma les yeux.Pourvu que le bébé ne se réveille pas, pensa-t-elle. Et pourvu qu’ils n’aillent pas plus loin. Qu’ils ne fassent pas pire.

« Vas-y, dit Georgia. Montre-lui ce qu’elle a manqué depuis que Phil est parti. »

Frankie indiqua le séjour d’un mouvement de la lampe torche. « Va sur le canapé. Et écarte-les.

— Tu veux pas lui lire ses droits, avant ? » demanda Mel — et il rit : Nyuck-nyuck-nyuck.

Sammy se dit que si elle devait encore entendre ce rire, sa tête allait éclater. Mais elle se dirigea vers le canapé, la tête basse, le dos voûté.

Carter l’attrapa au passage et braqua le rayon de sa lampe sur sa propre figure, ce qui lui fit une tête d’épouvantail. « T’as pas l’intention de raconter ça, Sammy ?

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20

Trio de comiques du milieu du vingtième siècle dans la lignée du vaudeville et de la comédie.

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