La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Nous savons que les Israélites redoutaient la mauvaise humeur de Samuel. Sa démission les consterna. Ils crurent voir dans le ciel des signes de catastrophes prochaines. Leurs ennemis, apprenant la situation, s’apprêtèrent à leur tomber de nouveau dessus; ce qui n’était pas fait pour relever le moral des sujets de Saül. Les trois cent trente mille hommes de la récente levée générale fondirent comme du beurre dans la poêle. Ainsi,
«quand les Philistins s’assemblèrent pour combattre contre Israël et qu’ils armèrent trente mille chariots de guerre, six mille cavaliers et des soldats en si grand nombre que leurs troupes ressemblaient au sable qui est sur le bord de la mer, et quand les Philistins vinrent camper à Micmas, à l’orient de Bethaven, alors le peuple d’Israël fut consterné; la plupart des Hébreux, se voyant à la dernière extrémité, se cachèrent dans les cavernes, dans les rochers, et jusque dans les citernes; les autres, passant le Jourdain, se réfugièrent au pays de Gad et de Galaad.» (v. 5-7)
Saül se trouvait à Guilgal, où les moins épouvantés se rangèrent autour de lui. Afin de se rendre Jéhovah propice, le roi jugea qu’il était opportun d’offrir l’holocauste; Samuel fit savoir qu’il viendrait sacrifier lui-même.
«Et Saül attendit sept jours, selon le terme fixé par Samuel; mais Samuel ne venait point à Guilgal, et le peuple s’écartait de plus en plus de Saül. Alors Saül dit: Qu’on m’apporte l’holocauste pacifique. Et il offrit l’holocauste. Or, à peine eut-il fini d’offrir l’holocauste que Samuel arriva; et. comme Saül venait au-devant de lui pour le saluer, Samuel lui dit: Qu’as-tu fait? Saül lui répondit: Voyant que tu ne venais pas au jour que tu m’avais fixé, et les Philistins étant en armes à Micmas, contraint par la nécessité, j’ai offert l’holocauste au Seigneur.
Samuel dit à Saüclass="underline" Tu as agi follement; tu n’as pas observé les commandements de Jéhovah; si tu n’avais pas fait cela, le Seigneur aurait affermi pour jamais ton règne sur Israël; mais, maintenant, ton règne ne sera point stable: l’Eternel s’est cherché un homme selon son cœur, et c’est celui-ci qu’il a destiné à régner sur son peuple. Puis, Samuel s’en alla de Guilgal à Guibha; et Saül ayant fait la revue de ceux qui étaient avec lui, il s’en trouva environ six cents.» (13:8-15)
Comme armée, c’était faible, surtout après avoir commandé trois cent trente mille hommes!
Entre nous, on ne peut s’empêcher de constater que Samuel était un drôle de pistolet. Dans toute cette affaire, il montre une singulière mauvaise volonté. La Bible ne le donne nulle part comme grand-prêtre; le grand-prêtre était Ahija, fils d’Ahitoub, lequel était frère d’Icabod, fils de Phinées, fils d’Héli (14:3). Samuel n’était que prêtre et prophète; or, Saül l’était comme lui, puisqu’il avait prophétisé dès qu’il avait été oint; donc, Saül ne commettait aucune erreur en se croyant le droit d’offrir l’holocauste. En outre, ne semble-t-il pas que Samuel, dont tous les discours précédents prouvent nettement qu’il ne digérait pas d’avoir été obligé d’abdiquer sa magistrature pour instituer un roi, ne semble-t-il pas, dis-je, que Samuel ait manqué exprès de parole pour avoir un prétexte de blâmer Saül et de le rendre odieux au peuple?… Et si quelqu’un n’avait pas intrigué pour avoir le gouvernement d’Israël, c’était bien le fils de Cis, Saül, le gardien d’ânesses!
Quoi qu’il en soit, la situation n’était pas gaie.
«Même il ne se trouvait pas de forgerons dans toutes les terres d’Israël; car les Philistins le leur avaient défendu, de peur que les Hébreux ne forgeassent une épée ou une lance; et tous les Israélites étaient obligés d’aller chez les Philistins pour aiguiser le soc de leurs charrues, leurs coutres, leurs cognées et leurs hoyaux; les Philistins ne leur permettaient d’avoir que des limes pour raccommoder leurs hoyaux, leurs coutres, leurs fourches à trois dents et leurs aigu illons,» (13:19-21) — «Et quand le jour de la bataille fut venu, il ne se trouva aucun des six cents hommes demeurés avec Saül qui eût une épée ou une hallebarde, excepté seulement Saül lui-même et son fils Jonathan.» (13:22)
Il est évident que dans ces conditions la partie n’était pas égale. Les trois cent trente mille combattants qui, l’année précédente, avaient culbuté les Ammonites autour de Jabès, ne possédaient, eux non plus, évidemment, ni épées ni hallebardes; mais il importa peu alors qu’ils ne fussent armés que de leurs fourches, leur nombre formidable leur avait valu la victoire. Avec six cents soldats seulement, sans épées, c’était une autre paire de manches, et l’on comprend que Saül faisait triste figure devant les Philistins campés à Micmas.
Heureusement, le jeune Jonathan, fils du roi, était un boxeur de première force, en même temps qu’un gaillard résolu, aimant les coups hardis. Sans en rien dire à son père, il emmena un matin un domestique, qui portait ses armes, et ils allèrent tous deux rôder auprès des avant-postes de l’armée philistine. C’est ainsi qu’ils aperçurent des soldats ennemis, qui s’étaient établis à un endroit élevé, dominant les rochers de Botsets et de Séné (14:4). De leur hauteur, les Philistins virent les deux hommes;
«et ils dirent: Voici les Hébreux, qui sortent des cavernes où ils s’étaient cachés. Alors, ceux de l’avant-poste interpellèrent Jonathan et le domestique qui le suivait en portant ses armes: Holà! leur crièrent-ils, montez donc vers nous; nous vous montrerons notre nudité, et nous nous amuserons. Jonathan dit à son domestique: Monte après moi; je vois que Jéhovah les a livrés entre nos mains. Et Jonathan grimpa aux rochers, en s’aidant de ses pieds et de ses mains, ainsi que son domestique qui portait toujours ses armes; et quand il fut auprès de ceux de l’avant-poste, Jonathan se jeta sur eux à l’improviste, les assommant de ses poings, et, au fur et à mesure qu’ils tombaient, son domestique qui portait ses armes les tuait derrière lui. Ils tuèrent ainsi vingt hommes dans la moitié d’un arpent; et ce fut la première défaite des Philistins.» (14:11-14)
Pendant ce temps, Saül, qui avait appelé auprès de lui le grand-prêtre Ahija, s’apprêtait à assister à un sacrifice; et tout-à-coup, on entendit une grande rumeur du côté des Philistins.
«Or, voici: les Philistins avaient tiré leurs épées les uns contre les autres, et ils s’entretuaient. Alors, ceux des Israélites qui s’étaient cachés dans les cavernes de la montagne d’Ephraïm en sortirent, fondirent sur les Philistins, les poursuivirent et les atteignirent, jusqu’à Bethaven. En ce jour-là donc, Jéhovah délivra Israël.» (v. 20-23)
«Puis, les Israélites étant fort harassés, Saül fit, avec tout le peuple, ce serment: Maudit sera quiconque, depuis maintenant jusqu’à ce soir, aura mangé de n’importe quelle nourriture; personne ne mangera, jusqu’à ce que la vengeance ait atteint les ennemis. Et le peuple ne goûta plus aucune nourriture. Cependant, le peuple était alors dans un pays boisé, et à la lisière de la forêt il y avait des ruches, dont le miel coulait, jusque sur la terre du champ; mais personne du peuple n’osa prendre de ce miel et le porter à sa bouche car tous respectaient le serment.
Or, Jonathan ignorait le serment que son père avait fait jurer au peuple; il étendit le bout de son bâton, et, l’ayant trempé dans un rayon de miel, il en porta avec la main à sa bouche, et voilà qu’aussitôt ses yeux virent beaucoup plus clair. Alors, un homme du peuple lui dit: Ton père a fait jurer un serment de malédiction contre quiconque prendrait n’importe quelle nourriture aujourd’hui. Jonathan répondit: En ceci, mon père a troublé le pays; voyez, je vous prie, comme ma vue s’est éclaircie, pour avoir un peu goûté de ce miel. Si le peuple, qui est harassé de fatigue, avait bien mangé aujourd’hui et repris des forces, la défaite des Philistins n’aurait-elle pas été bien plus grande?» (v. 24-30)