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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Le peuple finit par suivre le conseil de Jonathan; les brebis, les bœufs et les veaux, qui faisaient partie du butin pris sur l’ennemi, furent égorgés, et l’on fît ripaille. Mais le plus grave, c’est que les Juifs affamés mangèrent la viande, sans avoir préalablement saigné à fond les victimes; en cela, ils contrevenaient aux prescriptions les plus formelles de la loi mosaïque (v. 31-32).

«Un rapport de tout ceci fut fait à Saül en ces termes: Le peuple pèche contre l’Éternel, il mange de la chair avec le sang. Et Saül dit au peuple: Vous avez transgressé la loi de Dieu! Eh bien, roulez une grande pierre vers moi, et que chacun m’amène son taureau et ses brebis; nous égorgerons tout ici, en saignant les bêtes; et, en les mangeant ainsi, vous ne pécherez plus contre l’Éternel. Et chacun du peuple amena son taureau, à la main, cette nuit-là, et tout leur bétail fut égorgé.» (v. 33-34).

Quelle hécatombe!

«Alors, Saül bâtit un autel à l’Éternel. Puis, il dit: N’attendons pas le lever du jour; descendons dans la plaine, et finissons-en cette nuit avec les Philistins; que pas un d’entre eux ne survive! Mais le sacrificateur lui dit: Ne prends aucune décision avant d’avoir consulté Dieu. Saül consulta donc l’Eternel, en ces termes: Poursuivrai-je les Philistins? les livreras-tu entre les mains d’Israël en ce jour? Et Jéhovah, demeurant muet, ne lui donna aucune réponse.» (v. 35-37)

En vain Saül colla son oreille contre l’arche sainte (que le grand-prêtre Ahija avait fait apporter), en vain espéra-t-il entendre la voix divine. Jéhovah s’obstina dans son silence. Alors, Saül comprit que papa Bon Dieu n’était pas content.

De quoi maître Jéhovah pouvait-il bien être fâché? Le grand-prêtre Ahija, petit-fils de Phinées, ne piquait certainement pas dans la marmite sacrée; car il ne devait pas ignorer que cette gourmandise impie avait valu à son grand-père une mort tragique. Saül se sentait personnellement innocent de tout péché, et, en effet, il n’en avait commis aucun que fasse connaître la Bible. Jonathan, qui avait mangé du miel, dans l’ignorance du serment de son père, n’était évidemment pas coupable; et, d’ailleurs, Jéhovah avait-il accepté un serment aussi absurde? car défendre à des troupes de reprendre des forces un jour de combat est une fichue imprudence!… Par conséquent, si l’Éternel était mécontent, il semble que ce dût être contre le peuple qui s’était empiffré de la viande du bétail philistin, sans avoir d’abord saigné les bêtes, contrairement à la loi de Moïse, dictée par Dieu lui-même. Il est vrai que ce peuple glouton avait, aussitôt après, dans la même nuit, dévoré son propre bétail en se conformant cette fois aux prescriptions rituelles. Si à ce moment-là nos Juifs ne souffraient pas d’une indigestion, c’est qu’ils avaient l’estomac solide!

Bref, puisque Jéhovah refusait de répondre, il fallait découvrir d’abord qui était coupable envers lui.

«Alors, Saül dit à tout Israëclass="underline" mettez-vous tous d’un côté; et, moi et mon fils Jonathan, nous nous mettrons de l’autre côté. Le peuple répondit à Saüclass="underline" Fais ainsi qu’il te semble bon. Et Saül dit à l’Éterneclass="underline" Fais au moins connaître qui est coupable. On tira au sort devant l’arche, et le sort tomba sur Jonathan et Saül, et le peuple échappa. Puis, Saül dit encore: Maintenant, qu’on jette le sort entre moi et mon fils. Et le sort désigna Jonathan. Alors, Saül dit à son fils: Déclare-moi ce que tu as fait. Jonathan le lui déclara: Il est vrai que j’ai goûté un peu de miel, pris au bout de mon bâton; eh bien, soit, je suis prêt à mourir. Et Saül s’écria: Que Dieu me punisse sévèrement, si tu ne meurs pas aujourd’hui, Jonathan!…

Mais le peuple implora Saül, en lui disant: Quoi! Jonathan mourrait, lui qui a délivré Israël par son courage si merveilleux? Cela ne saurait être. Dieu, qui est vivant, ne permettra point qu’un seul cheveu tombe de sa tête; car c’est par la protection de Dieu que Jonathan a accompli son grand exploit. Ainsi le peuple sauva Jonathan delà mort.» (14:40-45)

La suite de l’histoire nous apprend que Saül ayant renoncé à poursuivre les Philistins, ceux-ci retournèrent dans leur pays; mais ce n’était que partie remise. Pendant une période de temps dont l’auteur sacré ne nous indique pas la durée, le règne du fils de Cis fut assez glorieux.

«Saül régna donc sur Israël, et de tous côtés il fit la guerre avec succès contre ses ennemis, contre les Moabites, les Ammonites, les Iduméens, contre les rois de Saba et contre les Philistins; partout où il portait ses armes, il avait la victoire. Il leva aussi une grande armée, avec laquelle il battit les Amalécites, et, il délivra Israël de la main de ceux qui le pillaient.» (v. 47-48)

L’inépuisable chapitre 14 nous fait connaître enfin les principaux membres de la famille de Saül. Son grand-père, nommé Abiel, avait eu deux fils: Cis, déjà cité, et Ner, lequel engendra Abner; cet Abner, cousin germain du roi, était le général en chef de l’armée israëlite. La reine se nommait Achinoam et était fille d’un certain Achimaas. Indépendamment de Jonathan, Saül eût deux fils, Jessui et Malchisua, et deux filles, Mérob, l’aînée, et Mical ou Michol, la cadette; il eut encore deux autres garçons, Abinadab et Isboseth.

Mais voici que le vieux Samuel va rentrer en scène quelques instants; c’est lui qui fit déclarer la guerre aux Amalécites, quoique ceux-ci se tinssent bien tranquilles.

«Samuel vint à Saül et lui dit: C’est l’Eternel qui m’a envoyé t’oindre; or, puisque tu es roi sur Israël par la volonté de Jéhovah, écoute ce que Jéhovah t’ordonne par ma bouche, car je te répète les paroles mêmes que l’Éternel m’a dites: Je viens de rappeler dans ma mémoire qu’Amalec ne laissa pas passer, sur son territoire mon peuple, quand il venait d’Egypte; il faut donc, maintenant, tuer tous les Amalécites; qu’on n’épargne personne; ne convoitez rien de ce que cette nation possède, mais détruisez tout; tuez tout, les femmes aussi bien que les hommes, les grands garçons et les petits enfants encore à la mamelle; et tuez aussi leurs bœufs, leurs brebis, leurs chameaux et leurs ânes.» (15:1-3)

Les critiques, même les plus modérés, ne parlent de ce passage de la Bible qu’avec horreur. Quoi! s’écrie surtout lord Bolingbroke, faire descendre le Créateur de l’univers dans un coin ignoré de ce misérable globe, pour dire à des Juifs: A propos, je me souviens tout-à-coup qu’il y a environ cinq cents ans un petit peuple vous refusa le passage! Allons, vous avez une guerre terrible avec vos maîtres les Philistins, contre lesquels vous vous êtes révoltés; eh bien, laissez là cette guerre embarrassante, et allez-vous-en contre ce petit, peuple, qui ne voulut pas autrefois que vos ancêtres vinssent tout ravager chez lui. Massacrez hommes, femmes, enfants et vieillards! égorgez bœufs, vaches, chèvres, chameaux, ânes; car, comme vous êtes en guerre avec le peuple puissant des Philistins, il est bon que vous n’ayez ni bœufs ni moutons à manger, ni ânes pour porter vos bagages et vos vivres de campagne!…

«Saül, donc, assembla son peuple, convoqué par les crieurs; la revue fut passée à Télaïm, et il se trouva que la tribu de Juda avait fourni dix mille hommes prêts à combattre; le contingent fourni par les autres tribus était de deux cent mille hommes de pied.» (v. 4)

A la bonne heure! nous n’en sommes plus aux six cents troupiers du camp de Guilgal, quoiqu’on puisse se demander ce qu’étaient devenus les cent vingt mille autres soldats qui avaient livré les premières batailles du règne de Saül. Il y a un an à peine, l’armée israëlite comptait trois cent trente mille héros, qui étaient venus combattre les Ammonites sans avoir une seule épée, une seule lance, et il n’en reste plus que deux cent dix mille à Saül!… Où est passé le reste?… Ah! pigeon, divin pigeon, que tu es bien de Tarascon-sur-Rhône, mon bon!…

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