Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles
Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 143
Перейти на страницу:

Louis de Funès, citoyen ordinaire dans la petite commune du Cellier où chacun connaît les immatriculations de ses voitures, entre le 728 QZ 44 pour sa Renault 6 et le 62 °CQ 44 pour sa Viva Grand Sport, mais aussi un Louis de Funès guetté du coin de l’œil dans cette Bretagne où les horsains sont regardés avec méfiance. Au début, on l’observe un peu comme une « bête sauvage ». Cependant, les Cellariens l’adoptent très rapidement. « Dans les premières semaines, nous étions assez inquiets, surtout pour la tranquillité du village, explique Philippe de Jamonières[375]. Nous avions peur qu’en raison de sa célébrité nous soyons envahis par les journalistes. Comme c’était un homme d’une grande discrétion, nous avons été vite rassurés. Et puis, c’était comme un gamin du pays. Tout le monde avait connu son épouse enfant, tout le monde connaissait la tante de Mme de Funès, et il était d’une grande gentillesse. Il venait à la messe en famille le dimanche, il était là le 15 août, à la Fête-Dieu. Quand il allait à la pêche, il passait toujours par le Café des Voyageurs où il discutait avec tout le monde. Ici au Cellier, il n’a jamais joué les stars. Ce dont je me souviens en particulier, c’est qu’il ne parlait jamais de cinéma mais plutôt des poissons qu’il avait ferrés et de jardinage. Il ne recevait pas beaucoup chez lui. Le seul qui avait ses entrées, c’était le père Maurice qu’il a d’ailleurs beaucoup aidé financièrement. Il n’en faisait pas étalage mais il donnait de l’argent pour que l’église Saint-Martin soit correctement entretenue. Mon père, qui a longtemps été maire du village[376], aimait à répéter que son château constituait son ermitage. Il vivait assez renfermé.  » Louis se montre discret mais il ne manque pas de s’intéresser à la vie du Cellier, devenant le président d’honneur du Cercle artistique et se faisant un devoir d’assister chaque année à la revue montée par cette association. Au Cellier, c’est bel et bien la vie de château, alors que depuis le 13 février 1967, devant les caméras d’Édouard Molinaro, tout ne se passe pas aussi bien qu’il le souhaiterait.

Le premier accroc s’appelle Marthe Mercadier. Furieuse de ne pas avoir été choisie pour être l’épouse de Louis de Funès dans Oscar, elle se paie le luxe de passer un coup de téléphone rageur chez Claude Gensac dont la mère, tout juste remise d’un accident cardiaque, s’entend dire des horreurs. « Ma mère était complètement affolée, raconte Claude Gensac[377]. Je l’ai rassurée comme j’ai pu et j’ai appelé un médecin. J’ai failli perdre ma mère ce jour-là, le deuxième infarctus n’était pas loin. Le caillot se situait dans un œil et elle perdit la vue en grande partie. J’ai su très vite qui était cette femme. Le lendemain, au tournage, j’en ai parlé à Louis et à Molinaro. En chœur, ils ont dit : “Cherche pas… c’est tout à fait dans sa manière.” […] En tout cas, je suis sûre d’une chose, sa cervelle tiendrait à l’aise dans un dé à coudre. Il faut être givrée pour oser ce genre de démarche.  » Le second accroc se nomme Claude Rich. Trop habitué à jouer avec Guy Bertil, Louis conçoit mal qu’on ne cale pas son jeu sur le sien, et reproche en plusieurs occasions à Claude Rich de ne pas suivre le même tempo. Alors qu’Édouard Molinaro entend utiliser l’opposition entre les deux acteurs — d’un côté un jeu subtil et de l’autre un jeu plus franchouillard —, cela a le don d’agacer de Funès. Par moments même, il appelle Claude Rich… Guy Bertil ! Bref, les deux hommes se supportent, évitant, autant que faire se peut, de se disputer. Le troisième accroc, et certainement le plus ennuyeux, tient à la personnalité d’Édouard Molinaro. Comme il le confesse lui-même[378], « depuis le début du tournage, Louis n’appréciait pas beaucoup mon travail. Je tournais trop de plans. Il aimait bien les cadres à deux personnages, face à face, plus proches du théâtre. Il pensait que ses camarades comédiens — Claude Rich, notamment — devaient jouer dans leur propre registre, alors que j’essayais plutôt les oppositions de style.  » Le premier bémol, dans les studios de Boulogne, se produit le jour où Louis découvre que la comédienne Dominique Page, figurant l’ancienne domestique devenue baronne, porte un chapeau très ordinaire alors qu’il voulait un bibi plus extravagant. Sans doute une colère de circonstance pour que Louis lâche d’une voix froide cette phrase sans appel : « Vous n’êtes pas un metteur en scène !  » Un propos cinglant peu en rapport avec la personnalité de l’acteur, qui préfère se taire plutôt que d’exploser devant toute l’équipe de tournage. Attraperait-il la « grosse tête » au motif que le 2 mars, il a appris par la presse qu’une Mlle Marie-Odile Dubus, 22 ans, professeur d’histoire et de géographie dans un collège du Bourget, a été fêtée au cinéma Le Berlitz comme le millionième spectateur de La Grande Vadrouille  ? Se prendrait-il pour ce qu’il n’est pas, en sachant que son Fantômas contre Scotland Yard, sorti le 15 mars, se situe en haut de l’affiche avec près de 60 000 entrées en première journée ? En vérité, c’est beaucoup plus simple. Louis se refuse à la médiocrité et cette exigence est palpable dans l’entretien qu’il accorde à Marie-Claire Gautier pour le journal télévisé[379] de la nuit où il dit : « Je suis très sérieux avec moi-même et je suis sinistre à la ville. » Sinistre, il le répète depuis des années. En revanche, sérieux avec lui-même est une constante. Sérieux dans le travail… à condition qu’on applaudisse à son comique. Et c’est bien là que le bât blesse avec Molinaro.

вернуться

375

Témoignage de Philippe de Jamonières à l’auteur.

вернуться

376

Pierre de Jamonières.

вернуться

377

Claude Gensac, op. cit., pp. 182–183.

вернуться

378

Édouard Molinaro in Intérieur soir, Éditions Anne Carrière (2009), p. 134.

вернуться

379

Journal diffusé le 24 février 1967.

1 ... 75 76 77 78 79 80 81 82 83 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)