Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles
Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 143
Перейти на страницу:

Une telle reconnaissance ferait tourner la tête à n’importe quel comédien, d’autant que les semaines suivantes, l’engouement pour La Grande Vadrouille ne se dément pas. Ce n’est pas le style de Louis de Funès, qui garde la tête froide. Il est sans doute le seul à ne pas se persuader qu’il est au sommet de son art. Il trouve même plutôt amusant que certains profitent de son statut de star pour ressortir d’anciens films comme La Bande à papa, La Vendetta, Faites sauter la banque, sans oublier Pouic-Pouic. Son Grand Restaurant en profite aussi, tout comme Le Gendarme à New York et Fantômas se déchaîne. Ce qui donne l’occasion à France-Soir de titrer[365] : « Louis de Funès dans vingt-cinq cinémas de Paris…  » L’overdose ! Et le public ne se lasse pas. Un public ignorant que cette notoriété n’est pas sans poser quelques problèmes à leur acteur préféré. Louis ne peut plus mettre un pied dehors sans être importuné. Plus question de se rendre au 28 place Vendôme chez Charvet pour acheter ses cravates, ses pyjamas ou ses robes de chambre. Désormais, c’est Jeanne qui doit y aller seule. Louis, qui a tant besoin de respirer l’air pur, se réfugie pour l’heure dans sa maison de l’Oise. Bientôt, très bientôt même, il sait qu’il n’aura plus à se cacher pour jouir de sa tranquillité et pourra se protéger des fureurs de ses fans. Quelque part. Dans un lieu qu’il tient secret, bien à l’écart des journalistes toujours avides de révélations sur sa vie privée, sur son quotidien d’homme comme les autres. Un lieu où il pourra continuer à peaufiner son Oscar dont le tournage est prévu en février et aussi travailler, en catimini de son fils Olivier, sur un projet avec Jacques Vilfrid. Un lieu à l’abri des regards importuns. Un lieu qu’il veut acquérir pour l’amour de Jeanne. Un lieu également convoité par un baron, ancien champion de tir au pistolet. Tout dépend de Louis de Funès et de l’épaisseur de son portefeuille. Là, il ne s’agit pas de cinéma mais d’une compétition où chaque zéro sur un chèque fera la différence. Louis sortira-t-il vainqueur de cette vente à la bougie ?

15.

La vie de château

Rue Monceau, sur le rebord de l’une des fenêtres de l’appartement des de Funès, le thermomètre grelotte. En ce mois de janvier 1967 et depuis quelques jours, le mercure ne parvient pas à franchir la barre des moins sept degrés. Paris, comme les autres capitales d’Europe, subit une vilaine vague de froid. En Bretagne, les frimas n’épargnent personne et, pourtant, ils sont nombreux à s’être déplacés jusqu’à la mairie du Cellier pour assister à la vente aux enchères du château de Clermont. À la vue de tous, le commissaire-priseur a placé ses trois bougies qu’il ne tarde pas à allumer pour procéder à son office. Deux hommes sont aux aguets. D’un côté, le baron Charles Juchault des Jamonières[366] et de l’autre le notaire de Louis de Funès, qui aurait souhaité qu’il en fût autrement. Depuis six années déjà, le château de Clermont a été laissé à l’abandon par ses propriétaires, des cousins de Jeanne, avec lesquels elle est en indivision. Elle a bien essayé de négocier un arrangement en leur léguant ses fermes et ses bijoux pour en acquérir la totalité, mais rien n’y a fait. Comme dans nombre de familles, quand il s’agit de parler « gros sous » tout se complique et parfois s’envenime. Alors, pour mettre un terme aux querelles et discussions interminables, Louis et Jeanne ont décidé d’en passer par la vente aux enchères publiques. Pour Louis, qui aurait souhaité la discrétion, il est impossible d’échapper à l’affichage en mairie et autres procédures légales. Bref, tout le monde sait, y compris les journalistes locaux, que le château de la famille de Maupassant est mis en vente. Et en ce début janvier, pour Louis et Jeanne, il s’agit de gagner la partie face à Me Davel, chargé des enchères. Le notaire mandaté par Louis bataille ferme et il finit par l’emporter pour la somme de 830 000 francs ! Magnifique cadeau pour Jeanne. Magnifique revanche sur le passé. Mais aussi, Louis, châtelain, face à de futures lourdes, très lourdes, dépenses. Une acquisition sans doute démesurée, qui ne l’effraie pas plus que cela. Quitte à vivre au calme, loin des photographes et des curieux lui manquant de respect en se plantant sous ses yeux pour lui montrer comment ils l’imitent, autant habiter dans un lieu qu’il connaît et qu’il affectionne même si cela doit l’obliger à se séparer, dans un premier temps, de sa maison de Saint-Clair-Sur-Epte et de celle de Deauville. Ainsi, il ne sera plus angoissé quand une foule de gens voudra l’entourer. Jeanne sera, elle aussi, en sécurité. Elle n’aura plus rien à craindre comme la fois où « nous sommes sortis d’un restaurant devant lequel des gens s’étaient agglutinés. Ils se sont rués sur lui, raconte-t-elle[367]. Ils l’ont presque traîné et, tout à coup, je me suis retrouvée seule. J’ai fondu en larmes et il a fallu qu’une personne de la production me ramène à l’hôtel.  »

Qu’importent donc les sacrifices financiers qu’impose cet achat. Lorsque, en compagnie de Jeanne, d’Olivier et de Patrick, Louis va redécouvrir ce lieu nimbé de mille souvenirs, il doit se rendre à la dure réalité. Après avoir déjeuné à l’Auberge du Panier Fleuri tenue par le couple Legrand à Sceaux-sur-Huisne où les de Funès ont dégusté des cuisses de grenouilles et un ris de veau arrosé d’un petit vin de Loire[368], c’est un château délabré et lugubre qui les accueille. La cour d’honneur est maculée de détritus de toutes sortes. Les toitures sont en mauvais état, les tourelles de la façade sont à reconstruire pierre par pierre, etc. La restauration du château s’annonce titanesque. Sans perdre de temps, Louis cherche à engager des artisans de la région et, surtout, à rapidement faire installer des alarmes dans tous les coins. Toujours, cette éternelle peur d’être cambriolé. Une peur rapidement justifiée car « un mois plus tard, les alarmes […] se mirent à hurler au milieu de la nuit, se souvient Patrick de Funès[369]. Réveillés en sursaut, gens de la ferme et voisins accoururent, armés de fusils de chasse. Ils découvrirent à l’arrière une porte de cuisine grande ouverte, qui n’avait pas été forcée : le voleur venait de s’enfuir.  » Fort heureusement, ce soir-là, rien d’important n’a disparu, le mobilier étant encore bien sommaire.

Il faut deux années à la famille de Funès pour redonner du cachet à ce château sans pour autant le transformer en ziggourat. Certains, sans doute jaloux, parleront de la tour de Babylone de Louis de Funès, voire de sa tour d’ivoire, sans mesurer l’étendue de la tâche surveillée d’un œil pointu par Jeanne. Elle veille au moindre détail et elle est la première à parlementer avec les délégués des Monuments historiques pointilleux sur une kyrielle de détails. Elle fait tout pour que leur couple jouisse d’un espace qui soit à la mesure de leurs besoins. Le château est vaste mais trois chambres, une cuisine, une salle à manger, un salon, une salle de billard, une salle de projection et une immense bibliothèque font largement l’affaire. Louis ne veut à aucun moment entendre parler devis avec les entrepreneurs de la région car il sait trop bien qu’il se fera « embobiner » au motif qu’il est « richissime ». Néanmoins, il concentre son intérêt sur ce qui lui tient à cœur : son bureau, le grenier, la chapelle… sans oublier les fermetures des portes, volets et clôtures. Mais son domaine privilégié reste son potager et son jardin. Pour Louis, Clermont doit non seulement être son havre de paix mais encore, et peut-être surtout, un lieu privilégié pour la nature. Écologiste avant l’heure, il commence par proscrire les engrais chimiques en n’utilisant que des produits biologiques, en particulier des algues marines pulvérisées. Grâce à cela, les oiseaux ne meurent plus — ils ne mangent plus les limaces hier empoisonneuses — et les escargots font leur réapparition. Louis ne tarde pas à adhérer à la Société protectrice de la nature et à faire ficher ici et là par Victor Caillibot, le jardinier qu’il vient d’embaucher, des panneaux où on peut lire : « On ne chasse pas. Ici on protège les oiseaux. » On ne chassera jamais chez les de Funès et pourtant, autrefois avec son frère Charles, il avait sillonné la campagne un fusil à la main, mais « heureusement, je tirais peu, confiera-t-il[370]. J’ai dû tuer un lapin. Et puis un jour, j’ai blessé un ramier ; il est tombé comme ça à la renverse, il se débattait ; j’ai dû l’achever et cela m’a bouleversé. Alors, j’ai dit : fini, je ne chasse plus  ». Louis est encore très fier de raconter[371] que « dès la première saison où j’ai appliqué ma culture biologique, j’ai vu revenir des milliers de coccinelles, et je n’ai pas revu un puceron de l’année : alors qu’avec les insecticides, j’avais beau en mettre, ça finissait par ne plus rien donner  ». Louis chérit aussi bien ses poiriers, ses pêchers… que ses légumes car «  chez nous, on n’achète aucun légume. Salsifis ou pommes de terre, haricots tendres ou laitues, tout vient de mon jardin, tout cela sans engrais chimique. J’ai même mis au point un système pour que les salades poussent mieux. Je suis pour les très longues rangées : les oiseaux peuvent venir ainsi picorer plus facilement les petites bestioles nuisibles[372]. » Et puis il y a ses fleurs. Ses roses bien sûr, mais aussi des dahlias, des marguerites, des pivoines… Certes, les roses ont sa préférence. Au prix d’une infinie patience, d’un incommensurable amour, il fait de sa roseraie un modèle, un chef-d’œuvre. Il choisit les meilleurs pieds, les variétés les plus rares. Il veille à chaque détail. Il étudie chacun de ses gestes. Il caresse chaque pétale. Il prend garde de ne blesser aucune tige, de ne faire souffrir aucune épine… Une fameuse roseraie qui va susciter convoitise et curiosité. Louis n’échappe pas aux visites des vandales qui viennent se servir en fleurs mais aussi en légumes. Furieux d’être ainsi dépouillé, il n’hésite pas à solliciter un port d’armes. Un jour, alors qu’il cultive ses plantes, les gendarmes de la brigade de Clermont lui rendent une petite visite « entre collègues ». Louis, tâtant la bosse que fait le revolver de sa poche, leur dit : « Vous savez… là… j’ai… — Oui, oui, nous savons ! — Et puis à la maison, j’ai un Smith & Wesson. — Eh bien, monsieur de Funès ! Ça va péter dur !  » Est-il nécessaire de préciser que le comédien n’usera jamais de cette arme. Tzar, le berger allemand offert par Patrick, veille et ne laisse jamais personne pénétrer au château. Il n’empêche que, parfois, Louis de Funès se meut en garde champêtre, comme le raconte Patrick de Funès[373] : « Il chaussait les bottes […] et il surveillait les poires qu’il voulait cueillir juste à point pour en garnir le plateau de petit déjeuner de ma mère. Tous les jours, il les humait, les palpait. Et hop ! une fois mûres, elles s’évanouissaient dans la nature. Furieux, il pestait contre l’arbre, son petit sécateur à la main. Les jours suivants, dès six heures du matin, il se cachait, à quatre pattes dans un carré de choux lui offrant une vue parfaite sur les poiriers. Et un beau jour, il aperçut un corbeau, qui détachait soigneusement le fruit avant de l’emporter.  » Le corbeau ne fut pas inquiété et Louis s’amusa de cette leçon valant bien un fromage qu’il alla savourer chez Joséphine et Joseph, les fermiers voisins, le tout arrosé d’un petit vin blanc tiré du tonneau à la pipette. Louis aime, en effet, ces petits vins de pays, tout en ne cessant d’enrichir sa cave des meilleurs crus de chambertin, de pommard, de clos-de-vougeot, de corton-charlemagne, de château-coulins, de haut-montavel, de madiran, de jurançon, de volnay… qu’il se fait régulièrement livrer sans jamais les consommer, comme s’en amuse Olivier de Funès[374], car « commandant chaque année des dizaines de caisses de grands bourgognes millésimés au même négociant, il ne buvait au final que du vin de Loire  ».

вернуться

365

Article daté du 31 décembre 1966.

вернуться

366

Charles André Juchault des Jamonières (1902–1970) fut un champion de tir au pistolet qui décrocha une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Berlin en 1936 dans l’épreuve de « tir au pistolet de 50 mètres ». La médaille d’or était revenue au Suédois Ulman Tristen et la médaille d’argent à l’Allemand Erich Kempel.

вернуться

367

Jeanne de Funès à Gabriel Libert in VSD daté du 24 mars 2004.

вернуться

368

À ce propos, Patrick note, non sans humour : « Nous reprenions la route. À l’époque, il n’y avait pas d’alcootest. Ma mère prenait le volant : il n’avait pas trop peur avec elle. Mais moi, c’était hors de question. Quand je conduisais, il ne quittait pas le compteur de vitesse des yeux et freinait dans le vide à chaque croisement, en criant : “Attention ! ” », op. cit., p. 135.

вернуться

369

Patrick de Funès, op. cit., pp. 135–136.

вернуться

370

Louis de Funès à Henry Rabine in La Croix daté du 14 janvier 1974.

вернуться

371

Louis de Funès à Léon Zitrone in Jours de France daté du 11 janvier 1971.

вернуться

372

Ibid.

вернуться

373

Patrick de Funès, op. cit., pp. 250–251.

вернуться

374

Olivier de Funès, op. cit., p. 136.

1 ... 74 75 76 77 78 79 80 81 82 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)