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Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]

Электронная книга - «Dôme. Tome 1 [Under the Dome - fr]». Краткое содержание книги:

Le Dôme : personne n’y entre, personne n’en sort. A la fin de l’automne, la petite ville de Chester Mill, dans le Maine, est inexplicablement et brutalement isolée du reste du monde par un champ de force invisible. Personne ne comprend ce qu’est ce dôme transparent, d’où il vient et quand — ou si — il partira. L’armée semble impuissante à ouvrir un passage tandis que les ressources à l’intérieur de Chester Mill se raréfient. Big Jim Rennie, un politicien pourri jusqu’à l’os, voit tout de suite le bénéfice qu’il peut tirer de la situation, lui qui a toujours rêvé de mettre la ville sous sa coupe. Un nouvel ordre social régi par la terreur s’installe et la résistance s’organise autour de Dale Barbara, vétéran de l’Irak et chef cuistot fraîchement débarqué en ville…
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— Comment ça ne pourrait pas marcher ? Il a dit qu’il y avait une charge de mille livres !

— Étant donné le peu de choses qu’on sait sur le Dôme, qui peut en être sûr ? Comment savoir s’il ne fera pas exploser le Dôme et ne creusera pas un cratère d’un kilomètre de profondeur à l’emplacement de Chester’s Mill ? »

Elle le regarda, l’air affligé. Ses mains dans le bas de son dos pétrissaient le siège de la douleur.

« Eh bien, c’est entre les mains de Dieu, dit-il. Et tu as raison, Andrea, ça marchera peut-être. Mais dans le cas contraire, nous nous retrouverons tout seuls et un commandant en chef qui est dans l’incapacité d’aider ses concitoyens ne vaut pas un jet de pisse chaude dans un pot de chambre froid, de mon point de vue. Si ça ne marche pas, et s’ils ne nous expédient pas tous dans la gloire de Dieu, quelqu’un va devoir prendre les commandes dans cette ville. Est-ce que tu veux que ce soit je ne sais quel vagabond que le Président aura touché de sa baguette magique, ou les représentants déjà élus du peuple ? Tu vois où je veux en venir ?

— Le colonel Barbara m’a paru très capable, murmura-t-elle.

— Arrête de l’appeler comme ça ! » cria Big Jim.

Andy laissa tomber un dossier et Andrea recula d’un pas en poussant un petit cri apeuré.

Puis elle se redressa, retrouvant quelques instants un peu de cette résolution typiquement yankee qui lui avait donné le courage de se présenter au poste de conseiller municipal. « Tu n’as pas à élever la voix, Jim Rennie. Je te connais depuis la maternelle, quand tu découpais des images dans le catalogue Sears & Roebuck pour les coller sur tes constructions en papier, alors ne crie pas !

— Oh, nom d’un chien, elle est offensée ! » Le sourire féroce s’étalait à présent d’une oreille à l’autre, transformant la partie supérieure de sa figure en un masque de fausse jovialité dérangeant. « Est-ce que c’est pas mignon, ça ? Mais il est tard, je suis fatigué et j’ai épuisé toutes mes réserves de pommade pour la journée. Alors tu vas m’écouter, maintenant, et ne m’oblige pas à me répéter (il consulta sa montre). Il est onze heures trente-cinq et je veux être chez moi à minuit.

— Je ne comprends pas ce que tu attends de moi ! »

Il leva les yeux au ciel comme s’il n’arrivait pas à croire qu’elle soit aussi stupide. « En deux mots ? En deux mots, je veux savoir si tu es de mon côté — le mien et celui d’Andy — au cas où cette idée de missile sortie d’un cerveau de piaf ne marcherait pas. Et pas de celui d’une arsouille d’arrière-cuisine qui vient de débarquer. »

Elle redressa les épaules. Elle fit l’effort de croiser le regard de Big Jim, mais ses lèvres tremblaient. « Et si j’estime que le colonel Barbara — ou Mr Barbara, si tu préfères — est mieux qualifié pour gérer les choses en situation de crise ?

— On dirait qu’il va falloir faire avec Jiminy Cricket, ma parole, dit Big Jim. D’accord, que ta conscience soit ton guide. » Sa voix s’était réduite à un murmure mais contenait plus de menaces que ses cris. « Mais pense un peu aux pilules que tu prends. Tes OxyContin. »

Andrea sentit sa peau se glacer. « Quoi, mes pilules ?

— Andy en a tout un stock de côté pour toi, mais si jamais tu misais sur le mauvais cheval dans cette course, elles pourraient disparaître, ces pilules. Pas vrai, Andy ? »

Andy avait entrepris de nettoyer la machine à café. Il paraissait malheureux et il évita de regarder les yeux pleins de larmes d’Andrea, mais il répondit sans hésiter. « Oui. Dans un cas comme celui-ci, je me verrai peut-être obligé de les balancer dans les toilettes. C’est dangereux d’avoir un tel stock dans une ville coupée du monde et tout le bazar.

— Tu n’as pas le droit de faire ça ! J’ai une ordonnance ! »

Big Jim intervint d’un ton patelin : « La seule ordonnance que tu dois respecter, c’est de te tenir aux côtés des personnes qui connaissent le mieux la ville, Andrea. Pour le moment, c’est la seule qui peut te faire du bien.

— J’ai besoin de mes pilules, Jim. » Elle se rendit compte qu’elle avait adopté un ton geignard — si semblable à celui de sa mère pendant ses dernières années, quand elle était clouée au lit — et eut horreur de ça. « J’en ai besoin !

— Je sais, dit Big Jim. Dieu t’a infligé un lourd fardeau de souffrances. » Sans parler du bon gros singe que tu te trimbales sur le dos[19].

« T’as qu’à faire ce qu’il faut », intervint Andy. On lisait de la tristesse et du sérieux dans ses yeux cernés de noir. « Jim sait mieux que personne ce qui est bon pour la ville. Comme toujours. Nous n’avons pas besoin qu’un étranger vienne se mêler de nos affaires.

— Et je pourrai toujours avoir mes pilules ? »

Le visage d’Andy s’éclaira légèrement. « Tiens, pardi ! Je pourrai peut-être même prendre sur moi d’augmenter un peu la dose. Disons cent milligrammes de plus par jour. Ça te conviendrait ? Tu n’as pas l’air d’aller très fort.

— Je suppose que ça me ferait du bien, oui », répondit Andrea d’un ton morose.

Elle baissa la tête. Elle n’avait pas bu d’alcool, pas même un verre de vin, depuis la soirée de remise des diplômes, à l’université, quand elle avait été malade ; elle n’avait jamais fumé un seul joint de sa vie et la seule cocaïne qu’elle avait jamais vue, c’était à la télé. Elle était une bonne personne. Une très bonne personne. Alors comment s’était-elle retrouvée coincée dans une situation pareille ? En faisant une mauvaise chute pendant qu’elle allait chercher son courrier ? C’était tout ce qu’il fallait, pour devenir accro à la drogue ? Dans ce cas, quelle injustice ! Quelle horreur… « Mais seulement quarante milligrammes. Quarante milligrammes de plus devraient suffire, je crois.

— Tu en es sûre ? » demanda Big Jim.

Elle ne s’en sentait pas sûre du tout. C’était ça qui était infernal.

« Peut-être quatre-vingts », dit-elle, essuyant les larmes de son visage. Et dans un murmure, elle ajouta : « Vous me faites chanter. »

Elle avait parlé très bas, mais Big Jim l’avait entendue. Il tendit une main vers elle. Andrea eut un mouvement de recul, mais il se contenta de lui prendre la main. Avec douceur.

« Non, dit-il, ce serait un péché. Nous t’aidons. Et tout ce que nous voulons, en échange, c’est que tu nous aides. »

10

Il y eut un coup sourd.

Sammy se retrouva parfaitement réveillée dans son lit, en dépit de la moitié du pétard qu’elle avait fumé et des trois bières de Phil qu’elle avait ingurgitées avant de sombrer à dix heures. Elle avait toujours deux packs de six dans le frigo et pour elle c’était « les bières de Phil », même si Phil avait disparu depuis avril. Elle avait entendu dire qu’il était encore en ville, mais elle n’y croyait pas. S’il était resté dans le secteur, elle l’aurait forcément rencontré à un moment ou un autre au cours des six derniers mois, non ? C’était juste une petite ville, comme dans la chanson.

Boum !

Elle se dressa brusquement sur son séant, s’attendant à entendre Little Walter se mettre à brailler. Comme rien ne venait, elle se dit, Oh, mon Dieu ! ce foutu berceau s’est renversé ! Et s’il ne peut pas pleurer…

Elle rejeta les couvertures et courut jusqu’à la porte. Au lieu de cela, elle se cogna contre le mur, juste à gauche, et faillit tomber. Foutue nuit noire ! Foutue compagnie d’électricité ! Foutu Phil, qui l’avait laissée en plan comme ça, avec personne pour l’aider quand des types comme Frank DeLesseps étaient méchants avec elle et lui faisaient peur et…

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19

Allusion à la dépendance d’Andrea à la drogue.

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