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Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
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« Qu’as-tu fait de tout ce que je t’ai enseigné ? Qu’as-tu fait de tout ce que tu as appris à l’École Royale de guerre du Danemark ? Tu sembles oublier que tu portes un nom, et que tu en es responsable, au même titre que les autres membres de la famille ! Si tu te comportes mal, tu te déshonores, mais surtout, tu déshonores tous ceux qui portent le même nom que toi ! »

Tancrède comprit que son oncle le sermonnait autant parce qu’il avait dû être mis en difficulté à cause de lui, peut-être même au Conseil Croisé.

« Je suis désolé.

— J’espère bien que tu es désolé. Et moi, que dois-je dire ? Bohémond, comte de Tarente, chef des Normands de Sicile et d’Italie du Sud, et à partir de maintenant, oncle du lieutenant le plus indiscipliné de la neuvième croisade ! »

Il se leva alors et arpenta la pièce d’une façon un peu théâtrale, son verre toujours à la main. Tancrède commença à se demander si son oncle était réellement aussi irrité qu’il le montrait.

« Par tous les saints, reprit Bohémond, qu’est-ce qui te prend de mener ta propre enquête sur cette histoire ? C’est parce que cette femme était la fiancée de ton ami… Liétaud, c’est ça ?

— Au début… peut-être. Mais ça va plus loin que cela. Cette affaire n’est pas nette.

— Morbleu ! Mais, depuis quand es-tu devenu enquêteur ? Tu ne sais pas où tu mets les pieds. L’écho de tes actes est parvenu tout en haut, jusqu’à Pierre l’Ermite. Inutile de te dire qu’il ne voit pas cela d’un très bon œil. »

Tancrède se sentit contrarié. Le préteur en personne irrité par sa conduite… Puis il se trouva aussitôt ridicule. À quoi s’attendait-il donc ? Il était évident que le chef de la croisade ne manquerait pas d’être au courant de tous les détails d’une telle affaire. Y compris son propre comportement. Malgré ça, il était bien décidé à ne pas passer une fois encore pour un affabulateur. Surtout devant son oncle. Surtout devant Godefroy de Bouillon.

« Je persiste à penser qu’il y a quelque chose d’anormal dans cette affaire. Et si Pierre l’Ermite veut faire honneur à sa réputation, il devrait s’y intéresser d’un peu plus près !

— Allons Tancrède, tu t’égares ! Pierre l’Ermite n’est certes pas un homme facile, mais il est droit. » Bohémond se rapprocha de son neveu et le regarda avec sévérité : « Et surtout, il a la confiance du pape. Autrement dit, il est tout puissant à bord. Tu serais donc avisé de ne pas te le mettre à dos. »

Conscient du bon sens de ces propos, Tancrède s’abstint de répondre. Il ne manquerait plus qu’il se brouille avec son oncle. Godefroy, resté discret durant l’échange, choisit cet instant pour intervenir.

« Qu’est-ce qui vous fait croire que les conclusions de l’enquête officielle sont erronées ? » demanda-t-il, l’air curieux.

Tancrède se tourna vers lui et les deux hommes s’observèrent un bref instant. Le visage ouvert et serein de Godefroy lui inspira confiance, il décida de lui répondre avec franchise.

« Je sais que la Legio Sancta s’intéresse de près à cette histoire. Peut-être ont-ils quelque chose à cacher ou quelqu’un à protéger ? En tout cas, l’enquête sur le meurtre (il appuya sur le mot) de Viviane a de toute évidence été expédiée.

— Ce ne sont que de simples conjectures, rétorqua Bohémond. Tu n’as rien de concret à avancer.

— Je suis désolé de devoir vous détromper, mon oncle. Je suis retourné sur les lieux du crime cette nuit même. Et ce que j’y ai trouvé n’avait rien d’imaginaire. »

Godefroy de Bouillon se redressa dans son fauteuil. Si cet homme pouvait leur fournir des informations que les ultras ne voulaient pas voir sortir au grand jour, cette histoire pouvait devenir intéressante.

« Racontez-nous cela, fit-il.

— Il y avait une sorte de cache secrète installée là-bas, dont l’entrée était dissimulée dans un panneau d’isolation. Du travail de premier ordre. La disposition des lieux m’incite à penser que l’occupant a dû se faire remarquer inopinément par la malheureuse Viviane et qu’il l’a liquidée pour cela.

— Si cette cachette a vraiment existé, c’est une théorie qui se tient. Et qu’avez-vous découvert dans ce lieu secret ?

— Rien de très intéressant malheureusement, je n’ai pas eu le temps d’examiner l’endroit à fond.

— Vous n’y avez rencontré personne ? »

Tancrède essaya de ne pas avoir l’air gêné par cette question, mais elle l’embarrassait. Pour le moment, il préférait passer l’apparition du Foudroyeur sous silence ; il peinait à se l’avouer, mais il n’avait pas une confiance totale en ses deux interlocuteurs. Godefroy, tout simplement parce qu’il ne le connaissait pas encore assez ; Bohémond, parce qu’il n’avait jamais vraiment réussi à percer les secrets de son cœur, qu’il ne s’en était jamais totalement remis à lui.

« Non, personne, répondit-il du bout des lèvres.

— Et qu’en dit la police ? demanda son oncle.

— La police n’en dit rien dans la mesure où l’endroit n’existe plus.

— Comment cela ?

— Cette nuit, juste après ma découverte, j’ai tout raconté à un ami qui, pensant me protéger contre moi-même, est allé en parler aux policiers. Ce matin, nous avons été convoqués sur les lieux et l’enquêteur chargé de l’affaire m’a demandé de lui montrer la cachette.

— Et ?

— Et bien entendu, la cachette avait disparu. Tout l’endroit avait été transformé de manière à laisser penser qu’il n’y avait jamais rien eu d’autre que des gaines techniques !

— Et c’est là que tu t’es distingué en tirant dans le mur… commenta Bohémond.

— Je… hum… j’étais excédé. De plus, j’ai pensé que l’entrée avait été juste camouflée. Détruire la cloison m’aurait peut-être permis de la mettre à jour. Mais j’ai joué de malchance, tout avait été supprimé.

— Bon sang, s’exclama Godefroy. Faire disparaître un endroit comme celui que vous décrivez en quelques heures ne doit pas être une mince affaire.

— Messire Godefroy, vous pouvez me croire. Je sais ce que j’ai vu et je n’ai aucune raison d’inventer une telle histoire. Les choses seraient plus simples pour moi si la mort de Viviane était réellement un accident. »

Comme si ce qu’il avait entendu lui suffisait, le seigneur flamand posa son verre puis se leva.

« Même si une telle histoire est assez difficile à croire, je suis en tout cas convaincu de votre sincérité, ainsi que de la noblesse de vos intentions. Pour l’heure, messieurs, je dois prendre congé de vous. Nous reparlerons de tout ceci. D’ici là, Tancrède, restez maître de vos émotions. Ne laissez votre passion s’exercer que sur le terrain, là où elle fait des merveilles. » Puis, s’adressant à Bohémond : « Cher ami, je ne pense pas que nous aurons l’occasion de nous revoir avant la phase sommeil froid, puisqu’elle débute demain matin. Aussi, je vous souhaite de traverser sans encombre ces dix mois de stase !

— Je vous en souhaite autant, cher Godefroy », répondit Bohémond en lui donnant une tape amicale dans le dos tandis qu’il le raccompagnait à la porte de sa suite.

À les voir ainsi, Tancrède songea qu’ils avaient l’air de vieux amis. Difficile de croire qu’ils étaient encore en conflit à peine dix-huit mois plus tôt. Comme s’il lisait dans ses pensées alors qu’il revenait dans le salon, Bohémond lui dit : « Malgré la querelle qui nous a opposés, je dois reconnaître que Godefroy de Bouillon me plaît. Il a une âme généreuse sans toutefois n’être qu’un simple idéaliste béat comme je le croyais auparavant. C’est aussi un sacré soldat – ce qui de mon point de vue est le plus important, ajouta-t-il avec un sourire. Si un jour tu cherches de l’aide de son côté, je pense que tu la trouveras. »

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