Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Dominium Mundi. Livre I - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Dominium Mundi. Livre I

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre I». Краткое содержание книги:

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant et restaurateur du Dominium Mundi, y gouverne d’une main de fer ses peuples revenus à un mode de vie médiéval.Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers une planète d’Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers l’abordent, ils ont la surprise d’y découvrir un peuple, les Atamides. Le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent.Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?
1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 145
Перейти на страницу:

Pierre était sorti de cet entretien l’esprit encore plus embrouillé. Son complexe d’infériorité politique commençait à lui faire perdre patience, surtout lorsqu’il voyait Robert de Montgomery à l’aise comme un poisson dans l’eau avec les subtilités du pouvoir. Il ne comprenait pas très bien où tous ces calculs pouvaient bien mener. Quel intérêt y avait-il à classer en permanence les gens dans deux catégories : alliés ou ennemis, modérés ou ultras, faibles ou forts ? Si tous ces seigneurs mettaient autant d’ardeur à défendre la cause de Dieu qu’ils en mettaient à lutter pour la leur, alors l’Église n’aurait plus de souci à se faire.

Comment un saint homme tel qu’Urbain IX pouvait-il accepter d’entrer dans ce petit jeu infantile ? Pierre avait d’ailleurs remarqué que son propre manque de finesse en la matière irritait souvent le pape. Aujourd’hui, celui-ci avait même été jusqu’à lui demander de prendre conseil auprès de Robert pour régler cette affaire ! Cette pensée lui fit l’effet d’une sonnerie le sortant de sa rêverie : il était convenu qu’il tende une perche au duc de Normandie en cours de Conseil, il était temps de le faire. Il attendit que Raymond de St. Gilles, qui s’exprimait sur des questions d’intendance, ait terminé, pour reprendre la parole.

« Monsieur le duc de Normandie, dit-il d’une voix qu’il espérait la plus naturelle possible, vous m’avez fait savoir que l’affaire de cette femme retrouvée morte aux buanderies venait de connaître un nouveau développement. Nous vous écoutons. »

Robert de Montgomery adressa à Pierre l’un de ses sourires faussement déférents qui avaient le don de l’agacer prodigieusement, puis commença comme prévu.

« Pas l’affaire à proprement parler, seigneur Préteur. Comme vous le savez, l’enquête officielle a conclu à un accident malheureux. Néanmoins, il semblerait que le neveu du comte de Tarente ici présent ait décidé de mener sa propre enquête, qui plus est en semant le désordre derrière lui. »

Bohémond, surpris d’entendre le nom de sa famille dans ce contexte, arqua les sourcils et se redressa dans son fauteuil.

Aussitôt, Robert le gratifia lui aussi d’un sourire hypocrite avant de continuer :

« Ce matin même, il a été convoqué par la police qui avait découvert qu’il s’était introduit de nuit sur les lieux du drame – lesquels étaient toujours interdits d’accès par les autorités – dans le but de mener des investigations privées. Il a ensuite fait courir le bruit qu’il y avait découvert une mystérieuse cache secrète. L’enquêteur chargé de l’affaire l’a donc fait venir sur place, afin de le sermonner et, bien sûr, de lui démontrer l’absurdité de ses déclarations. » Robert laissa passer quelques secondes de silence pour ménager son effet, puis enchaîna.

« C’est alors que le lieutenant de Tarente a totalement perdu son sang-froid et tiré une décharge T-farad sur un mur, détruisant une partie de la pièce où ils se trouvaient. S’il n’y a aucun blessé à déplorer, nous ne le devons qu’aux réflexes affûtés des hommes présents sur place. »

Manifestement stupéfait, Bohémond ouvrit la bouche pour prendre la parole, mais Godefroy de Bouillon le devança :

« Je ne connais pas les détails de cet incident, mais je tiens cependant à faire une remarque : j’ai eu l’occasion de voir cet officier en action lors d’une simulation aux dômes. Il m’y est apparu comme un élément absolument exceptionnel, tant par ses qualités tactiques que morales. S’il est vraiment l’auteur de ce tir malheureux, il devait avoir une bonne raison de le faire.

— Les qualités de cet homme ne lui donnent pas le droit de détruire le matériel public et encore moins de s’opposer à l’autorité ! rétorqua Robert de Montgomery, indigné. Il a tout de même fait usage de son arme en dehors d’un champ de tir, en plein milieu des Buanderies Générales !

— Allons, allons. Contre un mur… »

Tout en disant cela, Godefroy de Bouillon avait esquissé un petit sourire amusé qui contraria Robert. Il n’allait pas laisser ce fichu Lotharingien minimiser l’événement !

« Là n’est pas la question, reprit-il sur un ton plus ferme. La réputation militaire de cet homme lui impose au contraire l’exemplarité dans tous ces actes.

— Qu’avez-vous à dire sur le sujet, Seigneur Bohémond de Tarente ? » intervint Pierre l’Ermite.

L’interpellé tressaillit, comme si Pierre venait d’interrompre le cours de ses pensées et répondit, mal à l’aise.

« Vous me voyez navré de cette situation, mon père, je lui parlerai afin d’essayer de le ramener à la raison, toutefois si le Conseil souhaite lui infliger des sanctions disciplinaires, je ne m’y opposerai pas. Je ne tiens pas à montrer un quelconque favoritisme à son égard.

— Cette position vous honore, approuva Pierre en hochant la tête. Cependant, je dois informer le Conseil que le problème est plus complexe qu’il n’y paraît. »

Un page fit irruption pour proposer du thé aux seigneurs, obligeant Pierre à laisser sa phrase en suspens. Ce qu’il avait à dire ne devait être entendu de quiconque. D’un geste irrité, il congédia le jeune homme et attendit que les portes soient refermées pour reprendre.

« Étant donné la situation, je me vois contraint de révéler ici une donnée que je m’étais engagé à garder secrète : il se trouve que Tancrède de Tarente est l’un des six templiers qui ont été admis à bord. »

Bohémond resta muet de surprise à cette déclaration, tandis que les autres, le regard tourné vers lui, exprimaient leur étonnement par des exclamations diverses.

« Vous l’ignoriez, Bohémond ? ne put s’empêcher de lancer Hugues de Vermandois. Même vous ! Bigre, cet homme sait garder un secret !

— En effet, répondit le comte de Tarente, je m’en rends compte maintenant.

— En vertu de l’accord qui nous lie à l’Ordre du Temple, reprit Pierre l’Ermite, moi seul à bord suis autorisé à connaître les identités de ses membres embarqués. Sa Sainteté Urbain IX m’a exceptionnellement autorisé à divulguer cette information aujourd’hui, estimant qu’elle devait être portée à l’attention du Conseil. »

Robert de Montgomery saisit l’occasion pour reprendre la parole : « Et Sa Sainteté montre ainsi une fois encore sa finesse d’analyse en matière politique. » Certain qu’il s’agissait d’une pique mesquine à son égard, Pierre décocha au duc de Normandie un regard glacial, mais le laissa néanmoins poursuivre. « Il veut nous exposer la duplicité de cet homme, capable d’adhérer dans le plus grand secret à une confrérie perturbatrice, mais nous indique que nous devons faire preuve de prudence à son égard. »

Au mot « duplicité », Bohémond redressa vivement la tête et fronça les sourcils en direction de Robert de Montgomery, mais s’abstint de répliquer. Godefroy songea que le comte n’était peut-être pas aussi atteint qu’il en avait l’air. En se gardant de relever l’insulte, il évitait surtout de dramatiser la situation. Le seigneur Raymond de St. Gilles intervint à cet instant :

« Avec l’implication de l’Ordre de Temple, la situation devient en effet passablement plus complexe. Cependant, nous tenons peut-être là une occasion de mettre l’Ordre en difficulté et de lui faire payer une partie de son arrogance… »

Godefroy de Bouillon leva les yeux au ciel dans un mouvement d’exaspération.

« Vous ne pensez pas qu’entretenir cette vieille querelle devient pathétique ? N’êtes-vous pas lassé de cette concurrence absurde entre deux communautés qui prient le même Dieu ? Si nous arrêtions une fois pour toutes de traiter l’Ordre du Temple en ennemi, peut-être que les templiers cesseraient de considérer l’Église romaine avec tant de méfiance ! Après tout, nous sommes tous des hommes de foi… »

1 ... 70 71 72 73 74 75 76 77 78 ... 145
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)