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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Maître Jéhovah, pour châtier Ophni et Phinées qui, durant un certain temps, avaient piqué dans sa marmite, s’était fait prendre de par son coffre par les Philistins; et, alors même qu’Ophni et Phinées défendaient son coffre, c’est-à-dire le défendaient lui-même (puisqu’il était en résidence dans l’arche), il avait voulu, de par sa volonté mystérieuse et impénétrable, que les deux lévites fussent tués auprès de lui, en compagnie de trente mille autres juifs, également massacrés, quoique n’ayant jamais, eux, piqué dans la marmite. C’était là un châtiment sensationnel, tout ce qu’on peut imaginer de plus sensationnel, attendu que Dieu, en se laissant tomber aux mains des Philistins idolâtres, s’englobait dans la punition du sacrilège commis contre lui. Ce n’est peut-être pas bien logique, cela; mais c’est essentiellement divin, n’importe quel théologien vous le dira.

Les Philistins avaient donc été élus de Dieu pour exercer contre Dieu la vengeance d’une offense à Dieu, en faisant Dieu prisonnier. Seulement, après avoir élu les Philistins pour le tenir captif, maître Jéhovah résolut de punir les Philistins d’être ses élus. Ça continue, comme on voit, à ne pas être logique; mais c’est de plus en plus divin.

Notons, d’abord, que ces Philistins, qui étaient de bons zigs sous le rapport de la dévotion, témoignèrent le plus grand respect au dieu leur prisonnier. Nous avons vu tout à l’heure qu’ils étaient convaincus de sa puissance. Loin d’agir comme les fanatiques intolérants qui prodiguent l’outrage aux divinités d’autres religions que la leur, ils traitèrent avec honneur le dieu d’Israël. Qu’un Jupiter ou un Bouddha tombe au pouvoir d’inquisiteurs chrétiens, ils auront bientôt fait de le jeter à l’égout. Les Philistins, au contraire, sachant que Jéhovah était dans ce coffre à eux échu par le sort de la bataille, transportèrent dignement la sacrée boîte à Azoth, où se trouvait un de leurs plus beaux temples, le temple de Dagon; là, ils placèrent l’arche dans la partie la plus vénérée du sanctuaire, auprès même de Dagon.

Il est clair que les Philistins se tenaient le raisonnement suivant:

— Le dieu d’Israël est un dieu de première qualité; car nous savons les merveilles qu’il a opérées, quand il tira d’Égypte son peuple. Puisque nous avons donc l’heureuse chance de le posséder, comportons-nous de notre mieux à son égard, afin qu’il continue à nous être favorable. Honorons-le à l’égal de Dagon: Abondance de dieux protecteurs ne nuit pas.

Hélas! ces braves Philistins se mettaient le doigt dans l’œil; ils n’allaient pas tarder à apprendre que Jéhovah est un mauvais coucheur.

Le soir de l’installation de l’arche à la basilique d’Azoth, les prêtres de Dagon se retirèrent à la nuit tombante, laissant leur dieu en tête-à-tête avec celui d’Israël.

Si, au lieu d’avoir pris Jéhovah, nos Phéniciens avaient eu la veine de posséder, dans les mêmes circonstances, un Anubis égyptien, ou un Ormuzd perse, ou un Apollon grec, tout se fût très bien passé en cette première nuit, et les nuits suivantes. Les deux dieux auraient amicalement taillé une bavette, se seraient raconté les petits incidents joyeux des hommages qu’ils recevaient respectivement de leurs fidèles; bref, on serait devenu deux bons camarades, et les habitants d’Azoth eussent été dans la jubilation.

Pas du tout!… Jéhovah, en vieux grognon jaloux, profita de l’absence des prêtres de Dagon pour traiter l’autre dieu en rival antipathique; il tenait à faire constater qu’il avait la divinité plus robuste que l’idole officielle des Philistins.

Ce Dagon n’était pas méchant pour deux sous; il ne se faisait pas sacrifier des victimes humaines, lui; c’était un dieu bon enfant. Il dut être, par conséquent, bien surpris, quand, au beau milieu de la nuit, Jéhovah, sortant tout-à-coup de sa boîte, se précipita sur lui, comme un athlète rageur, et le flanqua par terre, du haut de l’autel.

La Bible ne donne pas le détail de cette lutte nocturne; mais il est évident, d’après le texte, qu’il en advint ainsi.

«Les Philistins avaient emmené à Azoth l’arche de Jéhovah; ils l’installèrent dans le temple de Dagon, ils la placèrent à côté même de Dagon. Or, le lendemain, les habitants d’Azoth, s’étant levés de bon matin, trouvèrent Dagon gisant sur le sol, le visage contre terre, devant l’arche; mais ils relevèrent Dagon et le remirent à sa place.» (5:1-3)

La seconde nuit fut plus terrible encore que la première.

Jéhovah était vexé d’avoir à partager avec Dagon les hommages des Azothiens. Peut-être, en lui-même, sentait-il que sa jalousie était ridicule et que ses manières n’avaient rien de distingué; car, dans la journée, il se tenait tranquille au fond de son coffre… Ah! si les dévots qui emplissaient alors le temple l’avaient vu jaillir de sa boîte, s’il leur avait prôné la supériorité de son culte, il est possible que les Azothiens eussent renoncé à leur idole; mais non! il devait éprouver une certaine honte de sa conduite. En effet, il attendit de nouveau d’être seul, sans témoins, dans l’obscurité, pour laisser éclater sa mauvaise humeur, pour assouvir son ressentiment.

Cette fois, Dagon écopa de la belle façon.

«Au second matin, les habitants d’Azoth trouvèrent Dagon gisant encore sur le sol, devant l’arche, et sa tête et ses deux mains, ayant été coupées, étaient sur le seuil du temple; le tronc seul de Dagon était resté auprès du coffre.» (5:4)

Tout ceci était bien fait pour troubler les Philistins de celte ville, qui n’y comprenaient rien, et qui, dans leur candeur, étaient à cent lieues de soupçonner le divin habitant de la sacrée boîte d’être l’auteur de ces actes de vandalisme. Mais un épouvantable fléau les troubla davantage, peu après. Ici, il faut donner la traduction textuelle:

«Ensuite la main de Dieu s’appesantit sur les derrières des Azothiens; elle mit dans leurs anus une maladie dégoûtante; tant à Azoth qu’aux environs, les Philistins furent frappés dans la plus secrète partie des fesses, et à tous, aux grands aussi bien qu’aux petits, le boyau du fondement sortait, et leur fondement sorti dehors se pourrissait.» (5:6)

Pour le coup, les Azothiens comprirent que c’était le doigt du dieu d’Israël qui avait accompli l’œuvre néfaste. Les magistrats ordonnèrent de transporter dans une autre ville Jéhovah et son coffre. La cité de Gath reçut la sacrée boîte, et son arrivée fut aussitôt signalée par un retroussis général des anus et par une pourriture des boyaux de fondement (5:7-9). De Gath l’arche sainte passa à Hékron, où se produisit immédiatement le phénomène des sphincters retroussés (5:10). En même temps, il y eut dans la campagne une génération spontanée de rats. Ces rats se montrèrent rongeurs insatiables, et les anus philistins étaient plus que jamais en compote;

«et les hommes qui ne mouraient point étaient accablés d’hémorrhoïdes, de telle sorte qu’un cri de douleur s’élevait partout jusqu’au ciel.» (5:12)

Pendant sept mois, les Philistins promenèrent l’arche de Jéhovah de ville en ville, et cette promenade ne réussissait qu’à propager l’horrible maladie. (6:1)

Finalement, on consulta les devins de Phénicie; ceux-ci étaient des prêtres d’une fausse religion, — fausse, si l’on se place au point de vue des théologiens chrétiens, — mais ils étaient excellents prophètes tout de même. Les Philistins étaient assez décidés à renvoyer l’arche de Jéhovah.

«Leurs devins répondirent: Si vous renvoyez l’arche du dieu d’Israël, gardez-vous bien de la renvoyer sans l’accompagner d’un présent pour vous faire pardonner vos péchés. Or, puisque les gouvernements de ce pays sont au nombre de cinq, fabriquez cinq anus d’or et cinq souris d’or, qui seront votre don au dieu d’Israël; alors, peut-être, il n’appesantira plus sa main sur vos derrières ni sur vos champs. Pourquoi endurciriez-vous votre cœur, comme l’Egypte et Pharaon endurcirent leur cœur? Prenez donc une charrette toute neuve et deux jeunes vaches allaitant leurs veaux, sur lesquelles on n’ait point encore mis le joug, et renfermez leurs veaux dans l’étable. Vous mettrez l’arche de Jéhovah sur la charrette, et vous placerez à côté de l’arche un panier contenant les anus d’or et les souris d’or; ensuite, laissez aller la charrette où les vaches voudront aller. Mais regardez bien de quel côté la charrette ira: si elle va à Bethsamès, vous pouvez être certains que c’est le dieu d’Israël qui a mis la maladie dans vos anus et les rongeurs dans vos champs; si, au contraire, la charrette ne va pas à Bethsamès, nous saurons que ce n’est pas ce dieu qui nous a frappés, et que tout est arrivé par hasard.» (6:3-9)

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