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READ-E-BOOK » Научная фантастика » À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]
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À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]

Электронная книга - «À la fin de l'hiver [At Winter's End - fr]». Краткое содержание книги:

La chute des comètes avait apporté le long hiver, comme, cent millions d’années plus tôt, lorsque les dinosaures avaient disparu. L’Hiver durait depuis soixante-dix mille ans.
Le Peuple survivait à l’abri de son cocon souterrain, génération après génération. Et voilà que le Printemps, annoncé par la Tradition, était revenu. Le Peuple devait sortir et aller recueillir son héritage dans la glorieuse cité de Vengiboneeza. Mais était-il encore humain ?
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Ce voyage entrepris par les yeux de saphir était à l’évidence un voyage sans retour. Hresh en vit un grand nombre disparaître dans les sphères brillantes mais pas un seul en sortir.

Aucun de tous les appareils que Hresh découvrait dans ses visions ne semblait avoir survécu au Long Hiver. Jamais il n’avait trouvé dans les ruines de Vengiboneeza la moindre trace des plates-formes de pierre verte supportant les tubes de métal.

Après avoir observé à de nombreuses reprises la cérémonie de la sphère lumineuse, Hresh décida d’aller voir de plus près de quoi il s’agissait. Par une nuit sans lune, son esprit s’engagea sur une place déserte. A proximité du tube se dressait un arbre dont les branches ployaient sous le poids d’énormes fruits à écales, plus gros que ses deux mains placées côte à côte, qu’il entassa au pied du tube, de manière à pouvoir regarder à l’intérieur de la sphère lumineuse. L’entreprise était malaisée, car les fruits ne cessaient de glisser et de se dérober sous lui, et il lui fallut s’agripper au bord de la sphère pour ne pas tomber. Il raffermit sa prise et approcha la tête de l’ouverture de la sphère.

Il savait que ce qu’il faisait était dangereux. Il risquait à son tour d’être aspiré par l’appareil et projeté dans un autre monde ou dans le séjour des dieux. Il pouvait aussi être anéanti, car il commençait à soupçonner que les yeux de saphir utilisaient ces appareils pour mettre un terme volontaire à leur existence, quand leur jour de mort était venu. Mais la tentation était irrésistible. Et il se répétait que ce n’était qu’une vision. Qu’avait-il à redouter d’un appareil n’ayant aucune réalité et ayant cessé de fonctionner sept cent mille ans avant qu’il vienne au monde ?

Mais si tu n’es pas réellement présent, lui glissa une petite voix intérieure, comment se fait-il que tu aies pu cueillir ces fruits et les empiler de la sorte ?

Sans se donner la peine de répondre, Hresh avança la tête et regarda à l’intérieur.

Il découvrit au cœur de la sphère une zone de ténèbres absolues, d’un noir si intense qu’elle semblait produire une lumière irréelle. Hresh la contempla avec fascination et il comprit que ce n’était pas seulement un autre monde qu’il voyait, mais un autre univers, quelque chose à quoi les dieux eux-mêmes n’avaient pas accès. Cette zone noire était toute petite — elle eût sans doute tenu dans la paume d’une main — mais il émanait d’elle un pouvoir effrayant. Ils ont dû récupérer des fragments de cet autre univers, songea Hresh, et ils les ont réunis dans ces sphères, de sorte que, lorsqu’ils ont envie de quitter le royaume des dieux, ils s’en approchent pour que les ténèbres les saisissent et les emportent.

Il attendit calmement d’être emporté à son tour. Il était totalement envoûté par l’appareil, prêt à se laisser emporter n’importe où.

Mais il ne se passa rien. Il fixa le noir jusqu’à ce que ses yeux lui fassent mal. Puis il vit deux silhouettes, celles d’un crocodilien et d’un végétal, sortir des ténèbres et lui faire signe.

— Éloigne-toi de là, murmura le végétal de sa voix caressante. C’est très dangereux.

— Pourquoi, dangereux ? J’ai avancé la tête à l’intérieur et il ne s’est rien passé.

— Éloigne-toi quand même.

— Je le ferai si tu m’expliques à quoi cela sert.

Le végétal replia ses pétales et son compagnon partit d’un long rire sifflant. Puis ils lui expliquèrent la fonction de l’appareil. Ils parlaient en même temps, mais Hresh comprenait parfaitement tout ce qu’ils disaient. Ce qu’ils lui apprirent le laissa pantois, mais, comme tout ce qu’il avait découvert depuis qu’il visitait la Grande Planète, cela n’avait pas plus de réalité que la substance dont sont faits les rêves, et ce qui lui apparaissait clairement au moment où on le lui disait lui échappait instantanément malgré tous ses efforts pour le retenir.

Il descendit de la plate-forme et ils l’entraînèrent vers un lieu où se répandaient des lumières et des chants. Tout ce dont il put se souvenir par la suite, c’est la conclusion à laquelle il était arrivé tout seul, mais ce qu’ils lui avaient dit s’était totalement effacé de son esprit. Ces appareils étaient bien utilisés par les habitants de la Grande Planète pour mettre un terme à leur vie, quand ils sentaient que le moment de mourir était venu.

Mais pourquoi désiraient-ils mourir ? s’interrogea Hresh sans trouver de réponse.

Puis il songea que les yeux de saphir savaient que les étoiles de mort allaient anéantir la planète et qu’ils les avaient attendues sans rien faire.

Pourquoi avaient-ils eu une telle attitude.

Mais il ne trouva non plus de réponse à cette question.

Il y avait un endroit dans la cité des visions de Hresh où toute la planète apparaissait sur le fond du ciel.

Un disque plat de métal argenté était fixé dans l’angle d’un mur d’un petit bâtiment décagonal. Quand on touchait un bouton, une flèche de lumière éblouissante venue de nulle part frappait le disque argenté et un immense globe représentant la planète devenait aussitôt visible. Hresh sut d’emblée qu’il s’agissait de la planète, car il en avait déjà vu des cartes dans les chroniques. Des cartes planes, alors que ce qu’il avait devant les yeux était un globe, mais il savait, pour l’avoir lu dans les chroniques, que c’était bien une représentation de la planète. Jamais Hresh n’aurait imaginé qu’elle pût être si vaste. En faisant le tour du globe, il distingua quatre grands continents séparés par d’immenses étendues d’eau. Il vit des cités gigantesques où de grandes voies s’entrecroisaient comme des traits de feu, il vit des fleuves et des lacs, des montagnes et des rivières. Ce n’était qu’une image sur le fond du ciel, mais Hresh sentit le mouvement puissant des océans et le poids écrasant des montagnes. Quand il se pencha sur les plus grandes cités, il s’imagina voir des silhouettes minuscules se déplaçant dans les rues minuscules.

Le plus vaste des continents occupait toute une partie du globe. Deux plus petits se trouvaient de l’autre côté, l’un au-dessus de l’autre et le quatrième, tout en bas de la planète, était un continent de glace d’où provenait un courant d’air froid.

— Où se trouve Vengiboneeza ? demanda-t-il.

Une vive lumière verte s’alluma dans l’angle gauche du plus haut des deux continents superposés.

— Et Thisthissima ? Mikkimord ? Tham ?

Chaque fois qu’il prononçait le nom d’une ville, une lumière s’allumait et le globe tournait sur lui-même pour lui en montrer l’emplacement. Quand sa petite réserve de noms fut épuisée, il ordonna au globe de lui montrer toutes les cités en même temps. Les points lumineux s’allumèrent aussitôt en si grand nombre et le globe se mit à tourner si rapidement que Hresh en fut aveuglé et qu’il recula, terrifié, en se cachant les yeux. Quand il eut trouvé le courage de regarder de nouveau, le globe avait disparu.

Il n’essaya pas de le faire réapparaître, mais jamais il n’oublierait la sphère aux océans immenses et aux continents colossaux piquetés sur toute leur surface de myriades de lumières éblouissantes. La splendeur de la Grande Planète était infinie.

Hresh découvrit encore autre chose qui lui montra l’étendue des richesses disparues. C’était une structure qu’il supposa être cet Arbre de Vie dont Thaggoran lui avait parlé à plusieurs reprises.

Ce n’était pas un arbre à proprement parler, mais un tunnel, ou plutôt un ensemble de tunnels assemblés horizontalement dans un lieu dégagé, sur une longueur de plusieurs centaines de pas. Le plancher était au-dessous du niveau du sol et le toit voûté était fait d’un matériau si transparent qu’il semblait ne pas y avoir de toit. Le tunnel était traversé de bout en bout par une large galerie centrale d’où partaient des passages perpendiculaires, eux-mêmes subdivisés en passages plus étroits.

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