L'agonie de la lumière
- Автор: Мартин Джордж Рэймонд Ричард
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: J'ai Lu
- ISBN: 978-2-290-07572-2
- Переводчик: Jean-Pierre Pugi
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «L'agonie de la lumière». Краткое содержание книги:
Il y avait également ses propres affaires, qu’il avait abandonnées là lorsqu’il avait pris la fuite avec Gwen – ce qui se résumait aux quelques vêtements légers qu’il avait apportés de Braque, et que le froid régnant en permanence sur cette planète rendait inutiles. Il posa le laser, puis s’agenouilla pour fouiller les poches d’un de ses pantalons. Ce fut uniquement lorsqu’il le trouva, toujours enveloppé dans l’argent et le velours, que Dirk comprit ce qu’il était véritablement venu chercher. Pourquoi il était revenu à Larteyn.
Dans la chambre, il découvrit dans un petit coffre-fort les bijoux personnels du Kimdissi : des anneaux, des pendentifs, des bracelets et des diadèmes aux motifs tourmentés, ainsi que des boucles d’oreilles de pierres fines. Farfouillant plus avant dans la boîte, il y trouva une fine chaîne à laquelle était suspendu un hibou en fils d’argent incrusté dans de l’ambre et enchâssé dans une griffe. Celle-ci semblait avoir la dimension adéquate ; Dirk en retira donc le bijou pour le remplacer par son joyau-qui-murmure.
Puis il ouvrit sa veste et passa la chaîne autour de son cou, sous son épaisse chemise. La larme froide et rouge qui reposait à présent sur sa peau nue lui murmurait ses mensonges, ses promesses non tenues. Le petit poignard de glace lui brûlait la poitrine, mais c’était précisément ce qu’il désirait : il avait retrouvé sa Jenny. Très vite, t’Larien n’eut même plus conscience de la morsure du froid – ni même des larmes qui coulaient le long de ses joues. Il monta à l’étage supérieur.
Le cabinet de travail de Ruark et de Gwen était tel que dans son souvenir, toujours aussi encombré. Mais nulle part il n’y avait trace du Kimdissi, ni là ni dans l’appartement qui lui avait servi à les contacter lorsqu’ils se trouvaient à Défi. Ne restait plus à t’Larien qu’un seul lieu à visiter.
Il se hâta donc de monter au sommet de la tour. La porte était ouverte. Il hésita, puis entra, son laser en position de tir.
Le grand séjour offrait une indescriptible scène de chaos et de destruction. L’écran mural avait été brisé, ou bien il avait explosé, et des fragments de verre recouvraient l’intégralité du sol. Les murs portaient les traces de nombreuses décharges de laser. Le lit avait été renversé et éventré en une douzaine d’endroits, son rembourrage arraché par poignées et éparpillé dans toute la pièce. Une partie de la bourre avait été jetée dans la cheminée, où elle contribuait en grande partie à générer l’épaisse fumée humide qui étouffait l’âtre. L’une des gargouilles, décapitée et renversée, reposait contre la base du linteau. Sa tête aux yeux de pierrelueur gisait dans les cendres. L’air empestait le vin et la vomissure.
Garse Janacek dormait à même le sol, la bouche ouverte, torse nu, sa barbe rousse maculée de vin. Se dégageait de lui la même odeur qui empuantissait la pièce. Il ronflait avec bruit, son pistolet laser dans une main. Sa chemise gisait en boule dans une mare de vomissure, que Janacek avait dû essayer d’éponger sans grand succès.
Dirk la contourna prudemment pour aller prendre le laser des mains inertes de Janacek. Décidément, le teyn de Jaan Vikary n’était pas le Kavalar inflexible qu’on lui avait décrit.
Le bras droit de Janacek était toujours ceint du fer et de la pierrelueur. Certains joyaux rouge sombre avaient été dessertis de leurs montures, formant des trous qui avaient quelque chose d’obscène. La plus grande partie du bracelet restait néanmoins intacte, hormis de longues éraflures ici et là. L’avant-bras de Janacek était également couvert d’entailles – des marques profondes, qui prolongeaient celles qu’il avait creusées dans le fer noir. Bras et bracelet étaient couverts de sang séché.
Dirk découvrit le long couteau ensanglanté près de la botte de Janacek. Il pouvait imaginer le reste. Ivre, sans aucun doute, la main gauche rendue maladroite par son ancienne blessure, le Kavalar avait essayé de dessertir les pierrelueurs avant de perdre patience et de s’acharner sauvagement sur le bracelet. Puis il avait lâché le couteau, sous l’effet de la douleur et de la rage.
Il recula légèrement, contourna la chemise humide de Janacek, puis s’immobilisa sur le pas de la porte. « Garse ! » cria-t-il, son fusil braqué sur le Kavalar.
Qui ne bougea pas. Dirk répéta son nom, ce qui eut cette fois pour effet de faire décroître considérablement l’intensité des ronflements. Prenant cela pour un encouragement, t’Larien ramassa l’objet le plus proche de lui (une pierrelueur) et le lança en direction du Kavalar. Il l’atteignit à la joue.
Garse se redressa avec lenteur. Découvrant alors t’Larien, il braqua sur lui des yeux emplis de menace.
« Debout ! » Dirk avait ponctué cet ordre d’un mouvement explicite de son fusil.
Janacek se leva, sur des jambes mal assurées, puis regarda autour de lui en quête de sa propre arme.
« Inutile de chercher, Garse. C’est moi qui l’ai. »
Les yeux de Janacek étaient voilés de fatigue, mais son petit somme improvisé l’avait quelque peu dégrisé. « Que faites-vous ici, t’Larien ? demanda-t-il d’une voix pâteuse. Êtes-vous venu vous moquer de moi ? »
Dirk secoua la tête. « Non, je suis sincèrement désolé de ce qui vous est arrivé.
— Désolé pour moi ?
— Ne croyez-vous pas que vous puissiez inspirer de la pitié ? Regardez autour de vous !
— Prenez garde. Si vous allez trop loin, je ferai en sorte de découvrir si vous avez assez de cran pour utiliser ce laser que vous ne savez même pas tenir correctement.
— Non, Garse. Je vous en prie. J’ai besoin de votre aide. »
Le Kavalar rejeta sa tête en arrière et partit d’un grand éclat de rire.
Lorsqu’il se fut calmé, Dirk lui raconta tout ce qui s’était produit depuis que Vikary avait tué Myrik, à Défi. Janacek l’écouta, immobile, les bras croisés sur sa poitrine couturée. Il rit de plus belle quand t’Larien lui fit part de ses conclusions au sujet d’Arkin Ruark. « Les manipulateurs kimdissi », marmonna-t-il. Pour ensuite laisser son interlocuteur terminer son récit.
« Et alors ? fit ensuite Garse. Qu’est-ce qui vous a laissé supposer que tout cela pouvait m’intéresser ?
— Je me disais que vous ne laisseriez pas les Braiths pourchasser Jaan comme un animal.
— Ce n’est plus un être humain.
— Pour un Braith, cela ne ferait aucun doute. Mais êtes-vous un Braith ?
— Je suis un Kavalar.
— Tous les Kavalars sont-ils semblables, à présent ? » Dirk désigna de la main la tête de pierre qui se trouvait dans l’âtre. « Je constate que vous prenez des trophées, à présent. Exactement comme Lorimaar. »
Janacek fusilla t’Larien du regard, sans mot dire.
« J’ai dû me tromper, ajouta donc Dirk. Mais la scène qui m’attendait quand j’ai pénétré dans cette pièce m’a donné matière à réflexion. Je me suis dit que vous éprouviez peut-être encore certains… sentiments pour l’homme que vous appeliez autrefois votre teyn. Et je me suis souvenu d’une chose. Vous m’avez dit que Jaan et vous étiez liés par quelque chose de plus fort que tout ce que j’avais pu connaître. Eh bien, ce n’était qu’un mensonge, je m’en rends compte à présent.
— J’ai dit la vérité. Mais Jaan a rompu ce lien.
— Ça fait des années que Gwen a rompu tous les liens qui existaient entre nous. Ça ne m’a pas empêché de venir quand j’ai pensé qu’elle avait besoin de moi. Pour tout un tas de raisons égoïstes, bien sûr, mais je suis néanmoins venu. Vous ne pouvez le nier, Garse. J’ai tenu parole. » Il fit une courte pause. « Et je ne laisserai jamais personne la chasser si je puis l’empêcher. À l’évidence, nous étions liés par quelque chose de bien plus fort que le fer et le feu des Kavalars.