Le soleil des rebelles
- Автор: Fulvio Luca di
- Серия: Gang #3
- Год: 2018
- Язык: французский
- Год: Éditions Slatkine & Cie
- ISBN: 978-2889440481
- Переводчик: Françoise Brun
- Жанр: Историческая проза
Электронная книга - «Le soleil des rebelles». Краткое содержание книги:
Le jeune prince Marcus est encore un enfant lorsqu'il assiste impuissant au massacre de toute sa famille.
Seul rescapé de cette boucherie ennemi héréditaire de la famille de Marcus qui va s'asseoir sur le trône, Marcus ne doit son salut qu'à la jeune Héloïse, fille d'Agnès, la lavandière du village qui l'accueillera sous son toit pour l'élever comme s'il était son fils.
— Si longtemps… », reprit Mikael en écho.
Alors ils s’embrassèrent, avec une fougue incontrôlable et maladroite, leurs langues se mêlaient, leurs dents se heurtaient, mordillaient les lèvres de l’autre, les touchaient du bout de leurs doigts, comme pour apprendre ce premier baiser par cœur.
La main d’Eloisa glissa sur la poitrine de Mikael, qui frissonna. Elle descendit jusqu’à l’aine et toucha à travers l’étoffe son membre durci. « C’est comme ça qu’un homme doit être quand il désire une femme », dit-elle d’une voix entrecoupée, plus assurée qu’elle ne l’était vraiment. « C’est les grandes qui me l’ont dit. » Elle se hissa sur lui à califourchon et prit sa main, qu’elle glissa sous sa jupe pour lui faire découvrir son sexe humide. « Et c’est comme ça qu’une femme doit être quand elle désire un homme », gémit-elle, le dos arqué, les yeux à-demi fermés de plaisir.
Mikael explora en frémissant, avec gaucherie au début, cette viscosité excitante qui dilatait son sexe.
Eloisa ouvrit ses braies, et le regarda entre les jambes.
Il aurait voulu d’instinct cacher son membre nu mais se retint.
Eloisa le caressa. Lui aussi était mouillé. Elle fixa Mikael dans les yeux, avec une sorte de peur voilée de désir. Serrant son sexe, elle le guida en elle. « C’est ce que font un homme et une femme quand ils se désirent… dit-elle d’une voix entrecoupée. Enfin… je crois… » Puis elle se poussa sur lui avec violence.
Mikael sentit une pression, une résistance puis un déchirement, et un flux chaud l’envelopper.
Eloisa gémit de douleur. « Ne… t’arrête pas… », murmura-t-elle, tandis qu’à la douleur se substituait un plaisir intense, suivi d’un coup au cœur. Elle commença d’aller et venir avec une ardeur grandissante, l’accueillant en elle, frottant son propre sexe contre le pubis de Mikael, ses mains agrippées à ses cheveux.
Soudain, sans qu’aucun des deux n’y soit préparé, leurs corps, presque à l’unisson, se mirent à vibrer jusque dans les profondeurs. Et si le corps de l’un approchait du plaisir final, l’autre le rejoignait et le dépassait, avant d’être à son tour poursuivi et rattrapé.
Aucun des deux ne cria quand ils atteignirent le plaisir. Ils restèrent figés, tremblants, effrayés et surpris, les yeux grands ouverts, la bouche muette, devinant dans le regard de l’autre la même stupeur, la même peur, le même plaisir.
Eloisa, à mesure que les spasmes n’étaient plus qu’un écho dans son ventre, s’abandonna lentement sur le corps de Mikael. Ils restèrent là, immobiles, unis comme un seul corps, jusqu’à ce que l’obscurité descende.
« Tu savais qu’un homme et une femme pouvaient être aussi heureux ? lui demanda Eloisa.
— Alors je suis devenu un homme ? dit Mikael avec un sourire rayonnant.
— Tu le savais ou pas ? répéta Eloisa en posant la tête sur sa poitrine.
— Comment j’aurais pu le savoir ? dit Mikael qui caressait ses cheveux lisses. Je croyais que les garçons naissaient par derrière. »
Ils éclatèrent de rire.
39
Les jours qui suivirent, Mikael et Eloisa semblaient ne plus voir le monde qui les entourait. Ils n’avaient d’yeux que l’un pour l’autre.
Tout ce qui avait jusque là paru hors d’atteinte était maintenant pour Mikael naturel, vital. Il se répétait : “Je suis sorti de la trappe”. Avant, il était incapable d’approcher Eloisa. À présent, tous les prétextes étaient bons pour la frôler. Dès qu’il le pouvait, il touchait sa main, caressait sa poitrine, respirait ses cheveux ou sa nuque. Eloisa le cherchait avec la même ferveur. Ils se touchaient sans savoir lequel des deux avait commencé. Cette syntonie, ce désir qui palpitait à l’unisson les étourdissaient. Aussitôt Agnete endormie, Eloisa le rejoignait sur la paille près du foyer et se serrait contre lui. Ils s’exploraient, se donnaient du plaisir, se fondaient l’un dans l’autre. De moins en mois maladroitement. Dès qu’Agnete leur confiait un travail, ils se précipitaient pour le faire ensemble. Aveugles au monde, et même certains que personne ne s’en doutait.
Un soir, au dîner, Mikael allongea le pied sous la table à la recherche du pied d’Eloisa. Quand il l’eut trouvé, il commença à le toucher et remonta jusqu’à sa cheville. Soudain, il reçut un coup de pied au mollet.
« Imbécile, c’est mon pied ! », avait explosé Agnete.
Mikael avait rougi. Eloisa se retenait de rire.
« J’en peux plus de vous deux ! », s’était exclamée Agnete en tapant du poing sur la table. Puis, le regard sérieux, elle avait pris la main de Mikael et celle d’Eloisa. « Qu’est-ce que vous croyez donc ? », L’inquiétude était visible dans ses yeux. « Tu te souviens de Gregor ? dit-elle à Mikael. Puis, à Eloisa : Et toi ? Tu te souviens d’Emöke ? » Elle serrait leurs deux mains plus fort, dans un mélange de colère et de chagrin. « J’ignore ce que vous ressentez. Ça ne m’est jamais arrivé. » Il y avait dans sa voix une mélancolie profonde. « Mais vous êtes sûrs que c’est une chance ? Vous appartenez à un homme cruel qui se nourrit du malheur d’autrui. C’est lui, votre maître. Lui qui décide de vos vies. » Lâchant leurs mains, elle leur fit pour la première fois une caresse sur la joue. « Vous êtes mes enfants… et je ne veux pas qu’il vous arrive quelque chose. » Ses yeux s’étaient voilés de larmes.
Eloisa, cette nuit-là, ne rejoignit pas Mikael sur la paille. Et Mikael ne réussit pas à dormir. Il sentait encore plus violemment sa condition de serf, depuis qu’il avait quelque chose à perdre. Rien ne lui appartenait, ni sa vie ni son amour pour Eloisa. Ils n’étaient que les bestiaux d’Ojsternig.
Le lendemain matin, dès qu’ils furent seuls, Mikael dit à Eloisa : « On doit s’échapper.
— Où ? demanda-t-elle, effrayée.
— Je ne sais pas. Mais si on arrive à vivre une année dans une ville, la loi dit qu’on est libre. »
Eloisa hocha doucement la tête. « On peut pas laisser ma mère toute seule, répondit-elle d’une voix grave. Elle en mourrait…
— Et nous alors ? » Mikael la prit par les épaules. « On n’en mourra pas ? »
Le visage crispé, Eloisa secoua lentement la tête. « Moi… », dit-elle enfin. Mais elle s’arrêta.
« Toi quoi ? », demanda Mikael, d’une voix soudain dure.
« Elle t’a élevé. Elle t’a donné la vie que tu as maintenant… dit Eloisa.
— Non ! C’est toi qui me l’as donnée ! »
Eloisa tendit la main et lui caressa les lèvres. « Tu sais que j’ai raison, hein ? », lui dit-elle avec une douceur et une maturité de femme.
Mikael arrêta sa main. Il lui lança un regard plein de feu, les narines dilatées, puis serra les dents. « C’est le maître qui décide comment ses bêtes doivent s’accoupler. Et elles ne protestent pas, elles ne se rebellent pas ! Bien sûr ! C’est toi qui as raison ! », dit-il avec rage.
Eloisa devint froide comme la glace. « Tu n’es qu’un gamin capricieux, égoïste et tyrannique, lui souffla-t-elle au visage. Tu aurais été un prince parfait. » Elle lui tourna le dos et rejoignit Agnete qui partait aux champs ramasser les derniers légumes tardifs.
Toute la journée, Mikael travailla en silence, sombre, plongé dans ses pensées.
Le soir, il murmura à Eloisa : « Je dois te parler ».
Elle le rejoignit dès qu’Agnete se fut endormie et se glissa avec lui sous la couverture.
« Faire l’amour avec la plus jolie fille du monde, ça ne suffit pas pour être un homme, hein ? lui dit Mikael.