Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 131
Перейти на страницу:

Car le c�dre n'est point refus et haine de ce qui n'est point c�dre, mais rocaille drain�e par le c�dre et devenue arbre.

Si tu luttes contre quoi que ce soit, le monde entier te deviendra suspect car tout est abri possible et r�serve possible et nourriture possible pour ton ennemi. Si tu luttes contre quoi que ce soit, tu dois t'an�antir toi-m�me car il en est en toi une part, aussi faible soit-elle.

Car la seule injustice que je con�oive est celle de la cr�ation. Et tu n'as point d�truit les sucs qui eussent pu nourrir la ronce, mais tu as �difi� un c�dre qui les a pris pour soi et la ronce ne na�tra point.

Si tu deviens tel arbre tu ne deviendras point un autre. Et tu as �t� injuste pour les autres.)

Quand ta ferveur s'�teint tu fais durer l'empire avec tes gendarmes. Mais si les gendarmes seuls le peuvent sauver c'est que l'empire est d�j� mort. Car ma contrainte c'est celle du pouvoir du c�dre qui noue dans ses n�uds les sucs de la terre, non la st�rile extermination des ronces et des sucs, lesquels certes s'offraient aux ronces mais se fussent aussi offerts au c�dre.

O� vois-tu que l'on fasse la guerre contre quelque chose? Le c�dre qui prosp�re et an�antit la broussaille se moque bien de la broussaille. Il n'en conna�t point l'existence. Il fait la guerre pour le c�dre et transforme en c�dre la broussaille.

Veux-tu faire mourir contre? Qui voudra mourir? On veut bien tuer mais non mourir. Or l'acceptation de la guerre c'est l'acceptation de la mort. Et l'acceptation de la mort n'est possible que si tu t'�changes contre quelque chose. Donc dans l'amour.

Ceux-l� ha�ssent autrui. Et s'ils ont des prisons ils y entassent des prisonniers. Mais tu b�tis ainsi ton ennemi car les prisons sont plus rayonnantes que les monast�res.

Celui qui emprisonne ou ex�cute c'est que d'abord il doute de soi-m�me. Il extermine les t�moins et les juges. Mais il ne te suffit pas pour te grandir d'exterminer ceux qui te voyaient bas.

Celui qui emprisonne et ex�cute c'est aussi qu'il rejette les fautes sur autrui. Donc qu'il est faible. Car plus te voil� fort plus tu prends les fautes � ta charge. Elles te deviennent enseignements pour ta victoire. Mon p�re, un de ses g�n�raux s'�tant fait battre et s'en excusant, l'interrompit: �Ne sois pas pr�tentieux au point de te flatter de ce que tu eusses pu commettre une faute. Lorsque je monte un �ne et qu'il s'�gare, ce n'est point l'�ne qui se trompe. C'est moi.�

�L'excuse des tra�tres, disait ailleurs mon p�re, c'est d'abord qu'ils ont pu trahir.�

CXXII

Quand les v�rit�s sont �videntes et absolument contradictoires, tu ne peux rien, sinon changer ton langage.

La logique ne mord point pour t'aider � te faire passer d'un �tage � l'autre. Tu ne pr�vois point le recueillement � partir des pierres. Et si tu parles du recueillement avec le langage des pierres, tu �choues. Il te faut inventer ce mot neuf pour rendre compte d'une certaine architecture de tes pierres. Car il est n� un �tre neuf, non divisible, ni explicable, car expliquer c'est d�monter. Et tu le baptises donc d'un nom.

Comment raisonnerais-tu sur le recueillement? Comment raisonnerais-tu sur l'amour? Comment raisonnerais-tu sur le domaine? Ils sont non des objets mais des dieux.

Moi j'ai connu celui-l� qui voulait mourir parce qu'il avait entendu chanter la l�gende d'un pays du Nord et, vaguement, connaissait que l'on y marche une certaine nuit de l'ann�e dans la neige, laquelle est craquante, sous les �toiles vers des maisons de bois illumin�es. Et si tu entres dans leur lumi�re apr�s ta route et colles ton visage aux carreaux, tu d�couvres de cette clart� qu'elle te vient d'un arbre. Et l'on te dit que c'est une nuit qui a un go�t de jouets de bois verni et une odeur de cire. Et l'on te dit des visages de cette nuit-l� qu'ils sont extraordinaires. Car ils sont de l'attente d'un miracle. Et tu vois tous les vieux qui retiennent leur souffle et fixent les yeux des enfants, et se pr�parent � de grands battements de c�ur. Car il va passer dans ces yeux d'enfants quelque chose d'insaisissable qui n'a point de prix. Car tu l'as b�ti toute l'ann�e par l'attente et par les r�cits et par les promesses et surtout par tes airs entendus et tes allusions secr�tes et l'immensit� de ton amour. Et maintenant tu vas d�tacher de l'arbre quelque humble objet de bois verni et le tendre � l'enfant selon la tradition de ton c�r�monial. Et c'est l'instant. Et nul ne respire plus. Et l'enfant bat des paupi�res car on l'a fra�chement tir� du sommeil. Et il est l� sur tes genoux avec cette odeur d'enfant frais que l'on a tir� du sommeil et qui te fait autour du cou quand il t'embrasse quelque chose qui est fontaine pour le c�ur et dont tu as soif. (Et c'est le grand ennui des enfants que d'�tre pill�s d'une source qui est en eux et qu'ils ne peuvent point conna�tre et � laquelle tous viennent boire, qui ont vieilli de c�ur, pour rajeunir.) Mais les baisers sont ici suspendus. Et l'enfant regarde l'arbre, et tu regardes l'enfant. Car il s'agit de cueillir une surprise �merveill�e comme une fleur rare qui na�trait une fois l'an dans la neige.

Et te voil� combl� par une certaine couleur des yeux qui deviennent sombres. Car l'enfant s'enroule sur son tr�sor pour s'en �clairer � l'int�rieur, d'un coup, d�s que le cadeau l'a touch�, comme le font les an�mones de mer. Et il fuirait si tu le laissais fuir. Et il n'y a point d'espoir de l'atteindre. Ne lui parle pas, il n'entend plus.

Cette couleur � peine chang�e, plus l�g�re que d'un nuage sur la prairie, ne va pas me dire qu'elle ne p�se point. Car si m�me elle se trouvait seule r�compense de ton ann�e et de la sueur de ton travail et de ta jambe perdue � la guerre, et de tes nuits de m�ditation et des affronts et des souffrances endur�s, voici qu'elle te paierait quand m�me et t'�merveillerait. Car tu gagnes dans cet �change.

Car il n'est point de raisonnement pour raisonner sur l'amour du domaine, sur le silence du temple ni pour cette seconde incomparable.

Donc mon soldat voulait mourir � lui qui n'avait v�cu que de soleil et que de sable, lui qui ne connaissait point d'arbre de lumi�re, lui qui savait � peine la direction du nord � parce qu'on lui avait dit qu'�taient menac�es quelque part par quelque conqu�te une certaine odeur de cire et une certaine couleur des yeux et que les po�mes les lui avaient autrefois faiblement apport�es comme le vent l'odeur des �les. Et je ne connais point de raison meilleure pour mourir.

Car il se trouve que t'alimente seul le n�ud divin qui noue les choses. Lequel se rit des mers et des murs. Et te voil� combl� dans ton d�sert de ce qu'exist� quelque part, dans une direction que tu ignores, chez des �trangers dont tu ne sais rien en un pays dont tu ne peux rien concevoir, une certaine attente d'une certaine image d'un pauvre objet de bois verni, laquelle s'enfonce dans les yeux d'un enfant comme une pierre dans les eaux dormantes.

Et il se trouve que l'aliment que tu en re�ois te vaut la peine de mourir. Et que je l�verais des arm�es, si je le souhaitais, pour sauver quelque part dans le monde une odeur de cire.

Mais je ne l�verai point d'arm�e pour la d�fense des provisions. Car elles sont faites et tu n'as rien � en attendre, sinon de te changer en b�tail morne.

C'est pourquoi si s'�teignent tes dieux tu n'accepteras plus de mourir. Mais tu ne vivras point non plus. Car n'existent point les contraires. Si la mort et la vie sont des mots qui se tirent la langue, reste cependant que tu ne peux vivre que de ce qui te peut faire mourir. Et qui refuse la mort, refuse la vie.

Car s'il n'est rien au-dessus de toi, tu n'as rien � recevoir. Sinon de toi-m�me. Mais que tires-tu d'un miroir vide?

1 ... 69 70 71 72 73 74 75 76 77 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)