Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне

Электронная книга - «Citadelle». Краткое содержание книги:

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.
1 ... 67 68 69 70 71 72 73 74 75 ... 131
Перейти на страницу:

Et tu la reconna�tras cette pente qui va vers demain � ses effets irr�sistibles. Car l� il n'est point � t'y tromper: partout o� elle se peut montrer, elle se montre. Et je reconnais la pente vers la terre � ce que je ne puis l�cher, aussi court soit l'instant, la pierre que je tiens dans la main sans qu'aussit�t elle tombe.

Et si je vois un homme se promenant et qu'il marche vers l'est je ne pr�vois point son avenir. Car il est possible qu'il fasse les cent pas et qu'� l'instant o� je l'imagine bien �tabli dans son voyage il me d�soriente par son demi-tour. Mais je pr�vois l'avenir de mon chien si chaque fois que je rel�che sa corde aussi peu que ce soit c'est vers l'est qu'il me fait faire un pas et qu'il tire, car l'est alors est odeur de gibier et je sais bien o� mon chien courra si je le d�livre. Un pouce de corde m'en a plus appris que mille pas.

Ce prisonnier je l'observe qui est assis ou couch� comme d�fait et d�v�tu de tout d�sir. Mais il p�se vers la libert�. Et je reconna�trai sa pente � ce qu'il me suffira de lui montrer un trou dans le mur pour qu'il fr�misse et redevienne musculature et attention. Et si la br�che donne sur la campagne, montre-moi celui-l� qui a oubli� de la voir!

Si tu raisonnes dans ton intelligence tu oublieras ce trou ou l'autre ou encore, le regardant, comme tu penses alors � autre chose, ne le verras point. Ou, le voyant, et encha�nant des syllogismes pour conna�tre s'il est habile d'en user, tu te d�cideras trop tard, car les ma�ons te l'auront effac� du mur. Mais montre-moi, de ce r�servoir o� l'eau p�se, quelle fissure elle peut oublier?

C'est pourquoi je dis que la pente, m�me informula-ble faute de langage, est plus puissante que la raison et seule gouverne. Et c'est pourquoi je dis que la raison n'est que servante de l'esprit et d'abord transforme la pente et en fait des d�monstrations et des maximes, ce qui te permet ensuite de croire que ton bazar d'id�es t'a gouvern�. Quand je dis que tu n'as �t� gouvern� que par les dieux qui sont temple, domaine, empire, pente vers la mer ou besoin de la libert�.

Ainsi, de mon voisin qui r�gne de l'autre c�t� de la montagne, je n'observerai point les actes. Car je ne sais point reconna�tre au vol du pigeon une fois qu'il vole s'il cingle vers un pigeonnier ou s'il s'huile les ailes de vent, car je ne sais point reconna�tre au pas de l'homme vers sa maison s'il c�de au d�sir de sa femme ou � l'ennui de son devoir, et si son pas construit le divorce ou l'amour. Mais celui-l� que je tiens dans sa ge�le, s'il ne manque point d'occasion et pose son pied sur la clef que j'oublie, t�te les barreaux pour conna�tre si l'un d'eux remue, et soup�se de l'�il ses ge�liers, je le devine d�j� d�ambulant dans la libert� des campagnes.

Je veux conna�tre ainsi de mon voisin non ce qu'il fait mais ce qu'il n'oublie jamais de faire. Car alors je connais quel dieu le domine m�me si lui-m�me l'ignore, et la direction de son avenir.

CXVIII

Je me souvins de ce proph�te au regard dur et qui par surcro�t �tait bigle. Il me vint voir et le courroux montait en lui. Un courroux sombre:

�Il convient, me dit-il, de les exterminer.�

Et je compris qu'il avait le go�t de la perfection. Car seule est parfaite la mort.

�Ils p�chent�, dit-il.

Je me taisais. Je voyais bien sous mes yeux cette �me taill�e comme un glaive. Mais je songeais:

�Il existe contre le mal. Il n'existe que par le mal. Que serait-il donc sans le mal?�

�Que souhaites-tu, lui demandai-je, pour �tre heureux?

��Le triomphe du bien.�

Et je comprenais qu'il mentait. Car il me d�nommait bonheur l'inemploi et la rouille de son glaive.

Et m'apparaissait peu � peu cette v�rit� pourtant �clatante que, qui aime le bien, est indulgent au mal. Que, qui aime la force, est indulgent � la faiblesse. Car si les mots se tirent la langue, le bien et le mal cependant se m�lent et les mauvais sculpteurs sont terreau pour les bons sculpteurs, et la tyrannie forge contre elle les �mes fi�res, et la famine provoque le partage du pain, lequel est plus doux que le pain. Et ceux-l� qui ourdissaient des complots contre moi, traqu�s par mes gendarmes, priv�s de lumi�re dans leurs caves, familiers d'une mort prochaine, sacrifi�s � d'autres qu'eux-m�mes, ayant accept� le risque, la mis�re et l'injustice par amour de la libert� et de la justice, m'ont toujours apparu d'une beaut� rayonnante, laquelle br�lait comme un incendie aux lieux du supplice, ce pourquoi je ne les ai jamais frustr�s de leur mort. Qu'est-ce qu'un diamant s'il n'est point de gangue dure � creuser, et qui le cache? Qu'est-ce qu'une �p�e s'il n'est point d'ennemi? Qu'est-ce qu'un retour s'il n'est point d'absence. Qu'est-ce que la fid�lit� s'il n'est point de tentation? Le triomphe du bien c'est le triomphe du b�tail sage sous sa mangeoire. Et je ne compte point sur les s�dentaires ou les repus.

�Tu luttes contre le mal, lui dis-je, et toute lutte est une danse. Et tu tires ton plaisir du plaisir de la danse donc du mal. Je te pr�f�rerais dansant par amour.

�Car si je te fonde un empire o� l'on s'exalte pour des po�mes, viendra l'heure des logiciens qui ratiocineront l�-dessus et te d�couvriront les dangers qui menacent les po�mes dans le contraire du po�me, comme s'il existait un contraire de quoi que ce soit dans le monde. Te na�tront alors les policiers qui, confondant amour du po�me et haine du contraire du po�me, s'occuperont non plus d'aimer mais de ha�r. Comme si �quivalait � l'amour du c�dre la destruction de l'olivier. Et ils t'enverront au cachot soit le musicien, soit le sculpteur, soit l'astronome, au hasard de raisonnements qui seront stupide vent de paroles et faible tremblement de l'air. Et mon empire d�sormais d�p�rira car vivifier le c�dre ce n'est point d�truire l'olivier ni refuser l'odeur des ros�s. Plante au c�ur d'un peuple l'amour du voilier et il te drainera toutes les ferveurs de ton territoire pour les changer en voiles. Mais tu veux, toi, pr�sider aux naissances des voiles en pourchassant, et en d�non�ant et en exterminant des h�r�tiques. Or il se trouve que tout ce qui n'est point voilier peut �tre d�nomm� contraire du voilier, car la logique m�ne o� tu veux. Et d'�puration en �puration tu extermineras ton peuple car il se trouve que chacun aussi aime autre chose. Bien plus, tu extermineras le voilier lui-m�me car le cantique du voilier �tait devenu chez le cloutier cantique de la clouterie. Tu l'auras donc emprisonn�. Et il ne sera point de clous pour le navire.

�Ainsi de celui-l� qui croit favoriser les grands sculpteurs en exterminant les mauvais sculpteurs, lesquels, dans son stupide vent de paroles, il d�nomme contraire des premiers. Et je dis, moi, que tu interdiras � ton fils de choisir un m�tier qui offre si peu de chances de vivre.

��Si je t'entends bien, se h�rissa le proph�te bigle, je devrais tol�rer le vice!

��Non point. Tu n'as rien compris�, lui dis-je.

CXIX

Car si je ne veux pas faire la guerre et que mon rhumatisme me tire la jambe, il deviendra peut-�tre pour moi objection � la guerre alors que si je penchais vers la guerre je penserais le gu�rir par l'action. Car c'est mon simple d�sir de paix qui s'est habill� en rhumatisme, comme en amour peut-�tre de la maison ou comme en respect de mon ennemi ou comme en quoi que ce soit au monde. Et si tu veux comprendre les hommes, commence d'abord par ne jamais les �couter. Car le cloutier te parle de ses clous. L'astronome de ses �toiles. Et tous oublient la mer.

CXX

Car tr�s important m'apparut qu'il ne te suffit pas de regarder pour voir. Car du haut de ma terrasse, je leur montrais le domaine et leur exposais ses contours et ils hochaient la t�te disant: �Oui, oui�� Ou bien alors je leur faisais ouvrir le monast�re et leur en expliquais les r�gles et ils b�illaient avec discr�tion. Ou bien je leur montrais l'architecture du temple neuf ou la sculpture ou la peinture d'un sculpteur et d'un peintre qui avaient apport� quelque chose d'encore non habituel. Et ils s'en d�tournaient aussit�t. Tout ce qui e�t pu frapper quelqu'un d'autre au c�ur les laissait indiff�rents.

1 ... 67 68 69 70 71 72 73 74 75 ... 131
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)