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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Beaucoup estiment que, si Jéhovah est vraiment le créateur de l’univers, on lui fait jouer un rôle des plus grotesques en le représentant enfermé dans un coffre, d’où, au milieu de la nuit, il appelle un jeune garçon jusqu’à quatre fois avant de lui exprimer ce qu’il veut lui dire. Woolston trouve l’auteur sacré excessivement ridicule de dire que le petit Samuel «ne savait pas encore distinguer la voix de l’Éternel, parce que Jéhovah ne lui avait jamais parlé auparavant». Effectivement, on ne peut reconnaître la voix de quelqu’un qu’on n’a jamais entendu; en outre, l’auteur sacré, en s’exprimant ainsi, représente son Jéhovah comme ayant une voix humaine, de même que chaque homme a son timbre de voix personnel. Boulanger en tire une nouvelle preuve que les Juifs ont toujours fait leur dieu corporel, et qu’ils ne virent en lui qu’un homme d’une espèce supérieure, demeurant d’ordinaire dans une nuée, venant parfois sur la terre visiter ses favoris, tantôt prenant son parti, tantôt les abandonnant, tantôt vainqueur, tantôt vaincu, tel, en un mot que les dieux d’Homère; il dit aussi qu’Homère, d’ailleurs, donne de la divinité des idées plus sublimes que celles qui sont contenues dans la Bible, et qu’on en trouve de plus belles encore dans l’ancien Orphée, et même dans les mystères d’Isis et de Cérès. Cette opinion de Boulanger est partagée par Fréret, par Dumarsais, etc.

Donc, voici Samuel devenu grand, et le divin pigeon reste muet sur la conduite d’Ophni et Phinées depuis la mémorable nuit des terribles révélations. Piquaient-ils toujours dans la marmite?… Nous apprenons seulement que «Samuel avait tout dit aux Israélites»; la réprobation d’Héli et de sa famille étail donc le secret de Polichinelle, ce qui n’empêchait pas les fidèles d’apporter leurs offrandes à ce grand-prêtre disqualifié et à ses fils. Peut-être ceux-ci, dans la crainte du châtiment prédit, avaient-ils renoncé à leurs sacrilèges habitudes mais nous savons que maître Jéhovah est très rancunier.

«Les Israélites se soulevèrent contre les Philistins et se réunirent en armes pour les combattre; ils campèrent à Ebenhézer, et les Philistins établirent leur camp à Aphek. Alors, la bataille fut livrée; Israël fut battu, les Philistins tuèrent d’abord environ quatre mille soldats juifs dans un premier combat en plaine. L’armée d’Israël tourna le dos et revint au camp, où les anciens du peuple dirent: Pourquoi l’Éternel nous a-t-il laissé battre aujourd’hui par les Philistins? Faisons venir de Scilo l’arche d’alliance, dans laquelle Jéhovah réside; ainsi Dieu sera au milieu de nous, et il nous délivrera de nos ennemis. L’arche sainte fut donc apportée, et Sabaoth, dieu des armées, y était, entre les chérubins; et Ophni et Phinées, fils d’Héli, accompagnaient l’arche de Dieu. Et lorsque l’arche entra dans le camp, tout Israël poussa de si grands cris de joie, que la terre en retentissait.» (4:1-5)

«Alors, les Philistins, entendant la voix de ce cri, dirent: Quelle est donc la voix de cri au camp hébreu! Et ils surent que l’arche où Jéhovah réside était au milieu de l’armée. Alors, les Philistins eurent peur, et ils se disaient les uns aux autres: Jéhovah est maintenant dans le camp hébreu; il n’en était pas ainsi ces jours passés; malheur à nous, à présent! Réconfortons-nous, Philistins, et soyons des hommes vaillants; combattons avec courage, afin de ne pas tomber esclaves de ces juifs, comme ils ont été les nôtres. Les Philistins donc livrèrent une seconde bataille, et Israël fut encore battu et s’enfuit; et la défaite de l’armée israëlite fut si grande, que trente mille soldats, cette fois, restèrent morts sur le champ de bataille. L’arche de Dieu fut prise par l’ennemi vainqueur, et les deux fils d’Héli, Ophni et Phinées, périrent dans ce combat.» (v. 6-11)

«Or, un soldat de la tribu de Benjamin, échappé au carnage, courut toute une journée pour se rendre à Scilo, où il arriva avec ses vêtements déchirés et de la cendre sur la tête. Et, tandis que cet homme courait ainsi, le grand-prêtre Héli était assis sur un siège qu’il avait fait élever à côté du chemin, et il attendait les nouvelles; et dans son attente il tremblait, à cause de l’arche sainte. Héli était âgé alors de quatre-vingt-dix-huit ans. Cet homme, aussitôt arrivé, dit à Héli: Je viens du champ de bataille, d’où je me suis échappé. Et Héli l’interrogea en ces termes: Qu’est-il arrivé, mon fils? Le soldat benjamite répondit: Israël a fui devant les Philistins, et, même il y a eu une grande défaite du peuple; tes deux fils sont morts, et l’arche de Dieu est tombée au pouvoir de l’ennemi. Quand Héli eut entendu cela, il tomba à la renverse de dessus son siège, et dans sa chute il se rompit le cou. C’est ainsi qu’il mourut; car il était vieux et pesant. Il avait jugé Israël quarante ans.» (v. 12-18)

«Et sa belle-fille, femme de Phinées, qui était grosse, voyait s’approcher l’heure où elle accoucherait, lorsqu’un messager lui apprit tout à la fois que l’arche était prise, que son mari était mort et son beau-père aussi. A cette nouvelle, elle se plia en deux; alors elle enfanta, et son accouchement fut des plus douloureux. Et voilà que la mort la saisit à son tour. Or, tandis qu’elle mourait, les femmes, ses amies, qui l’entouraient, lui dirent: N’aie pas d’inquiétude; nous tenons ton enfant, et nous t’assurons que ce n’est pas une fille; en vérité, c’est un garçon. Mais elle ne faisait aucune attention à ce que ses amies lui disaient, elle n’entendait rien; car la mort l’envahissait de plus en plus. Et tout-à-coup elle se mit à parler, et elle dit: La gloire de Dieu est transportée d’Israël, car l’arche sainte est prise; et, pour cette raison, je veux que mon enfant soit nommé Icabod.» (v. 19-22)

On voit que l’auteur sacré nous laisse de plus belle dans le vague. Cet étrange historien ne fait connaître ni comment les Hébreux s’étaient révoltés contre les Philistins leurs maîtres, ni le sujet de cette guerre, ni quel territoire les Hébreux occupaient. Il n’est précis que pour indiquer le lieu où se trouvaient les camps des deux armées ennemies; mais c’est jouer de malheur, attendu qu’aucun géographe de l’antiquité n’a mentionné Ebenhézer ni Aphek. L’auteur sacré nous parle seulement, de trente-quatre mille juifs tués malgré la présence de l’arche. Comment concevoir, dit Voltaire, qu’un peuple esclave, qui a essuyé de si grandes et si fréquentes pertes, puisse si tôt s’en relever? Les critiques ont toujours osé soupçonner l’auteur d’un peu d’exagération, soit dans les succès, soit dans les revers. L’auteur semble beaucoup plus occupé de célébrer Samuel que de débrouiller l’histoire juive; on s’attend en vain qu’il donnera une description fidèle du pays, de ce que les juifs en possédaient en propre sous leurs maîtres, des circonstances dans lesquelles eut lieu ce soulèvement, des places, ou, tout au moins, des cavernes qu’ils occupèrent, des mesures qu’ils prirent, îles chefs qui les menèrent au combat; rien de toutes ces choses essentielles! C’est de là que lord Bolingbroke conclut, dans son examen, que le lévite auteur de cette histoire écrivait comme les moines du moyen-âge ont écrit l’histoire de leur pays. Et Voltaire ajoute, avec sa mordante ironie: «Sans doute, Samuel, étant devenu un prophète, et Dieu lui parlant déjà dans son enfance, était un objet plus considérable que les trente mille hommes tués dans la bataille, qui n’étaient que des profanes, à qui Dieu ne se communiquait pas; voilà pourquoi, évidemment, dans la sainte Écriture, il s’agit des prophètes juifs plus que du peuple juif.»

Attention, maintenant!… Lecteurs, nous ne saurions trop être graves. Nous arrivons à un passage de la Bible qui ne dispose pas plus à la gaîté que le spectacle du nez d’argent d’un invalide; en effet, voici la grande affaire des trous-de-balle en or… Attention! attention! ne riez pas. C’est très sérieux.

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