La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
Mais pourquoi le texte biblique oublie-t-il de nous indiquer l’âge exact du grand-prêtre Phinées?… Un peu de précision eût été utile; car les sceptiques pourraient dire que le divin pigeon, en se brouillant avec l’arithmétique, a perdu la mémoire de sa chronologie, — chronologie officielle et sacrée, s’il vous plaît!
Or, les onze tribus israëlites qui avaient massacré celle de Benjamin se repentirent bientôt de leur œuvre de destruction. On gémissait, en disant: Hélas! faut-il qu’une de nos tribus disparaisse?… Puis, on pensa aux six cents Benjamites qui vivaient tant bien que mal sur le rocher de Rimmon. Pourquoi ne seraient-ils pas la graine destinée à repeupler Benjamin?… Oui, mais voilà! Dès l’ouverture des hostilités, on avait juré, à Mitspa, de ne jamais donner une fille israëlite en mariage à un benjamite. Tandis qu’on cherchait la solution du problème, un malin dit: Il n’y a qu’à s’enquérir et à découvrir les familles qui ne se sont pas trouvées à Mitspa et qui n’ont pas prêté ce serment. L’enquête fut ordonnée; son résultat fut la constatation que les juifs de Jabès avaient manqué au rendez vous où l’on jura l’extermination des Benjamites. Alors, massacre des bons juifs de Jabès, à l’exception de quatre cents pucelles, que l’on envoya au rocher de Rimmon. Mais les habitants de ce rocher firent observer que les pucelles n’étaient pas en nombre suffisant; deux cents des Benjamites survivants n’étaient pas pourvus; cela devenait très grave. Sur ces entrefaites, les magistrats songèrent à la grande fête de Jéhovah, qui allait se célébrer à Scilo, et ils rendirent le verdict que voici: Les Benjamites non pourvus de femmes sont, exceptionnellement, autorisés à faire des enlèvements pendant les cérémonies religieuses et les réjouissances de Scilo. Les Benjamites enlevèrent donc deux cents danseuses; les papas et les mamans n’eurent pas le droit de protester, et tout le monde, excepté eux, fut content. Enfin, les descendants de Benjamin rebâtirent leurs villes brûlées.
Ainsi finit le livre des Juges.
Cette manière de repeupler une tribu a paru bien singulière à tous les critiques; mais, comme les critiques sont des impies, que peuvent importer leurs objections? D’ailleurs, l’arche de Dieu était à Scilo pendant les fêtes; donc, Dieu était présent, et, puisqu’il ne fit pas sortir de terre les flammes qui dévoraient instantanément les grands criminels, c’est une preuve qu’il approuvait les ravisseurs. Demeurez donc muets, ô critiques! inclinez-vous devant les impénétrables desseins de la Providence divine!
10. Suave idylle de la belle Ruth
Oh! les larmes d’attendrissement que versent les sensibles dévots sur la touchante histoire de Ruth et de Noémi!… Avec quelle douce joie nous l’abordons à notre tour!…
«Dans le temps où les Juges gouvernaient le peuple d’Israël, une famine désola le pays; c’est pourquoi un homme de Bethléem, de la tribu de Juda, s’en alla au pays de Moab pour y habiter, et il emmena sa femme et ses deux fils. Cet homme se nommait Elimélec; sa femme, Noémi; ses deux fils, Mahlon et Kiljon. Ils se fixèrent donc au pays de Moab. Or, Elimélec y mourut; mais Noémi y demeura néanmoins, avec ses deux fils, qui épousèrent des femmes moabites, dont l’une s’appelait Orpha et l’autre Ruth. Leur séjour en ce pays fut de dix ans environ, au bout desquels Mahlon et Kiljon moururent. Ainsi Noémi resta seule israëlite en Moab.» (Livre de Ruth 1:1-5)
«Un jour, Noémi entendit dire que Jéhovah avait rendu visite à son peuple et lui avait distribué du pain. Alors, elle se leva, fit lever ses belles-filles et leur apprit qu’elle quittait le pays de Moab pour s’en retourner à Bethléem. Quand elle fut hors de la maison, elle s’aperçut que ses belles-filles marchaient avec elle; celles-ci, en effet, avaient pris le chemin qui conduit à la contrée habitée par les descendants de Juda. Alors, Noémi dit à ses deux belles-filles: Allez-vous-en, et que chacune de vous retourne tout de suite chez sa mère. Vous avez été bien aimables pour mes fils qui sont morts; aussi je souhaite qu’à cause de cela Jéhovah vous fasse miséricorde. Oui, que mon dieu accorde à chacune, dans la maison de son mari, le repos qu’elle mérite! Et elle les embrassa. Mais les deux jeunes femmes se mirent à pleurer, et elles lui dirent, en élevant la voix: Non, nous préférons aller avec toi, puisque tu retournes vers ton peuple. Noémi reprit: Allons, mes filles, écoutez-moi, et rebroussez chemin. Pourquoi quoi viendriez-vous avec moi? Y a-t-il encore dans mes entrailles des fils que je pourrais vous donner pour maris? Non. je vous l’assure. Allez-vous-en, mes filles, allez-vous-en! D’ailleurs, je suis trop âgée pour me remarier; et en supposant que j’en aie le désir et l’espérance, même si je couchais avec un mari dès cette nuit, même si je venais ensuite à mettre au monde deux garçons, les attendriez-vous jusqu’à ce qu’ils devinssent grands? Refuseriez-vous, à cause d’eux. d’autres mariages? Non, n’est-ce pas? Retournez donc dans vos familles; car je suis en plus grande amertume que vous, la main de l’Éternel s’est appesantie sur moi.» (v. 6-14)
«Alors, elles élevèrent encore la voix et versèrent de nouvelles larmes. Ensuite, Orpha prit congé de sa belle-mère; mais Ruth resta avec Noémi. Et Noémi insistait pour que Ruth allât rejoindre sa belle-sœur: Orpha est retournée vers son peuple et vers son dieu, disait-elle; imite l’exemple de ta belle-sœur. Mais Ruth répondit: Tu me fais de la peine en me priant de te laisser, de m’éloigner de toi; car j’irai où tu iras, je demeurerai où tu demeureras, ton peuple sera le mien désormais et ton dieu sera mon dieu. Là où tu mourras, je mourrai, et c’est là que je serai enterrée. Que ton Jéhovah me traite avec la dernière rigueur, si jamais rien te sépare de moi que la mort!» (1:15-17)
«Noémi, voyant ainsi que sa résolution était inébranlable, cessa de lui parler de séparation. Et elles marchèrent toutes deux longtemps, jusqu’à ce qu’elles fussent arrivées à Bethléem. Et quand elles eurent franchi les portes, toute la ville fut en émoi à cause d’elles, et tous disaient: N’est-ce pas Noémi?… Mais elle leur répondit: Je vous en prie, ne m’appelez pas Noémi; appelez-moi Mara. Et ceux qui l’avaient reconnue lui demandant pourquoi elle changeait son nom, elle leur dit: Le Tout-Puissant m’a remplie d’amertume; je suis partie d’ici comblée de biens, et l’Éternel me ramène complètement vide. Ainsi, puisque Jéhovah m’a abattue et affligée, il ne faut plus, vous le voyez bien, m’appeler Noémi.» (v. 18-21)
«C’est ainsi que Noémi, étant revenue avec Ruth la Moabite sa bru, retourna à Bethléem; c’était au commencement de la moisson des orges.» (1:22)
«Or, il y avait un parent d’Elimélec, qui se nommait Booz, homme très puissant et fort riche. Et Ruth la Moabite dit à sa belle-mère: Si tu le permets, j’irai glaner dans les champs, et je trouverai peut-être quelque homme qui s’intéressera à moi. Elle lui répondit: Va, ma fille. Ruth s’en alla donc glaner derrière les moissonneurs. Et il arriva qu’elle se trouva dans un champ, appartenant à ce Booz, qui était parent d’Elimélec. Sur ces entrefaites, Booz vint de la ville et dit aux moissonneurs: Que Dieu soit avec vous! Ils lui répondirent: Que Dieu vous bénisse! Après quoi, Booz ayant remarqué Ruth, demanda à un jeune homme, chef des moissonneurs: Qui est cette fille? Lequel répondit: C’est une jeune femme moabite, qui est revenue avec Noémi du pays de Moab. Elle nous a priés de lui permettre de ramasser quelques poignées d’orge après les moissonneurs; elle n’est ici que depuis ce matin. Alors Booz s’approcha de Ruth et lui dit: Écoute, ma fille, ne va point glaner dans un autre champ, et même reste auprès de mes servantes. J’ai défendu aux garçons qui sont ici de te toucher; et quand tu auras soif, bois de l’eau que puisent mes gens.» (2:1-9)