Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Биографии и мемуары » Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles
Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 143
Перейти на страницу:

Sa présence au 18e Festival de Cannes, présidé par Olivia de Havilland, procède d’une idée lumineuse de Robert Dorfmann qui veut faire sur la Croisette un « coup » pouvant rapporter beaucoup d’argent. Depuis qu’il a décidé de prévendre son film à nombre d’exploitants de sa connaissance, il lui est venu à l’esprit qu’il n’y a pas lieu plus adapté que le Festival de Cannes pour réunir en un seul endroit tous les patrons de salles français souhaitant faire provision de nouveaux films. Il charge le providentiel Gérard Guérin d’organiser cette opération marketing dans les moindres détails, où les principaux acteurs — Bourvil, Terry-Thomas et Louis de Funès — devront assurer la promotion d’un film qui n’existe pas encore. Un long métrage en devenir dont le scénario a subi quelques modifications, et non des moindres. Jugée trop dangereuse à tourner, la scène finale censée se dérouler à ski dans les Alpes est abandonnée au profit d’une fuite à bord de planeurs qui décolleront de Lozère remorqués par un Fieseler Storch. Gil Delamare et le pilote Gérard Streiff parviennent non sans peine à dénicher des planeurs Castel 25 S biplaces achetés 2 500 francs pièces à Saint-Dizier ainsi que deux autres — en cas de casse — dans des aéroclubs de la région parisienne. Ces quatre planeurs seront, le moment venu, convoyés par les airs depuis Beynes en Seine-et-Oise jusqu’à Mende. C’est peu dire que cette simple expédition est onéreuse, sans compter les locations des véhicules terrestres d’époque comme des Citroën, des camions à gazogène, des vélos-taxis, des voitures militaires allemandes, des side-cars[321]…

Comme Gérard Oury l’avait envisagé, il n’a engagé que très tardivement ses interprètes féminines. Pour le rôle de Juliette, la jeune femme qui va aider Bourvil et de Funès à passer la ligne de démarcation, il choisit sans l’ombre d’une hésitation la blonde Marie Dubois que François Truffaut vient de révéler au public aux côtés de Charles Aznavour dans Tirez sur le pianiste. Andréa Parisy se voit confier le rôle d’une religieuse des Hospices de Beaune placée sous les ordres d’une mère supérieure et médecin qui aura les traits de l’imposante Mary Marquet laquelle, à 71 ans, ne compte plus les rôles secondaires qu’elle a tenus depuis ses débuts en 1913 et ses amants, parmi lesquels Edmond Rostand, Firmin Gémier, le président du Conseil André Tardieu ou le danseur Serge Lifar. Quant à l’aubergiste qui recueille ses héros à Meursault, il retient, sur l’invitation de Louis de Funès, Colette Brosset. Oury prend encore soin d’engager des comédiens appréciés de De Funès comme Guy Grosso et Michel Modo qui, comme on le sait, l’ont aidé à trouver différents gags, Jean Droze ou Gabriel Gobin. Un soir de mars, en compagnie de Michèle Morgan, il va applaudir l’humoriste Jacques Bodoin à La Tête de l’Art où son sketch La Leçon d’anglais fait un tabac. À l’issue du spectacle, ils l’invitent à prendre un verre et Oury lui demande s’il accepterait un petit rôle dans son prochain film, sachant que celui qui inventa le personnage de Philibert[322] a un joli filet de voix, et il lui propose d’être un chanteur d’opéra, chef d’un réseau de Résistance, répétant « Méphisto » dans La Damnation de Faust. Gérard Oury a en effet besoin de ce personnage pour plusieurs séquences bien particulières se passant au cœur de l’Opéra de Paris. Il ne sait pas encore s’il pourra les tourner au palais Garnier mais il compte bien sur Georges Auric, auquel il a demandé de composer la musique de La Grande Vadrouille de plaider sa cause. Outre ses incontestables qualités musicales, Georges Auric est aussi, depuis 1962, le directeur de l’Opéra et de l’Opéra-Comique. Seulement, l’un des membres du Groupe des Six[323], dans les années vingt, refuse d’intervenir, au motif qu’il ne peut être à la fois juge et partie, lui conseillant de voir cela avec Émile Biasini, le directeur de la musique et de la danse au ministère de la Culture. Faute d’une réponse favorable afin de tourner dans la salle, les coulisses et les couloirs de l’Opéra — ce qui ne s’est jamais fait —, il devra tout reconstituer en studio. Au 53 de la rue Saint-Dominique, Gérard Oury « serre les fesses  », comme il dit[324], car l’enjeu est énorme : il s’agit d’y faire défiler pendant trois semaines mille figurants en uniforme feldgrau, de simuler un attentat à la bombe faisant sauter la loge du président de la République, d’organiser une course-poursuite dans les dédales du palais Garnier et de donner à Louis de Funès l’occasion de diriger un orchestre philarmonique ! Heureusement, le conseiller technique d’André Malraux donne son aval, soulageant ainsi de quelques centaines de milliers de francs le budget du film. Gérard Oury et son équipe ont enfin arrêté leurs principaux lieux de tournage : Vézelay, Beaune, Meursault, Saint-Flour et, à Paris, la gare de l’Est, l’Opéra, le guignol des Champs-Élysées, le zoo de Vincennes, le musée de la Contrefaçon et les studios de Boulogne. Bref, tout semble en ordre, y compris les engagements de Lucien Privat et Georges Fabre, les doublures lumière de Bourvil et Louis de Funès, percevant chacun un cachet de 530 francs par semaine de travail de quarante-huit heures, pour que ce road-movie à la française soit vendu à Cannes.

Le 2 mai, Terry-Thomas arrive à Paris et fait la connaissance de Bourvil et de Louis. Avec Gérard Oury, le trio règle les ultimes détails de leur équipée cannoise. Le samedi 7 mai, Gérard Guérin s’envole à destination de la Côte d’Azur afin de faire un crochet par les studios de la Victorine à Nice. Là, il réserve une jeep à bord de laquelle les trois comédiens doivent parcourir la Croisette. Un peintre décorateur personnalise le véhicule en y apposant le lettrage rouge du titre du film. Le lundi 9 mai, Bourvil arrive le premier par le vol de 8 h 50 à Nice, suivi en fin de matinée par Terry-Thomas et de Funès. À l’heure du déjeuner, tout le monde se retrouve au Carlton, où une cinquantaine de directeurs de salles sont invités à partager leur repas avec acteurs, réalisateur et Robert Dorfmann qui y va de son « boniment ». « Nous savons maintenant que nous avons réuni tous les éléments pour faire un film du tonnerre, dit-il. Tonnerre de rires et tonnerre d’applaudissements. Qu’on ne me dise pas que je vends la peau de l’ours, non. Et j’ajouterai que notre affaire est, au départ, si bien chronométrée, si j’ai bien minuté que, dès aujourd’hui, j’invite tous mes amis à venir le 7 décembre 1966[325] fêter jour pour jour mon trente-cinquième anniversaire de cinéma, en assistant à la projection de La Grande Vadrouille, le film le plus follement gai que le cinéma ait jamais produit.  » Au dessert, Dorfmann, sous les regards admiratifs de Bourvil et de Louis de Funès, ajoute : « Messieurs, maintenant il me faut un milliard pour produire La Grande Vadrouille ! Alors, si vous avez aimé Le Corniaud et si vous voulez ce nouveau Bourvil-de Funès dans vos salles en première exclusivité, vous êtes priés de faire un chèque.  » Et comme par enchantement, des chéquiers sortent des poches de ces messieurs ! Un coup de poker, non menteur, qui permet au producteur de récolter une jolie somme qui, additionnée à celles déjà engrangées, lui garantit de disposer de quelque 7 millions de francs de liquidités sur les 13 millions du budget initial.

вернуться

321

L’essentiel de ce parc de véhicules provient de celui utilisé pour le tournage du film Paris brûle-t-il ? réalisé, quelques mois plus tôt, par René Clément.

вернуться

322

Ce petit personnage inventé par Jacques Bodoin dans les années cinquante fit sa notoriété. Son plus célèbre sketch demeure, aujourd’hui encore, celui où Philibert récite à sa façon chantante une table de multiplication.

вернуться

323

Les autres membres de ce groupe musical, constitué en 1916, rejetant l’impressionnisme et le wagnérisme, étaient Louis Durey, Arthur Honneger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre.

вернуться

324

Gérard Oury, op. cit., p. 222.

вернуться

325

Le film sortira en réalité le 8 décembre 1966.

1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 143
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)