Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
Sous les vents de Neptune - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Sous les vents de Neptune

Электронная книга - «Sous les vents de Neptune». Краткое содержание книги:

Cette formation sur les empreintes génétiques au Québec, Jean-Baptiste Adamsberg l’accueille avec soulagement. Deux semaines sans subir l'inexplicable hostilité de son adjoint Danglard, le paradis ! Mais une coupure de presse ravive de pesants souvenirs sur un meurtre commis durant sa jeunesse qui mettait en cause son frère Raphaël, disparu depuis. Le tueur au Trident serait-il de retour ? Un malaise et un coma éthylique plus tard, Adamsberg perd le contrôle. Seules la mansuétude d’un Danglard et l’ingéniosité de sa collaboratrice Violette Retancourt pourront le sortir, presque indemne, des affres du passé.
1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 89
Перейти на страницу:

— Je sais ce qu’il y a dans un cercueil. Je n’ai pas besoin de voyager pour cela.

— Danglard, Brézillon m’a donné pour nom Lamproie. Cela vous dit quelque chose ?

— C’est un poisson primitif, répondit le capitaine avec un sourire dans la voix. Pas même un poisson, un agnathe plus exactement. D’allure mince comme une anguille.

— Ah, dit Adamsberg, déçu, et légèrement dégoûté en raison de la créature préhistorique du lac Pink. Il a quelque chose de spécial, ce primitif ?

— La lamproie n’a pas de dents. Pas de mâchoires. Elle fonctionne comme une ventouse, si vous voulez.

Adamsberg se demanda en raccrochant comment interpréter le choix du divisionnaire. Peut-être une allusion à un certain manque de raffinement ? Ou bien aux six semaines de sursis qu’il était parvenu à lui arracher ? Comme une ventouse qui aspire vers elle des volontés contraires ? À moins qu’il n’ait voulu signaler qu’il le pensait innocent, dépourvu de dents ? C’est-à-dire de trident ?

Convaincre Brézillon d’ordonner l’exhumation du juge Fulgence semblait une entreprise impraticable. Adamsberg se concentrait sur cette lamproie et s’efforçait d’attirer le divisionnaire dans son sens. Brézillon avait évacué d’une volée de mots cette oreille vivant seule dans le Bas-Rhin après le décès du juge. Quant au permis d’inhumer suspect du docteur Choisel, ce n’était pour lui qu’une supposition fragile.

— Quel jour sommes-nous ? demanda-t-il soudainement.

— Dimanche.

— Mardi, 14 heures, annonça-t-il en une brusque volte-face, semblable à celle dont Adamsberg avait bénéficié pour obtenir sa courte liberté.

— Retancourt, Mordent et Danglard sur les lieux, eut juste le temps de demander le commissaire.

Il rabattit le capot de son portable avec douceur, pour ne pas lui froisser les élytres. Peut-être le divisionnaire se sentait-il contraint, depuis qu’il avait laissé « son » homme libre, de poursuivre la logique de sa décision et d’accompagner ses errements jusqu’à leur terme. À moins qu’il ne fût aspiré par la ventouse de la lamproie. Dont le sens d’attraction s’inverserait un jour, quand Adamsberg, vaincu, irait le rejoindre dans son salon, dans son fauteuil. Il revit le pouce de Brézillon et ne put s’empêcher de se demander ce qu’il adviendrait si l’on fourrait une cigarette allumée dans la gueule d’une lamproie. Entreprise impossible puisque la bête vivait sous l’eau. Bête qui s’en alla rejoindre la troupe des créatures qui s’ingéniait à obstruer la cathédrale de Strasbourg. En compagnie du lourd papillon nocturne qui hantait le grenier du Schloss, mi-oreille, mi-champignon.

Et peu importe à quoi avait pensé le divisionnaire. Il avait autorisé l’exhumation. Et Adamsberg se sentit divisé entre la fébrilité et, tout simplement, de la peur véritable. Ce n’était pourtant pas la première fois qu’il procédait à une exhumation. Mais ouvrir le cercueil du magistrat lui apparut soudain une entreprise blasphématoire et menaçante. Vous marchez trop loin, avait dit Danglard, dans des terres où je ne veux pas vous suivre. Où ? Vers l’outrage, la profanation, l’épouvante. Une descente sous terre en compagnie du juge qui pourrait l’emporter dans son ombre. Il regarda ses montres. Dans quarante-six heures, exactement.

XLVII

La tête enfoncée dans son bonnet arctique et le col remonté, Adamsberg observait de loin la mise en place des opérations sacrilèges, sous la pluie froide qui noircissait les troncs des arbres, dans le cimetière de Richelieu. Les flics avaient ceinturé le tombeau du juge d’une bande plastique rouge et blanche, l’encerclant comme une zone de danger.

Brézillon s’était déplacé en personne, un acte très surprenant de la part d’un homme ayant depuis longtemps lâché le terrain. Il se tenait droit près de la tombe, dans un manteau gris à col de velours noir. Outre l’effet lamproie qui l’avait peut-être propulsé jusqu’à la cité du cardinal, Adamsberg le soupçonna de concevoir une curiosité secrète pour l’effrayant parcours du Trident. Danglard était venu, bien entendu, mais demeurait en retrait de la tombe, comme s’il tentait de dégager sa responsabilité. Aux côtés de Brézillon, le commandant Mordent s’agitait d’un pied sur l’autre, sous un parapluie déformé. C’était lui qui avait préconisé d’irriter le fantôme pour lancer le combat et, peut-être, en ce moment précis, regrettait-il son conseil téméraire. Retancourt attendait sans état d’âme apparent et sans parapluie. Elle seule avait repéré Adamsberg dans les fonds du cimetière et lui avait adressé un signe discret. Le groupe était silencieux, concentré. Quatre gendarmes de la ville avaient déplacé la dalle de la sépulture. Qui, nota Adamsberg, n’avait pas subi la patine du temps et brillait sous la pluie, comme si la tombe, pareillement au juge, avait défié les seize ans écoulés.

Le monticule de terre se formait lentement, les gendarmes peinant à creuser dans la terre humide. Les policiers soufflaient dans leurs mains ou tapaient des pieds pour se réchauffer. Adamsberg sentait son propre corps se tendre et gardait son regard braqué sur Retancourt, plaqué en corps à corps pour pouvoir respirer avec elle, voir avec elle, accroché sur son dos.

Dans un crissement, les pelles glissèrent sur le bois. La voix de Clémentine se projeta jusqu’au cimetière. Soulever les feuilles les unes après les autres dans les endroits sombres. Soulever le couvercle du cercueil. Si le corps du juge se trouvait dans cette caisse, Adamsberg savait qu’il plongerait avec lui dans la terre.

Les gendarmes avaient achevé de placer les cordes et halaient à présent le cercueil de chêne, qui s’éleva à l’air libre en chancelant, en assez bon état. Les hommes s’attaquaient aux vis quand Brézillon sembla leur demander d’un geste de faire sauter le couvercle au levier. Adamsberg s’était approché d’arbre en arbre, profitant de l’attention toute focalisée sur la bière. Il suivait les mouvements des pinces qui grinçaient sous la plaque de bois. Le couvercle se déchira et bascula au sol. Adamsberg scruta les visages muets. Brézillon s’accroupit le premier et approcha sa main gantée. Avec un couteau prêté par Retancourt, il donna quelques coups, semblant déchirer un linceul, puis se redressa, laissant couler de son gant un filet de sable brillant et blanc. Plus dur que le ciment, coupant comme du verre, fluide et mouvant, à l’image même de Fulgence. Adamsberg s’éloigna sans bruit.

Retancourt frappa une heure plus tard à la porte de sa chambre d’hôtel. Adamsberg lui ouvrit, heureux, posant rapidement la main sur son épaule pour la saluer. Le lieutenant s’assit sur le lit, le creusant en son milieu comme à l’hôtel Brébeuf de Gatineau. Et comme à Brébeuf, elle ouvrit une thermos de café et disposa deux gobelets sur la table de nuit.

— Du sable, dit-il en souriant.

— Un long sac de quatre-vingt-trois kilos.

— Mis en bière après l’examen du docteur Choisel. Couvercle déjà vissé à l’arrivée des pompes funèbres. Leurs réactions, lieutenant ?

— Danglard était réellement surpris, et Mordent brusquement détendu. Vous savez qu’il hait ce type de spectacle. Brézillon, secrètement soulagé. Et peut-être même très satisfait mais avec lui, c’est difficile à dire. Et vous ?

— Libéré du mort et talonné par le vivant.

Retancourt dénoua ses cheveux et refit sa courte queue de cheval.

— En danger ? demanda-t-elle en lui tendant une tasse.

— À présent oui.

— Je le crois aussi.

— Il y a seize ans, j’avais resserré l’écart et le juge était sérieusement menacé. C’est la raison, je crois, pour laquelle il a planifié sa mort.

1 ... 66 67 68 69 70 71 72 73 74 ... 89
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)