Dominium Mundi. Livre II
- Автор: Baranger François
- Серия: Dominium Mundi #2
- Год: 2014
- Язык: французский
- Год: Critic
- ISBN: 979-1-090648-18-0
- Жанр: Космическая фантастика
Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:
C’est moins facile qu’avec une innocente lavandière, n’est-ce pas ?
Afin d’éviter que son ennemi ne tire à nouveau pendant qu’il gravit à découvert le rempart effondré, Tancrède enchaîne en envoyant une roquette percussive au même endroit. Le projectile explose en provoquant une bulle d’énergie aveuglante qui secoue toute la muraille et fait pleuvoir de débris de pierre dans toutes les directions.
Bon Dieu, ça doit se voir à des kilomètres ! Tant pis !
Il ne faut que trois bonds assistés à Tancrède pour se retrouver en haut du mur. Comme la bulle d’énergie se résorbe à peine, il se met à transpirer abondamment tandis que l’exosquelette dissipe tant bien que mal le soudain afflux de chaleur. Les capteurs planaires ne signalent aucun mouvement au niveau du chemin de ronde. Un rapide coup d’œil à gauche, dans la cour centrale du fortin. Rien.
Comprenant alors par où le Foudroyeur s’est enfui, Tancrède se précipite à l’angle de la muraille, là où elle oblique à quatre-vingt-dix degrés pour faire face à la plaine. Il se penche par-dessus le garde-corps et aperçoit l’ombre filant en contrebas, quelques flammèches encore accrochées à sa bure.
J’ai bien failli t’avoir cette fois !
Tancrède enjambe le parapet et saute sans réfléchir. Soudain, il réalise que de ce côté, le rempart mesure presque sept mètres. Une douleur intense flambe dans ses genoux lorsqu’il se reçoit au sol et des alarmes retentissent dans son casque. Entre le mode furtif dans le Sanctuaire, l’usage intensif des servomoteurs et la dissipation de l’énergie thermique de la roquette, les batteries ont été soumises à rude épreuve. L’indicateur de charge sur son HUD n’indique plus que 14 %.
Je n’ai plus beaucoup de jus, il faut en finir vite !
Peut-être est-ce cela que le Foudroyeur cherche ? Lui faire vider les batteries de son WN et ainsi se retrouver à nouveau en état de supériorité, comme lors de leur précédente confrontation aux ponts amazones, où Tancrède avait dû fuir devant lui, faute d’équipement.
Il se relance à sa poursuite.
L’environnement est très différent à présent. Ils sont sortis de la ville et se trouvent sur les hauteurs du large canyon par lequel les troupes avaient mené la première attaque massive, trois semaines auparavant. À cet endroit, le canyon est si érodé qu’il n’est plus bordé de falaises, mais de pentes raides. D’ailleurs, Tancrède croit reconnaître l’emplacement où les guerriers atamides s’étaient camouflés pour attendre que les premières troupes soient passées et les prendre ensuite en tenaille. Il se méfie aussitôt : il y avait beaucoup de crevasses ici, et la pluie rend la roche glissante.
Tancrède amplifie sa vision nocturne. Heureusement que cette pluie tombe sans éclairs, cela rendrait son intensificateur de lumière inopérant. Bien que le Foudroyeur ne soit pas loin, le terrain est si accidenté que Tancrède craint de le perdre de vue d’un instant à l’autre. Il saute par-dessus des crevasses, des creux, des crêtes acérées. Les rochers sont de plus en plus grands et effilés.
Ça y est, il ne le voit plus ! Par où est-il parti ? Quelle direction a-t-il prise ? Impossible à dire dans ce dédale de calcaire. Tancrède se sent gagné par l’énervement. Ses capteurs sont inutiles dans un tel environnement. Il lui faudrait l’aide d’un répartiteur de terrain relié au dirSat !
Soudain, une créature monstrueuse fond sur lui du haut d’un rocher, déployant de longues ailes déchiquetées qui occultent le peu de lumière émanant du ciel. Tancrède lève son fusil, trop tard, le Foudroyeur s’abat sur lui. Les deux hommes roulent dans la boue et les torrents d’eau qui circulent entre les roches. Le Normand tente de repousser son adversaire, en vain. L’exo est de plus en plus faible. La jauge des batteries en surimpression sur sa visière clignote en rouge. Il ne reste que 8 % d’énergie.
La roulade s’arrête enfin et le Foudroyeur se retrouve au-dessus de lui. Tancrède s’attend à recevoir une décharge fatale, mais c’est un revolver T-farad qui jaillit des plis de la bure noire.
Il ne peut pas me foudroyer s’il est sur moi, pense-t-il.
La gueule de l’arme s’approche de la visière-dôme.
Il veut tirer à bout touchant, pour la briser !
D’un coup terrible du bras droit, Tancrède réussit à frapper le Foudroyeur dans les côtes. Celui-ci expire brutalement et la décharge T-farad part de côté. Cela aurait dû lui défoncer les côtes, il doit avoir une armure là-dessous ! Enchaînant sans attendre par une manchette de l’autre bras, Tancrède oblige son adversaire à lâcher son arme.
Avant qu’il ne frappe de nouveau, le Foudroyeur lui saisit le bras et y plaque sa main gauche, au niveau du creux de l’articulation, là où les protections sont les moins résistantes. Une étoile verdâtre d’arcs électriques apparaît alors et Tancrède sent un fort courant lui traverser le corps. Rien de comparable avec la Foudre par laquelle ce démon tue habituellement, mais tous les systèmes mécaniques et électroniques de l’exo crament d’un coup ! Toutes les alertes s’allument en même temps sur le HUD et la jauge de batteries diminue à vue d’œil.
Nom de Dieu, il aspire mon énergie ! Il va tout vider !
Même si Tancrède sera toujours protégé par l’armure elle-même, les servomoteurs n’opéreront plus. Il va être gravement désavantagé à cause du poids de l’exo. Dans une tentative désespérée, il éjecte la lame ionisée de son autre avant-bras juste avant que la dernière parcelle d’électricité ne quitte son exo, puis frappe le Foudroyeur à la gorge. Grâce à un réflexe qui aurait pu faire l’admiration d’un public de l’Épreuve en d’autres circonstances, celui-ci parvient à bloquer le coup de son bras droit. Il hurle de douleur. Un cri effrayant. Il s’est probablement brisé le cubitus.
Décidé à ne pas lui laisser le temps de réagir, Tancrède l’empoigne de toutes ses forces puis bascule avec lui dans le sens de la pente. Les deux hommes roulent ensemble, luttent quelques instants puis se cognent à des rochers qui les obligent à se lâcher. La pente s’accentue et Tancrède tente de s’agripper à quelque chose. Peine perdue. Les deux hommes continuent de glisser, prenant de plus en plus de vitesse. Tancrède ne voit plus rien et la pluie l’empêche de se rattraper aux rocs qu’il heurte sans arrêt. Il craint de s’empaler sur sa lame ionisée qu’il n’a pas pu rétracter, faute d’énergie. Soudain, les chocs s’arrêtent. Il vient de basculer dans le vide. Mais déjà, il frappe à nouveau la pente et la folle course reprend. L’ex-lieutenant ne sait plus où se trouvent le haut ni le bas. Il ne sait même pas depuis combien de temps il dévale cette déclivité infernale. Il traverse maintenant des branches et des racines, qui freinent un peu sa progression puis heurte violemment un sol plat, soulevant une monumentale gerbe d’eau.
Il faut plusieurs secondes pour que Tancrède retrouve ses esprits. Des points blancs dansent devant ses yeux. Son Weiner-Nikov est hors d’usage. Les servomoteurs ne fonctionnent plus, les systèmes électroniques sont inactifs, l’armure proprement dite a perdu son intégrité, car de l’eau pénètre à certains endroits et la visière-dôme est fissurée. Comble de malchance, le fusil T-farad a disparu durant l’interminable glissade.
Grimaçant de douleur, Tancrède se retourne sur le côté puis se met à quatre pattes pour se relever. L’exo pèse près de cent kilos. Il a l’impression de se retrouver en salle de musculation à soulever des poids en fonte. Une fois debout, la tête lui tourne de l’effort qu’il a fourni. Il chancelle – non, ne pas retomber ! – puis retrouve son équilibre.