Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
La Louve de France - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

La Louve de France

Электронная книга - «La Louve de France». Краткое содержание книги:

Philippe V le Long vient de mourir avant d'avoir atteint trente ans et, comme son frère Louis X le Hutin, sans descendance mâle. Le troisième fils du Roi de fer, le faible Charles IV le Bel, succède à Philippe V. Une évasion de la tour de Londres ; la chevauchée cruelle conduite par une reine française d'Angleterre pour chasser du trône son époux ; un atroce assassinat perpétré sur un souverain... La relance de l'Histoire vient d'Angleterre. La Louve de France , c'est le tragique surnom que les chroniqueurs donnèrent à la reine Isabelle, fille de Philippe le Bel, qui semblait avoir transporté outre-Manche la malédiction des templiers.
1 ... 61 62 63 64 65 66 67 68 69 ... 90
Перейти на страницу:

— Mais qui a prétendu que je ne vous le devais point ?

— Vous-même, Madame, vous-même, qui l’avez déclaré devant moi à messire de Hainaut, en lui rendant grâces de tout.

— Oh ! Mortimer, mon doux ami, s’écria la reine, comme vous prenez ombrage de toute parole ! Quel mal y a-t-il vraiment à remercier qui vous oblige ?

— Je prends ombrage de ce qui est, répliqua Mortimer. Je prends ombrage des paroles comme je prends ombrage aussi de certains regards dont j’espérais, loyalement, que vous ne les deviez adresser qu’à moi. Vous êtes fleureteuse, Madame, ce que je n’attendais point. Vous fleuretez !

La reine était lasse. Les trois jours de mauvaise mer, l’inquiétude d’un débarquement fort aventureux et, pour finir, cette course de quatre lieues, l’avaient mise à suffisante épreuve. Connaissait-on beaucoup de femmes qui en eussent supporté autant, sans jamais se plaindre ni causer de souci à personne ? Elle attendait plutôt un compliment pour sa vaillance que des remontrances de jalousie.

— Quel fleuretage, ami, je vous le demande ! dit-elle avec impatience. L’amitié chaste que messire de Hainaut m’a vouée peut porter à rire, mais elle vient d’un bon cœur ; et n’oubliez pas en outre qu’elle nous vaut les troupes que nous avons ici. Souffrez donc que sans l’encourager j’y réponde un peu, car comptez donc nos Anglais, et comptez ses Hennuyers. C’est pour vous aussi que je souris à cet homme qui vous irrite tant !

— À mal agir, on découvre toujours quelque bonne raison. Messire de Hainaut vous sert par grand amour, je le veux bien, mais non jusqu’à refuser l’or dont on le paye pour cela. Il ne vous est donc point besoin de lui offrir si tendres sourires. Je suis humilié pour vous de vous voir déchoir de cette hauteur de pureté où je vous plaçais.

— Cette hauteur de pureté, ami Mortimer, vous n’avez pas paru blessé que j’en déchusse, le jour que ce fut dans vos bras.

C’était leur première brouille. Fallait-il qu’elle éclatât justement ce jour-là qu’ils avaient tant espéré, et pour lequel pendant tant de mois, ils avaient uni leurs efforts ?

— Ami, ajouta plus doucement la reine, cette grande ire qui vous prend ne viendrait-elle pas de ce que je vais à présent être à moins de distance de mon époux, et que l’amour nous sera moins facile ?

Mortimer baissa le front que barraient ses rudes sourcils.

— Je crois en effet, Madame, que maintenant que vous voici sur le sol de votre royaume, il nous faut faire couche séparée.

— C’est tout juste ce dont j’allais vous prier, doux ami, répondit Isabelle.

Il passa la porte de la chambre. Il ne verrait pas sa maîtresse pleurer. Où étaient-elles, les heureuses nuits de France ?

Dans le couloir du logis abbatial, Mortimer rencontra le jeune prince Édouard, portant un cierge qui éclairait son mince et blanc visage. Était-il là pour épier ?

— Vous ne dormez donc point, my Lord ? lui demanda Mortimer.

— Non, je vous cherchais, my Lord, pour vous prier de me dépêcher votre secrétaire… Je voudrais, ce soir de mon retour au royaume, envoyer une lettre à Madame Philippa…

II

L’HEURE DE LUMIÈRE

« À très bon et puissant seigneur Guillaume, comte de Hainaut, Hollande et Zélande.

« Mon très cher et très aimé frère, en la garde de Dieu, salut.

« Or nous étions encore à mettre sur pied nos bannières autour du port marin de Harwich, et la reine à camper en l’abbaye de Walton, quand la bonne nouvelle nous est parvenue que Monseigneur Henry de Lancastre, qui est cousin au roi Édouard et qu’on appelle communément ici le Lord au Tors-Col à cause qu’il a la tête plantée de travers, était en marche pour nous rencontrer, avec une armée de barons et chevaliers et autres hommes levés sur leurs terres, et aussi les Lords évêques de Hereford, Norwich et Lincoln, pour se mettre tous au service de la reine, ma Dame Isabelle. Et Monseigneur de Norfolk, maréchal d’Angleterre, s’annonçait pour sa part, et dans les mêmes intentions, avec ses troupes vaillantes.

« Nos bannières et celles des Lords de Lancastre et de Norfolk se sont rejointes en une place nommée Bury-Saint-Edmonds où il y avait marché justement ce jour-là qui se tenait à même les rues.

« La rencontre se fit dans une liesse que je ne puis vous peindre. Les chevaliers sautant à bas de leurs destriers, se reconnaissant, s’embrassant à l’accolade ; Monseigneur de Kent et Monseigneur de Norfolk, poitrine sur poitrine, et tout en larmes comme de vrais frères longtemps séparés, et messire de Mortimer en faisant autant avec le seigneur évêque de Hereford, et Monseigneur au Tors-Col baisant aux joues le prince Édouard, et tous courant au cheval de la reine pour fêter celle-ci et poser les lèvres à la frange de sa robe. Ne serais-je venu au royaume d’Angleterre que pour voir cela, tant d’amour et de joie se pressant autour de ma Dame Isabelle, je me sentirais assez payé de mes peines. D’autant que le peuple de Saint-Edmonds, abandonnant ses volailles et légumes étalés à l’éventaire, s’était joint à l’allégresse et qu’il parvenait sans cesse du monde de la campagne alentour.

« La reine m’a présenté, avec force compliments et gentillesse, à tous les seigneurs anglais ; et puis j’avais, pour me désigner, nos mille lances de Hollande derrière moi, et j’ai fierté, mon très aimé frère, de la noble figure que nos chevaliers ont montrée devant ces seigneurs d’outremer.

« La reine n’a pas manqué non plus de déclarer à tous ceux de sa parenté et de son parti que c’était grâce au Lord Mortimer qu’elle était ainsi de retour et si fortement appuyée ; elle a hautement loué les services de Monseigneur de Mortimer, et ordonné qu’on se conformât en tout à son conseil. D’ailleurs ma Dame Isabelle elle-même ne prend aucun décret sans s’être auparavant consultée à lui. Elle l’aime et en fait devanture ; mais ce ne peut être que de chaste amour, quoi qu’en prétendent les langues toujours prêtes à médire, car elle mettrait plus de soin à dissimuler s’il en était autrement ; et je sais bien aussi, aux yeux qu’elle a pour moi, qu’elle ne pourrait me regarder de telle sorte si sa foi n’était libre. J’avais craint un peu à Walton que leur amitié, pour un motif que je ne sais, se fût refroidie un petit ; mais tout prouve qu’il n’en est rien et qu’ils restent bien unis, de laquelle chose je me réjouis, car il est naturel qu’on aime ma Dame Isabelle pour toutes les belles et bonnes qualités qu’elle a ; et je voudrais que chacun lui montrât même amour que celui que je lui dévoue.

« Les seigneurs évêques ont apporté des fonds avec eux, à suffisance, et promis qu’ils en recevraient d’autres collectés dans leurs diocèses, et ceci m’a bien rassuré quant à la solde de nos Hennuyers pour lesquels je craignais que les aides lombardes de messire de Mortimer ne fussent trop vite épuisées. Ce que je vous conte s’est passé le vingt-huitième jour de septembre.

« À partir de là, où nous nous remîmes en marche, ce fut une avance en grand triomphe à travers la ville de Neuf-Market, nombreusement fournie d’auberges et allégements, et la noble cité de Cambridge où tout le monde parle latin que c’est merveille et où l’on compte plus de clercs, en un seul collège, que vous n’en pourriez assembler en tout votre Hainaut. Partout l’accueil du peuple comme celui des seigneurs nous a prouvé assez que le roi n’était pas aimé, que ses mauvais conseillers l’ont fait haïr et mépriser ; aussi nos bannières sont saluées au cri de « délivrance » !

« Nos Hennuyers ne s’ennuient pas, selon ce qu’a dit messire Henry au Tors-Col qui use, ainsi que vous voyez, de la langue française avec gentillesse, et dont cette parole, lorsqu’elle m’est revenue aux oreilles, m’a fait rire de joie tout un grand quart d’heure, et que j’en ris encore à chaque fois que d’y repenser ! Les filles d’Angleterre sont accueillantes à nos chevaliers, ce qui est bonne chose pour les maintenir en humeur de guerre. Pour moi, si je folâtrais, je donnerais mauvais exemple et perdrais de ce pouvoir qu’il faut au chef pour rappeler, quand de besoin, ses troupes à l’ordre. Et puis, le vœu que j’ai fait à ma Dame Isabelle me l’interdit et, si je venais à y manquer, la fortune de notre expédition pourrait se mettre à la traverse. Si tant est que les nuits me rongent un peu ; mais comme les chevauchées sont longues, le sommeil ne me fuit pas. Je pense qu’au retour de cette aventure, je me marierai.

1 ... 61 62 63 64 65 66 67 68 69 ... 90
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)