Black-Out. Demain il sera trop tard
- Автор: Elsberg Marc
- Год: 2016
- Язык: французский
- Год: Éditions Le Livre de Poche
- ISBN: 978-2253098690
- Переводчик: Pierre Malherbet
- Жанр: Триллеры
Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:
Manzano fut écrasé sur son siège lorsqu’ils filèrent en direction de la percée claire de la sortie. Elle tourna prudemment dans la rue. Manzano réalisa que sa main droite saignait.
« Où allons-nous ?
— Loin d’ici », répondit Shannon.
« Dans la salle de réunion », chuchota le secrétaire du chancelier à Michelsen. Il se dépêcha, suivi de cette dernière. Devant les écrans, grâce auxquels ils pouvaient communiquer avec les autres centres de crise, attendaient déjà les membres du cabinet ainsi que d’autres de la cellule de crise. Seul manquait le chancelier. Sur les écrans apparaissaient quelques chefs de gouvernements européens, des ministres ou des hauts fonctionnaires.
« Réunion de crise urgente », annonça le ministre de la Défense.
Murmures, chuchotements.
« De quoi s’agit-il ? » demanda le chancelier en déboulant dans la pièce.
Le ministre de la Défense haussa les épaules.
Le chancelier s’assit face à la caméra, appuya sur le bouton mettant le micro en marche et aboya ses questions à l’assemblée virtuelle qui était dorénavant au complet sur les écrans. Tous les États n’envoyaient pas les mêmes personnes à toutes les réunions, mais chacun se limitait à un nombre maximum de trois représentants.
Au cours des jours passés, ces visages étaient devenus familiers à Michelsen. Seul lui était inconnu celui du représentant espagnol. Au second coup d’œil, elle réalisa qu’il portait un uniforme. Ça lui fut désagréable.
L’Espagnol, un homme costaud à moustache, aux yeux cernés par d’épais sacs lacrymaux, répondit : « Nous souhaitons informer aussi vite que possible nos partenaires que dans cette situation le président du gouvernement du royaume d’Espagne n’est plus en mesure de rester en fonction. Cela vaut aussi pour le vice-président, ainsi que pour l’ensemble du gouvernement. Afin de garantir l’ordre public et la sécurité du peuple espagnol, afin de faire en sorte que la situation revienne à la normale en mettant en œuvre tout ce qui est en notre pouvoir, l’état-major général des armées, sous mon commandement, s’est déclaré prêt à conduire les affaires publiques jusqu’à nouvel ordre. »
Michelsen avait l’impression que tous les taureaux des fêtes annuelles de Pampelune venaient de lui passer sur le corps. En Espagne, l’armée avait fait un putsch. C’est ni plus ni moins ce qu’avait annoncé l’homme à l’écran.
« J’ai quelque chose d’important à faire », dit Bollard, d’humeur massacrante. Il n’avait aucune envie de se justifier alors qu’il allait chercher de quoi nourrir sa famille. Comme dans un pays du tiers-monde en temps de famine, songea-t-il. Ou à l’âge de pierre. « Puisque les responsables ne font pas en sorte que nous ayons de quoi manger, nous devons bien nous démerder par nous-mêmes. »
Emmitouflé dans une épaisse veste, Bollard était en réunion avec le directeur d’Europol et le reste des équipes. Depuis la veille, les équipes en charge du bâtiment avaient réduit l’approvisionnement en énergie au strict nécessaire. Le chauffage était limité à dix-huit degrés. La plupart des ascenseurs étaient hors service. Ceux qui pouvaient encore venir travailler devaient porter des habits chauds dans leurs bureaux.
« Nous devons mettre en place un approvisionnement d’urgence pour les collaborateurs d’Europol et leurs familles, suggéra Bollard. Sans quoi, nous ne pourrons bientôt plus faire notre boulot. La moitié des collaborateurs en est déjà incapable.
— Je vais voir ce que je peux faire, promit le directeur Ruiz, non sans réserves.
— Nous venons de recevoir quelque chose d’Interpol », cria un collègue à travers la salle. Bollard l’observa qui fixait son écran et murmurait, avant de dire : « Je ne sais pas s’il s’agit de bonnes ou de mauvaises nouvelles. »
Bollard le rejoignit.
« Ne parle pas par énigmes. »
Sur le moniteur, un visage que Bollard reconnut tout de suite comme étant celui d’un mort.
Son collaborateur afficha d’autres photos. On y voyait d’autres détails du cadavre. L’homme avait été assassiné de plusieurs balles dans la poitrine.
« Qui est-ce ? »
Ils parcoururent le rapport. Un Européen inconnu, trouvé ce matin, heure locale, par des paysans dans une forêt à proximité du village de Gegelang, à Bali. Probablement le citoyen allemand disparu, Hermann Dragenau.
Bollard répéta le nom tout en fouillant dans sa mémoire.
« C’est le responsable produit de Talaefer que recherchent les Allemands. »
Ils comparèrent les photos de l’homme avec celles du mort.
« Elles sont vraiment semblables, constata Bollard. Des informations à propos des meurtriers ou des suspects ?
— Aucune. On n’a trouvé ni argent, ni objets de valeur, ni papiers d’identité sur lui. C’est peut-être un crime crapuleux tout à fait banal.
— Doit-on croire à un hasard ? demanda Bollard. L’une des rares personnes qui pourrait être responsable d’un possible travail de sape au sein de l’un des plus importants producteurs de systèmes SCADA part en voyage quelques jours, loin d’une coupure d’électricité dévastatrice qu’il pourrait avoir orchestrée partiellement, loin de l’Europe, et est retrouvé assassiné quelques jours plus tard… Quoi qu’il ait pu savoir, il ne parlera plus. »
Il se redressa.
« Je ne crois pas au hasard. Hartlandt doit faire de la mort de ce Dragenau sa priorité et fouiller dans les moindres recoins de son existence ! »
Les phares de la Porsche déchiraient l’obscurité.
« Merde, jura Manzano.
— Quoi ? »
Elle entendit tapoter nerveusement. Voilà une demi-heure que l’Italien était penché sur son ordinateur, dans la plus grande concentration. Il murmurait des propos incompréhensibles, entrecoupés de cris de surprise.
« Qu’est-ce qu’il y a ?
— C’est une adresse IP, expliqua Manzano, excité. Nous avons besoin de courant. Et d’une connexion Internet. Urgemment.
— Pas de problème, railla Shannon. Y en a partout. À plus savoir qu’en foutre.
— C’est sérieux, insista-t-il. Chaque nuit, à une heure cinquante, mon ordinateur envoie des données à une adresse IP. Adresse IP, ça te dit quelque chose ?
— IP pour Internet Protocol. Un peu comme l’adresse d’un ordi sur un réseau.
— Tout à fait. En principe, on peut localiser tous les ordinateurs avec ça. Et le mien a envoyé des données à une adresse que je ne connais pas. Sans que j’aie fait quoi que ce soit ni que j’en sois informé. Je suppose alors qu’il est entré par le réseau d’Europol.
— Tu veux dire des flics d’Europol ?
— J’en sais rien. J’aurais besoin d’une connexion Internet pour en savoir plus. »
Il se frappa le front de la main.
« Piero idiot ! Je sais où nous devons aller ! »
Il se pencha et examina le navigateur.
« Tu sais comment ça marche ?
— On doit aller où ?
— À Bruxelles. »
Shannon tapota quelques boutons avant d’obtenir un itinéraire et une distance.
« Deux cents kilomètres, remarqua-t-elle en jetant un coup d’œil à la jauge. On a assez d’essence. Pourquoi Bruxelles ?