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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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Pour le déjeuner, les conserves suffiraient, se dit-il en prenant la direction de son vélo. Mais qu’allaient-ils manger, lui, Marie et les enfants, ce soir ?

Düsseldorf

« Et maintenant ? demanda Shannon.

— J’en sais rien…

— C’est toi, le génie des ordinateurs. Si ce que tu crois est vrai, vraiment vrai — qu’un inconnu a bel et bien envoyé des mails depuis ta machine —, alors peut-être pourrais-tu trouver comment il s’y est pris, voire, mieux encore, de qui il s’agit ?

— Ça se peut. Ça dépend du professionnalisme de ce type. S’il est bon, il n’a laissé aucune trace. Mais pour ça, j’ai besoin de mon ordinateur. »

Sa cuisse le faisait souffrir.

« Partons du principe que nos fonctionnaires préférés sont consciencieux et qu’ils font bien leur job. Alors comment les agresseurs ont-ils été mis au courant de ton voyage ?

— Selon moi, il n’y a qu’une seule possibilité. Ils espionnent Europol. Bollard a fait surveiller mon ordi. Il a dû ouvrir une porte d’entrée pour les intrus.

— Si quelqu’un avait infiltré le système d’Europol, est-ce qu’on pourrait le découvrir ?

— Si l’on cherche précisément et suffisamment longtemps, sans aucun doute. Mais, en ce moment, les spécialistes en informatique ont d’autres chats à fouetter.

— O.K. Ne bouge pas d’ici. Je vais tenter quelque chose.

— Et qu’est-ce que je vais faire, là ?

— Te reposer. Fais-moi confiance. Tu ne trouveras pas de meilleur endroit qu’ici. Je viens te chercher dans quelques heures. »

La Haye

Bollard n’eut pas besoin de mettre pied à terre pour réaliser que l’agence bancaire était fermée. Il continua de pédaler. Il en trouva une autre deux rues plus loin. Là aussi, un écriteau sur la porte annonçait que l’agence était fermée jusqu’à nouvel ordre. Plus énervé encore, il prit la direction d’Europol. Il était déjà très en retard. En chemin, il passa devant trois autres banques ; ni lumière ni personnel. Il songea à une autre possibilité. Sur sa route se trouvait l’hôtel Gloria, où il avait fait héberger l’Italien. Aménagé tout particulièrement pour Europol, il était mieux pourvu que les autres lieux de villégiature de la ville.

Dans le hall de réception, ne brillaient que quelques lampes. Bollard montra sa carte au portier. L’homme opina du chef, sans prononcer un mot. Le fonctionnaire traversa la salle de restaurant, presque vide, et se rendit dans les cuisines.

Un chef vint à sa rencontre.

« C’est réservé au personnel », annonça-t-il.

De nouveau, Bollard sortit sa carte. « Il me faut quelque chose à manger. Qu’est-ce que vous avez ?

— Vous êtes client ?

— Vous souhaitez conserver votre travail, non ?

— Pommes de terre ou patates, vous avez l’embarras du choix, répondit l’homme sèchement.

— Alors un peu de chaque. C’est à emporter.

— Je n’ai rien pour ça.

— Alors je repasserai plus tard avec ce qu’il faut. Mettez-moi ça de côté si vous voulez garder votre job. »

Düsseldorf

Quelques tuyaux en caoutchouc, des scalpels, un bac, un entonnoir : voilà ce que dénicha Shannon dans l’hôpital. Dans le parking souterrain se trouvaient, çà et là, quelques autos. La lampe torche entre les dents, la journaliste mesura l’ouverture du réservoir de sa Porsche puis alla à la voiture suivante. Son réservoir était fermé. Elle regagna son bolide, trouva une clé à molette dans la trousse à outils, ainsi qu’un second outil qu’elle pouvait utiliser comme levier. Elle fractura ainsi le réservoir de la voiture. Elle y introduisit le tube, s’accroupit et commença à aspirer. La force motrice de notre civilisation, se dit-elle. Pour combien de temps encore ?

Après avoir renouvelé l’opération à deux reprises, Shannon avait fait le plein. Elle balança dans le coffre tout son attirail, dans la forte probabilité où elle devrait de nouveau s’en servir. Quant aux scalpels, elle les rangea dans la boîte à gants. Les grondements de son moteur furent décuplés par l’écho du parking souterrain.

Ratingen

Hartlandt lut à haute voix le message apparu sur l’écran, le même que par deux fois au cours de la journée précédente.

« RECTIFICATIF », en titre, afin que tout le monde comprenne sur le champ. Certes, la nouvelle n’était pas sans importance ; Berlin annonçait les chiffres revus des stations électriques incendiées et des pylônes détruits à l’explosif la veille. La plupart de ces événements n’étaient pas des actes de sabotage mais avaient d’autres causes. À Lübeck, le feu s’était déclaré à la suite d’un court-circuit ; au nord, deux des pylônes avaient cédé sous le poids de la neige et de la glace accumulées sur les lignes.

Il contacta les responsables du poste de commandement de Berlin.

« Vous êtes maintenant le troisième à me parler de ça, répondit l’homme aux questions de l’inspecteur. Je n’ai pas envoyé ces informations. Et je ne vois pas non plus qui aurait pu le faire. Sans compter qu’on n’a jamais reçu de telles données de la part des compagnies d’électricité.

— J’ai pourtant bel et bien reçu cette information, rétorqua Hartlandt.

— Je sais, et elle est même partie de mon poste. Mais, je vous le répète…

— Vous essayez de me dire que quelqu’un envoie des informations depuis votre ordinateur, mais il ne s’agit ni de vous ni de vos collègues ?

— C’est…

— Est-ce que ça signifie que les données initiales sont restées inchangées ?

— C’est ça, oui, répondit l’homme en hésitant.

— Alors vérifiez-moi ça sur-le-champ ! » fit le fonctionnaire en hurlant, puis il raccrocha.

Il appela Bollard.

« Vous n’allez pas croire ce qu’on vient de me dire, commença-t-il avant de lui faire part de la discussion qu’il venait d’avoir. Encore des messages envoyés par personne. Comme pour l’Italien. »

Sur le parking de Talaefer, il y avait encore moins de véhicules que la veille. Shannon gara sa Porsche derrière les autres, de manière à ce qu’on ne la remarque pas, au moins depuis l’entrée. La voiture de Manzano n’avait pas bougé. La journaliste prit son sac avec sa caméra et son ordinateur portable.

À l’accueil, la même employée que la veille, devant qui Shannon avait fait mine de s’être égarée.

« Vous êtes-vous de nouveau perdue ? demanda-t-elle dans un mauvais anglais.

— J’aimerais voir monsieur Hartlandt, répondit l’Américaine. Et je resterai ici jusqu’à ce que ce soit possible, ou jusqu’à ce qu’il quitte les lieux. Ça finira bien par arriver. »

Au regard interrogateur de la réceptionniste, Shannon réalisa que c’était trop d’un coup pour qui ne comprenait pas bien l’anglais. Elle reprit, plus lentement.

« Si vous ne partez pas, j’appelle notre service de sécurité. » Ce fut la seule réponse qu’elle obtint.

« Faites donc. Je suis journaliste, et je me ferais un plaisir de le relayer. »

L’employée soupira et prit son téléphone.

Peu de temps après, deux gorilles apparurent derrière le comptoir. Shannon se retourna lorsque trois autres personnes arrivèrent par le couloir. Elle reconnut l’une d’entre elles sur le coup.

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