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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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« C’est vous que je cherchais », annonça-t-elle à Hartlandt en anglais.

Hartlandt et son escorte, une femme et un homme, s’arrêtèrent. Le regard du fonctionnaire mit Shannon mal à l’aise. La reconnaissait-il depuis la nuit dernière, à l’hôpital ?

« Que voulez-vous ? » fit-il sans autre forme de procès, en anglais.

Les vigiles se rapprochaient d’elle.

« Je suis journaliste pour CNN. Je suis intéressée par ce que cherchent des enquêteurs allemands chez le plus important fournisseur de systèmes de commande pour les centrales du monde entier. »

Il la fixa puis dit : « Pardonnez-moi, je n’ai pas entendu votre nom ? »

Shannon adressa au ciel trois prières instantes : pourvu que l’inspecteur n’ait pas trop regardé la télévision au cours des jours passés et qu’il n’ait ainsi pas eu vent de son quart d’heure de gloire, pourvu qu’il ne sache rien de ses relations avec Manzano ni de sa disparition de La Haye, pourvu qu’il ne se souvienne pas de ce numéro qu’elle lui avait fait, l’air naïf, la nuit passée.

« Sandra Brown.

— Qu’est ce que je peux faire pour vous, Sandra Brown ? »

Shannon lança un regard triomphal aux deux hommes qui, entre-temps, l’avaient saisie chacun par un bras. Hésitants, ils desserrèrent un peu leur prise.

« M’expliquer ce qu’il se passe ici. Tout le monde sait que ces coupures de courant ont été intentionnellement provoquées. Est-ce que Talaefer joue un rôle dans cette affaire ?

— Suivez-moi. »

Elle planta sur place les molosses de la sécurité, ajoutant un haussement d’épaules faussement désolé.

Hartlandt la conduisit dans un petit bureau du rez-de-chaussée. La pièce était remplie de caisses et d’ordinateurs.

« Puis-je vous offrir quelque chose ? Un café ? À manger ?

— Oui, oui, oui ! » se serait-elle exclamée avec joie. Mais elle en resta à un sobre « Oui, merci ».

Il disparut. Shannon regarda alentour. Ça avait l’air d’un bureau improvisé. Disques durs et ordinateurs s’empilaient sur un meuble rempli de dossiers, contre le mur. Celui sur le sommet de la pile avait l’air d’être le même que celui de Manzano. Elle se leva et fit rapidement les quelques pas qui l’en séparaient. Le même étrange autocollant vert que sur celui de l’Italien.

C’était presque trop de chance.

Elle se rassit à sa place, juste avant que Hartlandt ne rentre. Lorsqu’il déposa devant elle un café, une bouteille d’eau et un sandwich, elle dut se faire violence pour ne pas tout engloutir d’une seule bouchée.

« Alors, dit-il en esquissant un sourire. Posez-moi des questions. Puisque vous n’avez pas d’appareil d’enregistrement sur vous, nous pouvons parler librement.

— Peut-être m’autoriseriez-vous à recharger ma caméra dans vos locaux…

— Navré, mais l’énergie est très précieuse. Nous avons besoin de l’électricité pour des choses plus importantes, répondit Hartlandt.

— Et c’est quoi, ces choses, précisément ? »

Shannon planta ses dents dans le sandwich. Elle ne se rappelait pas avoir jamais mangé chose aussi délicieuse. Elle mâchait lentement et avec précaution.

« Ce que vous supposiez, répondit Hartlandt.

— Vous confirmez donc que vous cherchez chez Talaefer des causes possibles à tout ce désordre ? »

Encore une bouchée. Puis une lampée de café au lait. Qu’importe qu’il soit trop sucré. Au contraire, même.

« En ce moment, il en va de même pour chaque fournisseur. Talaefer n’est pas une exception.

— Vous avez déjà trouvé quelque chose ?

— Rien jusqu’à présent. »

Shannon ne posa pas de questions supplémentaires. Au lieu de cela, elle mangeait. C’était à Hartlandt de parler. Elle réfléchissait également à la manière dont elle pourrait discrètement atteindre le portable de Manzano.

« C’est bon ? »

Shannon se contenta d’acquiescer.

« Vous voulez encore quelque chose ?

— Un autre café, ce serait super. »

À peine fut-il dehors qu’elle bondit vers le meuble, saisit le portable de l’Italien et le fourra dans son sac, avec ses autres appareils. Elle ne se rassit pas. Lorsque, quelques minutes plus tard, Hartlandt revint, elle prit le café, le but d’une traite avant de conclure : « J’ai l’impression que vous ne souhaitez pas en dire davantage, n’est-ce pas ? Merci pour votre temps.

— Parvenez-vous encore à contacter votre chaîne ? demanda Hartlandt, tandis qu’ils quittaient la pièce.

— Ce n’est pas si simple, mais on s’en sort. »

Ils avaient atteint le hall d’accueil.

« Savez-vous que les États-Unis ont été attaqués hier ? »

Shannon fit de gros yeux. « Quoi ? » Elle manqua de s’étouffer.

« Je me disais que ça pouvait vous intéresser. »

Il la poussa dehors avant qu’elle ne puisse répondre.

« J’ignorais que CNN avait un bureau à Düsseldorf, fit-il en guise d’au revoir.

— Nous n’en avons pas, répondit-elle distraitement avant de reprendre contenance. J’ai fait le voyage exprès pour vous. Il me restait encore un peu d’essence.

— Alors je vous souhaite un bon retour. »

Hartlandt resta à la porte en regardant la jeune femme s’éloigner. Tandis qu’elle quittait le parking dans sa Porsche colorée, il lui adressa un dernier geste. Sitôt qu’elle eut gagné la route, elle fut prise en chasse par l’Audi A6 conduite par Pohlen. Hartlandt tira de sa poche l’impression d’une capture d’écran de la vidéosurveillance de l’hôtel Gloria, à La Haye, où Lauren Shannon se trouvait en compagnie de Piero Manzano, ainsi qu’une autre de son apparition télévisuelle où elle annonçait que le black-out était dû à une attaque.

« Tu nous prends pour des cons, gamine ? »

Pour la seconde fois, Shannon regarda dans son rétroviseur. L’Audi grise était de nouveau là. Les rues étaient si vides que chaque voiture retenait l’attention, qu’elle vienne d’en face ou que Shannon jetât un coup d’œil dans son rétroviseur. Pendant de longues minutes, elle avait tenté de capter une fréquence radio, mais n’avait obtenu que des grésillements. Elle peinait à se concentrer sur sa conduite ; elle pensait à ses parents, à ses grands-parents qui vivaient en différents endroits des États-Unis. Il lui revenait en tête des amis, des camarades de fac qu’elle n’avait pas vus depuis des lustres. Boston, New York où elle avait longtemps vécu avant son tour du monde. Cette maudite Audi grise était encore là. Pendant de longues minutes, elle avait été déconcentrée par un convoi militaire qu’elle avait croisé, long de plus d’un kilomètre. À l’approche de Düsseldorf, l’Audi réapparut.

Elle avait enregistré la localisation de l’hôpital dans son navigateur de bord. Elle avait tout le loisir de faire des détours, il la ramènerait sur le bon chemin. Résolue, elle bifurqua, son regard allant et venant entre le rétroviseur et la route.

L’Audi la suivait.

Encore un test.

Ses soupçons étaient justifiés.

Qui donc se trouvait dans cette voiture ? Il ne pouvait que s’agir des hommes de Hartlandt. Elle connaissait leurs méthodes. Ils avaient tiré de sang-froid sur Manzano lors de sa tentative de fuite. Shannon accéléra. Elle se retrouva plaquée dans le siège. Un test supplémentaire, un regard supplémentaire dans le rétroviseur. Toujours l’Audi. Le moteur vrombissait, l’aiguille du cadran indiquait plus de 130 km/h. Elle espéra que personne ne jaillirait d’une rue perpendiculaire. Au croisement suivant, elle freina, prit à droite et redonna des gaz. Sans même regarder derrière, elle répéta la manœuvre au carrefour suivant. Shannon n’avait pas la moindre idée de l’endroit où elle se trouvait. Il lui semblait s’être perdue dans une zone industrielle. Après le septième ou huitième changement de direction, elle osa un regard dans le rétroviseur. L’Audi avait disparu. Elle ralentit l’allure et respira profondément.

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