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Black-Out. Demain il sera trop tard

Электронная книга - «Black-Out. Demain il sera trop tard». Краткое содержание книги:

Par une froide soirée d’hiver, le réseau électrique européen commence à lâcher. De nombreux pays s’enfoncent dans l’obscurité et plusieurs centrales nucléaires mettent en danger la vie de millions d’êtres humains. Menace terroriste ou défaillance technique ? Piero Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable. Avec l’aide d’un policier français d’Europol, François Bollard, Manzano s’engage dans une véritable course contre la montre face à un adversaire aussi rusé qu’invisible.
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— Je connais quelqu’un là-bas.

— Avec du courant et une connexion Internet ?

— Si le Monitoring and Information Centre de la Commission européenne n’a ni courant ni Internet dans une telle situation, nous l’avons vraiment profond. Désolé pour l’expression.

— Pas de souci. Deux heures, d’après le GPS.

— Mais d’abord, il faut que je mange.

— Ah ? Où ? »

Bruxelles

Angström engloutit précipitamment un bout de pain, tandis que les autres entraient dans la salle de réunion. Zoltán Nagy, le patron de l’EUMIC, arriva en dernier. Sans perdre de temps en d’inutiles palabres, ils en vinrent au fait.

« On peut oublier l’aide des États-Unis, affirma-t-il. Et ce n’est pas tout : celle des Russes, des Chinois, des Turcs, des Brésiliens et d’autres États doivent dorénavant être partagées entre les États-Unis et l’Europe. »

Un silence perplexe s’installa pendant quelques secondes. Puis ils en vinrent à l’ordre du jour et aux rapports les plus récents.

« Le haut commandement de l’OTAN a invoqué la clause de défense mutuelle, dit Nagy d’une voix sombre. C’est destiné à des agresseurs particulièrement déterminés. Cependant, pas plus qu’avant, on ne sait qui est responsable de cette attaque. »

Angström pensa à Piero Manzano. Elle n’en avait plus entendu parler. Parvenait-il à aider Europol ?

L’Organisation atomique internationale avait placé l’accident de Saint-Laurent en sixième catégorie, un degré seulement au-dessous du niveau de Tchernobyl et de Fukushima.

« Le périmètre d’évacuation a été agrandi de trente kilomètres, expliquait un collaborateur à la voix contenue. Ainsi, des villes comme Blois, entre autres, ou des quartiers d’Orléans sont touchés. La zone autour de la centrale, dont des parties de la vallée de la Loire, inscrites au patrimoine mondial de l’humanité, sont probablement inhabitables pour des décennies, voire des siècles. La France nous a officiellement demandé de l’aide. Le Japon a proposé d’envoyer des experts.

— Ils doivent s’y connaître, plaisanta quelqu’un.

— Un scénario semblable menace les environs de la centrale de Temelín, dont la situation a atteint le degré 4 de l’échelle INES », continua le fonctionnaire.

L’Agence internationale de l’énergie atomique recensait sept centrales en Europe rencontrant des avaries de niveau 1 ou 2.

« Certes, cela ne nous concerne pas en premier lieu, mais la centrale américaine Arkansas One est victime d’un grave accident ; on y signale un manquement des générateurs de secours. »

Ils ne savaient que peu de choses des effets subis par les populations européennes. Ils ne pouvaient se fier avec certitude qu’à ce qui se passait à Bruxelles, à ce qu’enduraient leurs proches et leurs familles. La solidarité générale était dorénavant fortement ébranlée. Si, voilà quelques jours, des inconnus se prêtaient main-forte, dorénavant les gestes d’entraide ne s’inscrivaient plus que dans un cercle familial ou amical très restreint.

« Des émeutes et des pillages ont été signalés dans de très nombreuses villes », fit une collaboratrice.

En aucun cas des nouvelles rassurantes, songea Angström, abattue. La situation était aussi noire que la nuit derrière les fenêtres.

Entre Düsseldorf et Cologne

« Là, devant, de la lumière », observa Manzano.

Shannon y dirigea la voiture. Un étroit chemin goudronné partait de la route. Elle l’emprunta jusqu’à ce qu’apparaisse une ferme. Au rez-de-chaussée, trois fenêtres étaient éclairées. Ils s’arrêtèrent et descendirent. Les occupants devaient les avoir entendus, puisque quelqu’un ouvrit la porte. Ils n’aperçurent qu’une silhouette.

« Que voulez-vous ? demanda l’homme, un fusil braqué sur eux.

— Nous cherchons quelque chose à manger, je vous en prie », baragouina Manzano.

L’homme les regarda, l’air méfiant.

« D’où venez-vous ?

— Je suis italien, et elle, c’est une journaliste américaine.

— Belle bagnole que vous avez là. L’homme désigna la Porsche du canon de son arme. Et elle roule, en plus. Je peux la voir ? »

Il fit un pas, baissa son arme.

Shannon hésita, puis l’accompagna jusqu’à la voiture.

« Je me suis encore jamais assis dans une telle voiture, dit-il. Je peux ? »

Shannon ouvrit la portière, il s’assit au volant. Manzano s’était approché de la journaliste.

« La clef », intima l’homme en tendant une main. Comme la jeune femme ne réagit pas sur le champ, il pointa son fusil sur elle.

« La clef », répéta-t-il.

Shannon la lui tendit.

L’homme la prit et mit le contact. Il laissa la portière ouverte, le fusil sur ses genoux, de telle manière qu’il était toujours braqué en direction de la journaliste.

« Un joli son. Et de l’essence dans le réservoir, même. »

Avant qu’ils puissent réagir, il ferma la portière et avança dans une grange dont la porte était ouverte.

Lorsqu’ils coururent pour le rejoindre, l’homme était déjà descendu et il pointait l’arme sur eux.

« Disparaissez !

— Mais, vous ne pouvez pas…, s’écria Shannon en anglais. Manzano la retint.

— Oh ! Que si, je peux.

— Nos affaires, fit l’Italien. Donnez-nous au moins les affaires qui sont dans l’auto. »

L’homme réfléchit rapidement, puis prit le sac marin de Shannon sur la banquette arrière pour le jeter à ses pieds.

« L’ordinateur, aussi, pria Manzano, qui s’empressa d’ajouter : mais ne le jetez pas ! »

Il fit quelques pas vers la voiture, l’homme leva son arme, Manzano stoppa.

Il tira l’ordinateur de sous le siège passager où il avait glissé.

« Et maintenant, foutez-moi le camp ! »

Il ferma la porte de la grange de l’intérieur.

Lauren et Piero se regardèrent, interloqués, firent quelques pas vers la porte d’entrée de la ferme restée grande ouverte et d’où émanait une faible lueur.

« Quel connard ! » siffla Shannon. Une ombre apparut dans la porte.

« Dégagez, j’ai dit ! » cria-t-il. Puis un claquement déchira le silence. Terre et gravillons ricochèrent sur le sol devant Manzano.

« Merde ! » jura-t-il en faisant un bond en arrière. Lorsque le coup suivant tomba devant Shannon, elle prit l’Italien par l’épaule et le tira en arrière.

« Et ne revenez pas ! hurlait l’homme. La prochaine fois, je viserai mieux ! »

La Haye

« C’est dégoûtant ! »

Louise mit un coup de cuillère dans la salade de patates que Bollard avait rapportée de l’hôtel Gloria.

« Y a rien d’autre, répondit son père.

— Je veux des spaghetti ! »

Marie fit les gros yeux. Les médicaments avaient contribué à faire baisser la fièvre.

« Tu vois bien que la cuisinière ne marche pas ! Comment voudrais-tu faire des pâtes ? Dans la cheminée du salon ? »

Bollard songeait que tout n’allait pas si mal pour les enfants : ils n’avaient pas école, passaient leurs journées à jouer, sans compter qu’à cause de cette situation catastrophique, sa femme et lui-même n’avaient jamais été aussi présents et prévenants.

« Je m’en fiche ! Et je veux regarder la télé !

— Louise, ça suffit !

— Non ! Non ! Non ! »

Elle sauta de sa chaise et se mit à trépigner au milieu de la cuisine avant de la quitter.

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