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Dominium Mundi. Livre II

Электронная книга - «Dominium Mundi. Livre II». Краткое содержание книги:

« Cette guerre pour laquelle il s’était engagé n’était pas une guerre de religion, ni même une simple guerre de conquête ou de colonisation, mais bel et bien une guerre d’extermination. »
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Aussi, je me contentai d’un laconique : « Non. »

Tancrède se tourna vers moi pour me scruter, surpris par la simplicité de ma réponse. Puis je vis ses traits se détendre. Il ne me demanda même pas de détail supplémentaire. Cela me fit du bien.

Il me connaissait, il avait confiance en moi.

Un cliquetis dans nos oreillettes interrompit notre échange silencieux. Liétaud venait de fermer puis de rouvrir son micro, produisant un clic à l’autre bout de la ligne.

« C’est le signal ! J’y vais. »

Il se leva sans attendre, enjamba le muret et sauta dans le vide. Je faillis crier, mais il s’était déjà reçu avec souplesse sur le palier d’un escalier, quatre mètres plus bas.

« Ça t’amuse ? » lui dis-je en me penchant.

Il sauta encore et franchit à nouveau quatre mètres pour atterrir au pied de la muraille. Je devais bien reconnaître que ces WN étaient remarquables.

— Rappelle-toi, moi, soldat, c’est mon métier ! » fit-il avec un clin d’œil, puis il rabattit la visière dorée de son exo.

« Sois prudent, chuchotai-je dans le micro, comme si cette recommandation avait le moindre sens.

— Oui, oui. En cas de problème, ou bien si nous ne sommes pas revenus dans deux heures, toi et Adelphe vous retournez au buggy et vous partez sans nous attendre. »

Il s’élança pour traverser le large espace dégagé qui longeait la façade intérieure de la muraille et se perdit dans l’obscurité d’une ruelle. C’était toujours un spectacle surprenant de voir quelqu’un se déplacer en exosquelette de guerre. Cela paraissait impossible qu’une telle masse – sur un homme comme Tancrède, l’ensemble devait bien mesurer deux mètres dix – se déplace aussi vite et avec tant d’agilité.

Me préparant psychologiquement à passer un bout de temps à cet endroit, je tâchai de m’installer le plus confortablement possible, à l’abri du garde-corps, le terminal sur les genoux et les yeux rivés sur Tancrède, ou plutôt sur le losange en mouvement qui le symbolisait sur mon écran. De son côté, Adelphe faisait de même avec Liétaud.

Au début, la progression des deux soldats renégats dans les rues de la capitale dévastée se fit sans difficulté. La ville était immense et même les troupes croisées ne pouvaient tout surveiller. En tout cas, pas tant qu’une pléthore de détecteurs n’aurait pas été installée un peu partout.

Dès que le dirSat piraté m’indiquait une patrouille à proximité de Tancrède, je m’empressais de la lui signaler afin qu’il la contourne ou se cache quelque part. Tout soldat de l’ECM était localisable par satellite grâce à une balise intégrée directement aux exosquelettes de guerre. D’ailleurs, dans l’armée, tout était positionné par dirSat, depuis les véhicules jusqu’aux armes ou même les détecteurs. Cela présentait de grands avantages pour gérer les mouvements de troupes, mais engendrait aussi un inconvénient gravement sous-estimé par les concepteurs du système : on pouvait le pirater.

Grâce à notre pupitre branché clandestinement sur la couche bas-niveau du bioStruct, nous étions comme des rats dans les murs d’un château. Nous allions partout sans que jamais personne ne nous voie. Tout au plus, certains pouvaient-ils entendre quelques grattements suspects dans les plafonds, mais personne n’était en mesure de nous débusquer. Enfin, dans l’hypothèse où nous avions fait notre travail correctement, bien sûr.

Un triangle bleu entouré de deux cercles verts apparut non loin du losange de Tancrède. Je le touchai de l’index directement sur l’écran, puis, par un rapide mouvement circulaire, fis défiler ses caractéristiques. Un détecteur de C02. J’ouvris immédiatement ma boîte à outils sur le côté droit de l’écran, sélectionnai ce modèle dans la longue liste de hacks que nous avions développés pour notre évasion et reliai le programme adéquat au triangle bleu. Dès que le brin de données le toucha, il s’y accrocha comme la tige d’une plante grimpante pour y transférer notre bout de code illicite. Aussitôt, le triangle bleu disparut.

Comme une lettre à la poste.

En théorie, j’aurais pu me passer de désactiver ce détecteur-là puisque les exos ne sont pas censés rejeter de C02. Ce genre de capteur était avant tout destiné aux Atamides. Toutefois, je préférais ne prendre aucun risque.

J’eus ainsi à m’occuper d’une douzaine de détecteurs avant que Tancrède n’atteigne la barrière anti-franchissement déployée autour du promontoire du Sanctuaire.

Ce fut là que les deux soldats firent leur jonction. Le losange de Liétaud était désormais à côté de celui de son ex-lieutenant. Afin d’éviter toute confusion, je les numérotai à la volée.

« Albéric, tu t’occupes de la barrière ou tu veux que je le fasse ? » me demanda Adelphe dans l’oreillette.

« Je m’en occupe. »

Dans ma liste d’outils de pirate, j’activai le fameux hack développé par Clotilde qui nous avait permis de quitter définitivement la Nouvelle-Jérusalem. Les battements de mon cœur s’accélérèrent un instant tandis que je pensais à elle, mais je la chassai de mes pensées. J’avais besoin de toute ma concentration.

Dès que la section visée de la barrière s’effaça de mon écran, je prévins les soldats :

« Segment 238 désactivé, vous pouvez passer les gars. Ne vous trompez pas ! Le 238.

— Bien reçu, fit Tancrède. Segment 238. »

Les losanges se déplacèrent de quelques millimètres et se retrouvèrent de l’autre côté de la ligne symbolisant la clôture létale. Comme je n’entendis aucun cri de douleur dans l’oreillette, je supposai qu’ils ne s’étaient pas trompés. Il y avait peu de soldats derrière la barrière anti-franchissement, je n’eus donc pas à intervenir pendant leur ascension du promontoire. Dès qu’ils furent en haut, j’entendis Liétaud s’exclamer :

« Seigneur, l’odeur est épouvantable !

— L’odeur ? demanda Adelphe. Quelle odeur ?

— Les cadavres d’Atamides, répondit Tancrède d’une voix sombre. Il y a des centaines de cadavres ici. Ils ont passé une partie de la journée au soleil et on les a juste mis en tas. La décomposition agit vite avec cette chaleur. Même avec la pluie, l’odeur est pestilentielle. »

Un message s’afficha sur mon écran, relié aux losanges. Les deux hommes venaient d’activer le filtre de leur exo. En respirant de l’air filtré, ils diminuaient probablement l’odeur.

« Nous devrions monter sur ces rochers, chuchota Tancrède, nous serons bien placés pour observer.

— Cela me parait difficile sans se faire remarquer par les forces spéciales, fit Liétaud. À moins que nos amis aient accès à leurs capteurs. »

Ça, c’était pour moi.

« Je m’en charge. Donnez-moi un instant. »

Toute une série de carrés orange barrés de vert entourait le sanctuaire. De toute évidence, un cordon de gardes avait été déployé pour empêcher quiconque d’approcher. Comme c’était des forces spéciales, je n’avais pas un accès direct à leur interface. Je lançai alors un bloc de travail dans lequel j’entrepris de taper à toute vitesse des lignes de code dérivées des hacks pour capteurs autonomes de mouvement. Après tout, l’électronique en question devait être similaire.

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Главный герой
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