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Joseph Balsamo. Tome II - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Joseph Balsamo. Tome II

Электронная книга - «Joseph Balsamo. Tome II». Краткое содержание книги:

Les «Mémoires d’un médecin» est une suite romanesque qui a pour cadre la Révolution Française et qui comprend «Joseph Balsamo», «le Collier de la reine», «Ange Pitou» et la «Comtesse de Charny». Cette grande fresque, très intéressante sur le plan historique, captivante par son récit, a une grande force inventive et une portée symbolique certaine.
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D�autres pi�ces d�artifice s�embrasant aussi au m�me instant devaient former de gigantesques pots � fleurs sur la terrasse du palais de l�Hymen.

Enfin, toujours sur ce m�me palais, destin� � porter tant de choses diff�rentes, s��levait une pyramide lumineuse termin�e par le globe du monde; ce globe, apr�s avoir fulgur� sourdement, devait �clater comme un tonnerre en une masse de girandoles de couleur.

Quant au bouquet, r�serve obligatoire et si importante que jamais Parisien ne juge d�un feu d�artifice que par le bouquet, Ruggieri l�avait s�par� du corps de la machine: il �tait plac� du c�t� de la rivi�re, apr�s la statue, dans un bastion tout bourr� de pi�ces de rechange, de sorte que le coup d��il devait gagner encore � cette sur�l�vation de trois � quatre toises, qui pla�ait le pied de la gerbe sur un pi�destal.

Voil� les d�tails dont se pr�occupait Paris. Depuis quinze jours, les Parisiens regardaient avec beaucoup d�admiration Ruggieri et ses aides passant comme des ombres dans les lueurs fun�bres de leurs �chafaudages, et s�arr�tant avec des gestes �tranges pour attacher leurs m�ches, assurer leurs amorces.

Aussi le moment o� les lanternes furent apport�es sur la terrasse de la charpente, moment qui indiquait l�approche de l�embrasement, produisit-il une vive sensation dans la foule, et quelques rangs des plus intr�pides recul�rent-ils, ce qui produisit une longue oscillation jusqu�aux extr�mit�s de la foule.

Les voitures continuaient d�arriver et commen�aient � envahir la place elle-m�me. Les chevaux appuyaient leurs t�tes sur les �paules des derniers spectateurs, qui commen�aient � s�inqui�ter de ces dangereux voisins. Bient�t derri�re les voitures s�amassa la foule toujours croissante, de sorte que les voitures eussent-elles voulu se retirer elles-m�mes ne le pouvaient plus, embo�t�es qu�elles se trouvaient par cette inondation compacte et tumultueuse. Alors on vit, avec cette audace du Parisien qui envahit, laquelle n�a de pendant que la longanimit� du Parisien qui se laisse envahir, alors on vit monter sur ces imp�riales, comme des naufrag�s sur des rocs, des gardes-fran�aises, des ouvriers, des laquais.

L�illumination des boulevards jetait de loin sa lueur rouge sur les t�tes des milliers de curieux au milieu desquelles la ba�onnette d�un archer bourgeois, scintillante comme l��clair, apparaissait aussi rare que le sont les �pis rest�s debout dans un champ que l�on vient de faucher.

Aux flancs des b�timents neufs, aujourd�hui l�h�tel Crillon et le Garde-meubles de la couronne, les voitures des invit�s, au milieu desquelles on n�avait pris la pr�caution de m�nager aucun passage, les voitures des invit�s, disons-nous, avaient form� trois rangs qui s��tendaient, d�un c�t�, du boulevard aux Tuileries, de l�autre, du boulevard � la rue des Champs-�lys�es, en tournant comme un serpent trois fois repli� sur lui-m�me.

Le long de ce triple rang de carrosses, on voyait errer, comme des spectres au bord du Styx, ceux des convi�s que les voitures de leurs pr�d�cesseurs emp�chaient d�aborder � la grande porte et qui, �tourdis par le bruit, craignant de fouler, surtout les femmes tout habill�es et chauss�es de satin, ce pav� poudreux, se heurtaient aux flots du peuple qui les raillait sur leur d�licatesse, et cherchant un passage entre les roues des voitures et les pieds des chevaux, se glissaient comme ils pouvaient jusqu�� leur destination, but aussi envi� que l�est le port dans une temp�te.

Un de ces carrosses arriva vers neuf heures, c�est-�-dire quelques minutes � peine avant l�heure fix�e pour mettre le feu � l�artifice, pour se frayer � son tour un passage jusqu�� la porte du gouverneur. Mais cette pr�tention, d�j� si disput�e depuis quelque temps, �tait, � ce moment, devenue au moins t�m�raire, sinon impossible. Un quatri�me rang avait commenc� de se former, renfor�ant les trois premiers, et les chevaux qui en faisaient partie, tourment�s par la foule, de fringants devenus furieux, lan�aient � droite et � gauche, � la moindre irritation, des coups de pied qui avaient d�j� produit quelques accidents perdus dans le bruit et dans la foule.

Accroch� aux ressorts de cette voiture qui venait de frayer son chemin dans la foule, un jeune homme marchait, �loignant tous les survenants qui essayaient de s�emparer de ce b�n�fice d�une locomotion qu�il semblait avoir confisqu�e � son profit.

Quand le carrosse s�arr�ta, le jeune homme se jeta de c�t�, mais sans l�cher le ressort protecteur auquel il continua de se cramponner d�une main. Il put donc entendre par la porti�re ouverte la conversation anim�e des ma�tres de la voiture.

Une t�te de femme, v�tue de blanc et coiff�e avec quelques fleurs naturelles, se pencha hors de la porti�re. Aussit�t une voix lui cria:

� Allons, Andr�e, provinciale que vous �tes, ne vous penchez pas ainsi, ou mordieu! vous risquez d��tre embrass�e par le premier rustre qui passera. Ne croyez-vous pas que notre carrosse est au milieu de ce peuple comme il serait au milieu de la rivi�re? Nous sommes dans l�eau, ma ch�re, et dans l�eau sale; ne nous mouillons pas.

La t�te de la jeune fille rentra dans la voiture.

� C�est qu�on ne voit rien d�ici, monsieur, dit-elle; si seulement nos chevaux pouvaient faire un demi-tour, nous verrions par la porti�re, et nous serions presque aussi bien qu�� la fen�tre du gouverneur.

� Tournez, cocher, cria le baron.

� C�est chose impossible, monsieur le baron, r�pondit celui-ci; il me faudrait �craser dix personnes.

� Eh! pardieu! �crase.

� Oh! monsieur! dit Andr�e.

� Oh! mon p�re! dit Philippe.

� Qu�est-ce que c�est que ce baron-l� qui veut �craser le pauvre monde? cri�rent quelques voix mena�antes.

� Parbleu, c�est moi, dit de Taverney, qui se pencha, et, en se penchant, montra un grand cordon rouge en sautoir.

Dans ce temps-l�, on respectait encore les grands cordons, m�me les grands cordons rouges; on grommela, mais sur une gamme descendante.

� Attendez, mon p�re, je vais descendre, dit Philippe, et voir s�il y a moyen de passer.

� Prenez garde, mon fr�re, vous allez vous faire tuer; entendez-vous les hennissements des chevaux qui se battent?

� Vous pouvez bien dire des rugissements, reprit le baron. Voyons, nous allons descendre; dites qu�on se d�range, Philippe, et que nous passions.

� Ah! vous ne connaissez plus Paris, mon p�re, dit Philippe. Ces fa�ons de ma�tre �taient bonnes autrefois; mais aujourd�hui peut-�tre bien pourraient-elles ne point r�ussir, et vous ne voudriez point compromettre votre dignit�, n�est-ce pas?

� Cependant, quand ces dr�les sauront qui je suis�

� Mon p�re, dit en souriant Philippe, quand vous seriez le dauphin lui m�me, on ne se d�rangerait pas pour vous, j�en ai bien peur, en ce moment surtout, car voil� le feu d�artifice qui va commencer.

� Alors nous ne verrons rien, dit Andr�e avec humeur.

� C�est votre faute, pardieu! r�pondit le baron; vous avez mis plus de deux heures � votre toilette.

� Mon fr�re, dit Andr�e, ne pourrais-je prendre votre bras et me placer avec vous au milieu de tout le monde?

� Oui, oui, ma petite dame, dirent plusieurs voix d�hommes touch�s par la beaut� d�Andr�e; oui, venez, vous n��tes pas grosse et l�on vous fera une place.

� Voulez-vous, Andr�e? demanda Philippe.

� Je veux bien, dit Andr�e.

Et elle s��lan�a l�g�rement sans toucher le marchepied de la voiture.

� Soit, dit le baron; mais, moi qui me moque des feux d�artifice, moi, je reste ici.

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