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Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles

Электронная книга - «Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles». Краткое содержание книги:

À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, où l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu.
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Mais nous n’en sommes pas encore là. L’équipée du Corniaud se poursuit à Rome où, quelques jours après « la grève » de Louis, Gérard Oury lui offre une courte scène en compagnie de Michèle Morgan. Un bref épisode basé sur ce que toutes les vedettes de cinéma ont connu un jour quand un admirateur est incapable de se souvenir du nom de la star qu’il croise par hasard. Là, la voiture de De Funès est bloquée par celle de Michèle Morgan. Il lui demande poliment de lui céder le passage et, la reconnaissant, il ne sait que l’appeler « madame… madame… » avec une gêne non contenue. Il quémande un autographe mais il ne parvient pas à lire la signature, ce qui ajoute à son embarras tandis que Michèle Morgan savoure le cocasse de la situation. Une scène raffinée que le compagnon de l’inoubliable vedette du Quai des brumes ne conservera pas au montage final de son film. Les prises de vues en Italie terminées, Louis regagne Paris à la hâte pour d’une part assister à la première de Fantômas et d’autre part signer un contrat chez Robert Dorfmann qui a décidé de mettre en chantier un film à sketches baptisé La famille, c’est sacré !. Il entend confier à Georges Lautner et à Gilles Grangier la réalisation sur un scénario de Michel Audiard d’une histoire se déclinant dans l’univers des maisons closes. Trois tableaux, dont celui réservé à de Funès où en brave assureur de province il porte secours à une charmante jeune femme rencontrée un soir dans sa rue. La demoiselle s’avère être une ancienne pensionnaire d’un bordel recherchée par la police. De Funès la prend sous son aile, sans se douter que cela va l’entraîner dans d’étranges situations. Dorfmann lui offre l’occasion d’être une nouvelle fois le partenaire de Mireille Darc. Il accepte cette proposition, d’autant que peu de journées de travail sont prévues dans les studios de Boulogne à compter du 15 janvier 1965[282].

Au soir du 3 novembre, entouré de Mylène Demongeot, de Jean Marais, d’André Hunebelle et de Michel Audiard, Louis, en compagnie de Jeanne, assiste donc à la première de Fantômas au cinéma Ambassade sur les Champs-Élysées. Soirée de gala somptueuse où, à l’issue de la projection, les invités applaudissent à tout rompre. Les critiques présents semblent particulièrement apprécier les aventures de Fandor et de Juve, au point que les jours suivants la presse est unanime pour saluer les performances des uns et des autres. Le chroniqueur du Parisien libéré donne le ton en écrivant : « On joue au voleur et au gendarme avec une pointe de génie. On aimerait en voir un nouvel épisode toutes les semaines.  » Même écho dans L’Aurore  : « Le public d’un tel film n’a pas d’âge. Les jeunes découvrent avec joie Fantômas, les plus âgés retrouvent le héros de leur jeunesse remis à la mode. » Le film plaît et Louis de Funès enthousiasme Robert Chazal dans France-Soir assurant que c’est « peut-être la meilleure création de sa carrière comique  », Jacques Chancel dans Paris-Jour parlant de « son meilleur rôle  », Philippe Berton dans Le Monde écrivant que « son éblouissant numéro témoigne d’une grande virtuosité d’acteur et donne le ton au film  ». En un mot, Louis de Funès arrache tout sur son passage, si bien que Jean Marais et Mylène Demongeot sont relégués en seconde position. En un peu moins d’un mois, Louis de Funès devient non seulement le favori des journalistes mais, mieux, la coqueluche des spectateurs. Ils ont acclamé le gendarme de Saint-Tropez — toujours à l’affiche — et maintenant ils plébiscitent le commissaire Juve. En moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire, Louis de Funès se hisse au plus haut de l’affiche. Avec ces deux films, il devient une vedette à part entière. Une valeur sûre. Louis cueille en ce début novembre les fruits de l’été cultivés sans autre souci que de faire rire et sourire ses contemporains. Deux triomphes. Deux consécrations qui auraient de quoi lui faire tourner la tête. Ce n’est pas dans sa nature, même s’il mesure davantage encore le poids de cette soudaine célébrité qui lui impose de ne jamais décevoir. Devenu numéro un, il déguste délicatement ce miel de la réussite sans la moindre vantardise, mais avec la satisfaction du devoir accompli. Un « devoir d’artisan », comme il aime à le dire. Il sait que tout cela n’est pas vraiment dû au hasard, mais à toutes ces années d’apprentissage. Un apprentissage aussi difficile que celui de l’apiculteur qu’il s’est appliqué à devenir en suivant voici quelques mois les conseils de Marcelin Lassalle, le directeur de l’école d’apiculture de Charenton-le-Pont. Il goûte le miel de sa réussite avec la même modestie qu’il goûte le miel de ses abeilles peuplant ses trois ruches à Saint-Clair-sur-Epte, pas peu fier d’avoir récolté cette année quelque quarante-cinq kilos du précieux nectar. Il en est à ce point ravi qu’il aimerait coller à ses pots une étiquette originale. « J’ai pensé, dit-il[283], à Tetsu[284] pour la dessiner car j’avais dit un jour que j’aurais aimé être jardinier de Louis XIV et il m’avait fait une magnifique caricature avec cette dédicace : “À Louis pour la vie…” Pour mes pots de miel, j’imagine une étiquette avec les insignes de la gendarmerie française et un gendarme, moi, courant pour essayer d’échapper à un essaim d’abeilles qui me poursuit.  »

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Les autres vedettes de ce film dont le titre définitif sera Les Bons Vivants sont Bernard Blier, Jean Lefebvre, Jean Richard, Darry Cowl, Bernadette Lafont et André Parisy.

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283

Louis de Funès cité par Robert Chazal, op. cit., p. 71.

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284

Robert Tetsu, dit Tetsu (1914–2008), était à la fois peintre et caricaturiste pour les magazines et journaux Paris-Match, France Dimanche, Jours de France ou Ici-Paris.

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