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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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Mais je m’aperçus que la haute Tour ne présentait aucune saillie, qu’elle était d’une pureté de ligne poussée à l’extrême.

Le troisième moyen consistait, si nous pouvions atteindre le sommet, à nous laisser descendre par une corde jusqu’à la troisième entrée qui ne conduisait pas à une impasse et se trouvait presque au niveau de l’Œuf. Et nous y étions maintenant, prêts à l’action, mais il n’y avait aucun endroit où s’accrocher.

Les pensées qui vous viennent après coup sont toujours merveilleuses : pourquoi n’avais-je pas demandé à Star de nous conduire droit à cette ouverture de la paroi ?

Sans doute, il aurait fallu fichtrement bien viser avec cette fichue flèche ; nous aurions fort bien pu nous tromper de trou. J’avoue que la vraie raison était que je n’y avais pas pensé.

Star s’était assise et pansait son bras blessé. Je lui dis : « Chérie, peux-tu nous faire descendre, lentement et en douceur, de deux crans et nous amener dans cette ouverture ? »

Elle me regarda en faisant la moue : « Non. »

— « Tant pis, mais c’est trop bête ! »

— « Cela m’ennuie de te l’avouer, mais j’ai brûlé les réserves des jarretières dans ce vol trop rapide. Elles ne pourront plus fonctionner jusqu’à ce que je les recharge. Et je ne peux pas le faire ici. J’ai besoin d’armoise verte, de sang de lièvre, d’autres choses de ce genre. »

— « Patron, » dit Rufo, « pourquoi ne pas utiliser tout le sommet de la Tour comme point d’amarrage ? »

— « Comment ? Que veux-tu dire ? »

— « Nous avons toute la corde que nous voulons. »

L’idée était réalisable : faire courir la corde autour du sommet pendant que l’un de nous retenait l’autre extrémité, faire un nœud et laisser pendre le reste. C’est ce que nous fîmes, pour nous apercevoir en fin de compte que cette corde longue d’un millier de yards était trop courte d’une centaine de pieds.

Star nous regardait faire. Quand je fus contraint d’admettre qu’une corde trop courte d’une centaine de pieds ne valait pas mieux que pas de corde du tout, elle demanda, toute songeuse : « Je me demande si nous ne pourrions pas utiliser la baguette d’Aaron ? »

— « Certainement, si elle était plantée au sommet de cette table de ping-pong pour géants. Mais qu’est-ce donc que cette baguette d’Aaron ? »

— « Elle durcit les choses molles et amollit ce qui est dur. Non, non, je ne parle pas de ça. Enfin, ça aussi, mais ce que je veux dire, c’est que nous pourrions poser la corde en travers du toit en laissant pendre une dizaine de pieds de l’autre côté. Si nous durcissons comme de l’acier cette extrémité et la partie qui sera sur le toit, cela fera une sorte de crochet. »

— « Peux-tu faire ça ? »

— « Je ne sais pas. Cela provient de La Clavicule de Salomon ; c’est une incantation. Tout dépend du fait que je puisse m’en souvenir et que ce genre de choses marche dans cet univers. »

— « Confiance, confiance ! Naturellement, tu peux le faire. »

— « Je ne peux même pas me rappeler comment cela commence. Chéri, es-tu capable d’hypnotiser ? Rufo en est incapable… du moins de m’hypnotiser moi. »

— « Je n’y connais rien. »

— « Tu n’as qu’à faire comme moi quand je te donne une leçon de langue. Regarde droit dans mes yeux, parle doucement, et dis-moi de me rappeler les paroles. Mais tu ferais peut-être mieux de disposer d’abord la corde. »

Nous fîmes comme cela et je laissai pendre une centaine de pieds au lieu de dix, selon le principe du « plus-il-y-en-a, mieux-cela-vaut. » Star se coucha sur le dos et j’ai commencé à la regarder et à lui parler doucement (sans grande conviction), et à répéter sans cesse les mêmes paroles.

Star ferma les yeux et sembla dormir. Tout à coup elle se mit à bredouiller des mots étrangers.

— « Eh, patron ! Cette fichue chose est dure comme la pierre et aussi raide qu’une condamnation à mort ! » Je dis à Star de se réveiller et nous nous laissâmes glisser au niveau inférieur, aussi vite que nous le pûmes, espérant que cette fichue corde ne se ramollirait pas au-dessus de nous. Nous ne déplaçâmes pas la corde pour l’arrimer, je dis simplement à Star de continuer à parler afin de la durcir au maximum, puis je descendis, je m’assurai que nous ne nous étions pas trompés d’ouverture, trois étages en dessous et quatorze en dessus ; ensuite, Star se laissa glisser et je la pris dans mes bras ; Rufo descendit les bagages, surtout constitués par des armes, et nous suivit. Nous étions enfin dans la Tour alors que nous n’étions sur la planète, – non, dans l’« endroit », – nous n’étions dans cet endroit nommé Karth-Hokesh que depuis moins de quarante minutes.

Je m’arrêtai, pour me repérer et bien comparer dans mon esprit l’immeuble avec le modèle réduit que j’avais étudié, bien voir quelle direction il fallait prendre et situer avec exactitude l’Œuf, ainsi que la « ligne rouge », le bon itinéraire.

Parfait ! Encore une centaine de yards et nous pouvions faucher l’Œuf de Phénix. En avant marche ! Je ne souffrais plus de la poitrine.

CHAPITRE XV

— « Patron, » dit Rufo, « Regardez vers le terrain. »

— « Regarder quoi ? »

— « Rien, » répondit-il. « Les cadavres ont disparu. Par le Diable ! vous devriez les voir se détacher sur le sable noir et sans même le moindre buisson pour masquer la vue. »

Je ne regardai pas. « C’est aux élans de s’en occuper, pas à moi, fichtre ! Nous avons du travail. Star est-ce que tu peux tirer de la main gauche ? Avec un de ces pistolets ? »

— « Certainement, seigneur. »

— « Tu vas te tenir à dix pas derrière moi et tirer sur tout ce qui bouge. Rufo, tu vas suivre Star, arc bandé, flèche encochée. Feu sur tout ce que l’on voit. Attache un de ces pistolets… il n’y a qu’à faire une boucle avec un bout de corde. » Je réfléchis. « Il va falloir abandonner presque tout cela. Star, tu ne peux pas bander un arc, alors laisse-le, si joli qu’il soit, et laisse aussi ton carquois. Rufo peut porter mon carquois avec le tien ; nous utilisons les mêmes flèches. Cela me fait de la peine d’abandonner mon arc, il m’allait bien, mais il le faut. Zut ! »

— « Je vais le porter, mon Héros. »

— « Non, nous devons nous débarrasser de tout le barda que nous ne pouvons pas utiliser. » Je décrochai ma gourde et bus une grande rasade avant de la passer aux autres. « Finissez-la et jetez-la. »

Pendant que Rufo buvait, Star mit mon arc en bandoulière. « Seigneur mari ? Comme ça, ce n’est pas lourd du tout et ça ne me fait pas mal au bras. D’accord ? »

— « Eh bien… Si cela te gêne pour marcher, coupe la corde et laisse-le sur place. Maintenant, bois tout ton saoul et nous partons. » J’examinai le corridor dans lequel nous nous trouvions, il avait quinze pieds de large et autant de haut ; la lumière venait de nulle part et il tournait vers la droite, ce qui correspondait parfaitement au croquis que j’avais dans l’esprit. « Prêts ? Suivez-moi de près. Si nous ne pouvons pas y couper, nous faisons feu ou nous tirons une flèche, avant d’adresser le moindre salut. » Je dégainai mon épée et nous partîmes à grands pas.

Pourquoi mon épée plutôt qu’un de ces pistolets tirant ces « rayons de la mort ? » Star en portait un et les connaissait mieux que moi. Je n’étais même pas capable de voir s’ils étaient chargés et ne savais pas non plus combien de temps il fallait presser sur le bouton qui servait de détente. Elle savait tirer, elle avait fait preuve de son adresse et, au combat, elle était au moins aussi calme que Rufo ou moi-même.

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