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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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— « Qu’est-ce qu’il y a donc sur votre tunique ? De la sauce tomate ? Un de ces jours, quelqu’un va vous faire éternuer la cervelle. Laissez-moi regarder. »

Je lui permis d’ouvrir ma tunique. Quelqu’un, à l’aide d’une lame de scie, m’avait fait un trou dans le flanc gauche, en dessous des côtes. Je ne l’avais même pas remarqué ni senti, jusqu’à ce que je le vis ; à partir de ce moment, il me fit mal et je fus pris de nausées. Je suis tout à fait opposé aux violences quand elles s’exercent contre moi. Pendant que Rufo me soignait, je regardais alentour pour ne pas voir ma blessure.

Nous avions tué environ une douzaine d’ennemis tout autour de nous, sans compter peut-être une demi-douzaine qui s’étaient envolés… et je crois bien que nous avions tiré sur tout ce qui volait. Comment, je vous le demande, un chien de 60 livres, armé de ses seules dents, pourrait-il attaquer, abattre et maintenir prisonnier un homme en armes ? Réponse : en attaquant de tous côtés, en y mettant tout son cœur.

Je pense que nous étions arrivés en cet endroit connu sous le nom de Porte au moment de la relève de la garde et que, si nous étions arrivés l’épée au fourreau, nous nous serions fait abattre. Comme cela s’était passé, nous avions massacré un peloton avant même que la plupart de ses membres aient eu le temps de savoir que se livrait un combat. Ils avaient été dispersés, démoralisés, et nous avions massacré les autres, même ceux qui essayaient de s’échapper. Nous avions tout utilisé, le karaté et d’autres formes sérieuses de combat (la boxe n’est pas sérieuse, pas plus que tout ce qui comporte des règles), et tout ceci fonctionne de la même façon : attaquer pour faire mal, par tous les moyens, et pas de dérobade. Et ce n’est pas tant du savoir-faire qu’un état d’esprit.

J’eus le temps d’examiner feux nos adversaires ; l’un d’eux était étendu sur le ventre, près de moi, tripes à l’air. « Des Iglis » c’est ainsi que je les appellerais, mais c’étaient des Iglis modèle réduit. Ils n’étaient pas beaux, n’avaient pas de nombril et sans doute pas beaucoup de cervelle : ils semblaient n’avoir été construits que pour un seul but, le combat, et pour essayer de rester vivants. Ce qui, d’ailleurs, nous convient aussi comme description, mais nous, nous sommes plus rapides.

Le simple fait de les regarder me donnait des haut-le-cœur, aussi me mis-je à regarder le ciel. Ce n’était pas mieux : ce ciel n’était pas décent et semblait ne pas vouloir se mettre au point. Il était bas, les couleurs étaient désagréables ; on aurait cru regarder une peinture abstraite. Je jetai de nouveau un coup d’œil sur nos victimes, qui me parurent presque belles par comparaison avec le ciel.

Pendant que Rufo me soignait, Star se glissa dans ses collants et revêtit son pourpoint. « Puis-je me lever pour mettre ma veste ? » demanda-t-elle.

— « Non, » lui dis-je. « Ils pensent peut-être que nous sommes tous morts. » Avec Rufo, je l’aidai à s’habiller sans qu’aucun de nous eût besoin de se lever plus haut que la muraille de chair qui nous abritait. Je suis certain que nous lui fîmes mal au bras mais tout ce qu’elle dit fut : « Placez mon épée de manière que je puisse la prendre de la main gauche. Et maintenant, Oscar ? »

— « Où se trouvent les jarretières ? »

— « Je les ai, mais je ne suis pas certaine qu’elles marchent. Cet endroit est vraiment particulier. »

— « Confidence pour confidence, » lui répondis-je, « c’est ce que tu m’as dit il y a quelques minutes. Mets-toi bien dans l’esprit que tu peux faire ce que tu as à faire. » Nous nous équipâmes donc et pillâmes nos victimes ; nous nous étions maintenant enrichis de trois « fusils » sans compter des armes de poing du même genre. Nous mîmes alors la flèche de chêne dans la direction du sommet de la Tour-d’un-Mille-de-Haut. Celle-ci dominait tout un côté du paysage ; c’était plus une montagne qu’une construction, sombre et monstrueuse.

— « Prêts ? » demanda Star. « C’est maintenant que vous devez y croire, vous deux aussi ! » Elle égratigna le sable de son doigt et dit : « Partez ! »

Et nous partîmes. Une fois dans les airs, je réalisai quelle cible parfaite nous constituions : mais nous étions aussi une belle cible quand nous étions sur terre, pour tous ceux qui pouvaient se trouver sur la Tour, et nous aurions été plus vulnérables encore si nous avions marché à pied. « Plus vite ! » hurlai-je dans l’oreille de Star. « Allons plus vite ! »

Nous accélérâmes. L’air sifflait dans nos oreilles ; nous montions, descendions, glissions de côté lorsque nous passions aux endroits où la gravité changeait, comme Star m’en avait averti… et peut-être est-ce cela qui nous a sauvés, car nous formions alors une cible à la trajectoire imprévisible. Il était cependant possible que, si nous avions détruit entièrement tout le poste de garde, personne n’ait été au courant de notre arrivée, sur la Tour.

En dessous de nous, le sol était un désert gris sombre entouré d’une ceinture de montagnes et ressemblait à un cratère lunaire, la Tour tenant la place de la cheminée centrale. Je risquai un autre coup d’œil du côté du ciel et essayai de m’imaginer de quoi il était fait. Pas de soleil. Pas d’étoiles. Pas de ciel noir, ni bleu ; la lumière venait de partout et le « ciel » n’était que traînées, formes changeantes, et taches plus sombres de toutes les couleurs.

— « Dis-moi donc, au nom du ciel, quelle sorte de planète est-ce là ? » demandai-je.

— « Ce n’est pas une planète, » me hurla-t-elle en retour. « C’est un endroit, nous nous trouvons dans un univers différent de celui que tu connais. Il ne convient pas à la vie. »

— « Mais quelqu’un vit bien ici, » dis-je en montrant la Tour.

— « Non, non, personne ne vit ici. Cela a juste été bâti pour abriter l’Œuf. »

La monstruosité de cette idée ne me pénétra pas immédiatement. Puis je me rappelai tout à coup que nous ne devions ni manger ni boire ici, aussi commençai-je à me demander comment nous pouvions respirer l’air si le milieu chimique était empoisonné. Ma cage thoracique me parut alors comprimée et je commençai à brûler. C’est pourquoi j’ai demandé à Star. Rufo se mit à hoqueter. (Il se permit un ou deux renvois mais je ne crois pas qu’il ait vomi.)

— « Oh, nous pouvons respirer au moins une douzaine d’heures, » dit-elle. « N’y pense pas. C’est sans importance. »

Sur quoi ma poitrine me fit réellement souffrir et, moi aussi, j’eus envie de vomir.

Nous descendîmes au sommet de la Tour tout de suite après cela ; Star avait à peine dit « Amech ! » à temps pour nous empêcher de dépasser la zone de largage.

Le sommet était plat et semblait fait de verre noir ; c’était un carré d’environ deux cents yards carrés, et il n’y avait pas la moindre aspérité pour y attacher une corde. J’avais au moins espéré trouver une cheminée d’aération.

L’Œuf de Phénix se trouvait à environ cent yards en dessous de nous, en ligne droite. J’avais eu deux idées pour le cas où nous aurions atteint la Tour. Il y avait trois ouvertures (sur des centaines) qui conduisaient aux bonnes routes pour mener à l’Œuf… et aussi au Jamais-Né, au Mangeur d’Âmes, que gardaient les M.P.[56]. Une se trouvait au niveau du sol et je l’avais immédiatement écartée ; la seconde se trouvait à environ deux cents pieds du sol et j’y avais sérieusement réfléchi : envoyer une flèche portant une fine corde de telle manière que celle-ci passe au-dessus d’une saillie surplombant l’ouverture ; l’utiliser pour hâler une solide corde et ensuite grimper… ce qui ne devait présenter aucune difficulté pour un as de l’alpinisme, que je n’étais pas, mais que Rufo était.

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56

Police militaire. (N.D.T.)

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