Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: OPTA
- Переводчик: Jacques de Tersac
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
— « Bonjour, moulin à paroles, » lui dis-je. « Un pentacle ? »
— « Mmm…» me répondit-elle sans lever les yeux.
Je me rendis près d’elle et regardai son travail. Quoi que ce fût, ce n’était pas inspiré par l’étoile à cinq branches. Il y avait trois centres principaux, c’était très compliqué, avec des notes ici ou là, – mais je ne reconnus ni l’écriture ni les mots, – et la seule chose que cela pouvait évoquer pour moi, c’était un gros cube vu de dessus. « Tu as déjà pris ton petit déjeuner, chérie ? »
— « J’ai déjeuné tôt ce matin. »
— « Il me semble que tu as maigri. Est-ce une tessère ? »
— « Tais-toi ! »
Alors, elle repoussa ses cheveux en arrière, leva les yeux et me sourit tristement. « Je suis désolée, chéri. Mais il est certain qu’une sorcière reste toujours une femme. S’il te plaît, ne regarde pas par-dessus mon épaule. Il faut que je fasse cela de mémoire ; j’ai perdu mes livres dans les marais… et c’est difficile. Ne me pose plus de questions, maintenant, je t’en prie, par pitié. Tu pourrais me faire perdre confiance en moi et il faut absolument que j’aie la plus grande confiance. »
Je m’inclinai devant elle : « Je vous prie de m’excuser, votre seigneurie. »
— « Pas de formalisme avec moi, chéri. Aime-moi quand même et embrasse-moi, rapidement, puis laisse-moi. »
Alors, je me suis penché et je lui ai donné un baiser enflammé, à la mayonnaise, puis je l’ai laissée. Je me suis habillé en terminant mon sandwich et la bière, puis j’ai cherché un coin discret dans le passage, à côté des défenses, un coin que je pourrais décrire comme étant réservé aux « messieurs. » Quand je suis revenu, Rufo m’attendait avec mon ceinturon. « Patron, vous serez en retard à votre propre pendaison. »
— « Je l’espère bien ! »
Quelques instants plus tard, nous étions installés sur le diagramme, Star sur le pourtour, Rufo et moi respectivement sur la première et sur la troisième base. Lui comme moi, nous étions lourdement chargés ; je portais moi-même deux sacs ainsi que le ceinturon de Star (bouclé au dernier cran) avec le mien, Rufo portait l’arc de Star et deux carquois, sans oublier sa trousse médicale et le déjeuner. Nous avions chacun notre arc tendu, sous le bras gauche ; nous avions tous les deux l’épée à la main. Les collants de Star étaient coincés sous ma ceinture, par derrière, comme une queue mal rangée, sa veste passée sous la ceinture de Rufo, alors que ses chaussures et son chapeau étaient fourrés dans ses poches… et tout à l’avenant. Nous ressemblions à de vrais fripiers.
Mais cette disposition laissait libres nos deux mains gauches, à Rufo et à moi. Nous regardions l’extérieur, épées tirées, nos arrières étaient protégés et Star nous tenait tous les deux fermement par la main. Elle se trouvait exactement au centre, pieds écartés, bien assurée, et portait tout ce dont peut avoir besoin une sorcière professionnelle quand elle entreprend un travail difficile, à savoir qu’elle n’avait pas même une épingle à cheveux. Elle était magnifique, cheveux au vent, yeux brillants, son visage était plein d’excitation et moi j’étais vraiment désolé d’avoir à lui tourner le dos.
— « Prêts, mes vaillants compagnons ? » demanda-t-elle d’une voix excitée.
— « Prêt, » répondis-je.
— « Ave, Imperatrix, morituri te…»
— « Tais-toi, Rufo ! Silence[55] ! » et elle se mit à chanter dans une langue qui m’était inconnue. Je ressentis un picotement dans la nuque.
Elle s’arrêta, serra plus fortement nos mains et hurla : « Maintenant ! »
Avec la brutalité d’une porte qui claque, je me suis retrouvé dans la situation du héros Booth Tarkington, dans une série de Mickey Spillane.
Je n’ai pas le temps de me plaindre. Voici devant moi la chose, toute prête à me couper en deux ; je lui passe ma lame en travers des boyaux, l’étripe proprement pendant qu’elle se demande encore quelle est la meilleure manière de tomber ; puis je traite son compagnon de la sorte. Une autre se promène dans le coin et essaye de me tirer dans les jambes, en passant entre les pattes de ses compagnons. Je me trouve aussi occupé qu’un castor manchot englué dans du papier collant et je remarque à peine un choc à ma ceinture quand Star récupère son épée.
Je la regarde alors tuer les ennemis qui me tirent dessus. Star est partout à la fois, aussi nue qu’une grenouille mais deux fois plus agile. Nous éprouvons la sensation de nous trouver dans un ascenseur qui tombe ; pendant la translation, les soudaines chutes de gravité auraient pu nous gêner si nous avions eu le temps d’y faire attention.
Star se rend fort utile ; après avoir éventré les demoiselles qui essayaient de m’atteindre, elle passe par-dessus ma tête et aussi au-dessus de la tête d’un nouvel ennui, le piquant au passage dans le cou, et ce n’est plus désormais un ennui.
Je crois qu’elle aide aussi Rufo mais je n’ai pas le temps de m’arrêter pour regarder. J’entends ses hoquets, derrière moi, et cela m’indique qu’il est toujours suspendu à nous, même si c’est involontaire.
Tout à coup, il se met à hurler : « En bas ! » ; quelque chose me heurte derrière les genoux, je descends… et j’atterris en souplesse, je suis sur le point de tomber quand je comprends que la cause en est Rufo. Il est cul par-dessus tête à côté de moi, en train de tirer avec ce qui semble être une arme à feu, sur une cible mouvante qui traverse la plaine, tout en s’abritant derrière le cadavre d’un de nos adversaires.
Star aussi est descendue, mais ne se bat pas. Quelque chose lui a fait un trou dans le bras droit, entre le coude et l’épaule.
Rien d’autre ne semblait plus vivre autour de moi, mais il y avait cependant des cibles, à quatre ou cinq cents yards, qui s’approchaient rapidement. J’en vis une tomber, entendis un Zzzziii et sentis près de moi une odeur de chair brûlée. Une de ces armes à feu était tombée en travers d’un cadavre, à ma gauche ; je la saisis et essayai de comprendre comment elle marchait. Il y avait une crosse et une sorte de tube qui devait servir de canon ; mais c’était tout ce qui m’était familier.
— « Comme cela, mon Héros. » Star s’approcha de moi, laissant pendre son bras blessé et perdant du sang. « Prends-le comme un fusil et vise de la même manière. Il y a un bouton juste sous ton pouce gauche. Appuie dessus. C’est tout… pas de dérive ni de hausse. »
Et pas de recul non plus, comme je m’en aperçus lorsque j’alignai une des silhouettes mouvantes et pressai le bouton. Il y eut un petit nuage de fumée et elle s’écroula. « Rayon de la mort, » ou laser, ou quoi que ce soit : viser, appuyer sur le bouton, et quel que soit celui qui se trouve à l’autre extrémité il abandonne la société, avec un petit trou brûlant en travers du corps.
J’en eus deux autres, allant de la gauche vers la droite, puis Rufo me débarrassa de mes autres cibles. Plus rien ne bougeait, nulle part, me semblait-il.
Rufo regarda autour de nous. « Il vaut mieux rester baissés, patron. » Il rampa vers Star, ouvrit la trousse médicale qu’il portait lui-même à la ceinture, et lui mit au bras une compresse grossière et sommaire.
Puis il revint vers moi : « Êtes-vous sérieusement blessé, patron ? »
— « Moi ? Je n’ai pas une égratignure. »
55
En français dans le texte. (N.D.T.)