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READ-E-BOOK » Научная фантастика » Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
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Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]

Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:

Je n'étais pas très chaud pour partir en colonie de vacances dans le Sud-Est asiatique, mais on ne m'avait pas donné le choix. Enfin, à mon retour, j'avais une belle cicatrice toute neuve sur la figure et un billet de Sweepstake gagnant dans la poche grâce auquel j'ai rencontré la plus belle sorcière des Vingt Univers. C'est là que mes ennuis ont commencé : je me suis retrouvé dans un monde parallèle, à pourchasser des rats gros comme des loups, des dragons cracheurs de feu (évidemment), et même un Ogre, tout en essayant d'échapper aux Fantômes à Longues Cornes et autres Ecumeurs des Eaux Glacées. Sans compter Celui-Qui-N'a-Jamais-Vu-Le-Jour et Celui-Qui-Dévore-Les-Âmes. Et tout ça pour récupérer un oeuf de Phénix…
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
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Elle me répondit avec calme : « Seigneur, soixante-trois hommes braves sont morts pour rassembler les renseignements que je te donne maintenant. »

(Nous en étions donc maintenant à la soixante-quatrième tentative !) et je lui dis : « Est-il possible de n’étudier que les routes rouges ? »

— « Certainement, seigneur. » Elle appuya sur un bouton de commande et les lignes vertes s’effacèrent. Les routes rouges partaient chacune d’une ouverture : une porte et deux fenêtres.

Je montrai du doigt le niveau inférieur. « Celle-ci est la seule, sur trente ou quarante portes, qui mène à l’Œuf ? »

— « Exact. »

— « Alors, juste après cette porte, ils vont nous attendre pour nous attaquer. »

— « C’est vraisemblable, seigneur. »

— « Hum…» Je me retournai vers Rufo. « Rufo, as-tu dans ce fatras une corde longue, solide et légère ? »

— « J’ai pris de celle que Jocko utilise pour le remorquage. Une sorte de grosse ligne de canne à pêche, qui peut supporter environ cinq cents livres. »

— « Seigneur ! »

— « J’ai pensé que vous pourriez en avoir besoin. Un millier de yards suffira-t-il ? »

— « Oui. Et rien de plus léger ? »

— « Si, du fil pour pêcher la truite. »

En une heure, nous fîmes tous les préparatifs auxquels j’avais pu penser et j’avais le labyrinthe bien gravé dans la tête, je le connaissais aussi bien que l’alphabet. « Star chérie, nous sommes prêts. À toi de réciter ton incantation. »

— « Non, seigneur. »

— « Pourquoi pas ? Cela irait très vite. »

— « Parce que je ne peux pas, mon chéri. Ces Portes ne sont pas de vraies portes ; il y a toujours un problème d’horaire. Celle-ci sera prête à s’ouvrir, pour quelques minutes, dans environ sept heures, puis ne pourra plus être ouverte avant plusieurs semaines. »

J’eus une pensée assez triste. « Si ces gaillards que nous allons attaquer le savent, ils vont nous tirer dessus dès que nous sortirons. »

— « J’espère que non, seigneur champion. Ils doivent nous attendre vers les Collines des Grottes, car ils savent que nous avons une Porte quelque part dans ces collines, – et c’est d’ailleurs cette Porte que j’avais l’intention d’utiliser. Mais cette Porte-ci, même s’ils la connaissent, est si mal située, – pour nous, – que je ne pense pas qu’ils supposent seulement que nous oserons l’utiliser. »

— « Tu ne cesses de me réconforter. As-tu pensé à me dire quelque chose des dangers auxquels nous devons nous attendre ? Des chars ? De la cavalerie ? De grands géants verts aux oreilles poilues ? »

Elle parut troublée : « Tout ce que je pourrais dire pourrait t’induire en erreur, seigneur. Nous pouvons penser que leurs troupes seront composées de robots plutôt que de créatures vivantes… ce qui veut dire qu’il peut s’agir de n’importe quoi. Sans oublier que tout peut n’être qu’illusion. Je t’ai parlé de la gravité ? »

— « Je ne crois pas. »

— « Pardonne-moi. Je suis fatiguée et j’ai l’esprit troublé. La gravité varie, quelquefois d’une manière imprévisible. Un niveau horizontal semble descendre, puis remonter brusquement. Autre chose… Tout peut être une illusion. »

Rufo dit : « Patron, si ça bouge, faut tirer dessus. Si ça parle, lui couper la gorge. Cela dissipe la plupart des illusions. Il n’est pas nécessaire d’avoir un programme ; il y a seulement nous, et les autres. Aussi, dans le doute, tuez, sans hésitation. »

Je lui fis un sourire grimaçant. « Pas de quartier, alors. Très bien. Nous nous en occuperons quand nous y serons. Cessons maintenant de parler. »

— « Oui, seigneur mon mari, » m’appuya Star. « Nous ferions mieux de prendre quelques heures de repos. »

Quelque chose dans sa voix avait changé. Je la regardai et elle me parut légèrement différente, aussi, plus petite, plus douce, plus féminine et plus obéissante que l’amazone qui, moins de deux heures auparavant, avait tiré des flèches sur une bestiole qui devait bien peser cent fois son propre poids.

— « Bonne idée, » dis-je lentement en regardant autour de nous. Pendant que Star m’avait indiqué les dédales de la Tour, Rufo avait rempaqueté ce que nous ne pouvions pas prendre et, je le remarquais maintenant, installé un sac de couchage d’un côté de la grotte et les deux autres côte à côte, aussi loin du premier que possible.

Je lui posai une question silencieuse en regardant Rufo, lui adressant un haussement d’épaules qui signifiait : « Et maintenant ? »

La réponse de ses yeux ne signifiait ni oui ni non. Puis elle appela : « Rufo, va au lit et repose-toi la jambe. Ne te couche pas dessus, reste sur les fesses, ou face au mur. »

Pour la première fois, Rufo nous montra qu’il désapprouvait ce que nous avions fait. Il répondit brutalement, non pas à ce que Star avait dit mais à ce qu’elle semblait vouloir signifier : « Vous ne voulez tout de même pas me demander de regarder ! »

Star me dit, à voix si basse que j’eus de la peine à la comprendre : « Excuse-le, seigneur mari. C’est un vieil homme, il a ses lubies. Une fois qu’il sera au lit, j’éteindrai les lumières. »

Je murmurai : « Star, mon amour, ce n’est pas comme cela que j’avais imaginé ma lune de miel. »

Elle chercha mon regard. « C’est là ton désir, seigneur mon mari ? »

— « Oui. La recette parle d’une cruche de vin et d’une miche de pain[54], mais ne dit pas un mot d’un chaperon. Je suis désolé. »

Elle mit sa douce main contre ma poitrine et me regarda.

— « Je suis heureuse, seigneur. »

— « Vraiment ? » Je ne comprenais pas pourquoi elle me disait cela.

— « Oui. Nous avons tous les deux besoin de sommeil. Pour demain, pour que ton bras fort qui porte ton épée puisse nous réserver de nombreux lendemains. » Je me sentis mieux et lui rendis son sourire : « Très bien, ma princesse. Mais j’ai peur de ne pouvoir dormir. »

— « Oh ! Mais si, tu vas dormir. »

— « Tu veux parier ? »

— « Écoute-moi, seigneur chéri. Demain… après ta victoire… nous irons vite à la maison. Nous n’aurons plus à attendre, plus d’ennuis. J’aimerais que tu connaisses la langue de mon pays pour que tu ne t’y sentes pas étranger. Je veux que cela soit ta maison, immédiatement. D’accord ? Est-ce que mon seigneur mari est disposé à se coucher ? Tu t’étends et je te donne une leçon de langue ? Tu vas dormir, tu sais bien que tu vas le faire. »

— « Bien… ce n’est pas une mauvaise idée. Mais tu as encore plus besoin de sommeil que moi. »

— « Je te demande pardon, seigneur, mais ce n’est pas vrai ; quatre heures de sommeil mettent le printemps dans mon cœur et une chanson sur mes lèvres. »

— « Bien…»

Cinq minutes plus tard, j’étais parti, je regardais les yeux les plus magnifiques du monde et j’écoutais sa voix aimée qui me parlait une langue qui m’était étrangère…

CHAPITRE XIV

Rufo me secouait par l’épaule. « Le petit déjeuner, patron ! » Il me fourra un sandwich dans une main et une chope de bière dans l’autre. « C’est assez pour pouvoir se battre et le déjeuner est emballé. J’ai sorti des vêtements propres, vos armes et je vous habillerai dès que vous aurez fini. Mais buvez d’abord cela. Nous y allons dans quelques minutes. » Lui était déjà habillé et armé.

Je bâillai et croquai une bouchée du sandwich (anchois, jambon et mayonnaise, avec quelque chose qui n’était pas tout à fait de la laitue et de la tomate) et regardai autour de moi. La place à côté de moi était vide mais Star semblait venir tout juste de se lever ; elle n’était pas encore habillée. Elle était à genoux au centre de la salle, elle faisait un grand dessin sur le sol.

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54

Allusion aux Rubaiyat d’Omar Khayyam, trad. d’Edward Fitzgerald, st. 11. (N.D.T.)

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