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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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L’Eglise a décidé, après la Synagogue, que le Pentateuque est l’œuvre de Moïse; sur ce point, juifs et chrétiens sont pleinement d’accord. N’allez pas dire au pape que les cinq livres dont le Deutéronome est le dernier ont été écrits par un autre que le gendre de Jéthro; si vous aviez l’audace d’insinuer cela, vous seriez excommunié. Ces cinq livres, enseignent les théologiens, qui n’en démordent pas, ont été écrits par Moïse depuis la première ligne jusqu’à la dernière, sous l’inspiration du divin pigeon.

Un livre vulgaire, un livre purement humain s’arrêterait donc à l’ascension de Moïse, gravissant le mont Nébo; à la rigueur, le grand homme pourrait écrire comme conclusion: «Je sens que je m’en vais; maintenant, je pose ma plume, car je suis sur le point de mourir; ni, ni, fini.» Or, Moïse, en sa qualité d’écrivain sacré, ne pouvait pas s’en tenir là. Il a donc eu soin de consigner, dans son dernier chapitre, sa mort, le fait de sa sépulture, le deuil du peuple, et il a eu l’amabilité de s’adresser un petit éloge posthume.

«Ainsi, Moïse, serviteur de l’Éternel, mourut là (sur le mont Nébo), au pays de Moab, selon ce que l’Eternel avait dit (34:5); et l’Eternel l’ensevelit dans la vallée, vis-à-vis de Beth-Péhor, et personne n’a su jusqu’à ce jour où était son tombeau (v. 6). Or, quand il mourut à cent vingt ans, Moïse avait encore la vue très bonne, et sa vigueur n’était point passée (v. 7); et les enfants d’Israël pleurèrent Moïse trente jours, dans les campagnes de Moab (v. 8). Et Josué, fils de Nun, fut rempli de sagesse, car Moïse lui avait imposé les mains; et les enfants d’Israël lui obéirent dès lors (v. 9). Et il ne s’est jamais levé en Israël un prophète aussi saint que Moïse, et à qui Dieu ait permis, comme à lui, de le voir face à face (v. 10).»

Quelque lecteur secouera la tête, après avoir vu ces lignes; il lui semblera qu’elles prouvent que Moïse est étranger à leur rédaction. Erreur, mon ami! Les théologiens vous diront que c’est là le style de Moïse même, et que, d’ailleurs, dans tous les chapitres précédents, il n’employa jamais la première personne, mais toujours la troisième, lorsqu’il parla de lui.

Rien à répliquer, quand l’Eglise s’est prononcée. Or, l’opinion bien arrêtée de l’Eglise est exposée par Mgr Paul Guérin, en ces termes: «Le Pentateuque est le nom collectif des cinq premiers livres de la Bible. Moïse est l’auteur du Pentateuque. Le Pentateuque est authentique, et son authenticité est aussi certaine que celle des livres les plus authentiques, aussi certaine que l’existence même de Moïse (ainsi!…); on ne peut refuser de tenir pour authentique un livre dont l’authenticité a pour elle la foi publique et constante d’une nation dont il décrit l’histoire, le culte et la législation, surtout si ce livre présente les caractères de l’antiquité qu’on lui attribue, et s’il est d’ailleurs impossible qu’il ait été supposé, c’est-à-dire écrit par un autre que celui dont il porte le nom. Or, tel est le Péntateuque: la foi publique et constante de la nation juive, les caractères d’antiquité qu’on remarque dans ce livre, l’impossibilité d’une supposition, tout en démontre l’authenticité. Moïse a écrit le Pentateuque sous l’inspiration du Saint-Esprit.» (Dictionnaire des dictionnaires, encyclopédie catholique, tome V, page 690)

Inclinons-nous, mes frères, et ne nous étonnons plus de rien.

8. Les exploits de Josué et de Gédéon

Voilà donc Josué élevé sur le pavois et proclamé chef suprême des Hébreux. Aussitôt, papa Bon Dieu, pour lui donner du cœur au ventre, lui apparut et lui prodigua de bonnes promesses:

«Lève-toi, passe le Jourdain, toi et tout le peuple avec toi, pour entrer au pays que je donne aux enfants d’Israël. Vous posséderez tous les pays où vous aurez posé la plante de vos pieds. Vos frontières seront depuis le désert et le Liban jusqu’au grand fleuve de l’Euphrate, et tout le pays des Éthiens vous appartiendra aussi, jusqu’à la grande mer, vers le soleil couchant. Nul ne pourra te résister, tant que tu vivras; car je ne t’abandonnerai point. Fortifie-toi donc et prends courage.» (Livre de Josué 1:2-6)

Ce n’était pas la première fois, depuis la sortie d’Égypte, que Jéhovah rappelait ce qu’il avait juré à Abraham, Isaac et Jacob. Ah! quel immense empire que celui qu’il s’était engagé, par serment, à donner à son peuple! Toutes les terres comprises entre la péninsule du Sinaï, la Méditerranée et l’Euphrate, cet empire eût été plus grand que celui d’Assyrie. Mais, aussi, quelle faillite à ces engagements solennels! Les Juifs n’ont jamais eu qu’un misérable territoire. Cet Euphrate tant promis, ils l’ont connu non comme propriétaires, mais comme captifs. Leur grand fleuve n’a jamais été que le pauvre Jourdain.

Que fit le successeur de Moïse à la suite des exhortations de Jéhovah?

«Josué envoya secrètement de Sittim deux espions. Ceux-ci partirent, entrèrent dans la ville de Jéricho, et passèrent la nuit chez une nommée Raab, qui était une prostituée.» (2:1)

Les traductions chrétiennes de la Bible qualifient d’hôtelière la dame Raab; or, le texte original hébreu porte zonah, mot qui signifie bel et bien prostituée, femme débauchée, vivant de ses charmes. Pourquoi cette inexactitude de traduction? Ne serait-ce point parce que la susdite Raab figure, dans l’Evangile (généalogie donnée par saint Matthieu 1:5), au nombre des aïeules de Jésus-Christ?…

«Le roi de Jéricho, ayant été averti, envoya auprès de Raab, et l’on dit à cette prostituée: Fais sortir les deux hommes qui sont entrés dans ta maison; car ce sont des espions venus pour examiner le pays. Mais cette femme les cacha et répondit: Ils sont sortis, tandis qu’on fermait les portes de la ville, et je ne sais où ils sont allés.» (v. 2-5)

Après le départ de la police, Raab fit un pacte avec les deux espions. Elle leur apprit que les gens du pays, connaissant les merveilles de la sortie d’Egypte, avaient une peur atroce de l’armée juive.

Quant à eux, ils lui donnèrent un signe distinctif à mettre à sa maison, et ils lui promirent que, lors de la future prise de Jéricho, ce signe la ferait excepter du massacre. Ce pacte conclu, les deux espions s’évadèrent par la fenêtre, la maison de Raab étant située à côté même des murs de la ville. (v. 9-21)

Les critiques demandent pourquoi, Dieu ayant juré a Josué qu’il serait toujours avec lui, Josué prit cependant la précaution d’envoyer des espions chez une fille de joie. Quel besoin, dit Voltaire, avait-il de cette misérable, quand Dieu lui avait promis son secours de sa propre bouche; quand il était sûr que Dieu combattait pour lui, et qu’il était à la tête d’une armée de six cent mille hommes, dont il détacha, selon le texte sacré, quarante mille pour aller prendre le village de Jéricho, qui ne fut jamais fortifié, les peuples de ce pays-là ne connaissant pas encore les places de guerre, et Jéricho étant dans une vallée où il est impossible de faire une place tenable? — De Jéricho, qui est au pied du mont Karantal, il ne reste aujourd’hui que quelques pauvres huttes, abritant environ 300 habitants; les guides à l’usage des touristes nous apprennent que la moralité des femmes de cette bourgade est toujours à la hauteur de celle de leur glorieuse ancêtre Raab.

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