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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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Cet Adonibézec était donc un puissant monarque, puisqu’il avait réduit en captivité soixante et dix rois de cette contrée. Sa capitale se nommait Bézec, d’après la Bible; mais cette ville, ce terrible potentat et son royaume sont restés complètement ignorés des historiens. Cela étonne; car cette immense table, sous laquelle soixante et dix rois mangeaient sans mains, était bien faite pour valoir à Adonibézec une réputation considérable. Quoi qu’il en soit, si l’on ajoute ces rois vaincus et mutilés par Adonibézec aux trente et un exterminés par Josué, cela nous donne, avec Adonibézec-le-Cruel, un total de cent-deux rois, et, par conséquent, de cent deux royaumes dans la terre de Canaan. Si l’on jette les yeux sur la carte géographique et si l’on fait la division de ce petit territoire, voilà donc des royaumes qui auraient eu, chacun, à peine un demi-quart de lieue; c’est maigre! Ces cent deux rois devaient être bien serrés dans cet étroit espace, et il était temps que les Juifs vinssent mettre ordre à un tel état de choses en se substituant aux Cananéens.

Cependant, Jéhovah, quoique tout-puissant, ne put pas venir à bout de quelques-uns de ces Cananéens, qui, anéantis par Josué, avaient poussé de nouveau, comme par enchantement, dans cette contrée extraordinaire.

«Dieu était avec Juda, et ses descendants se rendirent maîtres des montagnes; mais ils ne purent vaincre les habitants des vallées, parce que ceux-ci avaient des chariots de guerre armés de faulx.» (1:19)

La provision de grosses pierres que maître Jéhovah avait dans son ciel était donc épuisée? telle est la réflexion qu’on ne peut manquer de se faire. Mais, en poussant plus à fond l’examen de ce passage de la Bible, on se demande comment ces Cananéens, qui l’échappèrent belle, grâce à leurs chariots de guerre, pouvaient posséder de ces chariots, puisque leur manœuvre était impossible dans ce pays tout couvert de montagnes et de cailloux. En effet, les chariots de guerre, armés de faulx, ne furent inventés que dans les grandes plaines qui sont vers l’Euphrate, et l’on sait que ce sont les Babyloniens et les Persans qui mirent cette invention en pratique, trois siècles seulement après Josué.

Les chapitres 2 et 3 du livre des Juges nous montrent les Hébreux manquante reconnaissance envers Jéhovah et bientôt punis par la défaite et l’esclavage. Après la mort de Josué, nos juifs s’étaient choisi des Juges, pour les gouverner; cette période de leur histoire n’est pas très brillante.

«Les enfants d’Israël, abandonnant le Dieu de leurs pères, Jéhovah, qui les avait tirés de la servitude d’Égypte, se prosternèrent devant les statues de Baal; ils adorèrent Baal et Astaroth (2:12-13).

Et, comme ils habitèrent au milieu des Cananéens, des Amorrhéens, des Phérésiens, des Hévéens et des Jébuséens, ils prirent leurs filles pour femmes, ils donnèrent leurs filles en mariage aux enfants de ces peuples, et ils servirent leurs dieux.» (3:5-6)

Ne nous lassons pas, afin de mieux admirer ces mariages, de rappeler que l’armée des six cent mille Israélites, commandés par Josué, avait, sans miséricorde, détruit tous les habitants de la contrée: Moïse, encore, faisait parfois épargner 32,000 pucelles; mais son successeur ne laissait pas un être vivant.

«Jéhovah, étant donc en colère contre les enfants d’Israël, les livra entre les mains de Chuzan-Rischataïm, roi de Mésopotamie, dont ils furent esclaves pendant huit ans» (3:8).

Le critique anglais Thomas Wolston, qui paya de plusieurs années de prison son indépendance en matière religieuse, et qui exerça sa verve aussi bien contre les livres sacrés des chrétiens que contre ceux des juifs, déclarait nettement qu’il fallait choisir entre l’histoire des Juges et celle de Josué, attendu que l’une ou l’autre est mensongère, puisqu’il y a contradiction flagrante entre ces deux saints livres. Il n’est pas possible, disait-il, que les Hébreux aient été esclaves immédiatement après avoir exterminé tous les habitants du Canaan avec une armée de six cent mille hommes. Quel est ce Chuzan-Rischataïm, roi de Mésopotamie, qui vient tout d’un coup mettre à la chaîne les enfants d’Israël? Comment est-il venu de si loin, sans qu’on dise rien de sa marche? Le texte dit bien, à la vérité, que c’est un châtiment du Seigneur pour avoir donné leurs filles en mariage aux Cananéens et pour avoir épousé les filles de ceux-ci; mais il est trop aisé de dire que lorsqu’on a été vaincu, c’est parce qu’on a péché, et que quand on a été vainqueur, c’est parce qu’on a été fidèle: il n’y a aucune nation ni aucune bourgade de sauvages qui n’en puisse dire autant. Il sera toujours impossible de comprendre comment une population de quatre millions d’individus, ayant six cent mille hommes d’armes, peut avoir été réduite en servitude dans le même pays qu’elle venait de conquérir; de même qu’il est impossible que cette horde formidable de guerriers ait anéanti tous les anciens habitants, et que des alliances matrimoniales se soient ensuite établies entre les massacreurs et les exterminés. Cette foule de contradictions n’est pas soutenable. Il est dit, aussitôt après, qu’au bout de huit ans le juge Othoniel délivra ses compatriotes et que les Hébreux chassèrent et tuèrent ce Chuzan-Rischataïm, roi de Mésopotamie; mais on ne nous donne aucun renseignement sur cette guerre qui dut être considérable et dont les historiens, pourtant, n’entendirent jamais parler.

Quarante ans plus tard, les Hébreux furent asservis par Eglon, roi des Moabites, quoique le royaume de Moab n’existât plus depuis longtemps; sa suppression par le massacre en masse est antérieure à la prise de Jéricho.

Cet esclavage dura dix-huit années. Aod, fils de Géra, y mit fin au moyen d’un stratagème meurtrier: ce juif, s’étant joint aux délégués du peuple, qui apportaient un présent à Eglon, pria le tyran de le recevoir à part dans sa chambre, sous prétexte de quelques mots secrets qu’il avait à lui dire; Eglon, sans méfiance, s’enferma avec Aod, lequel lui enfonça un poignard dans le ventre et s’en alla aussitôt, sans se faire remarquer. Cet assassinat encouragea les Juifs; ils se révoltèrent, et dix mille Moabites furent égorgés. Et le pays fut en repos pendant quatre-vingts ans. Après Aod fut Samgar, «qui tua six cents Philistins avec un soc de charrue» et qui délivra aussi Israël (3:11-31).

Les Hébreux furent encore esclaves d’un certain Jabin, roi de Canaan. Heureusement, une vénérable prophétesse, qui chantait des cantiques sous un palmier entre Rama et Béthel, Mme Débora, manda auprès d’elle le sieur Barac, enflamma son courage, ainsi que celui de dix mille soldats des tribus de Zabulon et Nephtali, et partit en guerre avec eux. Les troupes de Jabin, commandées par le général Sisara, fuient taillées en pièces, à leur première rencontre avec celles de Barac et Débora.

Le général, dans sa fuite, se réfugia chez Héber, que l’auteur sacré nous dit être «un cinéen vivant en paix avec le roi Jabin». Or, Héber avait une femme, l’aimable Jahel, à qui Jéhovah souffla une inspiration. C’est Jahel elle-même qui offrit asile à Sisara. «Elle vint au-devant de lui et lui dit: Mon seigneur, retire-toi chez nous, et ne crains point. Et elle le cacha. Comme il avait soif et demandait de l’eau à boire, elle lui donna du lait. Sisara la pria de se tenir à l’entrée de la tente; puis, il s’endormit profondément. Alors, Jahel prit un clou très long, ainsi qu’un marteau, rentra tout doucement, et lui transperça la tempe avec ce clou, qui s’enfonça jusqu’en terre; et le général mourut. Or, Barac étant arrivé ensuite, Jahel lui montra Sisara étendu mort, en disant: Voilà celui que tu cherches.» Quant au roi Jabin, il ne tarda pas à être massacré, et la prophétesse Débora chanta un de ses plus beaux cantiques (ch. 4, 5).

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