La Bible amusante
- Автор: Таксиль Лео
- Год: 1904
- Язык: французский
- Жанр: Прочее юмористическое
Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:
En cette contrée cananéenne, régnait un certain roi d’Arad, qui, aussitôt qu’il apprit la venue des Israëlites, partit en campagne, battit leur armée si nombreuse et leur fit des prison niers. Profondément navré, le peuple juif adressa à Jéhovah une prière: «Seigneur, s’écrièrent les Hébreux, si tu nous donnes la victoire sur cette nation, nous faisons vœu de détruire ses villes!» Et Dieu exauça son peuple. A une seconde rencontre, les émigrants furent vainqueurs des Cananéens, les exterminèrent et accomplirent leur œuvre de destruction des cités du royaume d’Arad. Là-dessus, au lieu installer dans le pays, ils rebroussèrent chemin et se mirent, on ne sait pourquoi, à redescendre vers la Mer Rouge. L’auteur sacré n’explique en aucune façon cette étrange marche.
Tandis que les voyageurs étaient retournés au désert, papa Bon Dieu, en guise de distraction, leur envoya «des serpents brûlants, qui mordirent tellement le peuple, qu’il en mourut un grand nombre de ceux d’Israël». Moïse, alors, fabriqua un serpent d’airain et le plaça au haut d’une perche; et quiconque avait été mordu par un des serpents brûlants n’avait qu’à regarder le serpent d’airain pour être guéri. (21:6-9)
Après s’être promenés par monts et par vaux, les Hébreux revinrent au nord vers les Amorrhéens, gouvernés par le roi Sihon, à qui ils infligèrent une sanglante défaite; cette nation fut entièrement passée au fil de l’épée. Puis, Og, roi de Bassan, fut vaincu à son tour et égorgé, ainsi que tous ses sujets; le peuple de Dieu se mit en possession de ce nouveau territoire. Les émigrants d’Egypte étaient alors parvenus en un endroit que la Bible appelle Hijé-Habarim, à peu de distance de l’extrémité sud de la Mer Morte; ils eurent à traverser une petite chaîne de montagnes qui sert de frontière à la contrée occupée par les descendants de ce Moab, jadis engendré par le patriarche Loth épousant sa fille aînée dans une nuit de soulographie; or, la contrée des Moabites était bornée à l’est par le pays de Madian (c’est le troisième!), et Madianites et Moabiles vivaient en excellents voisins. On se demande pourquoi Moïse conduisit les Hébreux dans cette région; car, enfin, quel était le but du voyage? S’il faut en croire l’Exode, le prophète aux cornes rayonnantes trimbalait avec lui la momie de Joseph, destinée à une inhumation définitive dans la fameuse caverne de Macpéla, c’est-à-dire à Hébron, au territoire de Canaan, à l’ouest de la Mer Morte. Eh bien, la route était libre de ce côté-là, puisque les Amorrhéens, ayant eu la mauvaise idée de sortir de leur royaume pour s’opposer à l’invasion juive, venaient d’être tous exterminés; il ne restait donc plus qu’à s’installer là, c’était une partie de la Terre Promise. Au contraire, c’est à l’est de la Mer Morte, hors du pays de Canaan, que Moïse emmène ses compatriotes. Comprenne qui pourra!
Quoi qu’il en soit, le roi des Moabites, nommé Balak, apprenant la marche des Hébreux vers sa capitale, s’empressa de tenir conseil avec ses ministres et avec les plus sages magistrats des Madianites, ses alliés. Voici quelle résolution fut adoptée: il y avait en ce temps-là, dans la ville de Péthor, un certain Balaam, fils de Béhor, dont le métier était de dire la bonne aventure et de conjurer les mauvais sorts; on décida d’envoyer une délégation auprès de Balaam, pour obtenir une de ses meilleures bénédictions en faveur des Moabites et des Madianites, tandis qu’il formulerait une malédiction bien sentie contre les Hébreux. Balaam commença par refuser d’aller bénir le roi Balak, son peuple et ses alliés. Cependant, ayant cru comprendre à la fin que l’Eternel l’autorisait à se rendre aux désirs du monarque, il se mit en route avec la députation qui était venue le chercher. Il cheminait donc, juché sur son ânesse, quand tout-à-coup celle-ci aperçut un ange, armé d’une épée, qui lui barrait la route. L’ânesse, alors, de filer dans un champ, pour éviter l’ange.
«Et Balaam frappa sa monture, pour la faire retourner dans le chemin. Mais l’ange s’arrêta dans un sentier de vignes, qui avait une cloison deçà, et une delà. Et l’ânesse, ayant vu encore l’ange, se serra contre la muraille, et, en se serrant, elle froissa le pied de Balaam qui continuait à la battre. Et l’ange passa plus avant encore et s’arrêta dans ce lieu étroit où il n’y avait pas moyen de se détourner, ni à droite, ni à gauche. L’ânesse, voyant toujours l’ange, s’abattit sous Balaam, et celui-ci en colère la frappa plus fort que jamais avec son bâton. Alors, le Seigneur ouvrit la bouche de l’ânesse, qui dit à Balaam: Que t’ai-je fait? pourquoi m’as-tu frappée trois fois? Balaam lui répondit: C’est parce que tu l’as mérité; tu m’as écrasé le pied. Que n’ai-je une épée en main! Je te tuerais maintenant. L’ânesse répliqua: Ne suis-je pas ton ânesse, que tu as toujours montée jusqu’à aujourd’hui? Dis-moi si j’ai coutume de faire ainsi? — Non, dit Balaam. Alors l’Eternel ouvrit les yeux de Balaam, et il vit, devant lui dans le chemin, l’ange qui tenait son sabre, hors du fourreau; et Balaam se prosterna, la face contre terre. L’ange dit à Balaam: Je suis sorti pour m’opposer à toi; car tu tiens un mauvais chemin; et si ton ânesse ne s’était pas détournée de moi, je t’aurais tué; mais elle, je l’aurais laissée en vie. Balaam répondit à l’ange: S’il ne te plaît pas que je m’en aille là-bas, je m’en retournerai. L’ange lui dit: Non, tu peux poursuivre ta route; va avec ces hommes; mais tu ne prononceras que les paroles que Jéhovah dira par ta bouche. Balaam donc s’en alla avec les seigneurs qui avaient été envoyés par Balak.» (22:23-35)
La conclusion fut que le peuple israëlite fut trois fois béni par la bouche de Balaam, à la grande fureur du roi des Moabites qui s’écria:
«Je t’avais fait appeler pour maudire mes ennemis, et lu les as bénis! Retourne donc dans ton pays. J’avais résolu de te combler d’honneurs et de présents; c’est pourquoi tu peux te dire que c’est le dieu Jéhovah qui t’en a privé.» (24:10-11)
Nous allons voir bientôt comment les Hébreux récompensèrent Balaam de ses bénédictions.
Tout d’abord, le roi Balak rentra sa colère, et le chapitre 25 nous montre les descendants de Jacob bien tranquillement installés parmi les Moabites et les Madianites. Cette armée de six cent mille combattants juifs, qui était prête à massacrer les sujets et les alliés de Balak, ne pense plus aux batailles; sans trêve, sans le moindre préliminaire, la paix est faite; le peuple hébreu se mêle familièrement au peuple madianite et moabite.
«Alors Israël demeurait à Sittim, et le peuple de Dieu commença à coucher avec les filles de Moab. Ces femmes convièrent les Hébreux aux sacrifices de leurs dieux; ils adorèrent les mêmes dieux, Israël embrassa le culte de Belphégor.» (25:1-3)
Cela ne faisait pas l’affaire des lévites, lâchés pour leurs concurrents, les prêtres idolâtres. Aussi Phinées, fils du grand-prêtre Éléazar, ayant vu un jour un juif nommé Zimri entrer dans la maison de la belle Cozbi, madianite, s’y précipita au moment où ils étaient en train de forniquer et les transperça du même coup avec une longue javeline. Peu auparavant, Jéhovah avait envoyé une plaie à son peuple pour le punir; vingt-quatre mille hommes étaient déjà morts de cette plaie. Le coup de javeline de Phinées causa donc une grande joie à papa Bon Dieu, qui instantanément arrêta la maladie (v. 6-9). Toutefois, le seigneur Jéhovah ordonna à Moïse de préparer une extermination générale des Moabites et des Madianites.