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La Bible amusante

Электронная книга - «La Bible amusante». Краткое содержание книги:

Donnant les citations textuelles de l’écriture sainte et reproduisant toutes les réfutations opposées par Voltaire, Fréret, lord Bolingbroke, Toland & autres critiques.
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L’auteur sacré ayant bien soin de nous dire que lorsque, lui, Moïse, prononça ces discours, c’était l’Eternel même qui parlait par sa bouche, il n’est pas inutile de faire ressortir quelques perles de cette divine éloquence.

«Voici la quarantième année que vous êtes en chemin, et cependant les vêtements dont vous étiez couverts ne se sont point usés sur vous, ni vos souliers à vos pieds.» (Deutéronome 8:4)

Voilà, certes, un miracle qui est aussi miracle que tous les autres, et qui ne manque pas de gaîté. D’après les deux dénombrements que l’on connaît, il y a eu en chiffres ronds six cent mille hommes d’armes dans cette population émigrante, tant au sortir de l’Égypte qu’à l’arrivée au pays de Moab, et l’on sait aussi que les arrivants n’étaient plus les mêmes que les partants. Tous les théologiens sont d’accord pour reconnaître que ce nombre d’hommes d’armes suppose au départ, pour le total du peuple hébreu, trois millions d’individus, vieillards, femmes, jeunes filles, jeunes garçons et familles de lévites. Donc, puisque trois millions de personnes ont trouvé la mort dans le désert dans l’espace de ces quarante années, il y a eu trois millions de vestes et de robes et trois millions de paires de souliers qu’on s’est transmis des uns aux autres. Mais, puisque le dernier recensement a accusé un chiffre de six cent un mille sept cent trente combattants, sans compter vingt-trois mille lévites, si l’on suppose que chaque combattant et chaque lévite avaient une femme, que chaque ménage de ces juifs si prolifiques eût en moyenne trois enfants (c’est modeste!), que la moitié seulement des couples eussent avec eux leurs pères et mères, cela ferait quatre millions trois cent soixante-treize mille cent dix personnes à chausser et à vêtir. Ce calcul ne fait que mieux saillir la grandeur du miracle; car il a fallu ainsi que papa Bon Dieu donnât dans le désert à son peuple un million trois cent soixante-treize mille cent dix paires de souliers de plus, sans parler des tuniques!

D’ailleurs, saint Justin, dans son dialogue avec Tryphon, soutient que non seulement les habits des Hébreux ne s’usèrent point dans leur marche de quarante années au soleil et à la pluie, et en couchant sur la dure, mais que ceux des enfants croissaient avec eux et s’élargissaient merveilleusement au fur et à mesure qu’ils avançaient en âge. Et saint Jérôme ajoute dans une épître (la 38°) ces propres mots: «En vain les barbiers apprirent leur art; ils n’en usèrent point pendant quarante années dans le désert, parce que les cheveux et les ongles des Israélites ne croissaient pas.» Si, après ça, vous n’êtes pas convaincus?…

Une recommandation qui n’étonnera personne:

«Veillez bien à avoir soin de vos prêtres, pendant tout le temps que vous vivrez sur terre.» (12:19)

«Lorsque vous combattrez vos ennemis, si Dieu les livre entre vos mains, et si vous voyez, parmi vos captifs, quelque belle femme inspirant votre amour, alors celui à qui elle plaira l’emmènera dans sa maison; elle se rasera les cheveux et se coupera les ongles, et elle se déshabillera entièrement, car elle ne doit garder sur elle aucun des vêtements avec lesquels elle a été prise; puis, on lui donnera un mois pour pleurer son père et sa mère; après quoi, celui à qui elle aura plu la mettra dans son lit, entrera en elle, et dès lors elle sera sa femme. Mais, s’il arrive ensuite qu’elle ne plaise plus, son mari pourra la renvoyer, à la condition qu’elle y consente; en tout cas, du moment qu’un Israélite aura couché avec elle, on ne pourra plus la vendre.» (21:10-14)

Ça, c’est gentil, n’est-ce pas?

«N’entrera jamais dans les saintes assemblées du culte celui qui sera eunuque en ayant eu les testicules coupés, ni même celui qui aura eu les testicules froissés.» (23:1)

Pas de commentaire!

«Si, à la veille d’une bataille, un soldat a eu dans la nuit un songe voluptueux qui lui ait causé une perte de semence, il sortira le matin du camp, et le soir il se lavera avec de l’eau fraîche; puis, il rentrera dans le camp.» (23:10-11)

Ce qui revient à dire qu’il ne prendra point part à la bataille. Voltaire a cru utile d’émettre quelques réflexions à ce sujet: «Plusieurs gens de guerre, écrit-il, ont dit que les pollutions nocturnes arrivaient principalement aux jeunes gens vigoureux, et que l’ordre de les éloigner de l’armée du matin au soir était très dangereux, attendu que c’est d’ordinaire du matin au soir que se livrent les batailles; que cet ordre n’était propre qu’à favoriser la poltronnerie; qu’il était plus aisé de se laver dans sa tente, où l’on est supposé avoir au moins une cruche d’eau, que d’aller hors du camp, où l’on pouvait fort bien ne pas en trouver.»

Jéhovah va jusqu’à enseigner à son peuple comment il convient de faire caca, en temps de guerre.

«Vous aurez un endroit réservé, hors du camp, pour évacuer. Et, parmi vos ustensiles, vous aurez une petite bêche; alors, quand vous voudrez évacuer, vous irez à l’endroit réservé, vous creuserez un trou rond avec la petite bêche, et, lorsque votre évacuation sera terminée, vous recouvrirez de terre ce qui sera sorti de vos boyaux. Car, moi, l’Eternel, je serai au milieu de votre camp, pour combattre avec vous; il ne faut donc pas que je sente quelque chose d’impur dans votre camp; sinon, je me retirerais d’entre vous.» (Même 23:12-14)

Ce passage de la Bible appelle un commentaire particulièrement grave. Nous savions déjà que Dieu a des mains dont il se sert pour pétrir, qu’il souffle et qu’il salive, qu’il a des pieds pour se promener sur notre planète, quand la fantaisie lui prend; nous avons appris tout à l’heure qu’il a un derrière et qu’il le montra à Moïse. Maintenant, nous apprenons que Jéhovah possède un nez, non pas tout simplement pour agrémenter son visage et pour s’éviter de prêter à rire, lorsqu’il daigne apparaître aux humains, créés à sa ressemblance; mais ce nez est un vrai nez. De même que Dieu mange pour tout de bon (rappelez-vous le plantureux dîner chez Abraham), de même Dieu s’est adjugé de toute éternité un nez dont il se sert pour sentir, et il n’aime pas les mauvaises odeurs.

D’autre part, on ne manquera pas de se dire qu’il était facile au Tout-Puissant d’épargner à son divin nez la respiration d’odeurs désagréables. Quoi! ce peuple hébreu est son peuple, sa nation prédestinée, et il n’est pas venu à l’esprit du seigneur Jéhovah l’idée de l’affranchir, par une exception solennelle, des suites vulgaires et nauséabondes de la digestion, puisque les senteurs du caca répugnent à son odorat sacro-saint?… Que toute nourriture profitât entièrement aux estomacs israëlites, suppression complète de l’évacuation, et voilà, il me semble, une ingénieuse solution du problème; au besoin, les Juifs n’auraient pas eu de trou-de-balle, et cela les eût distingués du reste de l’humanité, mieux encore que fa circoncision. Ou encore, si le Tout-Puissant n’avait pas voulu donner à son peuple un privilège aussi notable que celui de l’absence d’anus, s’il tenait à ce que les Hébreux allassent à la selle aussi bien que tout le monde, il lui eût été facile, d’une autre manière, de n’avoir pas à renifler des puantises, quand il était au milieu d’eux, dans leur camp: moi, si j’étais dieu, j’aurais tout bêtement décrété que le caca juif, en temps de guerre, sentirait la violette ou tout autre délectable parfum: ce n’était pas plus malin que ça!…

On dit qu’un sonnet sans défaut vaut, à lui seul, un bon poème; ma foi, je crois que les versets 12, 13 et 14 du chapitre 23 du Deutéronome valent, à eux trois, mieux que tous les psaumes de David. Il est d’une immensité incomparable, l’horizon que ces trois, versets-là ouvre à la science des théologiens; il y a là, dans ce nez de Dieu réfractaire aux mauvaises odeurs, des profondeurs théologiques inouïes, si l’on veut prendre la peine de scruter, d’examiner et de disserter pieusement.

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