Бесплатная библиотека
Читайте книгу на сайте или телефоне
READ-E-BOOK » Исторические приключения » Les Habits Noirs Tome VI - L’Avaleur De Sabres
Les Habits Noirs Tome VI - L’Avaleur De Sabres - Читать Любимую Русскую Полную Книгу 👉 Read-E-Book.com

Les Habits Noirs Tome VI - L’Avaleur De Sabres

Электронная книга - «Les Habits Noirs Tome VI - L’Avaleur De Sabres». Краткое содержание книги:

Ce sixième opus nous plonge plus avant dans ce monde du cirque dont Féval a fait l'un de ses univers de prédilection. Saladin, le «fils» d'Echalot et de Similor, a grandi au sein du cirque de Mme Samayoux. Héritant de la mauvaise nature de son père, il est devenu une crapule. En 1852, il enlève une petite fille, Justine, et la confie à Maman Léo et à Echalot, maintenant en ménage, en prétendant l'avoir trouvée. La mère de l'enfant, Lily, une jeune et belle fille du peuple que son amant avait abandonnée, désespérée de n'avoir pu retrouver sa fille, épouse le richissime duc de Chaves, dans l'idée de mener par la suite, grâce à sa fortune, les recherches nécessaires…
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 121
Перейти на страницу:

– On parlerait à son chien! interrompit Similor amèrement. J’ai vu dans les pièces de théâtre bien des enfants dénaturés, mais jamais un de ta force, petiot.

L’œil d’oiseau de Saladin était fixé sur lui avec une complète sérénité.

– Tais-toi, fit-il encore, on a un cœur. Quand j’aurai les millions, tu seras mon concierge pour le restant de tes jours.

Similor emplit son verre jusqu’au bord.

– Allons, dit-il, étouffant un soupir et faisant de son mieux pour sourire, tu es drôle tout de même, petiot, et j’avais aussi à ton âge le caractère d’un damné farceur. Attrape seulement les millions et puis nous verrons. Quelle place as-tu offerte à mademoiselle Saphir? Saladin réfléchissait.

– C’est une histoire à compartiments, murmura-t-il. Faut des mathématiques pour s’y retrouver, par moments. J’ai mon idée, claire comme un soleil, et puis il y a tant et tant de détails que tout à coup je m’y perds. On mange mal ici, c’est vrai, on boit de la piquette et on est logé comme des Auvergnats…

– En plus qu’on doit le loyer, insinua Similor.

– En plus qu’on doit le loyer, répéta Saladin, et pourtant j’ai arraché aux Canada, depuis trois ans, une quantité de dents qui t’étonnerait, ma vieille. En plus encore, sous l’apparence du chou blanc, j’ai réussi pas mal de brocantage dont le produit n’est pas entré à la maison.

– Où donc qu’il est le produit? demanda Similor, est-ce que tu aurais une affection en ville?

Son regard, qui raillait cette fois, caressait la joue imberbe de monsieur le marquis. Celui-ci ne broncha pas et répondit:

– Je ne sais pas trop si j’aime mademoiselle Saphir, ou si je la déteste. Depuis que le monde est monde, il n’y a jamais rien eu de si beau que cette gamine-là. La place que je lui ai offerte, la voici: fille d’une duchesse.

– Duchesse! comme nous sommes marquis?

– Fille unique d’une vraie duchesse avec plusieurs centaines de mille de livres de rentes.

– Et elle a refusé? demanda Similor sans trop d’étonnement.

– Elle a refusé!

– Parce qu’il aurait fallu épouser quelqu’un que je connais bien?

– Peut-être. Cette fille-là est aussi bête que belle. Si j’avais pu lui dire mon secret tout entier, je l’aurais eue à mes genoux… mais voilà tantôt quatorze ans que je monte ma mécanique, mon affaire, ma seule affaire, qui a commencé par les cent francs que tu m’as volés comme un imbécile, et qui finira par des coffres pleins d’or pour moi tout seul.

Saladin s’arrêta; à vue d’œil, Similor devenait de plus en plus attentif.

– Cause, petiot, cause, dit-il humblement en voyant que monsieur le marquis ne parlait plus. Épanche-toi. Tu viens de le dire, à moins que ce ne soit moi: c’est comme si tu bavardais avec ton chien. Je serai discret à l’égal de la tombe.

D’un geste théâtral Saladin piqua son doigt au milieu de son front.

– Tout est là, dit-il. C’est réglé comme un papier de musique: les tenants, les aboutissants, le dessus, le dessous, je tiens l’opération dans ma poche!

Similor rapprocha son siège, mais Saladin qui le couvrait de son regard fixe et effronté ajouta:

– Ce serait de l’hébreu pour toi; tu n’es pas de force à me comprendre.

Il y eut un silence pendant lequel Similor but deux bons verres de vin pour noyer sa rancune.

– Des fois, dit-il ensuite en tournant ses pouces, on ne mérite pas intégralement tout le mépris qu’on inspire. Je ne demande pas à être employé dans tes hauts calculs polytechniques, mais, s’il y avait un bout de rôle à trousser avec adresse, j’en ai, je crois, la capacité. Il est sûr que tu as ton idée, petiot; tu viens de te révéler à ton père sous un aspect nouveau et intéressant. Je devine que la mère de mademoiselle Saphir est en jeu.

Saladin, à ce dernier mot, lui lança un regard si aigu que Similor éprouva comme un choc électrique.

– Touché! pensa-t-il. Un joli coup droit.

Il ajouta modestement:

– Voilà! En dehors de laquelle appréciation je n’y vois goutte, petiot, et tu gardes la totalité de ton secret.

L’expression de crainte qui était dans les yeux de Saladin s’effaça peu à peu. Sans doute il avait fait un retour sur lui-même, mesurant avec orgueil l’immense supériorité qui le séparait de son père. Il prit un air majestueux et clément.

– Papa, dit-il, je ne prétends pas que tu sois incapable de me donner un coup d’épaule à l’occasion. J’ai préparé l’affaire tout seul, largement et complètement, mais pour l’exécution il me faudra des aides, et c’est toi qui me les fourniras.

– Bravo! s’écria Similor.

Monsieur le marquis lui tendit la main avec bonté au travers de la table.

– As-tu conservé des relations avec les Habits Noirs? demanda-t-il en baissant la voix malgré lui.

– Non, répondit l’ancien saltimbanque, j’ai cherché et je n’ai pas trouvé. J’ai idée que la confrérie est allée à vau-l’eau.

– Tu te trompes, murmura monsieur le marquis.

Pour le coup, les yeux de Similor exprimèrent une surprise franchement admirative.

– Est-ce que tu serais là-dedans, toi, petiot? balbutia-t-il d’une voix émue.

– J’ai cherché, moi aussi, répliqua Saladin, et j’ai trouvé. Tu n’as pas beaucoup contribué à mon éducation, papa; mais dans tout ce que tu disais il y avait du moins une chose que j’écoutais. Ce qui regarde l’histoire du Fera-t-il jour demain [1] est resté gravé dans ma mémoire. Il y avait une idée, une forte idée, et il y avait des hommes aussi dans cette entreprise. Je sais l’histoire du Colonel mieux que toi, maintenant, et c’était un gaillard; quant à monsieur Lecoq, on ne rencontre pas souvent son pareil.

– Ceux-là sont morts, dit Similor.

– Il y a longtemps, poursuivit monsieur le marquis, et c’est dommage. Tu me demandais tout à l’heure à quoi j’ai dépensé mes bénéfices? Il m’en a coûté bon pour retrouver ceux qui restent, car l’association a bien baissé et se cache, depuis la catastrophe de l’hôtel de Clare [2].

– J’étais là-dedans! murmura vaniteusement l’ancien saltimbanque.

– Ils ont l’air de peloter en attendant partie, reprit Saladin, mais l’association reste organisée comme autrefois. Le Père-à-tous est maintenant le vicomte Annibal Gioja des marquis Pallante.

– Connu, dit Similor. Pas fameux! Et les membres de la grande vente?

– Comayrol…

– Connu!

– Jaffret…

– Le bon Jaffret qui donne de la mie de pain aux petits oiseaux!

– Le Dr Samuel, le fils de Louis XVII…

– Et puis? fit Similor voyant que monsieur le marquis s’arrêtait.

– Et puis moi! dit tout bas Saladin après un silence. L’ancien saltimbanque se dressa comme un ressort et tendit ses mains en avant dans une dévote attitude.

– Cela n’est pas encore, poursuivit Saladin en souriant, mais il faut que cela soit: cela sera. Va me chercher une voiture, s’interrompit-il, ma tête s’échauffe et j’ai besoin de prendre l’air. Je veux, en outre, te dire quelque chose; tu viendras avec moi.

вернуться

[1] Voir Les Habits Noirs, premier tome de la série.

вернуться

[2] Voir Les Habits Noirs, premier tome de la série.

~ 55 ~ Предыдущая страница Следующая страница var width = window.innerWidth || document.documentElement.clientWidth || document.body.clientWidth; if (width > 768) { (function(w, d, n, s, t) { w[n] = w[n] || []; w[n].push(function() { Ya.Context.AdvManager.render({ blockId: "R-A-430869-4", renderTo: "yandex_rtb_R-A-430869-4", async: true }); }); t = d.getElementsByTagName("script")[0]; s = d.createElement("script"); s.type = "text/javascript"; s.src = "//an.yandex.ru/system/context.js"; s.async = true; t.parentNode.insertBefore(s, t); })(this, this.document, "yandexContextAsyncCallbacks"); } var width = window.innerWidth || document.documentElement.clientWidth || document.body.clientWidth; if (width
1 ... 51 52 53 54 55 56 57 58 59 ... 121
Перейти на страницу:
0
Сюжет
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Атмосфера
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Главный герой
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
0
Общее впечатление
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
Итоговая оценка: 0.0 из 10 (голосов: 0 / История оценок)