Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]
- Автор: Хайнлайн Роберт Энсон
- Год: 1970
- Язык: французский
- Год: OPTA
- Переводчик: Jacques de Tersac
- Жанр: Научная фантастика
Электронная книга - «Route de la gloire [=En route pour la gloire / Glory Road - fr]». Краткое содержание книги:
Vous allez dire que je ne suis jamais content, mais vous ne croyez pas qu'il y a de quoi vous faire regretter notre bonne vieille Terre, Sud-Est asiatique ou pas ? Et encore, je ne vous raconte pas tout !
Mais elle se mit à hurler : « Seigneur, Oscar ! Entre, espèce d’idiot ! Il faut que je mette les défenses ! »
J’entrai donc, aussi vite que possible, et elle mit les défenses ; et je ne l’ai jamais grondée d’avoir traité d’idiot son mari.
CHAPITRE XIII
Le petit dragon nous suivit jusqu’à la grotte ; sans mauvaises intentions (encore que je n’accorde aucune confiance à des crocs de cette taille) mais plutôt comme tous les canetons, qui suivent celui qui précède. Il essaya d’entrer derrière nous mais recula vivement quand il toucha du museau l’invisible barrière, avec la réaction d’un chat qui aurait heurté un fil électrique. Il se mit alors à errer devant l’entrée, en faisant entendre des gémissements plaintifs.
Je commençais à me demander si les défenses de Star arrêteraient ou non les flammes. Je découvris un vieux dragon, tout juste derrière le bébé, qui essayait d’enfoncer la tête dans l’ouverture de la grotte et qui, exactement comme le bébé, la retira avec indignation. Après quoi, il nous regarda et nous envoya son jet de flammes.
Non, décidément, les défenses n’arrêtaient pas les flammes.
Nous étions entrés assez profondément, ce qui nous épargna d’être brûlés, mais la fumée, la puanteur et la chaleur étaient effrayantes et nous n’aurions pas pu supporter longtemps ce traitement.
Une flèche passa en sifflant à mes oreilles ; le dragon fit alors semblant de ne plus s’intéresser à nous. Il fut remplacé par un autre qui n’avait pas été convaincu. Rufo, à moins que ce fût Star, le convainquit avant qu’il ait le temps d’allumer son lance-flammes. L’air devint moins épais : il devait y avoir, quelque part à l’intérieur, une cheminée d’aération.
Pendant ce temps, Star avait allumé une torche ; les dragons, à l’extérieur, tenaient une houleuse assemblée. Je regardai derrière moi : un passage étroit et bas s’enfonçait en tournant dans les entrailles de la terre. Je m’arrêtai alors de m’occuper de Star et de Rufo, et aussi de l’intérieur de la grotte : un autre porte-parole se présentait.
J’eus le président de l’assemblée dans le palais avant qu’il eût le temps d’éructer. Le vice-président prit la succession et fit un bref discours, d’une quinzaine de pieds de long, avant de changer, lui aussi, d’opinion. La délégation fit retraite et ses membres commencèrent à discuter entre eux avec agitation.
Pendant ce temps, le bébé dragon n’avait pas cessé de se promener devant l’entrée de la grotte. Quand les adultes se furent retirés, il revint à la porte, à l’endroit même où il s’était brûlé le nez. « Koo-werp ? » disait-il plaintivement. « Koo-werp ? Keet. » Manifestement, il voulait entrer.
Star me prit par le bras. « Si le seigneur mon époux le veut bien, nous sommes prêts. »
— « Keet ! »
— « Tout de suite, » acquiesçai-je, puis je hurlai : « Arrière, gamin ! Retourne vers ta maman. »
Rufo passa la tête près de la mienne : « Il ne le peut probablement pas, c’est sans doute sa maman que nous avons démolie. »
Je ne répondis pas car cela semblait plausible ; le dragon adulte que nous avions achevé s’était en effet réveillé immédiatement quand j’avais marché sur la queue du bébé. Cela semblait bien une preuve d’amour maternel, si du moins les dragons connaissent l’amour maternel, ce que je ne saurai jamais.
C’est quand même triste d’être incapable de tuer un dragon sans avoir, après, le cœur lourd.
Nous nous repliâmes à l’intérieur de la colline, évitant les stalactites, contournant les stalagmites ; Rufo marchait en tête, une torche à la main. Nous arrivâmes au bout d’un certain temps dans une pièce voûtée dont le sol brillait doucement et semblait composé de dépôts calcaires accumulés là depuis des siècles. Il y avait près des parois des stalactites aux douces couleurs pastel et, au centre de la grotte, une stalactite merveilleuse, en forme de lustre presque symétrique, sans stalagmite en dessous. Star et Rufo avaient installé des blocs du mastic luminescent qui, sur Névia, donne l’habituelle lumière nocturne, en une douzaine d’endroits autour de la salle et celle-ci était baignée d’une douce lumière qui faisait jaillir les stalactites de l’obscurité.
Rufo me montra des toiles d’araignée tissées entre les stalactites : « Ces fileuses ne sont pas dangereuses, » me dit-il. « Elles sont seulement grosses et affreuses mais ne mordent pas comme une araignée. Cependant… attention où vous marchez ! » Il me repoussa en arrière. « Ça, c’est venimeux, et il est même dangereux de les toucher. Des orvets. C’est ce qui nous a pris tellement de temps. Nous avons dû nous assurer que l’endroit était propre avant de placer les défenses. Mais maintenant qu’Elle pose les défenses aux entrées je vais quand même vérifier une dernière fois. »
Les prétendus orvets étaient des serpents translucides et irisés, de la taille d’un grand cobra et qui, pour la forme, ressemblaient à de grands lombrics ; je fus soulagé de voir qu’ils étaient morts. Rufo les embrocha sur son épée, faisant un effroyable chiche-kebab, puis les porta vers l’entrée que nous avions empruntée.
Il revint rapidement ; Star terminait de poser les défenses. « Cela va mieux, » dit-il en soupirant, et il se mit à nettoyer sa lame. « Je ne désire pas qu’ils continuent à parfumer la maison. Ils pourrissent assez rapidement et cela me fait penser à des charognes, ou à du copra. Est-ce que je vous ai déjà parlé de l’époque où, à Sydney, j’ai embarqué comme cuisinier ? Nous avions un lieutenant qui ne se baignait jamais et qui gardait un pingouin dans sa cabine. Une femelle naturellement. L’oiseau n’était pas plus propre que son maître et il avait l’habitude de…»
— « Rufo, » dit Star, « veux-tu donner un coup de main pour les bagages ? »
— « J’arrive, madame. »
Nous sortîmes la nourriture, les sacs de couchage, une nouvelle provision de flèches, les objets dont Star avait besoin pour sa sorcellerie et ses manigances, et aussi des gourdes à remplir d’eau, tout cela sortant de la boîte pliante. Star m’avait averti que Karth-Hokesh était un endroit où l’industrie chimique locale n’était pas compatible avec la vie humaine ; tout ce que nous devrions manger ou boire, nous devions l’emporter avec nous.
Je regardais avec une certaine répugnance les gourdes d’un litre de contenance. « Ma petite fille, je crois que nous ne prenons pas assez de nourriture ni de boisson. »
Elle secoua la tête : « Nous n’aurons pas besoin de plus, je t’assure. »
— « Lindbergh a traversé l’Atlantique avec un seul sandwich au beurre de cacahuète, » dit Rufo. « Je lui avais pourtant dit d’en prendre plus. »
— « Comment sais-tu que nous n’en aurons pas besoin de plus, » insistai-je. « Et surtout d’eau. »
— « Je remplis la mienne avec du cognac, » dit Rufo. « Vous partagez avec moi et je partagerai avec vous. »
— « Seigneur mon amour, l’eau est lourde. Si nous essayons de prendre sur nous tout ce dont nous pouvons avoir besoin en cas d’urgence, comme le Chevalier Blanc, nous serons trop chargés pour pouvoir combattre. Je vais avoir à transporter trois personnes, les armes et un minimum de vêtements. Les matières vivantes sont ce qu’il y a de plus facile à transporter ; je peux emprunter une partie de votre force à vous deux. Les matières organiques viennent ensuite ; tu as remarqué, je pense, que nos vêtements sont en laine, nos arcs en bois et les cordes en boyaux. Les matières inertes, non organiques sont les plus difficiles, surtout l’acier, et nous devons pourtant avoir nos épées et, si nous avions encore nos armes à feu, je me serais efforcée d’en prendre le maximum avec nous, car nous allons en avoir besoin maintenant. Cependant, seigneur Héros, je ne dis cela que pour t’informer. C’est à toi de décider… Je me sens certainement capable de me charger encore de… oh… même cinquante livres de matière inerte si c’est nécessaire. Si tu veux donc choisir ce que ton génie t’inspire de prendre ? »